Le samouraï, implacable et solitaire…

Le samouraï, implacable et solitaire…

LE SAMOURAÏ

LE SAMOURAÏ
Policier – 1967 – 1h45 (UHD & BR) 1H40 (DVD) – France
Réalisation : Jean-Pierre Melville
Scénario : Jean-Pierre Melville & Georges Pellegrin
Avec Alain Delon, François Périer, Nathalie Delon, Cathy Rosier…

Sorti en salles le 25 octobre 1967

Disponible le 29 novembre en version restaurée sur une édition collector limitée et numérotée à 1000 exemplaires –  UHD 4K + BR + DVD – Pathé
Le coffret est agrémentée du vinyle 33 tours de la bande originale du film, du scénario original du film et du livret (60 pages) « Le Samouraï : Chorégraphie de la solitude et de la mort » rédigé par Bertrand Tessier
Le film est également disponible en VOD

Image : 1.66– Son : Français DTS Mono 2.0 (UHD & BR) Mono 2.0 (DVD)
Sous titres anglais / Sourds et malentendants – Audio-description

L’histoire
Jef Costello, dit le Samouraï est un tueur à gages. Alors qu’il sort du bureau où git le cadavre de Martey, sa dernière cible, il croise la pianiste du club, Valérie. En dépit d’un bon alibi, il est suspecté du meurtre par le commissaire chargé de l’enquête. Lorsqu’elle est interrogée par celui-ci, la pianiste feint ne pas le reconnaître. Relâché, Jeff cherche à comprendre la raison pour laquelle la jeune femme a agi de la sorte.

Le film *****
Est-il vraiment encore besoin de présenter ce film considéré par beaucoup comme un chef d’œuvre ?
Pas certain, même si on ne résiste pas à la tentation de saluer l’initiative de Pathé d’offrir une nouvelle vie au film noir de Jean-Pierre Melville.
Pour cela, l’éditeur nous régale d’une superbe version restaurée avec pour plus bel écrin cette édition limitée et numérotée mais nous invite aussi, plus simplement à redécouvrir le film magnifiquement restauré, en VOD.

LE SAMOURAÏ marquait en 1967, la première des 3 collaborations entre Jean-Pierre Melville et Alain Delon, avant LE CERCLE ROUGE et UN FLIC.

(Re)voir en 2023 LE SAMOURAÏ dans ces conditions constitue une belle expérience pour les cinéphiles d’autant qu’elle permet de mieux comprendre la passion suscitée, encore aujourd’hui, par le film chez de très nombreux cinéastes.
On voit bien à quel point les audacieux partis prix de mise en scène de Jean-Pierre Melville, la rareté des dialogues, le jeu tout en retenue d’Alain Delon à travers le personnage impénétrable et inoubliable de Jef Costello, ont pu inspirer des réalisateurs comme Michael Mann, Jim Jarmusch, John Woo, Nicolas Winding Refn ou bien encore Kim Hong-Joon.
Ajoutez à cela le remarquable travail sur la lumière du chef opérateur Henri Decaë et vous obtenez un film indémodable qui traverse le temps avec grâce.  

Bonus *****
« Le Samouraï : La Restauration » avec Tessa Pontaud, directrice adjointe restauration patrimoine Pathé Films (11min)
« Jean-Pierre Melville, mon ami » : entretien avec Philippe Labro (34min)
« Jean-Pierre Melville, l’influenceur » : entretien avec Philippe Rouyer (33min)
« Jean-Pierre Melville et la musique de film » : entretien avec Stéphane Lerouge, historien de la musique de film, et Nicolas Errera, compositeur (21min)
« Le Samouraï » revu par Taylor Hackford (19min)

Soyons honnête, nous n’avons pas visionner la totalité des bonus exclusifs proposés dans cette somptueuse édition du SAMOURAÏ.
Mais les riches suppléments consacrés à la restauration du film et l’entretien avec Philippe Labro, ami fidèle de Jean-Pierre Melville valent largement le détour.

2 x 1 ou les affres de La vie conjugale…

2 x 1 ou les affres de La vie conjugale…

JEAN-MARC ET FRANÇOISE OU LA VIE CONJUGALE (2 films)

Drame psychologique – 1964 – 3h18 (blu ray) 3H10 (DVD) – France
Réalisation : André Cayatte
Scénario : André Cayatte, Maurice Aubergé, Louis Sapin
Distribution : Marie-José Nat, Jacques Charrier, Michel Subor, Macha Méril, Alfred Adam, Giani Esposito

Sorti en salles le 1er février 1964

Disponible en digipack 2 Blu ray ou 2 DVD (éditions limitées à 2000 exemplaires), le 28 juin 2023 – Pathé  
16/9 – 2.35 :1 – Français mono 2.0 – Audiodescription en français – Sous-titres anglais.

L’histoire
Quels sont les grands moments qui marquent la vie d’un couple ? Mais surtout, sont-ils vécus de la même manière ? Chacun leur tour, de façon personnelle, Françoise et Jean-Marc racontent les grands événements qui ont marqué leur union et leur rupture : la rencontre, les études, le mariage, la naissance de leur enfant, le déménagement en province, la jalousie, les doutes…

Les films ***
Assez tièdement accueilli lors de sa sortie en salles en 1964, ce diptyque d’André Cayatte sur la vie de couple est à re(découvrir) aujourd’hui au regard des évolutions de notre société.

En effet, LA VIE CONJUGALE peut se voir comme un témoignage édifiant sur une époque avec tous les clichés inhérents autour de la place des femmes et celle des hommes.
Ces années 60 au cours desquelles les femmes tentent de s’émanciper, notamment par le travail. Reste que cette double vision du couple aurait sans doute été encore plus pertinente si son écriture avait été équilibré. Or, là, ce sont trois scénaristes hommes qui nous proposent leur regard, forcément un peu biaisé sur le couple Françoise (Marie-José Nat) & Jean-Marc (Jacques Charrier).
Force est de reconnaitre que le portrait de Françoise se révèle parfois à charge, la jeune femme étant dépeinte comme indépendante, ambitieuse, légère et vénale (visiblement elle gagne son argent très facilement), même si le film pointe aussi fortement la puissante domination patriarcale de l’époque.
Les deux films qui restent néanmoins assez passionnants, peuvent se regarder dans n’importe quel ordre mais il est troublant de voir à quel point la découverte du second volet donne envie de revoir le premier afin d’en saisir toutes les nuances.
On peut ainsi rapprocher cet exercice de style, de la remarquable trilogie réalisée en 2003 par Lucas Belvaux (CAVALE, APRÈS LA VIE, UN COUPLE ÉPATANT), même si les deux films d’André Cayatte ne possèdent pas l’habileté et la puissance narrative des films du cinéaste belge.
L’intention initiale du réalisateur (basée sur ses souvenirs d’avocat) était de démontrer combien les points de vue d’époux en instance de divorce sur des moments communs pouvaient être différents. Un choix artistique original, même s’il est parfois maladroit ou parfois déséquilibré dans sa double mise en image.

Au final, LA VIE CONJUGALE montre combien ses deux protagonistes se sont laissé enfermer, à leur corps défendant, dans des rôles prédéfinis. Une situation qui va finir par avoir raison de leur couple, et on ne divulgue rien en disant ça ! Ces deux films font aussi la preuve de la subjectivité absolue de la mémoire et sur la manière dont chacun peut être amené à la pervertir. Tout est question d’interprétation, pour les protagonistes, les comédiens mais aussi les spectateurs…
Pour cela aussi, cette singulière expérience cinématographique mérite largement le détour.  

Bonus ****
Sur JEAN-MARC OU LA VIE CONJUGALE : 19 scènes étendues (38mn)

Sur FRANÇOISE OU LA VIE CONJUGALE : Les vertiges de l’identité : Entretiens des films par Roland-Jean Charna avec Geneviève Sellier (historienne du cinéma français), Ginette Vincendeau (historienne du cinéma français), Noël Herpe (écrivain, cinéaste, critique de cinéma et historien du cinéma français), Jean-Fabrice Janaudy (directeur de la société de distribution les Acacias et du cinéma Le Vincennes) (2023 – 56mn)

LES VERTIGES DE L’IDENDITÉ, présenté en complément du volet FRANÇOISE est constitué de passionnant entretiens entre Roland-Jean Charna avec des interlocuteurs très concernés par le cinéma d’André Cayatte et/ou par l’époque décrite dans le film.
Ce bonus conséquent de près d’une heure aborde, entre autres, la genèse du film, sa place dans la carrière d’André Cayatte, les difficultés d’écriture rencontrées par le réalisateur et les nombreux thèmes du film comme le basculement d’époque, les différentes visions des personnages, l’émancipation des femmes, le patriarcat et ses dérives, sans oublier quelques anecdotes amusantes autour de la sortie du film en salles, comme l’idée des comédiens de faire éditer une pièce de monnaie « Françoise/Pile, Jean-Marc/Face, afin d’aider les spectateurs hésitants sur l’ordre de visionnage du film.   

Le second bonus proposé avec le volet JEAN-MARC est un bout à bout consistant d’une vingtaine de scènes (en version longues) non restaurées mais qui apportent, pour certaines d’entre elles, un éclairage différent sur l’histoire de cette VIE CONJUGALE.

Rumba la vie, Tout le monde danse pour Dubosc…

Rumba la vie, Tout le monde danse pour Dubosc…

« Dans mes one man shows, il y avait toujours quelque chose de personnel mais comme j’amenais des gags, tout ça paraissait un peu plus lourd… » Franck Dubosc

Fin juin, début juillet, Franck Dubosc faisait une halte du côté de La Baule, et de son festival Cinéma et Musique de film, pour y présenter sa seconde réalisation RUMBA LA VIE.

4 ans après le joli succès de TOUT LE MONDE DEBOUT, l’acteur-réalisateur est de retour devant et derrière la caméra pour dresser le portrait de Tony, la cinquantaine, chauffeur d’autobus scolaire renfermé sur lui-même qui vit seul après avoir abandonné femme et enfant vingt ans plus tôt. Bousculé par un malaise cardiaque, il trouve le courage nécessaire pour affronter son passé et s’inscrire incognito dans le cours de danse dirigé par sa fille, qu’il n’a jamais connue, dans le but de la (re)conquérir et de donner un sens à sa vie.

Avec RUMBA LA VIE, nouvelle comédie tendre et généreuse, Franck Dubosc continue de se mettre à nu et dévoile une nouvelle facette, plus fragile, de sa personnalité. Il prouve aussi combien il aime les comédien.ne.s en leur accordant une belle place et sans jamais tirer la couverture à lui. Evoquons bien sûr, sa jeune et lumineuse fille de cinéma Louna Espinosa mais aussi, Marie-Philomène Nga, Jean-Pierre Darroussin ou bien encore Michel Houellebecq qui nous régale d’une composition hilarante et inattendue…

INTERVIEW FRANCK DUBOSC & LOUNA ESPINOSA

Adieu Monsieur Haffmann – Gilles Lellouche, salaud malgré lui !

Adieu Monsieur Haffmann – Gilles Lellouche, salaud malgré lui !

ADIEU MONSIEUR HAFFMANN

Un film réalisé par Fred Cavayé
Scénario : Fred Cavayé, Sarah Kaminsky d’après la pièce de Jean-Philippe Daguerre

Drame – 1h56 – France
Distribution : Daniel Auteuil, Gilles Lellouche, Sara Giraudeau…
Sorti en salles le 12 janvier 2022
Disponible en VOD, DVD & Blu-ray chez Orange Studio

Son: Français 2.0 – Français 5.1. Audiodescription
Sous-titres:
sourds et malentendants
Image:
16/9
Bonus:
Commentaire audio de Fred Cavayé – Module de making of – Scène coupée.

Le pitch
Paris 1941. François Mercier est un homme ordinaire qui n’aspire qu’à fonder une famille avec la femme qu’il aime, Blanche. Il est aussi l’employé d’un joaillier talentueux, M. Haffmann. Mais face à l’occupation allemande, les deux hommes n’auront d’autre choix que de conclure un accord dont les conséquences, au fil des mois, bouleverseront le destin de nos trois personnages.

L’avis Cin’Ecrans
Avec ce 6em long-métrage (sans compter l’épisode des INFIDELES qu’il a réalisé en 2012, Fred Cavayé s’attaque à un nouveau genre.
Après le thriller, la comédie et la comédie dramatique, c’est un drame que le réalisateur d’A BOUT PORTANT nous invite à partager cette fois-ci.

ADIEU MONSIEUR HAFFMANN marque la troisième collaboration de Fred Cavayé avec Gilles Lellouche. Avec ce personnage de salaud malgré lui, l’acteur confirme ici qu’il est devenu une figure incontournable de notre cinéma, avec une belle palette de jeu et une vraie curiosité dans le choix de ses rôles (LE SENS DE LA FÊTE, PUPILLE ou BAC NORD pour ne citer qu’eux).
Il est ici épaulé par deux acteurs magnifiques Daniel Auteuil et Sara Giraudeau, qui apportent beaucoup de nuances à leurs personnages, dans des registres très différents.
Le propos du film aurait pu se suffire à lui-même, mais ce sujet puissant est transcendé par la mise en scène sobre et précise de Fred Cavayé et par une belle économie des mots. La force du film est plutôt à trouver dans de petits gestes et des regards échangés par ses protagonistes.

Bonus
En supplément sur le DVD et le BR du film, une très courte séquence promotionnelle, « vendue » comme un module de making-of. Soit ! Mais pour le coup, on aurait aimé en avoir vraiment plus afin de découvrir l’envers du décor du tournage de ce film qui a subi de plein fouet la crise Covid.
Heureusement le commentaire audio du réalisateur vient en partie compenser cette impression de trop peu. Si l’exercice peut parfois être rébarbatif pour les intervenants et le spectateur/auditeur sur certains films, Fred Cavayé s’en sort ici plutôt bien, en affirmant et précisant, notamment, certains partis pris de mise en scène.  
Ajoutons à ces deux bonus, une scène coupée intéressante mais dont on imagine aisément pourquoi elle n’a pas trouvé sa place dans le montage final…

A propos du film 
ADIEU MONSIEUR HAFFMANN a valu un très mérité prix d’interprétation féminine à l’excellente Sara Giraudeau lors du dernier Festival du Film de Sarlat. Le film, lui, s’est vu attribuer la Salamandre d’or du meilleur film, grand prix décerné par le public.

Le + Cin’Ecrans
Retrouvez ci-dessous, l’interview de Fred Cavayé, réalisée quelques heures avant la toute première projection publique du film. C’était en novembre dernier au Festival du Film de Sarlat.

INTERVIEW FRED CAVAYÉ

Interview – Adieu Monsieur Haffmann – Fred Cavayé

Interview – Adieu Monsieur Haffmann – Fred Cavayé

" Je sais depuis le début que Gilles est un grand comédien mais là j'en ai eu la confirmation..."

Le Festival de Sarlat porte chance à Fred Cavayé. En effet, son 1er long métrage POUR ELLE avait reçu le Grand Prix de la ville de Sarlat en 2008. Et au mois de novembre dernier, ADIEU MONSIEUR HAFFMANN, son 6ème long métrage (7 si on compte le sketch des INFIDELES qu’il a réalisé en 2012) est reparti du festival auréolé d’un prix d’interprétation féminine pour l’excellente Sara Giraudeau et de la Salamandre d’or, le grand prix du meilleur film décerné par le public…
Des récompenses de bon augure alors que le film sort en salles ce 12 janvier.

Très librement adapté de la pièce de théâtre de Jean Philippe Daguerre, ADIEU MONSIEUR HAFFMANN raconte l’histoire d’un pacte passé entre un bijoutier juif, son employé et sa femme pendant la seconde guerre mondiale.

Ce quasi huis-clos est l’occasion pour le réalisateur de travailler pour la première fois avec Daniel Auteuil et Sara Giraudeau, mais il marque également sa troisième collaboration avec Gilles Lellouche. L’acteur confirme ici après, entre autres, LE SENS DE LA FÊTE, PUPILLE ou BAC NORD, qu’il est devenu une figure incontournable de notre cinéma, avec un vrai sens de la variété et de la curiosité dans le choix de ses rôles.

C’est quelques heures avant cette première projection publique d’ADIEU MONSIEUR HAFFMANN que j’ai eu le grand plaisir de retrouver Fred Cavayé, avec qui je partage le souvenir d’une interview mémorable en fin de nuit, sur le tournage d’A BOUT PORTANT…
Je vais essayer de retrouver le sujet pour visionnage 🙂