Christy and his brother – Sur le chemin de la rédemption

Christy and his brother – Sur le chemin de la rédemption

CHRISTY AND HIS BROTHER (Christy)

Un film de Brendan Canty
Scénario de Alan O’Gorman
Avec Danny Power, Diarmuid Noyes, Emma Willis
Drame – 2025 – Irlande – Grande Bretagne – 1h34
Sortie en salles le 21 janvier 2026

L’histoire
Expulsé de sa famille d’accueil, Christy, 17 ans, débarque chez son demi-frère, jeune papa, qu’il connait peu. Ce dernier vit mal cet arrangement qu’il espère temporaire, mais Christy se sent vite chez lui, dans ce quartier populaire de Cork, se faisant des amis et renouant avec la famille de sa mère. Les deux frères vont devoir se confronter à leur passé tumultueux pour envisager un avenir commun.

L’AVIS CIN’ÉCRANS ****

Dans la droite lignée du cinéma humaniste de Ken Loach, CHRISTY AND HIS BROTHER le premier long-métrage de Brendan Canty,  directement inspiré de son court CHRISTY (2019), touche par sa sincérité et sa justesse.

Le film questionne avec tendresse, et en évitant tout pathos, la complexité des relations fraternelles.
Il dessine en parallèle le portrait d’une communauté ouvrière qui ne s’appesantit jamais sur sa condition mais c’est aussi, et surtout peut-être, un formidable récit de rédemption et de réconciliation de Christy avec lui-même.
Un personnage complexe magistralement incarné par Danny Power, déjà interprète principal du court homonyme de Brendan Canty.  

Porté par l’ensemble de ses interprètes (dont une grande majorité de non professionnels), tous formidables de justesse, CHRISTY AND HIS BROTHER est un film modeste dans sa forme mais terriblement attachant dans ce qu’il raconte de la jeunesse, de ses doutes et de la confiance qu’il faut lui accorder pour qu’elle se dépasse.  

Jean-Luc Brunet / Cin’Écrans

À demain sur la lune- Au fil(m) de la vie…

À demain sur la lune- Au fil(m) de la vie…

À DEMAIN SUR LA LUNE

Un film de Thomas Balmès
Scénario de Thomas Balmès
Documentaire – 2025 – France – 1h20
Sortie en salles le 4 février 2026

L’histoire
À demain sur la Lune explore l’expérience de la fin de vie au sein de l’unité de soins palliatifs de l’hôpital de Calais, où un cheval nommé Peyo rend visite aux patients les plus fragiles pour les apaiser dans leurs derniers jours…

L’AVIS CIN’ÉCRANS ***

15 ans après la belle réussite de BÉBÉS, documentaire au retentissement mondial consacré à quatre bébés de leur naissance à leurs premiers pas, Thomas Balmès est de retour avec À DEMAIN SUR LA LUNE où il accompagne avec pudeur d’autres êtres humains sur les dernières semaines de leurs vies.

Pour ces deux films, le réalisateur a opté pour un même parti pris (qui peut déstabiliser, mais aussi séduire), celui de n’apporter aux spectateurs aucun commentaire à son récit.
Chacun est ainsi amené par sa personnalité et sa sensibilité à poser son propre regard sur les situations évoquées et à se projeter aux côtés des patients et de Peyo, le cheval.

Même si le désir se fait sentir d’en savoir plus sur cet animal étonnant, on comprend vite et bien à quel point sa présence est apaisante pour les patient.es qu’il choisit d’accompagner.
Peyo apporte aussi au récit un contrepoint poétique et onirique à une réalité que d’aucuns pourraient qualifier de (trop)difficile à regarder en face.

« À demain sur la lune » est la phrase que prononce avec sérénité et malice un vieux monsieur en fin de vie lorsque qu’une soignante vient la saluer pour la dernière fois. Une séquence simple et bouleversante, à l’instar de certaines autres consacrées à Amandine que le réalisateur accompagne au fil de son parcours hospitalier et dont il raconte la vie, à travers des images d’archives joyeuses et personnelles.

Saluons à ce titre la belle idée de Thomas Balmès d’offrir, en fin de film et en guise d’hommage à la jeune femme, une remise en lumière accélérée de ces mêmes souvenirs, qui témoignent des moments joyeux de sa trop courte existence.
Si l’on peut regretter une bande originale un peu trop présente par moment, cela n’enlève rien aux qualités de ce beau et sobre documentaire qui invite à poser un regard intime, doux et apaisé sur la fin de vie.
Allez, à demain sur la lune…

Jean-Luc Brunet / Cin’Écrans

Olivia, l’imagination au pouvoir !

Olivia, l’imagination au pouvoir !

OLIVIA (Olivia y el terremoto invisible)

 

Un film d’Irene Iborra
Scénario d’Irene Iborra, Julia Prats et Maite Carranza d’après l’œuvre de cette dernière
Avec les voix françaises de Gaspard Rouyer, Maia Baran, Tim Belasri…
Animation – 2025 – Espagne – 1h11
Sortie en salles le 21 janvier 2026

L’histoire
À 12 ans, Olivia voit son quotidien bouleversé du jour au lendemain. Elle va devoir s’habituer à une nouvelle vie plus modeste et veiller seule sur son petit frère Tim. Mais, heureusement, leur rencontre avec des voisins chaleureux et hauts en couleur va transformer leur monde en un vrai film d’aventure ! Ensemble, ils vont faire de chaque défi un jeu et de chaque journée un moment inoubliable.

L’AVIS CIN’ÉCRANS ****

En découvrant Olivia, on songe inévitablement à Courgette, autre jeune héros malgré lui dans le bouleversant film d’animation de Claude Barras MA VIE DE COURGETTE (César du meilleur film d’animation 2017).

Les deux films tournés avec la technique du stop motion ont pour autre point commun, celui de raconter l’histoire d’enfants qui découvrent qu’on peut être heureux même en traversant des périodes difficiles.

Avec OLIVIA, la réalisatrice espagnole Irene Iborra tenait à déstigmatiser la pauvreté infantile. Pari plus que réussi avec ce très joli film qui aborde sans faux semblants mais avec intelligence et délicatesse des thèmes très actuels comme la santé mentale des plus jeunes, la précarité familiale et la solidarité.

La réalisatrice parvient à traiter, sans les dramatiser, ces sujets délicats à hauteur d’enfants, grâce notamment à sa volonté d’accorder dans son récit une large place à leur capacité d’imagination. Un super pouvoir qui permet souvent aux plus jeunes de trouver un refuge réconfortant lorsque la réalité s’avère trop anxiogène.   

Si OLIVIA adopte ce point de vue des enfants il n’oublie pas de poser un regard sur le monde adulte qui se débat lui aussi face aux difficultés du quotidien, telle cette maman actrice , fragile émotionnellement, qui désespère de trouver un rôle, un travail…

Si le film évite habilement l’écueil du misérabilisme, il n’échappe pas, par instants, à une certaine forme de naïveté qui lui donne un charme certain et qui surtout, n’empêche en rien sa belle réussite.

Jean-Luc Brunet / Cin’Écrans

Diamanti for ever

Diamanti for ever

DIAMANTI

Un film de Ferzan Özpetek
Scénario de Ferzan Özpetek, Carlotta Corradi & Elisa Casseri
Avec Luisa Ranieri, Jasmine Trinca, Stefano Accorsi, Kasia Smutniak, Elena Sofia Ricci, Aurora Giovinazzo, Vinicio Marchioni, Lunetta Savino…
Drame 2025 – Italie – 2h15
Sortie en salles le 21 janvier 2026

L’histoire
Un réalisateur de renom réunit ses actrices italiennes préférées pour une lecture. Il souhaite réaliser un film sur les femmes, sans pour autant leur révéler grand-chose du projet. Il les projette alors à Rome, dans les années 70, au beau-milieu d’un magnifique atelier de création de costumes de cinéma et de théâtre dirigé par deux sœurs très différentes. Dans cet univers peuplé de femmes, le bruit des machines à coudre résonne, les taffetas bruissent, passions, relations secrètes et sororité s’entremêlent.

L’AVIS CIN’ÉCRANS ***1/2

Passé la surprise un peu déstabilisante de la double temporalité du récit avec ses nombreux protagonistes dont 18 actrices et Ferzan Özpetek, lui-même, dans le rôle du réalisateur, DIAMANTI séduit par l’originalité, de son propos et par l’élégance de sa mise en scène.

Ce quinzième long-métrage du cinéaste s’inscrit parfaitement dans la lignée de son œuvre (TABLEAU DE FAMILLE, LE PREMIER QUI L’A DIT, POUR TOUJOURS) et de son intérêt à explorer la complexité des relations humaines.

Avec DIAMANTI, le réalisateur turco-italien nous entraine au cœur d’un atelier de couture dans les années 70. Un lieu grouillant de vie où cohabitent des femmes aux parcours de vie très différents, de l’apprentie novice, à une femme victime de violences conjugales en passant par une mère en difficulté.
Cet atelier ou règnent rivalité et bienveillante solidarité est ainsi perçu comme le microcosme d’une société où se mêlent douleur, passion, frustration et élans de créativité.

Cette immersion au cœur de la création dans les années 70 est magnifiée par la direction artistique du film (si l’on excepte peut-être une bande originale trop présente), ses somptueux costumes, sa photographie chatoyante et la richesse de jeu de ses interprètes, avec une mention spéciale pour Luisa Ranieri qui incarne à merveille la complexité de son personnage Alberta.

DIAMANTI est une œuvre chorale ambitieuse et visuellement riche qui célèbre, non sans une certaine ironie, la sororité, la résilience et la force du collectif à travers le travail des « petites mains » de cet atelier de création de costumes.
Après avoir fait le bonheur du public italien il y a quelques semaines, souhaitons à DIAMANTI de trouver les faveurs du public français.

Jean-Luc Brunet / Cin’Écrans

Jusqu’à l’aube… ode à la douceur !

Jusqu’à l’aube… ode à la douceur !

JUSQU’À L’AUBE (Yoake no subete)

Un film de Sho Miyake
Scénario de Kiyoto Wada & Sho Miyake
Avec Hokuto Matsumura, Mone Kamishiraishi, Ryô, Ken Mitsuishi, Kiyohiko Shibukawa…
Comédie dramatique – 2025 – Japon – 1h59
Sortie en salles le 14 janvier 2026

L’histoire
Misa et Takatoshi ne se connaissent pas encore lorsqu’ils rejoignent une petite entreprise japonaise d’astronomie. En quête d’un nouvel équilibre, ils ont délaissé une carrière toute tracée : elle, en raison d’un syndrome prémenstruel qui bouleverse son quotidien ; lui, à cause de crises de panique aiguës. Peu à peu, ils apprennent à travailler autrement, se rapprochent, s’apprivoisent… et découvrent qu’une présence suffit parfois à éclairer la nuit.

L’AVIS CIN’ÉCRANS ****

Quatre ans après LA BEAUTÉ DU GESTE, son précédent long-métrage autour d’une boxeuse sourde, Sho Miyake revient avec JUSQU’À L’AUBE, une comédie dramatique qui explore avec beaucoup de sensibilité la fragilité, la détresse psychologique mais aussi la capacité de résilience de ses deux personnages principaux.

Ce nouveau film profondément humaniste et bercé d’une douce mélancolie dresse avec tact le portrait d’êtres humains en proie à la solitude et à la tristesse qui parviennent, non sans mal, à terrasser leurs maux par l’empathie et l’entraide.

Par la douce ironie du regard qu’il porte sur la situation inconfortable, et parfois ubuesque, que traversent Misa et Takatoshi au sein de la société qui les emploie, le cinéaste japonais signe une chronique sensible et contre toute attente pleine d’espoir.

JUSQU’À L’AUBE est une œuvre délicate et contemplative mais jamais ennuyeuse. Un film lumineux, porté par la grâce de ses deux principaux interprètes Hokuto Matsumura et Mone Kamishiraishi, dont le souvenir nous hante durablement.

Autant dire que l’on attend avec impatience le prochain film du cinéaste japonais UN ÉTÉ EN HIVER, lauréat du Léopard d’Or en août dernier au Festival de Locarno, annoncé par son distributeur français Art House Films pour début 2027. Patience…

Jean-Luc Brunet / Cin’Écrans

Film découvert dans le cadre du Festival du film de société de Royan 2025.