L’homme qui rétrécit, spectaculaire et introspectif !

L’homme qui rétrécit, spectaculaire et introspectif !

L'HOMME QUI RÉTRÉCIT

Un film de Jan Kounen
Scénario de Jan Kounen et Christophe Deslandes
Avec Jean Dujardin, Marie-Josée Croze
Aventure – Science Fiction – 2025 – France – 1h40
Sortie en salles le 22 octobre

L’histoire
Paul, un homme ordinaire, partage sa vie entre son entreprise de construction navale, sa femme Elise, et leur fille Mia. Lors d’une sortie en mer, Paul se retrouve confronté à un étrange phénomène météorologique inexpliqué. Dès lors, Paul rétrécit inexorablement, sans que la science ne puisse lui expliquer pourquoi ni lui être d’aucun secours. Quand, par accident, il se retrouve prisonnier dans sa propre cave, et alors qu’il ne mesure plus que quelques centimètres, il va devoir se battre pour survivre dans cet environnement banal devenu périlleux. Lors de cette expérience, Paul va se retrouver confronté à lui-même, à son humanité, et tentera de répondre aux grandes interrogations de l’existence.

L’AVIS CIN’ÉCRANS ****

L’HOMME QUI RÉTRÉCIT est la seconde adaptation du roman éponyme de l’écrivain américain Richard Matheson, après celle réalisée par Jack Arnold en 1957.
À l’initiative de cette folle aventure mise en images par Jan Kounen, Jean Dujardin incarne Paul, un homme condamné à voir le monde grandir, grandir autour de lui, jusqu’à…

De nombreux spectateurs gardent un souvenir ému de la découverte de L’HOMME QUI RÉTRÉCIT, version 1957, devenu au fil du temps un véritable classique des œuvres de science-fiction. Un film qui, malgré les moyens limités de l’époque a suscité une réelle fascination par l’inventivité de ses effets spéciaux et l’intensité de son histoire.

Jan Kounen dont on se souvient de sa collaboration avec Jean Dujardin sur 99 FRANCS s’est emparé du roman de Richard Matheson et du film de Jack Arnold pour faire sienne cette histoire et nous livrer une œuvre atypique à la croisée des genres.

L’HOMME QUI RÉTRÉCIT, version 2025, c’est à la fois un film de science-fiction, un drame introspectif et un véritable film d’aventures mais aussi une fable mélancolique et par moment méditative sur la condition humaine …

Si le film est techniquement bluffant (Jan Kounen a utilisé la technique du motion control*), il convient de saluer la performance de Jean Dujardin qui tient le film à bout de bras et dont on imagine combien il lui a fallu faire preuve d’imagination pour donner vie à l’environnement hostile qui le cerne durant toute la seconde partie du film. Une performance d’autant plus impressionnante que l’acteur n’a plus d’autres interlocuteurs qu’une araignée, un poisson rouge, des fourmis et … lui-même.
Autant dire que l’économie de parole est de rigueur et que tout passe par le physique ! On n’oubliera pas ainsi, certains morceaux de bravoure, à l’image des batailles épiques de Paul avec l’araignée de la cave.

Alors L’HOMME QUI RÉTRÉCIT n’est sans doute pas le film du siècle mais la performance de son interprète principal, son ambition visuelle, le défi technique que représente son tournage et la réflexion philosophique qu’il véhicule sur la vie, en font un honnête et très efficace divertissement que l’on vous conseille chaleureusement.

Jean-Luc Brunet / Cin’Écrans

* Le motion control est un système informatique qui permet de contrôler et de reproduire à l’identique un même mouvement de caméra.
Lors du tournage, Jean Dujardin et les décors étaient filmés séparément. Les mouvements de caméra qui suivaient les déplacements de Jean Dujardin étaient reproduits à l’identique pour filmer les décors. Une dernière étape consistait à assembler les deux images pour aboutir au résultat final.

Un simple accident – Victimes et bourreaux ?

Un simple accident – Victimes et bourreaux ?

UN SIMPLE ACCIDENT (Yek tasadef sadeh)

Un film de Jafar Panahi
Scénario de Jafar Panahi
Avec Vahid Mobasseri, Maryam Afshari, Ebrahim Azizi
Drame – 2025 – Iran – 1h42

Sortie en salles le 1er octobre

L’histoire
Iran, de nos jours. Un homme croise par hasard celui qu’il croit être son ancien tortionnaire. Mais face à ce père de famille qui nie farouchement avoir été son bourreau, le doute s’installe.

L’AVIS CIN’ÉCRANS ****1/2

Sous tension permanente, le nouveau long métrage du réalisateur de TAXI TÉHÉRAN et AUCUN OURS, possède l’énergie et l’efficacité des meilleurs thrillers avant de révéler sa véritable nature, celle d’un nouveau et puissant pamphlet politique contre le régime iranien qui n’a jamais ménagé le cinéaste.

Comme les précédents films de son auteur-réalisateur, UN SIMPLE ACCIDENT a été tourné clandestinement. Jafar Panahi nous entraîne pour ce 11e film sur les traces de Vahid, garagiste, qui croit reconnaître, au bruit grinçant de sa prothèse, son bourreau qu’il n’a jamais vu de ses yeux. Il le kidnappe, s’apprête à l’enterrer vivant… quand le doute s’immisce. Il demande alors de l’aide à certains amis, eux aussi victimes du même tortionnaire.

Tout au long du film, ces personnages hantés comme les spectateurs par l’incertitude, tergiversent sur le sort qu’ils vont réserver à leur otage. Jafar Panahi, lui, sonde avec pugnacité et une certaine ironie l’humanité de ces personnages, à l’aune de leur désir irrépressible de justice et de vengeance.
Cruel dilemme ! Que faire dans une telle situation ? Accorder son pardon et trouver une forme de paix, ou assouvir sa vengeance et sacrifier son humanité ?
La frontière entre le bien et le mal est ténue…

Même s’il a été réalisé sans grands moyens, UN SIMPLE ACCIDENT confirme l’acuité du regard de Jafar Panahi et la justesse de ses parti-pris de mise en scène. On pense notamment à l’utilisation du hors-champ lors de la bouleversante scène finale du film ou celle de judicieux plans-séquence fixes qui accentuent la force de certains moments cruciaux du récit.

UN SIMPLE ACCIDENT est sans aucun doute l’un des plus beaux films du cinéaste iranien et peut-être le plus accessible de tous.
Un remarquable mélange de suspense, de gravité et d’humour noir qui lui a valu de recevoir en mai dernier des mains de Juliette Binoche, la présidente du jury, la Palme d’or du dernier Festival de Cannes.
Jafar Panahi, admirable cinéaste-résistant qui a décidé de ne jamais quitter son pays malgré les menaces et le prix à payer, n’a pas volé cette prestigieuse récompense.
Coproduit par la France, UN SIMPLE ACCIDENT représentera notre pays dans la course à l’Oscar du meilleur film étranger. Cette reconnaissance internationale serait bienvenue, d’autant plus par les temps qui courent…

Jean-Luc Brunet / Cin’Écrans

 

Classe moyenne – Réjouissant jeu de massacre !

Classe moyenne – Réjouissant jeu de massacre !

CLASSE MOYENNE

Un film d’Antony Cordier
Scénario d’Antony Cordier, Jean-Alain Laban, Steven Mitz, Julie Peyr
Avec Laurent Lafitte, Élodie Bouchez, Ramzy Bédia, Laure Calamy, Sami Outalbali, Noé Abita, Mahia Zrouki
Comédie – 2025 – France – 1h35

Sortie en salles le 24 septembre

L’histoire
Mehdi a prévu de passer un été tranquille dans la somptueuse demeure de ses beaux-parents. Mais dès son arrivée, un conflit éclate entre la famille de sa fiancée et le couple de gardiens de la villa. Comme Mehdi est issu d’un milieu modeste, il pense pouvoir mener les négociations entre les deux parties et ramener tout le monde à la raison. Pourtant, tout s’envenime…

CLASSE MOYENNE a été présenté à la Quinzaine des Cinéastes au Festival de Cannes 2025

L’AVIS CIN’ÉCRANS ****1/2

Il aura fallu patienter 7 ans après l’excellent GASPARD VA AU MARIAGE (avec quand même deux saisons de l’irrésistible série OVNI(s), entre temps) pour voir débarquer en salles ce quatrième long-métrage d’Antony Cordier.
Et avouons-le, nous ne sommes pas déçus. Le réalisateur nous régale d’une grinçante comédie sociale sur fond de lutte des classes.  

S’il appuie là où ça fait mal, le propos d’Antony Cordier n’est jamais manichéen.
CLASSE MOYENNE, ce ne sont pas les gentils pauvres face aux méchants riches… Loin de là !
Chacun des personnages de cette tragi-comédie humaine, aspire au changement et exprime un désir de transformation sociale, quitte à emprunter des chemins guère reluisants pour arriver à ses fins… Personne n’échappe au jeu de massacre. Chaque protagoniste en prend pour son grade.

Pour donner vie à cette farce cruelle, il fallait un casting à la hauteur et là aussi, Antony Cordier a fait les bons choix.
S’il retrouve pour la quatrième fois (après DOUCHE FROIDE, HAPPY FEW et la série OVNI(s) ) la toujours surprenante Élodie Bouchez, parfaite dans le rôle d’une actrice en quête de respectabilité, c’est la première fois que le réalisateur travaille avec Laurent Lafitte, Laure Calamy, Ramzy BédiaSami Outalbali, Noé Abita & Mahia Zrouki.

Il convenait de tous les citer tant chacun.e habite littéralement son personnage.
Mention spéciale néanmoins pour Laurent Lafitte qui se délecte depuis quelque temps à composer des personnages détestables, obtus, « bas du front », comme dans LES BARBARES de Julie Delpy ou bientôt dans LA FEMME LA PLUS RICHE DU MONDE de Thierry Klifa. Il est une nouvelle fois irrésistible de bêtise et de drôlerie.

La carrière de Ramzy Bédia s’affirme de plus en plus passionnante tant l’acteur s’essaie avec bonheur dans des registres diamétralement opposés, que ce soit avec le rôle d’un écrivain qui rencontre la réussite à 45 ans dans YOUSSEF SALEM A DU SUCCÈS de Baya Kasmi ou avec celui d’un ancien légionnaire devenu majordome dans LES TOURMENTÉS de Lucas Belvaux, pour ne citer qu’eux.
Il compose ici un personnage d’employé de maison usé par les petites humiliations quotidiennes infligées par son patron et qui n’aspire qu’à devenir riche. Un personnage maladroit, à la limite du pathétique et à qui Ramzy apporte une dimension burlesque bienvenue. Un registre sur le fil entre drame et comédie dans lequel le comédien excelle.

Quant à Sami Outalbali, il incarne avec beaucoup de subtilité Mehdi, un personnage directement inspiré du vécu d’Antony Cordier. Le réalisateur qui se décrit comme un “transfuge de classe” connaît donc bien de l’intérieur les contradictions et les complexes de ce personnage, véritable chien dans un jeu de quilles.

Vous l’aurez compris, CLASSE MOYENNE est une savoureuse satire sociale portée par un casting 5 étoiles, des dialogues réjouissants de cruauté et une mise en scène alerte.
Dans un monde où le politiquement correct règne en maître, voilà une comédie qui fait un bien fou !  

Jean-Luc Brunet / Cin’Écrans

 

Les tourmentés – Interview de l’équipe du film

Les tourmentés – Interview de l’équipe du film

LES TOURMENTÉS

INTERVIEW LUCAS BELVAUX, LINH-DAN PHAM & NIELS  SCHNEIDER

C’est fin août lors de la 18em édition du Festival du Film Francophone d’Angoulême que nous avons eu l’immense plaisir de rencontrer Lucas Belvaux et deux de ses comédiens Linh-Dan Pham et Niels Schneider pour parler de ce film né à l’origine de l’envie du réalisateur de proposer une adaptation du film de Ernest B. Schoedsack et Irving Pichel, LES CHASSES DU COMTE ZAROFF.

LES TOURMENTÉS

Un film de Lucas Belvaux
Scénario de Lucas Belvaux, d’après son roman éponyme Les tourmentés
Avec Ramzy Bedia, Linh-Dan Pham, Niels Schneider, Déborah François…
Drame – 2025 – France – 1h53

Sortie en salles le 17 septembre

L’histoire
Ça vaut quoi la vie d’un homme ? D’un homme comme lui. Un homme sans rien. Skender, ancien légionnaire, le découvrira bien assez tôt. “Madame”, veuve fortunée et passionnée de chasse, s’ennuie. Elle charge alors son majordome de lui trouver un candidat pour une chasse à l’homme, moyennant un très juteux salaire. Skender est le gibier idéal. Mais rien ne se passera comme prévu…

L’AVIS CIN’ÉCRANS ***1/2

LES TOURMENTÉS est un film qui marque une grande première dans la carrière de Lucas Belvaux puisqu’à sa casquette de réalisateur-scénariste s’ajoute désormais celle d’auteur avec son premier roman éponyme publié avec succès en 2022.

Et c’est donc à l’adaptation de ses propres écrits que s’est attaqué le cinéaste pour cet excellent et déroutant thriller existentiel.

Bien plus qu’une simple histoire de chasse à l’homme, ce qui semble avoir intéressé le réalisateur (et nous autres spectateurs) c’est la dimension humaine de son récit et notamment la question du prix d’une vie humaine et celle d’une possible rédemption.

Habilement mis en scène, le film est porté par son formidable casting Ramzy Bedia, Linh-Dan Pham, Niels Schneider et Déborah François.

Jean-Luc Brunet / Cin’Écrans

LES TOURMENTÉS

Un film de Lucas Belvaux
Scénario de Lucas Belvaux, d’après son roman éponyme Les tourmentés
Avec Ramzy Bedia, Linh-Dan Pham, Niels Scheneider, Déborah François…
Drame – 2025 – France – 1h53

Sortie en salles le 17 septembre

L’histoire
Ça vaut quoi la vie d’un homme ? D’un homme comme lui. Un homme sans rien. Skender, ancien légionnaire, le découvrira bien assez tôt. “Madame”, veuve fortunée et passionnée de chasse, s’ennuie. Elle charge alors son majordome de lui trouver un candidat pour une chasse à l’homme, moyennant un très juteux salaire. Skender est le gibier idéal. Mais rien ne se passera comme prévu…

L’AVIS CIN’ÉCRANS ***1/2

LES TOURMENTÉS est un film qui marque une grande première dans la carrière de Lucas Belvaux puisqu’à sa casquette de réalisateur-scénariste s’ajoute désormais celle d’auteur avec son premier roman éponyme publié avec succès en 2022.

Et c’est donc à l’adaptation de ses propres écrits que s’est attaqué le cinéaste pour cet excellent et déroutant thriller existentiel.

Bien plus qu’une simple histoire de chasse à l’homme, ce qui semble avoir intéressé le réalisateur (et nous autres spectateurs) c’est la dimension humaine de son récit et notamment la question du prix d’une vie humaine et celle d’une possible rédemption.  

Habilement mis en scène, le film est porté par son formidable casting Ramzy Bedia, Linh-Dan Pham, Niels Schneider et Déborah François.

Jean-Luc Brunet / Cin’Écrans

LE + CIN’ÉCRANS

C’est fin août lors de la 18em édition du Festival du Film Francophone d’Angoulême que nous avons eu l’immense plaisir de rencontrer Lucas Belvaux et deux de ses comédiens Linh-Dan Pham et Niels Schneider pour parler de ce film né à l’origine de l’envie du réalisateur de proposer une adaptation du film de Ernest B. Schoedsack et Irving Pichel, LES CHASSES DU COMTE ZAROFF.

INTERVIEW LUCAS BELVAUX, LINH-DAN PHAM & NIELS SCHNEIDER

Nino, magnétique et bouleversant Théodore Pellerin

Nino, magnétique et bouleversant Théodore Pellerin

NINO

Un film de Pauline Loquès
Scénario de Pauline Loquès avec la collaboration de Maud Ameline
Avec Théodore Pellerin, William Lebghil, Salomé Dewaels, Jeanne Balibar, Camille Rutherford, Mathieu Amalric…
Drame – 2025 – France – 1h36

Sortie en salles le 17 septembre

L’histoire
Dans trois jours, Nino devra affronter une grande épreuve. D’ici là, les médecins lui ont confié deux missions. Deux impératifs qui vont mener le jeune homme à travers Paris, le pousser à refaire corps avec les autres et avec lui-même.

L’AVIS CIN’ÉCRANS ****1/2

Avec ce premier long-métrage présenté en mai dernier à La Semaine de la Critique à Cannes, Pauline Loquès affirme déjà un regard très sûr.

Son portrait subtil de Nino, un jeune homme qui s’apprête à affronter l’épreuve de sa vie nous cueille sans effort.
La réalisatrice pose un regard d’une grande délicatesse sur ce personnage bousculé par la vie, sans jamais s’apitoyer sur son sort.

Un bon conseil, ne vous laissez pas rebuter par le point de départ assez noir de ce film qui, au final, n’est jamais plombant.
En effet, sans jamais faire abstraction de la cruelle réalité de la situation de Nino, Pauline Loquès a choisi d’évoquer la maladie sous un angle différent et invite le spectateur à une réflexion pertinente sur la résilience, à travers le récit des heures qui précèdent le début du traitement de Nino.
La réalisatrice nous invite à le suivre dans sa déambulation introspective, au cœur du 19eme arrondissement de Paris, faite de rencontres parfois drôles, souvent inattendues mais toujours très sincères et touchantes.

NINO est un premier film intense et d’une infinie pudeur, porté par la grâce et la sobriété de sa mise en scène mais aussi et surtout peut-être par l’intelligence de jeu et la sensibilité exacerbée de son interprète principal, l’enthousiasmant mais trop méconnu Théodore Pellerin (GENÈSE, CHIEN DE GARDE, SOLO).

Pauline Loquès s’affranchit avec une belle réussite des principaux écueils (notamment celui du pathos) qui pouvaient se dresser devant elle, avec la complicité de l’excellent Théodore Pellerin et celle plus discrète mais tout aussi indispensable de ses partenaires. Des seconds rôles extrêmement bien écrits et formidablement incarnés, notamment par Jeanne Balibar, Salomé Dewaels et William Lebghil.

Courez donc célébrer en salles NINO dont nous ne sommes pas près d’oublier le regard et la détermination de vie.

Jean-Luc Brunet / Cin’Écrans