Sœurs jumelles 2022 – Sur un air de musique « ré mi fa sol sol sol ré do »…

Sœurs jumelles 2022 – Sur un air de musique « ré mi fa sol sol sol ré do »…

La seconde édition de Sœurs Jumelles s’annonce riche, variée, après son beau galop d’essai en 2021 au milieu des contraintes sanitaires.
Ce Festival dont la vocation est de réunir tous les acteurs de la musique et de l’image se tiendra du 22 au 25 juin prochain en présence de très nombreux invités…

C’est au cœur du restaurant Vivre(s) de Grégory Coutanceau à Rochefort que s’est tenue la présentation de ce festival 2022, par Julie Gayet, Delphine Paul et Eric Debègue.
Des membres fondateurs pour qui « Sœurs Jumelles, c’est la volonté de faire découvrir toutes les facettes de ces métiers au grand public grâce une programmation éclectique, exigeante mais populaire ».

Pour cette seconde édition, la première ouverte au public, les initiateurs du projet ont vu les choses en grand avec bien sûr des rencontres professionnelles mais aussi de très nombreux événements festifs ouverts à toutes et tous avec pour point d’orgue quatre grandes soirées qui auront lieu sur La grande scène, face à la Corderie royale.
Ces soirées accessibles au public sur billetterie seront toutes composées de plusieurs spectacles inédits avec des mises en images rendues possibles grâce au judicieux partenariat mis en place avec L’INA et sa géniale plateforme de streaming Madelen. On se souvient ainsi de ce partenariat avec deux très belles soirées, l’an passé, à l’occasion de l’hommage à Jacques Demy et Michel Legrand en ouverture du festival et du spectacle musical d’Alex Beaupain et Stéphane Foenkinos « Musicaa » 5photo ci dessous)

LES SOIRÉES

Mercredi 22 juin – 20H30  – Cérémonie d’ouverture et « L’une chante l’autre pas »…

La Cérémonie d’ouverture sera suivie du spectacle « L’une chante, l’autre pas », imaginé par Rosalie Varda et mis en scène par Judith Henry.
Un spectacle hommage à Agnès Varda et Joanna Bruzdowicz, sa compositrice fétiche, présente l’an passé sur le festival et malheureusement disparue en novembre dernier. Il réunira entre autres, les chanteuses PR2B, Barbara Pravi, Marie Oppert, Neïma Naouri et la violoniste Anne Gravoin.

Un ciné-concert du film PEOPLE ON SUNDAY réalisé par Robert Siodmak et scénarisé par Billy Wilder sera proposé en fin de soirée avec un live de Dominique Dumont et d’une chanteuse.

Jeudi 23 juin – 21 H – Spectacle inédit du groupe IAM …

La chanteuse R2B et la rappeuse SALLY ouvriront la soirée pour nous présenter leurs albums et univers respectifs.

IAM avec un spectacle inédit créé spécialement pour et avec le festival qui fusionnera les titres du Warrior Tour avec des images d’archives qui retracent l’histoire du groupe marseillais, l’un des plus mythiques du rap français.

DJ set de musique électro d’Arnaud Rebotini, compositeur de la BO de 120 BATTEMENTS PAR MINUTE.

DOMBRANCE clôturera la soirée avec une grande fresque musicale autour de la Ve République.

Vendredi 24 juin – 21 H – Le cinéma de Serge Gainsbourg  par Alex Beaupain…

Après avoir enchanté le festival l’an passé avec un premier spectacle musical inédit, Musicaa, au théâtre de la Coupe d’Or, le prolifique et talentueux Alex Beaupain investit  cette année la grande scène avec une nouvelle œuvre inédite autour du cinéma de Serge Gainsbourg.
Un spectacle en images et musique qu’il nous offrira avec la complicité de Françoise Fabian, Clotilde Hesme, La Grande Sophie, Clou et Dominique Besnehard. Un joyeuse troupe qui l’accompagnait déjà en mars dernier sur France Inter dans un premier spectacle dédié au répertoire 80’s du grand Serge.

La soirée se poursuivra, entre autres, avec la musicienne, compositrice et chef d’orchestre Uéle Lamore puis avec JB Dunkel (moitié du groupe Air) qui viendra livrer « Aux sources de l’électro », prestation live improvisée sur synthétiseur analogique.

Samedi 25 juin – 21H30 – Le cinéma invisible par Stephan Eicher…

A bord de son Radeau des Inutiles, Stephan Eicher ouvrira la soirée par un concert avant de nous proposer « Le cinéma invisible », une création inédite basée sur des scénarios de films, écrits par de grands noms de la littérature dans laquelle le chanteur suisse mettra en musique deux textes lus par des comédiens, accompagnés en live par des automates et un duo de bruiteurs.

EGALEMENT AU PROGRAMME

LES DEBATS

De nombreuses tables rondes seront organisées pour les professionnel.le.s de la musique et de l’image mais aussi pour les étudiant.e.s accrédité.e.s (dans la limite des places disponibles) autour de thèmes aussi divers que : « Comment être éco responsable dans nos industries ? », « La place de la musique dans la formation des créateurs d’images », « L’enjeu des metavers pour les créateurs », «  La prévention des violences sexistes et sexuelles », « Quand les œuvres digitales bouleversent la création sonore »…

LES CONVERSATIONS ARTISTIQUES

Agrémentées de live musicaux, d’interludes dansés et d’extraits vidéos, ces conversations sont dédiées au grand public afin qu’il puisse découvrir l’envers du décor de la création…
Elles se dérouleront au Théâtre de la Coupe d’Or qui accueillera à cette occasion les créateur.trice.s d’images et les compositeur.trice.s issu.e.s des différents domaines (pub, jeu vidéo, série, VR, cinéma, musique) qui raconteront sur scène leur démarche artistique et partageront leurs expériences.

Seront présents pour ces conversations artistiques :
Benjamin Biolay et Philippe Almosnino, Audrey Ismaël, Julie Roué et Anne-Sophie Versnaeyen, Emilie Simon, Charlotte Abramow et Suzane, les danseurs Nicolas Huchard et Sofiane Chalal, François Desagnat et Alexandre Azaria, Michèle Laroque, Jeanne Cherhal et Thierry Frémaux, Koki Nakano, Vladimir Cosma, JB Dunckel et Olivier Babinet, Pierre-Marie Dru et Erwan Kerzanet, Katia Boutin, Vincent Frèrebeau, Alex Jaffray.

LES PROJECTIONS

Chaque jour 2 ou 3 projections gratuites seront proposées aux festivaliers à l’Apollo Ciné 8, en présence de réalisateurs ou compositeurs qui viendront en fin de séance raconter le travail qu’ils ont effectué entre l’image et la musique.

Parmi ces projections, notons l’avant-première de la série REUSS 2022, de Mohamed Chabane et Théo Jourdain, les documentaires JE N’AIME QUE TOI de Valentine Duteil et Karine Morales sur Alex Beaupain et VLADIMIR COSMA SUR UN AIR DÉCONCERTANT de Mathieu Busson, les films LE CHANT DE LA MER de Tom Moore en présence de Nolwenn Leroy,  LES AVENTURES DE RABBI JACOB de Gérard Oury avec la musique de Vladimir Cosma, un cycle “Musique et cinéma libanais” en collaboration avec l’association Rochefort sur toile et Sœurs Jumelles n’existerait sans doute pas sans l’incontournable LES DEMOISELLES DE ROCHEFORT.
Le film culte de Jacques Demy mis en musique par Michel Legrand sera par ailleurs célébré lors d’une séance spéciale en version karaoké, accompagnée par de jeunes chanteurs de comédies musicales, sur La petite scène.
Ce nouvel espace situé au cœur du Village Sœurs Jumelles, sur le vieux port, sera ouvert au public. Il accueillera également chaque jour de jeunes talents de la musique à l’image : compositeurs, DJ, VJ …
On pourra ainsi y découvrir en live tous les jours de 19H à 20H des artistes émergents de Sony Music tels que Requin Chagrin, Vendredi sur mer, Johnny Jane, Dani Terreur

Difficile de vous détailler ici même la totalité de cette très riche édition du festival qui continue de s’écrire au jour le jour.
Cin’Ecrans vous conseille donc de consulter régulièrement le site officiel de sœurs Jumelles sur lequel vous pourrez notamment retrouver de nombreux compléments d’infos et qui vous redirigera vers la billetterie ou les demandes d’accréditation.

Et rendez-vous ici même, d’ici quelques heures, avec Julie Gayet qui nous présentera une partie de cette belle et très prometteuse programmation…

INTERVIEW JULIE GAYET – SOEURS JUMELLES 2022

Sortie DVD / VOD – Les magnétiques en numérique

Sortie DVD / VOD – Les magnétiques en numérique

Les magnétiques

Un film réalisé par Vincent Maël Cardona
Scénario : Vincent Maël Cardona, Romain Compingt, Chloé Larouchi, Maël Le Garrec, Rose Philippon et Catherine Paillé

Drame – 1h38 – France
Distribution : Thimotée Robart, Marie Colonb, Joseph Olivennes, Fabrice Adde, Louise Anselme, Younès Boucif, Maxence Tual…

Le pitch
Une petite ville de province au début des années 80. Philippe vit dans l’ombre de son frère Jérôme. Entre la radio pirate, le garage du père et la menace du service militaire, les deux frères ignorent qu’ils vivent là les derniers feux d’un monde sur le point de disparaître.
LES MAGNÈTIQUES de Vincent Maël Cardona est disponible en VOD et DVD chez Blaq out

L’avis Cin’Ecrans
Avec ce premier long-métrage hypnotique et très maîtrisé, Vincent Maël Cardona entraîne le spectateur au cœur des années 80.
LES MAGNETIQUES dresse le portrait à la fois énergique et mélancolique d’une jeunesse qui se cherche dans une époque de transitions. Sa bande-son, toute aussi magnétique, ravira les nostalgiques de punk-rock et d’une new wave, propres à cette génération à la sensibilité « No future » avec des titres d’Iggy Pop, Joy Division ou The Undertones
Si le scénario, la réalisation et la composition des comédiens principaux (avec notamment Thimotée Robart révélé par VIF ARGENT de Stéphane Batut en 2019) séduisent pleinement, il serait très injuste de ne pas signaler le très beau travail effectué par Marion Burger sur les décors qui donnent toute son ambiance au film.
Enfin, il est certain que la réussite des MAGNETIQUES ne serait pas la même sans le soin très particulier (et primordial pour un tel projet), accordé au son par une bande de techniciens passionnés, Mathieu Descamps, Pierre Bariaud et Samuel Aïchoun.

Bonus DVD
Deux bonus sont à retrouver sur le DVD des MAGNETIQUES. Le premier est un sujet de 11 minutes réalisé à partir d’entretiens passionnants avec le mixeur son Samuel Aïchoun et la chef décoratrice du film Marion Burger pour l’aventure de ce film aura été un « très beau voyage ».
Ce projet de bonus a été conçu dans le cadre d’un atelier d’initiation à la réalisation audiovisuelle par un groupe de jeunes et porté par l’association Etonnant Cinéma et le cinéma Le Méliès à Montreuil, avec l’aide de l’association Passeurs d’images.

Le second bonus est la captation de l’échange qui a eu lieu à l’issue de la toute première projection publique du film lors de la Quinzaine des réalisateurs 2021. Si le propos s’avère très intéressant, il est dommage que cette captation brute n’ait pas été un peu plus retravaillée. Rien de dramatique mais il est un peu curieux et dommage, hors cadre du festival, d’avoir toutes les questions et réponses en français traduites dans la foulée en anglais…

A propos du film 
LES MAGNETIQUES premier long métrage de Vincent Maël Cardona a été présenté à La Quinzaine des réalisateurs en juillet 2021. Il y a reçu le Prix de la SACD 2021. Le film a également, entre autres, reçu le Prix d’Ornano Valenti dans le cadre du Festival de Deauville 2021. Nommé 3 fois aux César 2022 (meilleur premier film, meilleur espoir masculin et meilleur son), il y a été récompensé d’un très mérité César du meilleur premier film.

Le + Cin’Ecrans
Retrouvez ci-dessous l’interview de Mathieu Descamps, Pierre Bariaud et Samuel Aïchoun, ingénieurs et mixeur son du film, réalisée pour l’Académie des César à l’occasion du déjeuner des nommés en février dernier.

Interview Mathieu Descamps, Pierre Bariaud et Samuel Aïchoun –
Déjeuner des nommés – César 2022

Le Festival Music & Cinema s’installe à Marseille pour sa 23e édition

Le Festival Music & Cinema s’installe à Marseille pour sa 23e édition

C’est du 4 au 9 avril que se déroulera donc l’édition de ce festival européen, le seul à consacrer l’intégralité de sa programmation à la relation réalisateur/compositeur.

Music & Cinema qui se déroulait jusqu’alors à Aubagne débarque cette année au cœur de la cité phocéenne. Un festival qui devrait réunit pendant 6 jours plus de 25 000 spectateurs et 500 professionnels du monde entier, qu’ils soient compositeurs de musique pour l’image, réalisateurs, scénaristes ou comédiens.

Cette 23e édition de Music & Cinema Marseille (MCM) débutera lundi 4 avril à 20 heures avec la projection hors compétition et en avant-première du film d’Antoneta Alamat Kusijanović MURINA, lauréat de la Caméra d’or à Cannes l’an passé.

Et c’est le samedi 9 avril que sera dévoilé le palmarès 2022. La cérémonie de clôture sera suivie d’un ciné concert de la Masterclass de composition musicale pour l’Image sous la direction de la compositrice Marie-Jeanne Séréro.

Entre-temps, les festivaliers pourront se régaler tout au long des 6 jours de festivité d’un programme très riche et varié…

                             COMPETITION LONGS MÉTRAGES

Le jury de la compétition longs-métrages est composé cette année de la productrice Delphine Schmidt, du journaliste/réalisateur Thierry Jousse, de la compositrice et fidèle complice de Tony Gatlif, Delphine Mantoulet et d’Audrey Estrougo, réalisatrice des récents SUPREMES et A LA FOLIE (sortie en salles le 6 avril et présentation au cours du festival).
Ils auront le plaisir de devoir départager les 10 films sélectionnés cette année…

  • CLARA SOLA de Nathalie Alvarez Mésen – Musique originale de Ruben De Gheselle (Suède/Belgique/Allemagne/Costa Rica)
  • HIVE de Blerta Basholli – Musique originale de Julien Painot (Macédoine/Albanie/Kosovo/Suisse)
  • TOUBAB de Florian Dietrich – Musique originale de Jacob Vetter (Allemagne)
  • LE CŒUR NOIR DES FORÊTS de Serge Mirzabekiantz – Musique originale de Cyrille de Haes, Margaret Hermant, Manuel Roland (Belgique/France)
  • NOW/HERE de Peter Monsaert – Musique originale de Demusmaker (Belgique)
  • GHOST SONG de Nicolas Peduzzi – Musique originale de Jimmy Whoo (France)
  • LA RUCHE de Christophe Hermans – Musique originale de Fabian Fiorini (Belgique/France)
  • JUMP DARLING de Phill Connell – Musique originale de Harry Knazan (Canada)
  • WILD ROOTS de Hajni Kis – Musique originale de Oleg Borsos (Slovaquie/Hongrie)
  • MA FAMILLE AFGHANE de Michaela Pavlatova – Musique originale de Sacha et Evgueni Galperine (République tchèque/Slovaquie/France)
    + d’info sur les films de la compétition

                         COMPETITION COURTS METRAGES

Le festival a également sélectionné 63 courts métrages dont 37 productions ou co-productions françaises.
Le jury de cette compétition courts-métrages est composé du producteur Jérôme Nunes, de la compositrice Julie Roué, de l’acteur Jérémie Duvall et du compositeur/dessinateur Marc Marder.
+ Toutes les infos concernant la programmation des courts métrages est à retrouver ici

                         UN LIEU D’ECHANGE ET DE RENCONTRES

Outre ces films présentés en compétition, le festival propose également des avant-premières, des films coups de cœur, des séances « Carte Blanche » et de très nombreuses rencontres avec des équipes de films mais aussi avec les invités d’honneurs de cette édition, la comédienne Dominique Blanc, la chanteuse et compositrice Imany (photo ci-dessous) et la compositrice Nainita Desai.

Les festivaliers pourront également échanger avec les invités du traditionnel programme « Accords en duo » mettant à l’honneur des duos compositeurs/ réalisateurs. Sont ainsi célébrés cette année Delphine Mantoulet & Tony Gatlif (Photo ci-dessous) autour de la projection de TOM MEDINA, ainsi qu’Éric Neveux & Emmanuelle Bercot, avec la présentation du film DE SON VIVANT qui a récemment valu un César du meilleur acteur à Benoît Magimel.

Certains compositeurs ayant déjà participé au festival, comme membre du jury, intervenant ou en ayant bénéficié des différents dispositifs d’aide à la création du festival, seront célébrés cette année à travers le programme Ostinato (Ils ou elles repasseront par-là). On pourra ainsi, entre autres, retrouver le groupe électro The Penelopes autour de leur travail sur SPACEBOY d’Olivier Pairoux et le compositeur oscarisé (pour SHAKESPEARE IN LOVE) Stephen Warbeck qui présentera son premier film en tant que coréalisateur THE MAN IN THE HAT.

J’aurai l’immense plaisir de me rendre au festival durant quelques jours, notamment pour y réaliser quelques interviews que vous pourrez retrouver très bientôt sur Cin’Ecrans…

En attendant, et pour en savoir plus sur cette édition de MCM, découvrir l’intégralité de la programmation des films, rencontres et ciné-concerts, ainsi que pour réserver vos places, rendez-vous sur le site officiel du festival.

« J’ai vraiment voulu être à la hauteur d’Ibrahim » – Interview Samir Guesmi & Raphaël Elig

« J’ai vraiment voulu être à la hauteur d’Ibrahim » – Interview Samir Guesmi & Raphaël Elig

- Interview Samir Guesmi & Raphaël Elig - Ibrahim

Récompensé de 4 Valois (meilleurs film, mise en scène, scénario & musique) lors du Festival du film francophone d’Angoulême 2020, IBRAHIM, le premier long-métrage de Samir Guesmi a également fait partie de la sélection Cannes 2020. Une reconnaissance plus que méritée pour ce film qui a enfin trouvé le chemin des salles le 23 juin.
Le lendemain de cette sortie, l’acteur-réalisateur et Raphaël Elig, compositeur de la bande originale du film étaient à Rochefort pour une rencontre avec le public dans le cadre du Festival Sœurs Jumelles.
L’occasion pour Cin’Ecrans de revenir sur la belle aventure d’IBRAHIM…

Gadjo Dilo - Romain Duris & Rona Hartner

Samir, dans quel état d’esprit es-tu au lendemain de la sortie d’IBRAHIM qui était prêt depuis pas mal de temps mais que la pandémie a empêchée, l’hiver dernier ?
Samir Guesmi – J’ai vécu cette sortie de manière extrêmement heureuse. Je ne soupçonnais pas pouvoir être accueilli de cette façon. J’ai eu des retours extrêmement élogieux, joyeux, le film a eu une presse super, des réactions incroyables. Et on a fait un peu le tour des salles avec Raphaël et franchement, on rencontre des gens extrêmement émus, touchés. Moi ça me bouleverse.

Franchement tu oublies tous les moments pénibles, toute cette attente qui n’était pas vraiment une attente d’ailleurs, parce que c’est juste le temps qui s’est étiré et ça c’est étiré un peu pour tout le monde cette histoire de pandémie.
Je n’ai pas le sentiment d’un soulagement, c’est juste un autre pan de l’aventure, c’est mon premier long métrage et je découvre ça en fait, je suis un bleu ! (rire) C’est à dire qu’il y a l’écriture, la préparation, le tournage, le montage et puis il y a la sortie, les festivals, la rencontre avec le public et franchement, c’est le grand chelem en fait! C’est un triathlon, il y a des épreuves différentes à chaque fois très, très, très, denses.

Nous sommes ici dans un festival qui célèbre la musique et l’image. Que représente pour toi la musique de film ? 
Samir Guesmi – J’ai une grande admiration pour la musique de film. C’est sacré pour moi parce que c’est quelque chose d’extrêmement difficile. C’est une partition qui se superpose au film et qui existe par ailleurs. C’est à dire qu’on peut l’entendre comme une oeuvre à part entière mais qui doit se marier, accompagner un film sans lui faire de l’ombre. Ce mariage entre la musique et l’image doit fonctionner, indépendamment de la qualité de la composition.
Quand la musique est là pour colmater des défaillances de mise en scène ou alors accentuer des moments un peu tragiques, je ne trouve pas ça intéressant
J’ai donc un rapport étrange à la musique de film, je l’aime mais à la fois, par moments je pourrais m’en passer mais largement… Quand on me dit “Là, il faut que tu pleures” en rajoutant des violons, je me lève, c’est vraiment épidermique, je me sens pris en otage et je trouve que dans ce cas, la musique gâche le film.

Tout ça pour dire à quel point j’adore la musique de film et, à la fois, elle me terrorise parce que, par moments, elle peut tout casser, tout foutre en l’air.

Raphael Elig  –
Je suis parfaitement d’accord avec ça. Et par rapport à la partition sonore du film qui englobe à la fois les dialogues, les bruitages et la musique, je me suis tellement imprégné du son de l’appartement ou de celui de la brasserie, par exemple, que j’ai voulu les garder sur la bande originale du film parce que, pour moi, ça faisait partie de sa musique.

J’ai souvent rejoint Samir et Loïc, son monteur son, car il y a tout un travail sonore que je trouve génial. Ce qu’il a fait est incroyable. Ca a été vraiment comme un travail sur une peinture pour essayer de trouver les bons pleins et déliés.

Exils - Romain Duris & Lubna Azabal

Raphael, c’est effectivement un film urbain qui marie très fortement la musique et le son de la ville. Comment avez-vous travaillé la richesse de toute cette matière ?
Raphael Elig – J’ai vu le film monté avant de commencer à travailler, j’avais donc déjà une matière très avancée et c’est pour ça que j’ai dit à Samir “C’est déjà tellement beau sans musique… les silences sont là, ils sont présents et ils ont besoin de rester silencieux” (sourire) La difficulté était donc de définir dans quels interstices j’allais pouvoir me glisser pour donner des éclairages, à certains moments, qui soient justes et qui n’enlèvent pas cette dimension sonore importante mais qui est quand même assez ténue.

Ce qui est important, c’est de voir que le père et le fils communiquent très peu. Ils sont juste là et on avait besoin de garder cette dimension. Il fallait trouver la place de la musique mais sans lui en donner trop. Les silences, pour moi, ça fait partie aussi de la partition sonore, c’est bien de donner des respirations et pour moi, ça a été vraiment un super travail d’épurer les notes avec Samir.
En tant que compositeur on a tout le temps tendance à être un peu trop bavard alors du coup Samir m’a aidé à ne pas ne pas l’être trop.

Samir, cette démarche et cette volonté de retenue dont parle Raphaël pour l’écriture de la musique semble être la même que dans l’écriture et dans le jeu. Cette volonté de ne pas en faire trop, de ne pas trop en dire et de faire confiance au spectateur était présente dès la naissance du projet ?
Samir Guesmi – A partir du moment où on a un personnage mutique, qui a du mal avec les mots, il faut bien trouver une autre manière de le faire exister. C’est à dire qu’il fallait le voir arriver à la maison, que l’on comprenne ce qu’il pense, sans nécessairement le formaliser.

Mais je voulais ajouter quelque chose sur le travail de Raphaël qui a été difficile parce que, moi, j’étais très, très méfiant et très chiant. Je n’étais pas complètement clair à ce propos.
La musique, j’y pense beaucoup et notamment pour mon film. J’avais envie de musique et, en même temps, plus je travaillais sur le film, plus j’accordais d’importance aux sons, aux rumeurs de la ville, au silence d’un appartement, d’une cuisine, au déclenchement du frigo et cette bande sonore me suffisait.
Puis, j’ai regardé le film qui était assez âpre et un peu rugueux, avec un son un peu métallique. J’aimais bien ça, mais je trouvais un peu arbitraire et un peu radical de ne pas mettre de musique. Donc, j’ai écouté plein de musiciens, j’ai fait quelques tentatives puis j’ai eu envie de rencontrer Raphaël après avoir entendu sa musique au piano.
Je me rappelle que j’étais un peu méfiant, un peu sur mes gardes. J’ai été assez mauvais joueur, en lui disant “Je ne sais pas si j’ai envie de musique !”  et lui m’a répondu ” Tu as raison, je crois qu’il ne faut pas de musique sur le film”. Moi, à ce moment-là, avec mon esprit de contradiction, je lui ai demandé d’essayer de faire quelque chose sur certaines scènes comme celle de la cuisine ou de la salle de bain, où je pensais qu’il n’y avait pas besoin de musique.

Raphael y est allé avec toute la délicatesse du monde et en même temps en imposant cette présence de la musique. C’était exactement ce que je lui demandais ! C’était à la fois d’exister, de ne pas faire un truc timide qui allait être écrasé par l’image et de prendre sa place avec moi qui ne la lui faisait pas vraiment.
J’ai l’air de faire le malin, mais c’est vraiment ça ! C’est pour cette raison que je disais qu’une bonne musique de film c’est une musique qui épouse le film en trouvant sa juste place. Et je trouve que le piano de Raphaël est incroyable.

Après la bande son du film, peut-on parler également du travail de Céline Bozon, la directrice photo, à qui l’on doit la très belle lumière du film. Rarement Paris, la nuit notamment, n’a été aussi justement montrée ?  Quelles étaient tes attentes sur ce point?
Samir Guesmi – Franchement, à part sur les scènes de rêves, il n’y a eu aucun traitement sur l’image. Paris est tel que je l’ai vue, que je l’ai vécue enfant. En fait, je me suis rendu compte que la ville n’a pas changé.
C’est un film qu’on a fait avec une économie assez modeste, on n’a pas eu des tonnes d’éclairage. Il y a eu beaucoup de scènes tournées la nuit dans Paris et on s’est servis de l’éclairage de la ville. Le rouge orangé, un peu ocre de la cité, c’est celui qui existe.

Le talent de Céline, et c’est la même chose avec Raphaël, c’est de pas s’être mise en avant avec ses lumières, Raphaël ne s’est pas non plus mis en avant avec sa musique. On a juste regardé avec attention ce qu’il y avait devant nous et franchement, c’est suffisamment beau et bouleversant pour qu’on n’ait pas besoin de rajouter des choses.
La forme du film n’était pas préalablement pensée ou peut-être inconsciemment. En fait, j’ai vraiment voulu être à la hauteur d’Ibrahim c’est à dire à la hauteur de ses 16 ans, à la hauteur de sa taille de ce qu’il voit lui, comment il perçoit la ville…
Moi, c’est ce Paris là que je connais !

Ce premier film à la fois intense et pudique est aussi très personnel. Aurais-tu pu réaliser un autre premier film, sur un autre sujet ? Quel en a été le déclic?
Samir Guesmi – Ibrahim, c’est une déclaration d’amour d’un père à son fils ou d’un fils à son père. J’avais envie de faire un film d’amour, et pour moi un film d’amour c’est deux êtres, un homme et une femme, une femme et une femme ou un homme et un homme, c’est le sentiment amoureux. En fait, c’est aussi possible de faire un film entre un père et son fils, comme une déclaration d’amour.
Et donc…. (longue réflexion) est-ce que j’aurais pu faire un autre premier film que celui-ci ? je ne sais pas…  je ne crois pas, non !

 

Et aujourd’hui, tu as d’autres envies de réalisation ? 
Samir Guesmi – C’était tellement dense, tellement intense ce premier long métrage que j’ai très, très envie d’en faire un autre mais je sais que le prochain sera totalement différent. Pour le moment il faut qu’IBRAHIM sorte, vive sa vie pour que je puisse envisager concrètement le prochain. J’en ai déjà le désir, c’est sûr, mais j’ai envie d’être aussi plein que je l’ai été avec IBRAHIM. Je n’ai pas très envie de me précipiter et en même temps, c’est mon paradoxe, je n’ai pas envie que ce soit dans mille ans. Il faut savoir prendre le temps mais aussi choper le bon moment ! (sourire)  

Comment envisage-t-on la suite, justement, quand l’accueil sur un premier film est aussi enthousiaste ? Y-a-t-il une forme de pression ?
Samir Guesmi – Moi je me méfie des mots, ça se voit dans le film…  Mais bon, il y a une partie de moi qui dit “ouah c’est génial, c’est super” et l’autre partie qui a envie d’oublier. 
La manière dont ça s’est passé sur ce premier film est quand même assez extraordinaire et donc la pression est forcément là.
De toute façons, il y a une pression avant un premier film, avant le deuxième… Que le premier eut été un échec ou une catastrophe, la pression pour le deuxième aurait été là de toute façon. Je vais faire en sorte que tous les aspects positifs, toute l’expérience de ce film-là serve au deuxième.

Et cette expérience derrière la caméra a-t-elle nourri celle de l’acteur ? A-t-elle ou va-t-elle changer des choses dans ton travail avec d’autres réalisateurs? 
Samir Guesmi – Ah oui, énormément !  Le parcours d’un acteur, pas pour tous mais pour une bonne partie je crois, c’est beaucoup d’échecs, dans le sens où c’est beaucoup de refus, beaucoup de rôles que tu ne fais pas. Et j’ai compris, avec cette expérience, qu’un acteur correspond ou ne correspond pas au rôle. Il n’y a pas à se taper dessus quand on n’a pas le rôle. J’ai compris pourquoi on choisissait un acteur sur un film. Je l’ai compris parce que j’ai choisi des acteurs pour mon film et quand on est acteur on pense mal, en fait, et on se fait du mal tout seul. Donc, je me dis que maintenant je vais être plus tranquille, je vais respirer, je vais souffler.
Et paradoxalement, je n’ai jamais eu autant de rôles que maintenant.

Justement, quels sont tes projets les plus proches en tant qu’acteur ?
Samir Guesmi – C’est le film de Rachid Hami qui va s’appeler POUR LA FRANCE, un drame, qui va être un film sublime je le sais déjà. C’est le deuxième film de Rachid qui avait réalisé la MELODIE avec Kad Mérad et des adolescents, il y a deux – trois ans. Je pars également tourner à Montréal cet été, dans le nouveau film de Denis Côté, un cinéaste québécois.

Raphaël, tu as peu travaillé pour le cinéma. Cette BO d’IBRAHIM t’a-t-elle donné envie d’en écrire d’autres ?
Raphael Elig – Quand j’étais à l’école normale de musique, j’avais été passionné par une classe de musiques de film que j’avais avec Laurent Petitgirard (ndlr, chef d’orchestre et compositeur, entre autres de nombreuses BOF) et c’est vrai que c’est un rêve d’enfant.
Après, l’histoire s’est écrite un peu autrement. J’étais passionné, aussi, par la recherche musicale j’ai fait pas mal de choses pour la télé, j’ai fait de la pub, il fallait manger aussi, donc voilà j’ai été assez polyvalent.
Mais je suis très content d’avoir vécu cette expérience avec Samir et d’être revenu à la matière première qu’est le piano qui est vraiment mon premier amour. C’était une très belle expérience parce que je me suis remis au piano depuis plusieurs années, sur un travail personnel, fait uniquement de pièces pour piano autour de l’enfance, et donc c’était formidable de pouvoir servir ce film avec cette matière-là.

Cette musique composée pour IBRAHIM t’a value d’être récompensé du Valois de la meilleure musique de film. Cette reconnaissance de ton travail est importante ?
Raphael Elig – Oui, oui bien sûr, c’est très motivant ! Ca me donne beaucoup de beaucoup d’élan et  de force.

Propos recueillis le jeudi 24 juin, à l’occasion de la première édition du Festival Soeurs Jumelles à Rochefort. 

“Rêver à une plus grande échelle” Interview Julie Gayet

“Rêver à une plus grande échelle” Interview Julie Gayet

- Interview Julie Gayet - Soeurs Jumelles -

Né de la rencontre entre Julie Gayet, Hélène Grimault, Delphine Paul & Eric Debegue, Sœurs Jumelles aurait dû fêter sa naissance en 2020. Las, c’était sans compter sur la pandémie de Covid.

Mais la belle équipe n’a pas baissé les bras. Parallèlement à la mise en ligne de Soeursjumelles.com dont la vocation est de faire exister le projet à l’année, elle a réussi la prouesse d’organiser, sans grande visibilité (sanitaire) cette première édition d’un festival dédié à la rencontre et à la célébration de la musique et de l’image.
Une belle réussite, en forme de galop d’essai pour les prochaines années.

Avec son enthousiasme habituel, Julie Gayet revient pour Cin’Ecrans sur les ambitions de cette première édition et ses envies pour celles à venir. Vivement juin 2022 😊

Gadjo Dilo - Romain Duris & Rona Hartner

Actrice, réalisatrice, productrice, distributrice et aujourd’hui conceptrice de Sœurs Jumelles…
En réalité, je ne me sens pas réalisatrice, j’ai fait des documentaires (ndlr, 3 films autour des Cinéast(e)s) que j’ai d’ailleurs co-réalisé avec Matthieu Busson, vraiment à dessein, pour ne pas avoir à prendre la réalisation en main et le laisser gérer cet aspect-là.
Je me sens actrice, ça c’est certain et productrice complètement ! J’ai aimé et j’aime ça, même si aujourd’hui, j’ai mis un peu en veille ma petite société de production pour ne faire que de la coproduction associée.
Je n’ai plus une structure comme j’avais avant mais ça a vraiment été un choix au tout début du confinement. C’était ou grossir ou être de nouveau plus petite et être toute seule. Finalement, je suis toute seule et c’est très bien. A l’époque, j’avais lancé la distribution qui est donc une des raisons pour lesquelles j’ai dû fermer ou mettre en veille ma société de production car ça nous a coûté un peu cher. On a donc arrêté la distribution, même si je suis restée très proche d’Emilie Djiane qui avait monté la distribution et qui s’occupe là, pendant Soeurs Jumelles, du cinéma.

Comment est né le projet Sœurs Jumelles ?
Rouge, c’était comme un petit studio indépendant mais on fonctionnait un peu comme les grands groupes. On avait production, distribution et édition ! Et les éditions, c’était Hélène Girault qui s’en occupait. Hélène, elle habite La Rochelle, elle est venue un jour partager ce sentiment que c’était compliqué de faire rencontrer ces deux mondes, le monde de la musique et de l’image.

On a eu cette même analyse que le monde de la musique et le monde de l’image sont en train de se dissiper c’est à dire qu’on voit vraiment des artistes musiciens qui font des clips, pensent images, réfléchissent à l’image, racontent des histoires et font des films, l’image les inspire. Et vice-versa, les gens d’images s’intéressent très tôt à la musique, s’intéressent aux éditions. Ils ont besoin d’avoir le compositeur ou même la musique parfois très en amont. Et puis surtout, ce monde de l’image se diversifie c’est à dire que oui c’est du cinéma mais c’est aussi de la série, du documentaire, de l’animation, du jeu vidéo, de la pub, du clip… On voit bien tout ce qui se fait en matière d’image, de vidéo, tout ce qui se crée, et donc on avait envie de les faire mieux communiquer.

Des demoiselles de Rochefort à Soeurs Jumelles, une évidence pour tous ?
C’est incroyable, comment une œuvre a fait rayonner une ville dans le monde entier, même en Chine ! Et se dire que, là maintenant, de Rochefort on va faire rayonner ce rapport entre l’image et la musique que chérissaient tellement Jacques Demy et Michel Legrand…oui c’était une évidence ! Et donc, c’était important de commencer par cet hommage et de faire rayonner ce duo mythique, cette alchimie entre deux créateurs pour la soirée d’ouverture (ndlr, une soirée hommage à Jacques Demy & Michel Legrand à revoir sur Arte TV en cliquant ici )

Quand on va dans le bureau du maire de Rochefort qui nous a accueillis et ouvert les portes, on retrouve de grandes photos du tournage des DEMOISELLES DE ROCHEFORT. C’est dans ce bureau qu’ont été tournés les cours de danse du film, c’est assez magique. J’espère qu’au cours d’une prochaine année, on arrivera à faire repeindre les volets de toutes les couleurs comme dans Les demoiselles, qu’on arrivera à faire des choses folles comme par exemple, un grand bal sur la place ou un karaoké géant.
Là, on ne peut pas vraiment faire ça, ni de grands jeux, mais on a très envie de faire participer et de faire rayonner toute la ville. C’est très frustrant cette année, et je ne voudrais surtout pas que les gens ici croient que nous sommes en train de faire une espèce de colloque dans notre coin parce que ça me rendrait très, très triste, parce que ce n’est vraiment pas l’idée.

Exils - Romain Duris & Lubna Azabal

Il a fallu s’accrocher pour monter cette première édition ?
Sincèrement c’est compliqué, là, de de monter un événement mais il faut bien commencer quelque part. On s’est dit qu’il fallait poser la première pierre pour que les gens comprennent notre intention, voient cette transversalité.

Initier ce type de rencontres entre deux mondes, où on peut débattre, où il y a des conférences où il y a des Masterclass très ouvertes au grand public où il y a des live…

L’année prochaine, on pourra rêver à une plus grande échelle. Je crois que les partenaires sont tous emballés, ont compris l’état d’esprit, voient à peu près à quoi ça va ressembler. Il me semble que c’est comme une grande répétition générale et vous allez voir l’année prochaine ça va être waouahhhhh ! (éclat de rires)

Parallèlement au Festival, l’équipe de sœurs jumelles a également initié, un site Soeursjumelles.com, une plateforme de contenus déjà très riche…
On a créé le média Soeurs Jumelles et on aimerait qu’avec des partenaires comme l’INA, la SACEM, le CNC ou le CNM, on puisse toute l’année communiquer, raconter les chiffres, les news, que ce soit un lieu, entre autres, pour mettre en lumière les compositrices !

Liberté

Justement depuis quelques années, tu fais partie du collectif 50/50 qui milite très activement pour promouvoir l’égalité des femmes et des hommes et la diversité dans le cinéma et l’audiovisuel. C’est une action qui est aussi au cœur de Sœurs Jumelles…
On doit être dans l’action et on doit être pro-actif pour arriver à faire bouger les lignes là on n’est pas encore à 50/50, on n’est pas encore à l’égalité salariale donc de toutes façons c’est un énorme chantier un énorme travail qui doit se faire sur tous les niveaux de la société.

Donc il ne faut pas lâcher ce travail-là, évidemment !  C’était donc important de montrer cette image-là, par rapport à la musique et de mettre en lumière les compositrices parce qu’elles ne sont que 8%, c’est très peu !
Aurélie Saada (ndlr, présente sur scène lors de la soirée d’ouverture “Demy/Legrand”), par exemple ! Aurélie, elle vient donc d’un groupe les Brigitte et elle vient de réaliser son premier long métrage (ndlr, ROSE en salles le 8 décembre). Elle fait des clips, elle écrit, elle produit, elle compose mais on ne pense jamais qu’elle compose. Je pense que, souvent, certains se disent “Tiens, qui y-a-t-il derrière les Brigitte ? Qui écrit ? ”  Et bien non ! C’est elle qui écrit et c’est elle qui a composé la musique de son film. C’est pareil pour Hollysiz (elle aussi présente pour le spectacle d’ouverture) qui est autrice, compositrice, productrice, interprète. Il faut vraiment montrer ces modèles aux jeunes filles d’aujourd’hui pour qu’elles aient des modèles. Nous, on veut montrer qu’elles existent, avoir une fenêtre pour elles, c’est vraiment un but de mettre en avant les compositrices. On a essayé de faire qu’il y ait égalité, ou presque, chez nous. Alors, à chaque fois qu’il y aura un grand compositeur, on mettra une grande compositrice, à chaque fois qu’il y aura une table ronde avec un homme, il y aura une table ronde avec une femme… Pareil pour les films de réalisatrices et de réalisateurs, on va essayer cette égalité-là.
Et puis on a découvert qu’il y avait l’association “Troisième autrice” qui venait d’être montée. Elles sont 12, présentes ici.  Il y a aussi “Présence compositrice” dans la musique classique, qui a créé « Demandez à Clara » une application absolument incroyable. On a décidé qu’on allait faire un partenariat et qu’on allait incorporer les compositrices de musique à l’image dans leur application. C’est une application où quand vous voulez jouer une partition d’une compositrice vous cherchez par genre “18e… baroque… flûtiste… pianiste..” et on vous indique comment trouver ces partitions, c’est génial !

Outre les rencontres, projections et autres masterclass, la musique live est très présente sur Sœurs Jumelles…
On voulait présenter tous types de musique, la musique électro, la musique symphonique la musique contemporaine, la pop, les chansons actuelles.
L’idée c’était également qu’il y ait une résidence et qu’on fasse une création qui pourrait être jouée un peu plus tard. Cette année, la création jouée pour la première fois en clôture du festival, c’est celle d’Alex Beaupain (ndlr, Musicaa, un spectacle autour des grandes chansons d’amour dans le cinéma, coécrit avec Stéphane Foenkinos) qui est en résidence, en ce moment, à La Rochelle à La Sirène.
On voulait également un spectacle d’ouverture et comme ça s’appelle Soeurs Jumelles et que nous sommes à Rochefort, ça ne pouvait être qu’un hommage à Jacques Demy et Michel Legrand. Mais l’idée, par la suite, est que le spectacle d’ouverture soit consacré à l’invité d’honneur. Donc si notre invité d’honneur, l’année prochaine est David Lynch, ce sera, soyons fous (rire), un concert autour de David Lynch.

L’idée c’est donc que l’ouverture soit centrée sur l’invité d’honneur et la clôture, une création contemporaine de musiques actuelles. Après, il y aura aussi des ciné-concerts et tout un tas de choses mais toujours autour de propositions diverses et variées.
L’idée c’est que dès qu’il y a un écran il y a des musiciens, dès qu’il y a des musiciens, il y a un écran derrière, et qu’on fasse répondre les deux…

La musique a-t-elle aussi une place dans ton travail de comédienne ?
Je rentre dans mes rôles par la musicalité, je change ma voix, je cherche le ton. Il y a un peu l’idée, justement, de trouver la note juste du personnage, il y a tellement de façons de parler…Donc je cherche ma voix et quand j’arrive à la post-synchro je retrouve celle que j’avais prise.
Je créée ma voix, en fait, même si c’est “Ma” voix, je sais si elle est plus profonde, plus posée, si elle est plus légère, si elle est plus rapide ou juste murmurée. Et puis il y a le rythme du personnage, la musicalité des mots de l’écriture d’un auteur… J’ai toujours pensé les choses avec cet aspect musical, donc je trouvais bien de donner ici, la parole aux musiciens.

Propos recueillis le 23 juin lors du Festival Sœurs Jumelles de Rochefort