Les pires pour le meilleur

Les pires pour le meilleur

« Raconter la beauté, le talent, l'intelligence de ces enfants... » Lise Akoka

La rencontre entre Lise Akoka et Romane Guéret remonte à 2014 lors de la préparation du casting du film de Rudi Rosenberg LE NOUVEAU pour lequel elles auditionnent plus de 4000  jeunes comédiens non professionnels. Les deux jeunes femmes s’entendent tellement bien qu’elles s’associent en 2015, pour réaliser ensemble CHASSE ROYALE, un court métrage primé dans plusieurs festivals et nommé pour le César du meilleur court-métrage en 2017.

C’est de cette première expérience en commun derrière caméra que va naître leur envie de récidiver avec LES PIRES, près de 7 ans plus tard. Bien leur en a pris, tant ce premier long questionne et bouleverse.

Un tournage va avoir lieu cité Picasso, à Boulogne-Sur-Mer, dans le nord de la France. Lors du casting, quatre ados, Lily, Ryan, Maylis et Jessy sont choisis pour jouer dans le film. Dans le quartier, tout le monde s’étonne : pourquoi n’avoir pris que « les pires » ?

Après avoir remporté le Grand prix Un certain regard à Cannes puis le Valois de diamant du meilleur film à Angoulême, c’est au cours du Festival international du film de Saint-Jean de LuzLES PIRES était présenté hors-compétition que j’ai eu le plaisir d’échanger avec Lise Akoka, l’une des deux coréalisatrices de ce remarquable premier long-métrage.
L’occasion de la questionner, entre autres, sur sa nouvelle responsabilité de cinéaste, après avoir été, elle-même, directrice de casting, en charge de trouver ces enfants non professionnels auxquels le cinéma fait si souvent appel…

INTERVIEW LISE AKOKA

VALOIS DE DIAMANT – RÉACTIONS…

Plumes ou le goût de l’absurde…

Plumes ou le goût de l’absurde…

PLUMES (Feathers)

Drame – 2021 – 1h50- Egypte
Réalisation : Omar El Zohairy
Scénario : Ahmed Amer & Omar El Zohairy
Distribution : Demyana Nassar, Samy Bassouny, Fady Mina Fawzy

Sorti en salles le 23 mars 2022

Film interdit en salles aux moins de 12 ans.

Disponible en VOD & DVD chez Blaq Out

Image : 16/9
Audio : Arabe 2.0 et 5.1
Sous-titres : Français

Le pitch
Une mère passive, dévouée corps et âme à son mari et ses enfants. Un simple tour de magie tourne mal pendant l’anniversaire de son fils de quatre ans : le magicien transforme son mari, un père autoritaire, en poule.

L’avis Cin’Ecrans
Autant être honnête, PLUMES, premier long métrage d’Omar El Zohairy est un objet filmique très atypique qui pourra en rebuter certain.e.s par sa radicalité, mais qui nous propose (et c’est déjà beaucoup), une expérience de cinéma inédite.
Le cinéaste égyptien nous livre en effet un récit clivant tant la noirceur et la cruauté ambiante de son contexte est contre balancé par la forme qu’il lui oppose, à mi-chemin entre drame social et conte burlesque. Grand écart assuré et assumé par un réalisateur qui, à condition d’un peu de patience (le récit est très lent), réussit à nous embarquer dans ce récit, au premier abord, totalement absurde.
A travers cette plongée au cœur de l’Egypte d’aujourd’hui, Omar El Zohairi dresse le portrait d’une société gangrénée par la pauvreté. Mais il le fait un peu à la manière d’Emir Kusturica avec de la finesse, une certaine forme de fantaisie, de poésie et surtout en évitant tout misérabilisme.
Au final et sous ses airs de farce étrange et dérangeante, PLUMES s’avère être le récit de l’émancipation d’une femme au cœur d’un monde régi par le patriarcat le plus rétrograde. Ce film gonflé sur le fond comme sur la forme a valu à son metteur en scène le Prix de la Semaine de la critique lors du Festival de Cannes 2021, ainsi que le prix de la meilleure fiction Arabe, quelques mois plus tard.   

L'ombre d'un mensonge Michelle Fairley Bouli Lanners

Bonus DVD
– Entretien avec le réalisateur à la semaine de la critique
– The Aftermath of the Inauguration Of The Public Toilet at Kilometer 375 (Pose de la première pierre des toilettes publiques, au km 375) – court-métrage réalisé en 2014 par Omar El Zohairy (17 mn)

Au cours d’un rapide entretien réalisé à l’occasion de la présentation de son film à La semaine de la critique en 2021, Omar El Zohairy revient sur la genèse de ce premier long-métrage, sur son goût absolu pour l’absurde et sur sa mise en scène beaucoup plus inspirée par la peinture ou la photographie que par le cinéma. Un propos qui surprend tant on songe par moments, au cinéma de Jacques Tati ou d’Aki Kaurismaki, en découvrant PLUMES.
Remercions L’éditeur du DVD Blaq Out d’avoir eu la judicieuse idée de nous proposer également en supplément un court-métrage de 2014 dans lequel le réalisateur explorait déjà son sens du cadre et son goût pour la poésie absurde et l’humour noir.

En salle – Coupez ! – La classe… franco française !

En salle – Coupez ! – La classe… franco française !

- COUPEZ ! -

COUPEZ ! de Michel Hazanavicius
Avec Romain Duris, Bérénice Bejo, Finnegan Oldfield, Grégory Gadebois, Matilda Lutz, Sébastien Chassagne, Lyes Salem, Raphaël Quenard, Jean-Pascal Zadi, Simone Hazanavicius, Agnès Hurstel, Charlie Dupont…

Comédie – 2021 – 1h51– France
Sortie en salles le 18 mai 2022

Un tournage de film de zombies dans un bâtiment désaffecté. Entre techniciens blasés et acteurs pas vraiment concernés, seul le réalisateur semble investi de l’énergie nécessaire pour donner vie à un énième film d’horreur à petit budget. L’irruption d’authentiques morts-vivants va perturber le tournage.

3 bonnes raisons de voir ce film

1/ Pour la surprise que constitue ce film tellement inattendu et atypique !
Avant toute chose, j’avoue avoir craqué avant la fin de la première demi-heure du film japonais dont Michel Hazanavicius nous propose aujourd’hui un judicieux remake.
Je ne suis jamais allé au bout de NE COUPEZ PAS ! (Sorti en 2019 et disponible en DVD) et l’enthousiaste découverte de COUPEZ ! m’a donné la furieuse envie de réviser mon jugement.
Ce n’est pas la moindre qualité de cette adaptation française, même s’il faut quand même préciser que le plaisir non coupable pris devant le film de Michel Hazanavicius vient aussi, sans doute, de la connivence tacite que le spectateur peut avoir avec ses têtes d’affiche.

2/ Les acteurs, justement, sont tous à fond et donnent l’impression (mais ce n’est certainement qu’une impression) d’être totalement en roue libre et il faut le dire haut et fort, c’est absolument jouissif !
Leur plaisir à incarner des personnages hystériques, déjantés, largués, croqueurs de vie et jouant faux est contagieux. On se régale à retrouver dans des rôles absolument inédits pour chacun d’entre eux, Romain Duris et Bérénice Bejo bien sûr, mais aussi Finnegan Oldfield, Lyes Salem ou Sébastien Chassagne. Mentions spéciales pour le toujours étonnant Raphael Quenard (MANDIBULES, FAMILY BUSINESS), le génial Grégory Gadebois (DELICIEUX, PRESIDENTS), et l’irrésistible Jean-Pascal Zadi (TOUT SIMPLEMENT NOIR) qui composent des personnages savoureux à souhait dont chaque apparition fait mouche. Et quelle performance de jouer en permanence faussement faux !  La classe… Américaine 😊 

3/
S’il est très frustrant de ne pas dévoiler le procédé narratif de cette comédie foncièrement originale (disons simplement qu’elle est constituée de 3 volets), je suis persuadé que le plaisir de la surprise est bien plus grand si l’on en sait le moins possible sur les tenants et aboutissants du film.
Je ne peux donc que vous inciter à vous précipiter en salles pour vous forger votre propre opinion et pour, au moins, y partager l’amour du cinéma de son réalisateur Michel Hazanavicius. Une passion qui transpire dans tous les plans de cette comédie inventive, réjouissante et totalement barrée qui fait un bien fou ! 

Interview – Mes frères et moi –  Yohan Manca & Sofian Khammes

Interview – Mes frères et moi – Yohan Manca & Sofian Khammes

« C'est un métier qui rend un peu dingo quand même ! » Yohan Manca

1er et immense coup de cœur 2022 pour ce film de Yohan Manca, présenté pour la première fois en juillet dernier au cœur de la sélection officielle « Un certain regard » au Festival de Cannes.

C’est à l’occasion d’un autre festival international, celui du film de Saint Jean de Luz au mois d’octobre que j’ai eu le bonheur de découvrir ce film qui place l’art (et en l’occurrence le chant) au cœur des préoccupations de son jeune héros qui tente de trouver sa place au sein de sa fratrie.

L’histoire est celle Nour (magnifiquement incarné par le jeune Maël Rouin Berrandou), 14 ans qui vit dans un quartier populaire en bord de mer. Le jeune garçon s’apprête à passer un été rythmé par les mésaventures de ses grands frères, la maladie de sa mère et des travaux d’intérêt général. Mais sa rencontre avec une chanteuse lyrique (la toujours formidable Judith Chemla) qui anime un cours d’été va lui ouvrir de nouveaux horizons…

Acteur, réalisateur et scénariste Yohan Manca signe avec ce 1er long métrage, une œuvre lumineuse et bouleversante dont le souvenir ne va pas vous lâcher de sitôt.
MES FRERES ET MOI qui évoque souvent le meilleur du cinéma italien des années 70 (de Risi à Fellini en passant par Comencini ou Scola) et dans un autre registre BILLY ELLIOTT, est typique de ces films trop rares dont vous avez envie de partager l’enthousiasme de la découverte avec le plus grand nombre…
Vous savez donc ce qu’il vous reste à faire… Direction les salles obscures 😊
Et si le cœur vous en dit, n’hésitez pas à partager également ma rencontre avec Yohan Manca et l’excellent Sofian Khammes.

Interview – Anaïs Demoustier & Charline Bourgeois-Tacquet – Les amours d’Anaïs

Interview – Anaïs Demoustier & Charline Bourgeois-Tacquet – Les amours d’Anaïs

Anaïs Demoustier "Les metteurs en scène me demandent souvent de ralentir... Charline, c'est l'inverse ! "

3 ans après y avoir présenté son court-métrage PAULINE ASSERVIE en 2018, Charline Bourgeois-Tacquet était de retour à La Semaine de la critique en mai dernier, avec Anaïs Demoustier pour y présenter, en séance spéciale du 60e anniversaire, son premier long métrage LES AMOURS D’ANAIS.

Et c’est dans un autre festival, celui du film francophone d’Angoulême, en août dernier que j’ai eu l’immense plaisir d’échanger avec la réalisatrice et sa volcanique actrice autour de cette réjouissante comédie sur l’amour et le désir…