Comment devenir riche… en réalisant un beau film !

Comment devenir riche… en réalisant un beau film !

COMMENT DEVENIR RICHE (GRÂCE À SA GRAND-MÈRE)

Un film de Pat Boonnitipat
Scénario de Pat Boonnitipat, Thodsapol Thiptinkorn
Avec Putthipong Assaratanakul, Usha Seamkhum, Tontawan Tantivejakul …
Drame – 2024 – Thaïlande – 2h05

Sortie en salles le 16 avril 2025

L’histoire
Quand M apprend que sa grand-mère est malade, il voit une opportunité de mettre fin à ses galères. En jouant les petits-fils modèles, il compte bien décrocher l’héritage ! Mais gagner ses faveurs est loin d’être une mince affaire, et pour toucher le pactole, il est prêt à tout. Ce qui commence comme une mission intéressée devient peu à peu l’histoire d’un petit-fils et d’une grand-mère qui apprennent à se connaître…

L’AVIS CIN’ÉCRANS ****

Certes, COMMENT DEVENIR RICHE (GRACE À SA GRAND-MÈRE) a engrangé les recettes mondiales les plus élevées de tous les temps pour un long-métrage thaïlandais, mais c’est surtout un très joli premier film que je vous invite à découvrir sans tarder.

Une œuvre inattendue, à la fois cruelle et pleine de tendresse sur les relations familiales qui se délitent dans nos sociétés contemporaines (en l’occurrence ici en Thaïlande) avec un désintérêt de plus en plus marqué pour ses ainés.

Pat Boonnitipat a su trouver la distance nécessaire pour dresser le double portrait d’un jeune homme cupide et de sa grand-mère acariâtre.
Un duo que tout oppose dans un premier temps mais dont la relation va changer au fil du temps et de l’évolution de l’état de santé de la grand-mère.
S’il insuffle à son propos ce qu’il faut d’humanité et de sensibilité, le réalisateur croque aussi avec gourmandise et un ton narquois ses personnages principaux et secondaires aux tempéraments affirmés et sans scrupules, en évitant soigneusement de verser dans le mélo larmoyant.    

Même si la direction des acteurs semble parfois hésitante, le film doit néanmoins beaucoup à ses deux interprètes principaux Putthipong Assaratanakul (alias M, le petit fils) et surtout Usha Seamkhum qui incarne avec fougue Amah, une grand-mère déterminée et jamais dupe de ce qui se trame derrière son dos.
Cette actrice de 78 ans qui fait ici ses débuts devant la caméra participe grandement au plaisir procuré par ce « petit » film très attachant que l’on n’avait pas vraiment vu venir. Jolie surprise !   

Jean-Luc Brunet / Cin’Écrans

Wet Monday – Blessures invisibles…

Wet Monday – Blessures invisibles…

WET MONDAY (Lany poniedzialek)

Un film de Justyna Mytnik
Scénario de Monika Dembinska, Rosanna Hall & Justyna Mytnik
Avec Julia Polaczek, Nel Kaczmarek, Weronika Kozakowska…
Drame – 2024 – Pologne – 1h27

Sortie en salles le 2 avril 2025

L’histoire
Klara, 15 ans, doit faire face à un traumatisme qui s’exprime par une soudaine phobie de l’eau. Elle peut compter sur le soutien de Diana, sa nouvelle amie. Une histoire teintée de magie sur la puissance de l’empathie et de la sororité, au cœur des célébrations colorées de Pâques en Pologne.

L’AVIS CIN’ÉCRANS ***

Premier long-métrage de la réalisatrice polonaise Justyna Mytnik, WET MONDAY dresse le portrait d’adolescentes coincées entre la foi chrétienne de leurs familles, les traditions polonaises de Pâques, et leur quête éperdue de liberté et d’émancipation.

Au cœur de ce récit initiatique poignant et intrigant se trouve Klara, une jeune fille qui décide de se battre pour se débarrasser d’un violent traumatisme passé mais encore terriblement présent qui l’empêche de vivre pleinement et de s’épanouir.

Si la réalisatrice abuse de séquences métaphoriques qui finissent par étouffer un peu son récit, on reste néanmoins captivé par le destin de Klara qui trouve, dans sa relation complexe avec sa sœur Martha et sa nouvelle amie Diana, le chemin vers la lumière.
Il convient ici de saluer la remarquable composition de la jeune interprète de Klara, l’étonnante Julia Polaczek. Une comédienne, à l’air parfois buté, dont le jeu n’est pas sans rappeler celui de l’excellente Céleste Brunnquell (LES ÉBLOUIS, EN THÉRAPIE, FIFI…)

WET MONDAY n’est certes pas un film parfait mais la proposition de Justyna Mytnik, tant dans la forme que sur le fond, est suffisamment sincère et singulière pour qu’elle suscite curiosité et bienveillance.  

Jean-Luc Brunet / Cin’Écrans