Ma France à moi, liberté, égalité, fraternité ! On y croit encore…

Ma France à moi, liberté, égalité, fraternité ! On y croit encore…

« J’avais besoin de créer des conflits… » Benoit Cohen

MA FRANCE À MOI

Un film de Benoit Cohen
Scénario de Benoit Cohen &
Éléonore Pourriat
Avec Fanny Ardant, Nawid Elham, Pierre Deladonchamps, Suzy Bemba, Elisabeth Margoni, Lionel Abelanski
Comédie dramatique – 1H31 – France
Sorti en salles le 20 décembre 2023

L’histoire 
France, la soixantaine, vit seule dans son appartement bourgeois de l’est parisien. Lorsqu’elle entend parler à la radio d’une association qui met en contact des personnes réfugiées sans logement et celles ayant la possibilité de les accueillir, elle décroche son téléphone pour se porter volontaire. Quelques jours plus tard, Reza, jeune afghan d’à peine vingt ans, débarque dans sa vie. Ces deux êtres, qui n’ont rien en commun, vont devoir apprendre à vivre ensemble…

L’avis Cin’Écrans ***
À l’heure où la France se crispe autour de la future loi immigration, le nouveau film de Benoit Cohen arrive à point nommé pour nous donner à voir, entendre et comprendre (si besoin était) que la solidarité, l’entraide et l’ouverture aux autres sont plus que jamais indispensables.
Et ce que nous montre très bien MA FRANCE À MOI, c’est à quel point l’écoute et la rencontre fonctionnent dans les deux sens. Si au premier abord, on peut penser que Reza reçoit beaucoup de France, cette dernière voit très vite son horizon s’élargir au contact de ce jeune réfugié qui va lui apporter beaucoup plus qu’elle ne l’imaginait.

Avec cette adaptation de son propre livre Mohammad, ma mère et moi, qui raconte l’accueil d’un jeune Afghan par sa mère Marie-France, Benoit Cohen nous livre un film généreux et humaniste qui donne un peu d’espoir dans le genre humain, bien malmené ces derniers temps.

« C’est qui Fanny Ardant ? … » Nawid Elham

MA FRANCE À MOI est porté par la fougue et la fantaisie de Fanny Ardant et par la révélation du talent naissant de Nawid Elham. Un jeune afghan, lui aussi, dont le parcours de vie n’est finalement pas si éloigné de celui de Mohammad Ewaz avec qui l’apprenti comédien a pu échanger tout au long de la fabrication du film.

Le + Cin’Écrans
C’est au Festival du film francophone d’Angoulême où le film était présenté au public, en août dernier, pour la toute première fois, que nous avons eu le plaisir de rencontrer Benoit Cohen. L’occasion pour le réalisateur de nous raconter la genèse de ce projet si personnel. Trois mois plus tard c’est dans le cadre d’un autre festival, celui du film de Sarlat que nous avons eu le privilège d’échanger avec Nawid Elham, le jeune interprète de Mohammad et avec celui qui a inspiré le livre et le film de Benoit Cohen, Mohammad Ewaz. Une rencontre très touchante entre deux réfugiés afghans qui ont su trouver leur place en France, grâce à la bienveillance de quelques personnes dont le réalisateur et sa mère Marie-France. Cette histoire méritait bien d’être racontée en partie sur grand écran…  

INTERVIEW BENOIT COHEN, NAWID ELHAM, MOHAMMAD EWAZ

Augure, le réalisme magique et poétique de Baloji

Augure, le réalisme magique et poétique de Baloji

« Une sorte d’aboutissement formel auquel on voulait aboutir…» Baloji

AUGURE

L’histoire  
Après 15 ans d’absence, Koffi retourne au Congo pour présenter sa femme, enceinte, à sa famille. Considéré comme un sorcier par les siens, il rencontre trois autres personnages qui, comme lui, veulent s’affranchir du poids des croyances et de leur assignation.

L’avis Cin’Écrans
AUGURE
, premier long métrage du musicien et cinéaste Baloji faisait partie de la sélection Un certain regard au Festival de Cannes 2023. Il y a reçu le Prix de la Nouvelle Voix. Quelques mois plus tard, c’est pour sa mise en scène que Baloji était récompensé au Festival du film francophone d’Angoulême. Un prix amplement mérité, tant la proposition de cet artiste pluriculturel, passionné d’image et de mode, s’avère brillante et originale.
AUGURE a le grand mérite de ne ressembler à aucun autre long-métrage. A condition de vous abandonner au « réalisme magique » cher à son réalisateur synesthète, vous vivrez une véritable expérience de cinéma à la fois déstabilisante et fascinante.
Pour incarner son envie et sa vision de cinéma, Baloji s’est entouré de comédien.ne.s belges comme Marc Zinga (QU’ALLAH BÉNISSE LA FRANCE, NOS PATRIOTES…) et Lucie Debay (NOS BATAILLES, LE SYNDRÔME DES AMOURS PASSÉES…) , de l’actrice rwandaise Eliane Umuhire, formidable interprète de Tshala, mais aussi de jeunes comédiens non professionnels qui apportent une énergie rageuse au film.  
Proposition singulière de cinéma à l’esthétisme baroque, AUGURE mérite amplement d’être découvert sur grand écran.

 

Le + Cin’Écrans
C’est à l’occasion de sa présentation en compétition au Festival du film francophone d’Angoulême que nous avons eu le plaisir de nous plonger dans l’univers d’AUGURE en compagnie de son créateur/réalisateur Baloji et de l’une de ses interprètes Eliane Umuhire, véritable révélation du film.

INTERVIEW BALOJI & ELIANE UMUHIRE

AUGURE

Un film de Baloji
Scénario de Baloji avec la collaboration de Thomas Van Zuylen
Avec Marc Zinga, Lucie Debay, Eliane Umuhire, Yves-Marina Gnahoua …
Drame – 1H30 – Belgique, France, Pays-Bas, République démocratique du Congo, Afrique du sud, Allemagne
Sortie en salles le 29 novembre 2023

Le temps d’aimer… le temps du cinéma !

Le temps d’aimer… le temps du cinéma !

« Je voulais absolument assumer de faire un mélodrame !» Katell Quillévéré

LE TEMPS D’AIMER

Après un détour remarqué par la série en 2022 avec LE MONDE DE DEMAIN qui racontait brillamment la naissance de NTM et du mouvement hip-hop français, Katell Quillévéré retrouve Gilles Taurand, son coscénariste de RÉPARER LES VIVANTS pour LE TEMPS D’AIMER.

Avec ce quatrième long métrage, Katell Quillévéré se frotte avec aplomb et sensibilité au genre ultra codifié du mélodrame.
Avec la magnifique complicité d’Anaïs Demoustier et Vincent Lacoste, la réalisatrice évite toute complaisance et les pièges du tire-larmes facile, tout en réussissant à nous toucher profondément avec ce récit bouleversant inspiré d’une histoire très personnelle.

L’histoire  
1947. Sur une plage, Madeleine, serveuse dans un hôtel-restaurant, mère d’un petit garçon, fait la connaissance de François, étudiant riche et cultivé. Entre eux, c’est comme une évidence. La providence. Si l’on sait ce qu’elle veut laisser derrière elle en suivant ce jeune homme, on découvre avec le temps ce que François tente de fuir en mêlant le destin de Madeleine au sien…

Vous l’aurez compris, ne loupez surtout pas LE TEMPS D’AIMER, mélodrame sensible et vibrant porté par des interprètes en état de grâce. Très amis dans la vie, Anaïs Demoustier et Vincent Lacoste trouvent avec les personnages de Madeleine et François, l’occasion de nous surprendre à nouveau. Ils sont pour beaucoup dans le charme que procure cette œuvre ample et admirablement mise en scène.

Ne passons pas non plus sous silence le magnifique travail du directeur de la photographie Tom Harari et celui non moins remarquable d’Amine Bouhafa (ALMA VIVA, LES FILLES D’OLFA, ou bien encore LE MONDE DE DEMAIN), qui offre un superbe écrin musical au film.
Vous pourrez d’ailleurs retrouver d’ici quelques jours Amine Bouhafa, l’un de nos plus brillants compositeurs, en interview pour Cin’Écrans.

Le + Cin’Écrans
D’ici là, on vous invite à découvrir sans tarder, LE TEMPS D’AIMER et à retrouver ci-dessous des entretiens avec Katell Quillévéré, Anaïs Demoustier et Vincent Lacoste, sans oublier une rencontre passionnante avec Amine Bouhafa, brillant compositeur de la BO du film. L’occasion pour nous d’évoquer son travail et notamment cette  seconde collaboration avec Katell Quillévéré après LE MONDE DE DEMAIN (série Arte sur la naissance du Hip hop et du groupe NTM).

Ces interviews ont été réalisées en août dernier lors du Festival du film francophone d’Angoulême.
Un festival qui a couronné LE TEMPS D’AIMER du Valois de diamant du meilleur film et Vincent Lacoste du Valois de l’acteur

INTERVIEW KATELL QUILLÉVÉRÉ, ANAÏS DEMOUSTIER & VINCENT LACOSTE

INTERVIEW AMINE BOUHAFA & KATELL QUILLÉVÉRÉ

INTERVIEW AMINE BOUHAFA À PROPOS DE SON TRAVAIL

LE TEMPS D’AIMER

Un film de Katell Quillévéré
Scénario de Katell Quillévéré & Gilles Taurand
Avec Anaïs Demoustier, Vincent Lacoste, Paul Beaurepaire, Morgan Bailey, Ambre Gollut, Dylan Hawkes, Luc Bataini…
Drame – Romance – 2H05 – France
Sortie en salles le 29 novembre 2023

La fiancée du poète, délicieuse fantaisie de Yolande Moreau

La fiancée du poète, délicieuse fantaisie de Yolande Moreau

« Il ne faut pas avoir peur d’aller dans l’inconnu… » Yolande Moreau

Yolande Moreau est sans aucun doute l’une de nos comédiennes les plus attachantes mais aussi l’une de nos cinéastes les plus originales.
C’est en 2004 que l’inoubliable interprète de Yolande dans Les Deschiens se lance dans le grand bain de la réalisation avec QUAND LA MER MONTE, un premier essai derrière la caméra qu’elle écrit et réalise avec son complice Gilles Porte.

Ce récit très original et personnel est récompensé du prestigieux Prix Louis Delluc du premier film ainsi que le César de la meilleure première œuvre et celui de la meilleure actrice pour Yolande Moreau. Cinq ans plus tard, son rôle-titre dans SÉRAPHINE de Martin Provost lui vaudra son second César d’interprétation.
En 2013, l’actrice, scénariste et réalisatrice signe cette fois en solo HENRI, une comédie dramatique qu’elle présente la même année à La Quinzaine des réalisateurs.

« J’aimerai bien être une cinéphile, je vais peut-être m’y mettre en vieillissant ! » Yolande Moreau

Il aura donc fallu patienter 10 ans avant de découvrir son troisième long-métrage LA FIANCÉE DU POÈTE, qu’elle coécrit cette fois avec Frédérique Moreau, une scénariste avec qui la cinéaste n’a aucun lien de parenté…

Amoureuse de peinture et de poésie, Mireille s’accommode de son travail de serveuse à la cafétéria des Beaux-Arts de Charleville tout en vivant de petits larcins et de trafic de cartouches de cigarettes. N’ayant pas les moyens d’entretenir la grande maison familiale des bords de Meuse dont elle hérite, Mireille décide de prendre trois locataires. Trois hommes qui vont bouleverser sa routine et la préparer, sans le savoir, au retour du quatrième : son grand amour de jeunesse, le poète.

Avec LA FIANCÉE DU POÈTE, Yolande Moreau nous régale d’une fable poétique en forme de fantaisie enchanteresse et peuplée de joyeux faussaires.
Pour l’accompagner dans cette aventure atypique, la réalisatrice s’est entourée d’un casting 5 étoiles avec, entre autres, Grégory Gadebois, Sergi Lopez, Thomas Guy, Esteban ou bien encore William Sheller dans le rôle d’un curé qui chante du Abba en s’accompagnant à l’orgue.

« Est-ce que tu peux chanter un peu plus faux, tu m’avais habitué à pire… » Esteban, à propos d’une demande de Yolande Moreau

LA FIANCÉE DU POÈTE est une œuvre généreuse, bigarrée et excentrique, à l’image de son instigatrice et principale interprète, la géniale Yolande Moreau.
C’est au cours du Festival du film francophone d’Angoulême que nous avons eu l’immense plaisir de parler avec Yolande Moreau de cette troisième réalisation, du sentiment d’usurpation ou bien encore de son plaisir d’actrice à donner la réplique à ses formidable partenaires…
Dans la foulée de ce moment délicieux passé avec Yolande Moreau, nous nous sommes régalés à échanger autour du film avec Thomas Guy et Esteban au cours d’une interview totalement improvisée mais réjouissante…
Merci à Yolande et ses deux formidables comédiens pour ce moment drôle, touchant et décalé à l’image de ce film que l’on vous recommande très chaleureusement.

INTERVIEW YOLANDE MOREAU, THOMAS GUY & ESTEBAN

LA FIANCÉE DU POÈTE
Un film de Yolande Moreau
Scénario de Yolande Moreau & Frédérique Moreau
Avec Yolande Moreau, Grégory Gadebois, Thomas Guy, Esteban, Sergi Lopez, William Sheller, Anne Benoit, François Morel, Philippe Duquesne…
Comédie dramatique – 1H43 – France
Sortie en salles le 11 octobre 2023

Le procès Goldman, « le procès, rien que le procès… »

Le procès Goldman, « le procès, rien que le procès… »

« Un film, ça doit être un angle, je ne vois pas l’intérêt de raconter toute l’histoire de quelqu’un ! » Cédric Kahn

LE PROCÈS GOLDMAN

Son 13e long métrage MAKING OF avec Denis Podalydès, Jonathan Cohen, Emmanuelle Bercot & Stefan Crepon est terminé et sortira en salles le 10 janvier prochain.
Mais c’est pour parler du PROCÈS GOLDMAN, sa précédente réalisation présentée en ouverture de la Quinzaine des cinéastes à Cannes et en avant-première au Festival du film francophone d’Angoulême que nous avons rencontré Cédric Kahn, fin août dans la cité angoumoisine.

L’histoire
En avril 1976, débute le deuxième procès de Pierre Goldman, militant d’extrême gauche, condamné en première instance à la réclusion criminelle à perpétuité pour quatre braquages à main armée, dont un ayant entraîné la mort de deux pharmaciennes. Il clame son innocence dans cette dernière affaire et devient en quelques semaines l’icône de la gauche intellectuelle. Georges Kiejman, jeune avocat, assure sa défense. Mais très vite, leurs rapports se tendent. Goldman, insaisissable et provocateur, risque la peine capitale et rend l’issue du procès incertaine.

Avec ce 12e film en tant que réalisateur, Cédric Kahn signe son premier film de procès. Un long métrage intense et captivant où la parole domine. Un (quasi) huis-clos oppressant dont on ressort sans avoir un avis véritablement tranché sur la question de l’innocence ou de la culpabilité de Pierre Goldman.
Et peu importe d’ailleurs, tant l’intérêt du film ne se situe pas là. En revanche, on vibre pendant près de deux heures devant les joutes oratoires des principaux protagonistes. On se passionne par l’intensité de ce qui se joue entre le prévenu et son avocat, la défense de ce dernier étant régulièrement mise à mal par les éclats de Goldman.  

A travers sa mise en scène au scalpel, Cédric Kahn saisit au plus près l’incroyable complexité de Goldman. Il soulève de pertinentes et vertigineuses questions, notamment sur la notion de vérité, de l’importance de la justice, du point de vue et de l’engagement.
Son dispositif immersif de tournage est intégralement mis au service de la parole et de ses remarquables interprètes, au cœur de cette salle de tribunal où chacun s’affronte et se défie avec puissance.

Précisons évidemment que la réussite du film ne serait pas la même sans ses deux principaux interprètes. Arieh Worthalter compose un Pierre Goldman complexe et fascinant face à un Arthur Harari qui incarne Georges Kiejman de manière magistrale….

INTERVIEW CÉDRIC KAHN

LE PROCÈS GOLDMAN

Un film de Cédric Kahn
Scénario de Nathalie Hertzberg et Cédric Kahn
Avec Arieh Worthalter, Arthur Harari, Stephan Guérrin-Tillié, Nicolas Briançon…
Policier – Drame judiciaire – 1H56 – France
Sortie en salles le 27 septembre 2023