Une histoire d’amour dans l’air du temps

Une histoire d’amour dans l’air du temps

« Je me considère encore comme un réalisateur débutant… » Alexis Michalik

UNE HISTOIRE D’AMOUR

Katia et Justine tombent amoureuses. Malgré la peur de l’engagement et le regard des autres, elles décident de faire un enfant, laissant le hasard décider de qui le portera. Mais alors que Katia tombe enceinte, Justine la quitte soudainement.

« Je n’avais aucunement l’intention de le faire au cinéma, pour moi c’était un objet théâtral ! » Alexis Michalik

Comme EDMOND, le second film d’Alexis Michalik en tant que réalisateur est librement adapté d’une de ses pièces. UNE HISTOIRE D’AMOUR, Molière de la mise en scène 2020 pour un spectacle du théâtre privé, est née d’une chanson « It takes time to be a man » par The rapture en 2011. Une pièce et un film qui traitent du deuil, de la rupture et de la question des suites à donner quand une histoire d’amour se termine…

Avec UNE HISTOIRE D’AMOUR, Alexis Michalik revisite avec bonheur et pas mal de d’humour les codes de la comédie romantique et du drame, en faisant passer avec beaucoup d’aisance le spectateur du rire au larmes.

Avec ce second film, l’acteur réalisateur s’est lancé un défi de taille, le partager avec l’équipe de comédiennes avec qui il a créé la pièce. Bien lui en a pris, tant Juliette Delacroix et Marica Soyer éclaboussent l’écran de leur talent (sans oublier Pauline Bression et Léontine d’Oncieu, elles aussi présentes sur les deux versions)

« J’ai découvert qu’on pouvait réécrire un film au montage… ça a été une expérience très enrichissante » Alexis Michalik

C’est donc bien volontiers que l’on se laisse happer par ces histoires d’amour plurielles, celle entre les deux filles, mais aussi celle entre le frère (incarné avec gourmandise par Alexis Michalik) et la sœur, sur un temps long de près de 15 ans.

Pour un deuxième long (très différent dans sa forme du premier), Alexis Michalik fait déjà preuve d’une belle et étonnante aisance derrière la caméra. On ne voit pas le temps passer devant ce film à la mise en scène énergique et virevoltante, qui concentre son riche récit sur une toute petite heure et demie.

On retrouvera Alexis Michalik dès le 29 novembre prochain dans FLO de Géraldine Danon. Dans ce biopic consacré à la navigatrice Florence Arthaud, l’acteur incarnera un autre fameux marin, Olivier de Kersauson.  

En attendant, n’hésitez pas à partager cette HISTOIRE D’AMOUR à laquelle le grand écran donne toute son ampleur. Et pour en savoir plus sur la genèse du projet, ses contraintes et ses conditions de tournage, je vous invite à retrouver son bon génie, le brillant Alexis Michalik, rencontré en août dernier, quelques heures seulement après la première projection publique de son film au Festival du film francophone d’Angoulême.

UNE HISTOIRE D’AMOUR
Un film d’Alexis Michalik
Scénario d’Alexis Michalik
Avec Juliette Delacroix, Marica Soyer, Alexis Michalik, Pauline Bression, Léontine d’Oncieu…
Comédie dramatique – 1H30 – France
Sortie en salles le 12 avril 2023

INTERVIEW ALEXIS MICHALIK

18 ans ! Le FFAngoulême, un festival majeur…
18 ans ! Le FFAngoulême, un festival majeur…

C’est un très riche programme que nous propose le festival du Film Francophone d’Angoulême cette années encore. Diane Kruger présidera le jury de cette 18e édition du festival qui célébrera pour son ouverture le 25 août prochain, La femme la plus riche du monde…

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C’est mon homme, Leïla Bekhti et Louise Bourgoin se disputent Karim Leklou

C’est mon homme, Leïla Bekhti et Louise Bourgoin se disputent Karim Leklou

« Le cinéma c’est les autres… la question du «moi» ne me fascine pas tant que ça ! » Karim Leklou

C’EST MON HOMME

Julien Delaunay a disparu sur un champ de bataille de la Grande guerre. Sa femme, Julie, ne croit pas qu’il soit mort. Et quand la presse publie le portrait d’un homme amnésique, elle est certaine de reconnaitre Julien. Ils se retrouvent et réapprennent à s’aimer. Mais une autre femme réclame cet homme comme étant son mari.

 

«L’identité n’est pas une affaire de sciences, ce n’est pas une affaire de preuve, c’est une affaire de croyance !» Guillaume Bureau

C’EST MON HOMME est le tout premier long métrage de Guillaume Bureau.
Si le scénariste – réalisateur n’a pas joué la facilité en empruntant les chemins du drame historique, il s’en sort brillamment grâce à un scénario subtil et d’une belle modernité qui interroge la question de l’identité et du doute.
Le propos qui rappelle celui du film de Daniel Vigne LE RETOUR DE MARTIN GUERRE (1982, avec Nathalie Baye et Gérard Depardieu), ne joue jamais la carte du spectaculaire et préfère épouser la cause de l’intime.
Jamais, le cinéaste n’impose son point de vue au spectateur. Il devient de ce fait actif pour tenter de reconstruire le puzzle composé par le scénariste autour du parcours de Julien Delaunay, à moins qu’il ne s’agisse de Victor Brunet… Le doute est là, insidieux et palpitant qui nous tient en haleine, jusqu’au bout.

Pour ce premier long, Guillaume Bureau a tout de suite pensé à Karim Leklou, un des acteurs français les plus fascinants et passionnants de sa génération. De BAC NORD, à POUR LA FRANCE en passant par LE MONDE EST À TOI ou RÉPARER LES VIVANTS, la palette de jeu du comédien semble infinie. Il est une nouvelle fois absolument remarquable et donne à son personnage une réelle épaisseur et une belle ambiguïté (est-il réellement amnésique ?).
N’oublions pas de citer ses deux partenaires, Leïla Bekhti, toujours juste et précise, avec qui il tournait pour la première fois, et sa complice d’HIPPOCRATE, la trop rare Louise Bourgoin. La subtilité de jeu de ce trio de comédien.ne.s justifierait déjà à elle seule le déplacement… Mais ce premier film ambitieux et de belle facture vaut plus que cela, vous savez donc ce qu’il vous reste à faire.

C’est en août dernier, lors du Festival du film francophone d’Angoulême, que nous avons eu le grand plaisir d’échanger avec Guillaume Bureau et son interprète principal Karim Leklou, un acteur qui confirme au fil du temps et des rencontres, une humilité rare et troublante. Et ça fait un bien fou ! Team Karim… 😊  

C’EST MON HOMME
Un film de Guillaume Bureau
Scénario de Guillaume Bureau
Avec Karim Leklou, Leïla Bekhti, Louise Bourgoin…
Drame – Historique – 1H27 – France
Sortie en salles le 5 avril 2023

INTERVIEW GUILLAUME BUREAU & KARIM LEKLOU

18 ans ! Le FFAngoulême, un festival majeur…
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Incontournable et bouleversant !

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JE VERRAI TOUJOURS VOS VISAGES

Un film de Jeanne Herry
Scénario de Jeanne Herry
Avec Adèle Exarchopoulos, Dali Benssalah, Leïla Bekhti, Elodie Bouchez, Suliane Brahim, Gilles Lellouche, Miou-Miou, Jean-Pierre Darroussin, Fred Testot, Denis Podalydès, Birane Ba, Anne Benoît, Raphaël Quenard, Sébastien Houbani…

Drame – 1h58 – France
Sortie en salles le 29 mars 2023

L’histoire 
Depuis 2014, en France, la Justice Restaurative propose à des personnes victimes et auteurs d’infraction de dialoguer dans des dispositifs sécurisés, encadrés par des professionnels et des bénévoles comme Judith, Fanny ou Michel.

Nassim, Issa, et Thomas, condamnés pour vols avec violence, Grégoire, Nawelle et Sabine, victimes de homejacking, de braquages et de vol à l’arraché, mais aussi Chloé, victime de viols incestueux, s’engagent tous dans des mesures de Justice Restaurative.

Sur leur parcours, il y a de la colère et de l’espoir, des silences et des mots, des alliances et des déchirements, des prises de conscience et de la confiance retrouvée… Et au bout du chemin, parfois, la réparation…

3 bonnes raisons de voir ce film

1/ Pour la force d’un sujet rarement abordé en fiction, voire même à travers un documentaire (à ma connaissance, en tous cas), celui de la justice restaurative.
La scénariste réalisatrice qui nous avait séduit en 2014 avec ELLE L’ADORE, son premier film, nous avait pleinement convaincu avec le magistral PUPILLE en 2018. Cette fois-ci avec JE VERRAI TOUJOURS VOS VISAGES, elle nous offre un troisième long métrage magistral tant sur le fond que sur la forme. Malgré un dispositif minimaliste, Jeanne Herry impose une mise en scène inspirée, discrète et précise. Son scénario et ses dialogues, jamais manichéens, sont affutés et entièrement au service d’un sujet puissant et de ses remarquables interprètes.
JE VERRAI TOUJOURS VOS VISAGES est un film qui (re)donne foi dans l’être humain, dans l’importance d’échanger pour tenter de comprendre, réparer et se réparer.  

2/ Les comédien.ne.s justement, parlons-en ! Il faudrait toutes et tous les nommer tant leur incarnation de personnages en proie à de multiples questionnements est puissante et subtile. S’il fallait néanmoins retenir quelques noms, je citerai en premier lieu, Adèle Exarchopoulos dont l’intensité de jeu impressionne de film en film et dans des registres souvent opposés .

J’ai envie également d’évoquer le regard perdu de Leila Bekhti au début du film, le sentiment de culpabilité de Miou-Miou, la bienveillance et le désir de compréhension de Gilles Lellouche, le désarroi de Fred Testot, la sincérité de Dali Benssalah… et tous les autres interprètes, sans exception aucune, qui font corps et âme avec leurs personnages…

3/ Et s’il fallait une raison supplémentaire pour vous conseiller de vous précipiter en salles, je vous parlerai de la séquence finale du film.  En effet, je défie quiconque de résister au face à face entre Adèle Exarchopoulos et Raphaël Quenard, une scène exemplaire de tension et de subtilité. Cet instant que le spectateur traverse en apnée est un incroyable moment de vie, de vérité et de cinéma. Un de ces instants qui font que vous sortez du film bouleversé mais heureux de l’avoir vécu.

Un immense bravo et merci à Jeanne Herry et ses interprètes pour ce nouveau et magnifique long-métrage dont le souvenir n’est pas prêt de s’estomper.
Nous aussi, nous verrons toujours leurs visages…

Festival du film de Sarlat. Dites 33 !
Festival du film de Sarlat. Dites 33 !

42 longs métrages et 13 courts métrages sont au programme de ce festival de Sarlat 2024. Une édition qui débutera le mardi 5 novembre avec la projection de l’adaptation très attendue du Prix Goncourt 2018 Leurs enfants après eux, par les frères Boukherma.

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De grandes espérances pour Rebecca Marder et Benjamin Lavernhe

De grandes espérances pour Rebecca Marder et Benjamin Lavernhe

« Est-ce qu’on peut changer le monde avec les mains sales ? » Sylvain Desclous

DE GRANDES ESPÉRANCES

Madeleine, brillante et idéaliste jeune femme issue d’un milieu modeste, prépare l’oral de l’ENA dans la maison de vacances d’Antoine, en Corse. Un matin, sur une petite route déserte, le couple se trouve impliqué dans une altercation qui tourne au drame. Lorsqu’ils intègrent les hautes sphères du pouvoir, le secret qui les lie menace d’être révélé. Et tous les coups deviennent permis.

 

« Ça tient presque de la tragédie grecque ! » Rebecca Marder

Réalisateur en 2016 de VENDEUR, une première fiction, Sylvain Desclous posait l’an dernier son regard plein d’humanité́ sur une campagne d’élections municipales dans un formidable documentaire intitulé LA CAMPAGNE DE FRANCE.

La politique, le réalisateur y revient donc avec un second film de fiction dont il a commencé l’écriture au moment de la sortie de VENDEUR et qu’il a terminée au moment du premier confinement.

« On passe d’une histoire d’amour à une histoire de lutte des classes » Sylvain Desclous

Avec DE GRANDES ESPÉRANCES, Sylvain Desclous entre dans le milieu de la politique et questionne l’exercice du pouvoir à travers une histoire très intime. Il explore les conséquences d’un acte dramatique en mettant à l’épreuve le quotidien et l’idéalisme politique d’un jeune couple qui n’assume pas ce drame de la même manière.

Pour mettre en scène ce film palpitant à la frontière du drame social, du thriller et du film politique, le réalisateur s’est entouré d’un solide casting de premiers et de seconds rôles.

« Un rôle que je n’avais pas encore joué » Benjamin Lavernhe

Saluons en premier lieu et une nouvelle fois, l’excellence du travail de Rebecca Marder dont l’immense talent explose au cinéma depuis quelques mois à travers des rôles qu’elle transcende, dans des films aussi différents qu’UNE JEUNE FILLE QUI VA BIEN de Sandrine Kiberlain, MON CRIME de François Ozon, LES GOÛTS ET LES COULEURS de Michel Leclerc ou SIMONE D’Olivier Dahan.
Dans DE GRANDES ESPÉRANCES, la comédienne incarne Madeleine Pastor un personnage de jeune femme complexe, ambigüe et ambitieuse.
Benjamin Lavernhe, lui, se frotte à un personnage nouveau dans sa carrière au cinéma, celui d’un homme mesquin, menaçant et rongé par le remords. Le sociétaire de La Comédie Française est comme toujours remarquable !
Citons également les formidables partitions jouées par Emmanuelle Bercot et Marc Barbé qui marquent de leur empreinte cette histoire diaboliquement efficace.

C’est en août dernier que nous avons eu le grand plaisir de rencontrer Sylvain Desclous, Rebecca Marder et Benjamin Lavernhe, quelques heures seulement avant la toute première projection publique de leur film DE GRANDES ESPÉRANCES dans le cadre du Festival du film francophone d’Angoulême.

DE GRANDES ESPÉRANCES
Un film de Sylvain Desclous
Scénario de Sylvain Desclous et Pierre Erwan Guillaume avec la collaboration d’Olivier Lorelle et Raphaël Chevènement
Avec Rebecca Marder, Benjamin Lavernhe, Emmanuelle Bercot, Marc Barbé, Pascal Elso…
Drame – Thriller – 1H45 – France
Sortie en salles le 22 mars 2023

INTERVIEW SYLVAIN DESCLOUS, REBECCA MARDER & BENJAMIN LAVERNHE

Dalva, 1er film digne et puissant !

Dalva, 1er film digne et puissant !

DALVA

Un film d’Emmanuelle Nicot
Scénario d’Emmanuelle Nicot
Avec Zelda Samson, Alexis Manenti, Fanta Guirassy

Drame – 1h20 – Belgique
Sortie en salles le 22 mars 2023

L’histoire 
Dalva a 12 ans mais s’habille, se maquille et se vit comme une femme. Un soir, elle est brusquement retirée du domicile paternel. D’abord révoltée et dans l’incompréhension totale, elle va faire la connaissance de Jayden, un éducateur, et de Samia, une adolescente au fort caractère. Une nouvelle vie semble alors s’offrir à Dalva, celle d’une jeune fille de son âge.

3 bonnes raisons de voir ce film

1/  Saluons en premier lieu, l’incroyable incarnation de Dalva par la jeune comédienne débutante Zelda Samson qui évite tous les écueils potentiels, liés à un rôle aussi puissant et délicat. Nous ne sommes pas prêt d’oublier la folle détermination du personnage ainsi que l’intensité du regard et du jeu de sa formidable interprète.

2/ Si Zelda Samson qui porte le film de bout en bout en est sa véritable révélation, il serait injuste de ne pas souligner la justesse de tout le casting. Citons en particulier Fanta Guirassy, l’interprète de Samia (voisine de chambre de Dalva), personnage qui éclaire un peu le chemin de Dalva en lui apportant toute sa franchise et un peu de fantaisie bienvenue. Quant à Alexis Manenti (César du meilleur espoir masculin 2020 pour LES MISÉRABLES), il offre à son personnage d’éducateur une douceur et une bienveillance rare qui font du bien à Dalva mais aussi au spectateur parfois malmené par la rudesse de propos du film.

3/ La force de ce récit d’émancipation met en évidence les paradoxes perturbants et spectaculaires du déni, surtout quand il touche une toute jeune fille, victime d’inceste durant de longues années. La réalisatrice ne lâche pas une seconde sa jeune « héroïne » du quotidien qui va devoir refaire l’apprentissage d’une enfance qu’on lui a volée. Avec DALVA, Emmanuelle Nicot nous offre une œuvre pudique, digne et puissante qui ne verse jamais dans le pathos. Un premier film remarquable à découvrir absolument. 

Festival du film de Sarlat. Dites 33 !
Festival du film de Sarlat. Dites 33 !

42 longs métrages et 13 courts métrages sont au programme de ce festival de Sarlat 2024. Une édition qui débutera le mardi 5 novembre avec la projection de l’adaptation très attendue du Prix Goncourt 2018 Leurs enfants après eux, par les frères Boukherma.

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