Interview – Jérôme Bonnel – Les hautes herbes

Interview – Jérôme Bonnel – Les hautes herbes

"Je ne me suis pas tellement posé la question des codes télévisuels..."

Après avoir signé 7 longs métrages en un peu moins de 20 ans, du CHIGNON D’OLGA à CHERE LEA (actuellement en salles), Jérôme Bonnell s’essaie, avec une belle réussite pour sa première incursion télévisuelle, à l’exercice de la mini-série avec LES HAUTES HERBES.

 
Antonin Chaussoy (Jules), épisode 2 des “Hautes Herbes” de Jérôme Bonnell

On retrouve dans LES HAUTES HERBES tout ce qui rend incontournable l’œuvre du cinéaste ; un sens affuté du récit et de l’atmosphère, une élégance dans l’écriture, son amour des acteurs/actrices  et une grande confiance dans le spectateur auquel il ne donne pas forcément toutes les clés d’entrée…
Et pour la première fois, depuis ses débuts, Jérôme Bonnell fait la part belle à l’enfance, à travers l’histoire de Jules hébergé à la campagne chez un jeune couple. Le jeune garçon découvre un monde où les tensions sourdent, entre colère sociale et drame passionnel…


Emmanuelle Devos (Eve Merrieu), épisode 1 des “Hautes Herbes” de Jérôme Bonnell

Résultat, on est tour à tour, séduit, intrigué et bousculé par les HAUTES HERBES, thriller rural intimiste, que je vous conseille vivement, d’autant que le réalisateur y retrouve pour la troisième fois, et avec un égal bonheur, l’immense Emmanuelle Devos. L’actrice qu’il a déjà dirigée dans J’ATTENDS QUELQU’UN et LE TEMPS DE L’AVENTURE, partage l’affiche avec Louise Chevillotte, Jonathan Couzinié, India Hair et le jeune Antonin Chaussoy.


Jonathan Couzinié (Glenn) et Louise Chevillotte (Lucille), épisode 2 des “Hautes Herbes” de Jérôme Bonnell

C’est à l’occasion de la présentation des HAUTES HERBES lors du Festival Fiction TV de La Rochelle que j’ai eu l’immense plaisir de retrouver le passionnant Jérôme Bonnell pour évoquer cette nouvelle étape de sa carrière…

LES HAUTES HERBES, de Jérôme Bonnell avec Emmanuelle Devos, Louise Chevillotte, India Hair, Antonin Chaussoy, Jonathan Couzinié…
Mini-série en 3 épisodes de 52 minutes. Diffusion le jeudi 6 janvier à 20H55 sur Arte. Déjà disponible pour tous, et jusqu’au 4 février 2022 sur Arte.tv

Interview – Mes frères et moi –  Yohan Manca & Sofian Khammes

Interview – Mes frères et moi – Yohan Manca & Sofian Khammes

« C'est un métier qui rend un peu dingo quand même ! » Yohan Manca

1er et immense coup de cœur 2022 pour ce film de Yohan Manca, présenté pour la première fois en juillet dernier au cœur de la sélection officielle « Un certain regard » au Festival de Cannes.

C’est à l’occasion d’un autre festival international, celui du film de Saint Jean de Luz au mois d’octobre que j’ai eu le bonheur de découvrir ce film qui place l’art (et en l’occurrence le chant) au cœur des préoccupations de son jeune héros qui tente de trouver sa place au sein de sa fratrie.

L’histoire est celle Nour (magnifiquement incarné par le jeune Maël Rouin Berrandou), 14 ans qui vit dans un quartier populaire en bord de mer. Le jeune garçon s’apprête à passer un été rythmé par les mésaventures de ses grands frères, la maladie de sa mère et des travaux d’intérêt général. Mais sa rencontre avec une chanteuse lyrique (la toujours formidable Judith Chemla) qui anime un cours d’été va lui ouvrir de nouveaux horizons…

Acteur, réalisateur et scénariste Yohan Manca signe avec ce 1er long métrage, une œuvre lumineuse et bouleversante dont le souvenir ne va pas vous lâcher de sitôt.
MES FRERES ET MOI qui évoque souvent le meilleur du cinéma italien des années 70 (de Risi à Fellini en passant par Comencini ou Scola) et dans un autre registre BILLY ELLIOTT, est typique de ces films trop rares dont vous avez envie de partager l’enthousiasme de la découverte avec le plus grand nombre…
Vous savez donc ce qu’il vous reste à faire… Direction les salles obscures 😊
Et si le cœur vous en dit, n’hésitez pas à partager également ma rencontre avec Yohan Manca et l’excellent Sofian Khammes.

Interview – Le test – Emmanuel Poulain-Arnaud, Chloé Barkoff-Gaillard & Matteo Perez

Interview – Le test – Emmanuel Poulain-Arnaud, Chloé Barkoff-Gaillard & Matteo Perez

« Avec Noé Debré, on a beaucoup pensé à La Crise de Coline Sereau… » Emmanuel Poulain-Arnaud

Emmanuel Poulain-Arnaud signe avec Le test, une comédie familiale trépidante, particulièrement bien écrite. L’ensemble de son excellent casting est porté par l’énergie et la fougue d’Alexandra Lamy, géniale en mère débordée qui redécouvre, en même temps que les petits secrets de ses enfants, le sens de sa vie…

C’est en novembre dernier, lors du Festival du film de Sarlat, au cours duquel LE TEST a reçu le Prix des lycéens, que j’ai eu le plaisir de rencontrer le réalisateur et deux des jeunes comédiens du film Chloé Barkoff-Gaillard et Matteo Perez.

Clap de fin et belle réussite pour la 1ere édition du Festival du film de société de Royan

Clap de fin et belle réussite pour la 1ere édition du Festival du film de société de Royan

4 jours auront suffi à conforter Guillaume Mousset, directeur du Festival du film de société, du bien-fondé de son initiative.
Avec 3000 spectateurs réunis sur les deux premiers jours, le directeur du cinéma Le Lido atteignait déjà ses objectifs de fréquentation, à mi-parcours. Et au final, ce sont 5000 spectateurs qui ont asssité aux multiples projections et rencontres, au programme de ce beau galop d’essai du Festival.

C’est donc avec plaisir et sérénité que le GO de ce bel événement a pu annoncer aux festivaliers (public, jury, partenaires, bénévoles …) présents lors de la cérémonie de clôture, la tenue d’une seconde édition de ce festival convivial, porté cette première année par une très belle sélection de films.

Félicitations sincères, en particulier, à Tiana Rabenja qui a su concocter une programmation à la fois ambitieuse, exigeante et populaire. On comprend aisément les difficultés que le jury, présidé par l’énergique Juliette Tresanini, a pu rencontrer pour composer son palmarès.
Un palmarès officiel, complété par deux autres prix, celui des lycéens et celui du public …

PALMARES COMPLET

Le Jury professionnel était présidé par Juliette Tresanini (actrice, scénariste) accompagnée par Jérémy Banster (acteur, réalisateur, producteur), Coline Crance Philouze (distributrice et programmatrice), Christophe Favre (acteur), Christian Gerin (journaliste et producteur de télévision), Paul Ghezi (ancien président du FEMA la Rochelle), Laurent Klug (producteur)

Meilleur film LA VRAIE FAMILLE de Fabien Gorgeart avec Mélanie Thierry, Lyes Salem, Félix Moati… (Le Pacte – Sortie en salles le 16 février 2022)

Meilleure mise en scèneEN ATTENDANT BOJANGLES de Régis Roinsard avec Romain Duris, Virginie Efira, Grégory Gadebois… (Studio Canal – Sortie en salles le 5 janvier 2022)

Meilleure interprétation Najaa pour sa prestation dans COMPAGNONS de François Favrat avec Najaa, Agnès Jaoui, Pio Marmaï… (WildBunch Distribution – Sortie en salles le 2 mars 2022)

Le jury, par l’intermédiaire de sa présidente Juliette Tresanini a, par ailleurs, tenu à décerner une mention spéciale pour les prestations de l’ensemble des acteurs enfants qui ont joué dans les films de la programmation.

Le Jury des lycéens, composé d’Agathe, Anaïs, Clémentine, Eden, Esteban, Lou, Manon, Mélanie, Morgane, Numah (encadrés par leurs professeurs Mahine Behrouzi-Candoret et Marie Durand) a attribué son Prix des lycéensEN ATTENDANT BOJANGLES de Régis Roinsard.

Quant au très convoité Prix du public, il a été décerné à  COMPAGNONS de François Favrat.

On retiendra principalement de cette cérémonie de clôture, son bon esprit mais aussi et surtout la très belle émotion de Najaa (qui recevait ici sa toute première récompense) et l’enthousiasme extrêmement bien argumenté du jury lycéen pour le film de Régis Roinsard EN ATTENDANT BOJANGLES.

A l’issue de la soirée, les festivaliers ont pu se détendre autour de ZAÏ ZAÏ ZAÏ ZAÏ, la comédie déjantée de François Desagnat librement adaptée de la BD de Fabcaro, avec Jean-Paul Rouve.

Et puis, histoire de ne pas se quitter aussi vite, l’organisation du festival a ajouté un 13eme long métrage à sa belle sélection avec ANNEES 20.
Et c’est l’une de ses protagonistes, la bouillonnante Noémie Schmidt (L’ETUDIANTE ET MONSIEUR HENRI) qui est venue présenter ce film totalement atypique, un long et vrai plan séquence de 90 minutes, imaginé durant le premier confinement et tourné dans un Paris « libéré », par une belle bande de comédiens qui nous régale ici d’un véritable geste artistique.

Voilà, c’est fini… pour cette année en tous cas !
Mille mercis à Guillaume Mousset et son équipe pour l’initiative et son organisation, à Tiana Rabenja pour la programmation, aux 53 bénévoles pour leur disponibilité et leur gentillesse ainsi qu’à Audrey Grimaud (Agence Valeur absolue) pour m’avoir permis de réaliser un certain nombre d’interviews que vous pourrez retrouver au fil des semaines sur le site !

Et en attendant celle plus complète à venir, j’ai grand plaisir à laisser le mot de la fin à Jérémy Banster, membre du jury présidé par Juliette Tresanini qui, à la veille de la cérémonie de clôture m’a fait part de son véritable coup de cœur pour le second long-métrage de Fabien Gorgeart LA VRAIE FAMILLE !  Avis + que partagé…

Jérémy Banster : Ce film est très beau et je l’ai dit à son réalisateur, hier à l’issue de la projection. C’est toujours difficile au cinéma d’oser assumer de grands sentiments parce que ça peut vite être méprisé par certains, ça peut être un peu pathos, un peu lourdingue, un peu cliché, un peu guimauve, mais ce n’est pas du tout son film.
Je trouve qu’il a réussi le tour de force de nous émouvoir avec une histoire forte, un sujet neuf avec des comédiens formidables à tous points de vue, de tous les âges, avec beaucoup de finesse et beaucoup d’humanité, beaucoup de cœur.

Il l’a fait avec une maestria sublime, vraiment sublime. Il n’y a pas de plan de trop. Il n’y a pas la larme de trop. Et ça, je trouve ça très beau et très réussi sur un sujet qu’en plus on ne connaît pas bien, qu’on n’avait jamais vu. Ce sont des situations très complexes, tout le monde à raison…
Je voulais absolument le féliciter parce que c’est aussi le cinéma que j’aime, de la même manière que j’aime LE VOLEUR DE BICYCLETTE. Pour moi, il y a un truc en commun évident, un truc mythologique. Dans LA VRAIE FAMILLE, c’est la filiation mère-fils mais aussi père-fils, d’ailleurs, parce que le père est très important et cette histoire de filiation, ça me touche énormément.

A l’année prochaine pour de nouvelles et passionnantes aventures sociétales 😊

Interview Juliette Tresanini, Présidente de jury du Festival du film de société

Interview Juliette Tresanini, Présidente de jury du Festival du film de société

"C’est la première fois, il faut que j’en profite..." Juliette Tresanini

Actrice, mais aussi scénariste, réalisatrice, youtubeuse… le nom de Juliette Tresanini est aussi associé très fortement à son personnage de Sandrine Lazzari dans la série DEMAIN NOUS APPARTIENT.
Cette semaine, Juliette Tresanini ajoute une nouvelle ligne à son riche CV en devenant Présidente de jury de la première édition du Festival du film de société.
Avec les membres de son jury, Christian Gerin, Jérémy Banster, Paul Ghezi, Coline Crance Philouze et Christophe Favre, Juliette Tresanini aura le plaisir d’attribuer trois prix, meilleur film, meilleure mise en scène et interprétation.

C’est à la sortie de la projection du film COMPAGNONS au cinéma Le Lido à Royan, que nous avons cueilli la présidente du jury pour prendre le pouls de cette première édition du Festival du film de société.

Juliette Tresanini: C’est toujours compliqué pour moi de parler dès la sortie d’un film d’autant plus quand l’émotion est forte ce qui a été le cas avec ce film qui m’a beaucoup touché.

Je peux vous appeler madame la présidente ?
Juliette Tresanini: (éclat de rire), je vous en prie… c’est la première fois, il faut que j’en profite. Plus sérieusement, c’est ma première présidence même si j’ai déjà fait partie d’un jury, notamment au Festival de Luchon (ndlr ; Festival des créations TV).
Je tiens vraiment à remercier l’organisation du festival car c’est un véritable honneur d’être ici pour la première édition d’un festival consacré à des films de société qui rejoignent bon nombre de mes préoccupations. C’est un immense plaisir mais aussi une vraie responsabilité (rire). Nous nous parlons beaucoup avec le reste du jury et c’est passionnant car nous avons des personnalités et des parcours différents. Après avoir déjà vu une partie des films en compétition, je peux déjà vous dire que les choix vont être difficiles car nous n’avons que 3 prix à remettre et nous avons déjà l’embarras du choix, mais nous allons y arriver !

Comment vous êtes-vous préparée à ce festival ? Vouliez-vous en savoir le moins possible sur la sélection ou avez-vous cherché des infos sur les films, leurs réalisateurs, réalisatrices … ?
Juliette Tresanini: J’avoue que dès que j’ai connu la sélection, j’ai cherché à en savoir plus, notamment sur le parcours des réalisateurs, savoir ce qu’ils avaient fait avant, regardé leur travail quand il était disponible. Ça m’intéresse énormément de comprendre les motivations d’un film, d’un projet.
Je suis très curieuse du travail des autres et je dois bien dire que pour le moment, je n’ai pas été déçue. Comme je vous le disais, je sors tout juste du film COMPAGNONS (ndlr ; de François Favrat) qui m’a beaucoup touché mais ça a aussi été le cas hier soir avec LA VRAIE FAMILLE qui m’a profondément émue.

Actrice, scénariste, créatrice, youtubeuse… comment vous définiriez-vous ?
Juliette Tresanini: Tout ça à la fois en fait ! j’adore mon métier d’actrice mais j’ai besoin de plus. C’est pour ça que j’écris et que j’adore travailler sur des idées de courts métrages, notamment. J’ai aussi fait une vraie pause de deux mois pour écrire un livre qui devrait sortir en mars prochain autour des « phrases qui ont changé nos vie » (ndlr ; série de vidéos, sur la chaine Youtube de Juliette où des personnalités évoquent une phrase importante dans leur vie).

Votre relation au public a-t-elle beaucoup changé avec le formidable succès de « DEMAIN NOUS APPARTIENT » ? Et comment avez-vous vécu la fin de cette aventure… ?
Juliette Tresanini: Elle n’est pas totalement terminée (sourire). Tant qu’un personnage n’est pas mort, il y a toujours de l’espoir… d’autant que tout va parfaitement bien avec mes partenaires et avec la production… Evidemment j’étais triste de quitter cette famille et ce personnage très riche de Sandrine Lazzari qui n’était pas forcément si évident que ça au départ. Et puis ma vie a beaucoup changé avec cette aventure, puisque je me suis notamment installé avec ma famille à Sète où avaient lieu les tournages. Une grande partie de ma vie était là-bas.
Mais, au final, je ne garde qu’un souvenir formidable de cette aventure, d’autant que la réaction du public a été formidable. J’ai reçu de très nombreux témoignages de remerciements et me demandant aussi de revenir… (sourire)
Cet arrêt m’a donné du temps pour développer d’autres projets et je continue de travailler avec TF1 qui ne m’a pas abandonné (ndlr ; on a pu la voir récemment dans LE FURET).
Sinon, en dehors du livre, je suis aussi en train d’écrire un long métrage avec Laurent Firode (ndlr ; avec qui l’actrice a tourné cette année LA CICATRICE, un court métrage dont elle est l’initiatrice) et que nous allons sans doute coréaliser…

Vous ne vous ennuyez donc pas ! D’autant qu’il y a toujours votre goût pour le court métrage qu’on peut partager avec vous sur votre riche chaine Youtube… Je pense notamment au très beau PROMO 2000 (à découvrir ci dessous), réalisé par Paul Lapierre, un film dont je trouve qu’il a une réelle ambition de cinéma sur le fond, comme sur la forme …
Juliette Tresanini:
Oh merci beaucoup, ça me fait très plaisir ! Avec Paul, nous sommes effectivement très contents de ce film. Il raconte l’histoire d’une jeune femme qui fait tout pour qu’on l’oublie et qui à l’occasion d’une soirée retrouve ses camarades de lycée… Mais eux ne la reconnaissent pas !
Nous sommes d’autant plus heureux que le film vient d’être sélectionné avec quatre autres pour le Festival du court métrage de Clermont-Ferrand dans une toute nouvelle section (ndlr; la sélection POP-UP dédiée à des courts métrages produits sur le web).

Avant de vous retrouver à Clermont-Ferrand en février, il ne me reste donc plus qu’à vous souhaiter une bonne fin de festival ici à Royan et de faire les bons choix avec votre jury…
Juliette Tresanini: Merci beaucoup, il nous reste encore 2-3 films à voir en compétition et je vais sans doute rester après la cérémonie de clôture pour découvrir ZAÏ, ZAÏ, ZAÏ, ZAÏ présenté hors compétition. Je ne repartirai que lundi matin, je vais profiter jusqu’au bout de ce beau festival.

Propos recueillis par Jean-Luc Brunet au Cinéma Le Lido de Royan dans le cadre du Festival du film de société de Royan. Un grand merci à Guillaume Mousset, directeur du cinéma et du Festival ainsi qu’à Audrey Grimaud (Agence Valeur absolue).