Naissance du Festival du film de demain ! Impact attendu le 2 juin…

Naissance du Festival du film de demain ! Impact attendu le 2 juin…

Découvrez le programme de la première édition du Festival du film de demain qui se déroulera du 2 au 5 juin prochain au Ciné-Lumière de Vierzon.
Ce festival est né de la volonté de ses fondateurs de créer un lieu d’expression et de promotion de films  «impactants».

Pour ses fondateurs, Louis-Julien Petit, Camille Carteret et Mathieu Bonnefond, «Le Festival du Film de Demain (FFD) c’est avant tout la conviction que la culture peut être un puissant vecteur de changement dans une société où la parole se libère de plus en plus. Un lieu d’expression pour des réalisateurs et des réalisatrices engagé.e.s qui, par leurs œuvres, éveillent ou renforcent la conscience citoyenne. Un lieu d’échange et de transmission pour la jeune génération. Un lieu de divertissement autant qu’un espace de débat pour tous.»

La cérémonie d’ouverture présentée le 2 juin par l’actrice Pauline Lefèvre, sera suivie de 3 journées de compétition autour de 9 films. Des œuvres engagées, sur des sujets aux enjeux sociétaux forts et produits pour le cinéma, la télévision ou des plateformes.

LE JURY
Les 9 films de la compétition concourront pour six prix baptisés « L’Envol » (récompenses fabriquées à partir d’acier recyclé par l’artiste sculpteur Ned Marlau) : le prix du public et ceux du meilleur film, meilleure réalisation, meilleur acteur, meilleure actrice et meilleur scénario.

Ces cinq autres prix seront attribuées par un jury présidé par Corinne Masiero, comédienne chère au cœur de Louis-Julien Petit puisqu’elle a tourné sous sa direction DISCOUNT, CAROLE MATHIEU et LES INVISIBLES.

L’interprète de la Capitaine Marleau sera bien entourée puisqu’à ses côtés seront présents, l’acteur – réalisateur Xavier Legrand ( César du meilleur film pour JUSQU’A LA GARDE), l’actrice Julie de Bona ( les séries LE BAZAR DE LA CHARITE, LE TUEUR DU LAC…), le batteur et acteur Axel Auriant ( SLALOM, la série SKAM…), l’actrice et réalisatrice Naidra Ayadi (réalisatrice de MA FILLE et meilleur espoir féminin pour POLISSE) sans oublier l’influenceuse et actrice Fatou Kaba (LA BRIGADE & la série VALIDÉ)

LA COMPETITION

NENEH SUPERSTAR de Ramzi Ben Sliman (France) – Gaumont
Avec Oumy Bruni Garrel, Maïwenn, Aïssa Maïga…
Sortie en salles à venir

BRILLANTES de Sylvie Gautier – Alba Films
Avec Céline Sallette, Camille Lellouche, Eye Haidara…
Sortie en salles à venir

COSTA BRAVA, LIBANON de Mounia Akl (Liban) – Eurozoom
Avec Nadine Labaki, Yumna Marwan…
Sortie en salles le 29 juin 2022

L’ENFANT DE PERSONNE de Akim Isker (France) – France Télévisions
Avec Isabelle Carré, Nawell Madani, Andréa Bescond…
Diffusé sur France TV en novembre 2021

FLASHBACK de Caroline Vigneaux (France) – Amazon Prime Video
Avec : Caroline Vigneaux, Sophia Aram, Suzanne Clément…
Diffusé sur Amazon Prime Vidéo depuis novembre 2021

DE L’AUTRE CÔTÉ DU CIEL de Yusuke Hirota (Japon) – Art House
Avec les voix de Philippe Katherine, Masataka Kubota, Éric Métayer…
Sortie en salles le 17 août 2022

AYA de Simon Coulibaly Gillard (France/Belgique)  – La Vingt-Cinquième Heure
Avec Marie-Josée Kokora, Patricia Egnabayou, Junior Asse
Sortie en salles le 12 octobre 2022

A LA FOLIE de Andréa Bescond et Éric Métayer (France) – M6
Avec Marie Gillain, Alexis Michalik, Ahmed Sylla…
Rediffusion à venir sur M6

JE TREMBLE, Ô MATADOR de Rodrigo Sepúlveda (Mexique, Argentine, Chili) – Outplay
Avec Alfredo Castro, Leonoardo Ortizgris, Luis Gnecco
Sortie en salles le 15 juin 2022

LES AVANT PREMIÈRES

Quatre films seront également présentés en avant-première en présence de leurs équipes

MENTEUR de Olivier Baroux (France) – Gaumont
Avec Tarek Boudali, Artus, Pauline Clément…
Sortie en salles le 13 juillet 2022

TOUCHÉES d’Alexandra Lamy (France) – TF1
Avec Mélanie Doutey, Claudia Tagbo, Chloé Jouannet…
Diffusion sur TF1 à venir

IRREDUCTIBLE de Jérôme Commandeur (France) – SND
Avec Jérôme Commandeur, Laetitia Dosch, Pascale Arbillot, Christian Clavier, Valérie Lemercier…
Sortie en salles le 29 juin 2022

LA DÉGUSTATION de Ivan Calbérac (France) – StudioCanal
Avec Isabelle Carré, Bernard Campan, Mounir Amamra…
Sortie en salles le 31 août 2022

LA PROJECTION COUP DE CŒUR

Le  FDD a également choisi de mettre en avant un film coup de cœur. Il s’agit en l’occurrence du bouleversant documentaire de Stéphanie Pillonca C’EST TOI QUE J’ATTENDAIS, sorti en salles en décembre dernier et désormais disponible en VOD et DVD. Le festival du film de demain sera une excellente occasion de le (re)découvrir sur grand écran.

C'est toi que j'attendais

LES MASTERCLASS

Le FFD nous propose également pour sa première édition une série de six entretiens publics exceptionnels, animés par Stéphane Charbit.
Le journaliste et documentariste échangera ainsi avec l’actrice scénariste et réalisatrice Coline Serreau, l’actrice et humoriste Audrey Lamy, l’actrice Anne Parillaud, l’actrice, metteuse en scène et humoriste Julie Ferrier, le compositeur Laurent Perez Del Mar et le réalisateur, cofondateur du FFD Louis-Julien Petit.

LE FDD CHALLENGE

L’une des particularités du Festival du Film de Demain est de se tourner très fortement vers la jeunesse avec la création du FFD Challenge, parrainé par Fatou Kaba, un concours de court-métrages qui seront réalisés par des 15-25 ans, au cours du festival autour de la thématique du cyberharcèlement

Et sont attendus cette année au festival : Alexandra Lamy, Tarek Boudali, Jérôme Commandeur, Julie Ferrier, Mélanie Doutey, Coline Serreau, Andréa Bescond, Eric Métayer, Marie Gillain, Audrey Lamy, Caroline Vigneau, Florent Peyre, Stéphanie Pillonca, Anne Parillaud, Sylvie Testud, Chloé Jouannet, Bernard Campan et Olivier Baroux

Pour en savoir plus sur cette toute première et prometteuse édition du Festival du film de demain (horaires, billetterie…) rendez-vous sur le site officiel du festival…

Interview – Hugo Becker – Je te promets S2

Interview – Hugo Becker – Je te promets S2

Acteur, réalisateur et scénariste, Hugo Becker est un touche à tout curieux et heureux, devant ou derrière la caméra (clips, pubs, courts-métrages et un long). L’acteur, lui, navigue avec gourmandise du théâtre (LE CAS EDUARD EINSTEIN) au cinéma (LE DERNIER VOYAGE de Romain Quirot) en passant par Netflix (la série OSMOSIS) et la télévision à travers, notamment, quelques séries emblématiques comme CHEFS (France 2) BARON NOIR (Canal+), GOSSIP GIRL (CW), AU SERVICE DE LA FRANCE (Arte) et bien sûr JE TE PROMETS (TF1).

Hugo Becker est également impatient de repasser derrière la caméra avec un nouveau projet de long-métrage, après son adaptation de la pièce de Bernard-Marie Koltès, LA NUIT JUSTE AVANT LES FORÊTS,  tournée en un audacieux plan séquence – monologue d’une heure quarante (à découvrir ici même sur le site de la cinémathèque).
Et d’ici là, il aura finalisé le tournage d’un court-métrage dans le cadre de l’opération Adami Talents Cinéma (ex Talents Cannes Adami, dont il a fait partie en tant que comédien).

Mais en septembre dernier, c’est pour évoquer principalement la saison 2 de JE TE PROMETS, adaptation de la série Us THIS IS US, que j’ai eu le grand plaisir de retrouver Hugo Becker.
Une rencontre qui a eu lieu à Rochefort, au cœur de la Charente-Maritime qui sert de cadre magnifique au tournage d’une partie des aventures de sa petite famille dans la série co-réalisée par Renaud Bertrand et Marilou Berry

JE TE PROMETS – Saison 2
Série en 12 épisodes écrits par Brigitte Bemol et Julien Simonet, réalisée par Marilou Berry et Renaud Bertrand.

Avec Camille Lou, Hugo Becker, Marilou Berry, Guillaume Labbé, Narcisse Mame, Léonie Simaga, Marc Riso, Bruno Sanches…

Diffusion de 2 épisodes tous les lundis, à partir du 31 janvier à 21H10 sur TF1. Également disponibles en replay sur myTF1

C’est le 39ème anniversaire de la fratrie Gallo et chacun pour la première fois se trouve sur les rails de la vie à laquelle il a toujours aspiré. Portée par l’amour de Tanguy, Maud se lance, inquiète mais décidée, dans sa nouvelle carrière de chanteuse. Michaël, heureux aux côtés de Maëlle, décroche un rôle important dans une série internationale. Quant à Mathis, soulagé d’avoir réussi à démissionner, il s’apprête avec sa famille à accueillir une jeune fille de 12 ans au sein de son foyer.

Mais 25 ans après la mort de leur père Paul (dont les circonstances exactes seront enfin révélées !), Maud, Michaël et Mathis seront-ils enfin capables de dépasser le deuil de ce père qui semble les définir constamment et les alourdir ? Au passé comme au présent, les membres de la famille Gallo, traverseront une zone de turbulences qui va leur faire réaliser leurs limites, la nécessité de faire des compromis, et leur donner envie de déplacer des montagnes…

Interview – Jérôme Bonnel – Les hautes herbes

Interview – Jérôme Bonnel – Les hautes herbes

"Je ne me suis pas tellement posé la question des codes télévisuels..."

Après avoir signé 7 longs métrages en un peu moins de 20 ans, du CHIGNON D’OLGA à CHERE LEA (actuellement en salles), Jérôme Bonnell s’essaie, avec une belle réussite pour sa première incursion télévisuelle, à l’exercice de la mini-série avec LES HAUTES HERBES.

 
Antonin Chaussoy (Jules), épisode 2 des “Hautes Herbes” de Jérôme Bonnell

On retrouve dans LES HAUTES HERBES tout ce qui rend incontournable l’œuvre du cinéaste ; un sens affuté du récit et de l’atmosphère, une élégance dans l’écriture, son amour des acteurs/actrices  et une grande confiance dans le spectateur auquel il ne donne pas forcément toutes les clés d’entrée…
Et pour la première fois, depuis ses débuts, Jérôme Bonnell fait la part belle à l’enfance, à travers l’histoire de Jules hébergé à la campagne chez un jeune couple. Le jeune garçon découvre un monde où les tensions sourdent, entre colère sociale et drame passionnel…


Emmanuelle Devos (Eve Merrieu), épisode 1 des “Hautes Herbes” de Jérôme Bonnell

Résultat, on est tour à tour, séduit, intrigué et bousculé par les HAUTES HERBES, thriller rural intimiste, que je vous conseille vivement, d’autant que le réalisateur y retrouve pour la troisième fois, et avec un égal bonheur, l’immense Emmanuelle Devos. L’actrice qu’il a déjà dirigée dans J’ATTENDS QUELQU’UN et LE TEMPS DE L’AVENTURE, partage l’affiche avec Louise Chevillotte, Jonathan Couzinié, India Hair et le jeune Antonin Chaussoy.


Jonathan Couzinié (Glenn) et Louise Chevillotte (Lucille), épisode 2 des “Hautes Herbes” de Jérôme Bonnell

C’est à l’occasion de la présentation des HAUTES HERBES lors du Festival Fiction TV de La Rochelle que j’ai eu l’immense plaisir de retrouver le passionnant Jérôme Bonnell pour évoquer cette nouvelle étape de sa carrière…

LES HAUTES HERBES, de Jérôme Bonnell avec Emmanuelle Devos, Louise Chevillotte, India Hair, Antonin Chaussoy, Jonathan Couzinié…
Mini-série en 3 épisodes de 52 minutes. Diffusion le jeudi 6 janvier à 20H55 sur Arte. Déjà disponible pour tous, et jusqu’au 4 février 2022 sur Arte.tv

Série TV  – Nona et ses filles – Le conte est bon pour Valérie Donzelli

Série TV – Nona et ses filles – Le conte est bon pour Valérie Donzelli

- NONA ET SES FILLES -

NONA ET SES FILLES
Une série, en 9 épisodes de 30 minutes, créée et écrite par Valérie Donzelli et Clémence-Madeleine Perdrillat

Réalisation : Valérie Donzelli
Avec Miou Miou, Virginie Ledoyen, Valérie Donzelli, Clotilde Hesme, Antoine Reinartz, Michel Vuillermoz, Barnaby Metschurat, Rüdiger Vogler, Christopher Thompson
(France/Allemagne, 2021)

NONA ET SES FILLES est diffusé en intégralité sur arte.tv du 25 novembre 2021 au 14 janvier 2022 et tous les jeudis à 20h55 du 2 au 16 décembre 2021.

Amoureuse d’André et libérée de ses trois filles qu’elle adore, Nona, 70 ans et toujours responsable au planning familial, vit sa vie à 100 à l’heure au cœur de la Goutte d’Or. Jusqu’au jour où le docteur Trüffel lui annonce qu’elle est enceinte…

3 bonnes raisons de regarder la série

1/ Avec Nona et ses filles, Valérie Donzelli s’offre une première et très réussie incursion dans la série télévisée. L’actrice – scénariste – réalisatrice de NOTRE DAME,  LA GUERRE EST DECLAREE ou MAIN DANS LA MAIN poursuit dans la veine originale et onirique de son cinéma.
Le spectateur familier de l’univers de la cinéaste ne sera pas déstabilisé par le scénario empreint d’une formidable fantaisie et par des parti pris de mise en scène, forts et assumés: Une voix off très présente, des séquences enchantées, façon comédie musicale, la fermeture de séquences à l’iris, un personnage « leader » différent pour introduire chaque épisode…

2 / L’un des grands plaisirs de NONA ET SES FILLES tient dans son casting féminin. Le plaisir  de Miou Miou à composer ce personnage de mère confrontée à une nouvelle et très tardive grossesse, est véritablement contagieux.
Valérie Donzelli, Clotilde Hesme et Virginie Ledoyen ne sont pas en reste et nous entraînent avec bonheur dans un tourbillon d’énergie et de questionnements en tous genres autour, entre autres, de la parentalité et de la sororité.
Et avec une grande intelligence, la scénariste réalisatrice offre aux hommes de sa première série, une vraie place avec des personnages extrêmement bien dessinés. Mention particulière, néanmoins, pour le génial Michel Vuillermoz qui incarne à merveille un personnage d’amoureux transi et quelque peu dépassé par la situation (Se peut-il qu’il soit le père de l’enfant, sans vraiment l’être ?)

3/
Valérie Donzelli avait quelques doutes sur sa capacité à préserver sa singularité sur ce projet atypique. Qu’elle se rassure, son pari est plus que réussi, grâce à la belle connivence de l’ensemble de son casting mais aussi à une direction artistique inspirée et cohérente qui va d’un générique, vintage à souhait, à un choix de décors et de costumes très marqués, en passant par la musique ludique de Philippe Jakko (compositeur de la BO de NONA et de celle de NOTRE DAME).
Sur un format idéal de 9 x 30 minutes, NONA ET SES FILLES balade le spectateur au cœur d’une fable drolatique, poétique, parfois mélancolique et relevée d’une pointe de fantastique. Un vrai régal !

Interview Romane Bohringer – L’amour flou, la série

Interview Romane Bohringer – L’amour flou, la série

“Je ne me suis jamais sentie aussi complète dans ma vie” Romane Bohringer

Août 2018 – Festival du film francophone d’Angoulême

Je découvre avec enthousiasme L’AMOUR FLOU, le film…signé Romane Bohringer et Philippe Rebbot. S’en suit une première et très belle rencontre avec les deux acteurs – scénaristes – réalisateurs de ce film d’une vie.

Quelques jours plus tard L’AMOUR FLOU rafle le Prix du public. Et une nouvelle rencontre dans les coulisses du festival pour témoigner de ce beau moment avec un duo rassuré et bouleversé par cet amour des festivaliers.

3 mois plus tard, c’est au tour du grand public de réserver, lui aussi, un mérité et magnifique accueil au 1er long de Romane Bohringer et Philippe Rebbot qui a rassemblé au total près de 200.000 spectateurs dans les salles françaises.

3 ans après, c’est Canal+ qui régale avec L’AMOUR FLOU, la série. Une autofiction drôle, poétique, burlesque et souvent très touchante, à découvrir absolument, dès le 8 novembre sur Canal+ ou myCANAL.

En attendant, c’est au téléphone que nous avons échangé avec une Romane Bohringer à l’enthousiasme toujours aussi communicatif, sur cette aventure hors du commun du film à la série…

Romane, avec le recul, comment analysez-vous le magnifique succès rencontré par le film ? Que vous-a-t-il apporté ?
Romane Bohringer : Je suis intarissable, je ne peux pas évoquer cette période et le film sans ressentir un bouleversement qui perdure malgré les trois années passées. C’est une aventure miraculeuse. Ça a bouleversé profondément mon rapport à mon travail, à ce que j’ai envie de faire dans la vie.
Cet objet, déjà si particulier à l’époque, est devenu une aventure, un partage collectif avec beaucoup de public, c’était si incroyable !
C’était fou dans nos vies d’acteur, de réalisateur et aussi dans notre vie de famille, de faire que cette parole si petite, qui était la nôtre, devienne un objet comme ça partagé, collectif.

Tout ça n’a été, de toute façon, qu’une sorte d’enchaînement de miracles, de grâce. Autant dans la manière dont le film a été produit, que celle avec laquelle il a été sorti.
Il y a eu un enchaînement vraiment magnifique jusqu’à cette chose incroyable : qu’on nous demande, qu’on accepte et qu’on devienne pour Canal+, héros, réalisateurs et auteurs d’une série télé qui prolonge cet objet.

Quand je regarde en arrière aujourd’hui, j’ai l’impression d’avoir fait trois longs métrages, tant l’expérience a été riche. Cet objet qu’on appelle une série est dans l’extrême continuité du film. On a écrit visuellement, cinématographiquement, télévisuellement un objet de famille, mais qui devient une histoire qui se partage. C’est invraisemblable ou, en tous cas, assez unique.

Vous semblez ne pas réaliser à quel point cet « objet » si intime puisse nous toucher…
Romane Bohringer : Je suis encore tellement émue car ça a été un travail colossal sur un an et demi, à coup de 10 h par jour. Nous avons rendu notre copie le 17 juillet, ça me paraît être hier et quand j’entends ce que vous dites, j’ai envie de pleurer immédiatement, parce qu’en fait j’ai exigé beaucoup de tout le monde, nous, la production, l’équipe…
J’ai été obsédée, obsédée, vraiment à faire des cauchemars, à passer une période de montage très éprouvante. Dans le film, il y avait cette espèce d’équilibre, presque magique, qui nous a dépassé, échappé avec la surprise de cette autofiction devenue fiction, devenue comédie et de nous qui sommes devenus des personnages. J’étais obsédée par la peur d’abîmer le ton, la liberté de cet objet un peu unique et singulier.

Exils - Romain Duris & Lubna Azabal

Et comment avez-vous abordé le travail sur la série ?
Romane Bohringer : La série, c’est quand même une autre grammaire, c’est neuf mois d’écriture, ce qu’on n’a jamais fait sur le film. C’est une équipe qu’on a voulu très légère mais qui, malgré tout, était beaucoup plus conséquente avec plus de repérages, des plans de travail… Rien n’a été laissé au hasard alors que tout était né du hasard.
Donc, j’ai été obsédée pendant un an et demi à m’en rendre parfois folle de joie et parfois folle de malheur pour faire cohabiter tout le temps nos envies de liberté et la grammaire plus rigoureuse d’une série car c’est le pacte qu’on a passé avec Canal+. On s’est donc astreint à une écriture plus rythmique, plus découpée. Comment faire rentrer à la fois, en 30 minutes, des choses écrites car il faut faire avancer l’action, et les accidents de tournage ? Les gens de Canal+ ont été formidables là-dessus, parce qu’ils ont vraiment respecté tout ça.
Ils voulaient retrouver quelque chose du film qu’ils aimaient sincèrement, donc, ils ont respecté tout ce qui était de l’ordre de la distribution avec un mélange d’acteurs et de non-acteurs et que les choses ne soient pas sûres à 100%. Ils ont accepté que je puisse éventuellement modifier les arcs narratifs pendant les mois d’écriture, en fonction de ce qui arrivait dans nos vies.
Garder ce ton et cette liberté a été mon obsession tout le temps et en même temps, on était guidé par Canal qui nous disait « Attention, on ne veut pas une chronique, on veut une épopée familiale, quelque chose qui ressemble à une série, quoi ! » On devait se demander ce qui allait se passer l’épisode d’après et comme chez nous ce n’est quand même pas Tom Cruise et MISSION IMPOSSIBLE, il n’arrive pas des trucs de dingo tous les soirs, il a fallu qu’on imagine, qu’on invente…
L’idée majeure était de savoir comment, au milieu de toute cette préparation, de cette rigueur, de ce plan de travail, de ces journées, on allait arriver à faire traverser la vraie vie et qu’elle se mélange au point qu’on ne sache pas ce qui est vrai et ce qui est faux.

Et concrètement, ça donne quoi sur le tournage ?
Romane Bohringer : On a mis en place, et c’était un peu une folie, un mode de tournage qui était le plus proche possible du film. Même si on avait une plus grosse équipe, on a dit « pas de maquillage, pas de scripte, pas de raccords, pas de machinerie ».
Mon chef opérateur n’avait même pas d’assistant. Il y avait du monde, mais le moins de monde possible, parce que j’étais obsédée par cette idée d’aller vite, de tourner beaucoup, et que si quelque chose arrivait en bas de la rue, qu’on soit capable d’aller filmer immédiatement… Je voulais absolument avoir le temps de tourner ce qui était écrit, mais peut être aussi de capter ce qui allait arriver sur le plateau, pouvoir vivre ce moment comme quelque chose d’exceptionnel et pas comme la réalisation de quelque chose de très écrit, déjà installé. C’était un drôle d’équilibre à trouver et ça n’a été possible que grâce à une sorte de ferveur collective qui a fait de ces 60 jours de tournage un des plus beaux moments de ma vie.

C’est vraiment une œuvre collective, tant du côté des techniciens que des acteurs. C’était génial de voir à quel point des gens comme Éric Caravaca ou Monica Bellucci se sont prêtés à ces conditions tout à fait inhabituelles, et à quel point mon équipe a dû redoubler d’énergie, à commencer par mon assistante qui a géré la cohérence du projet, vu qu’on n’avait pas de scripte.
Bertrand Mouly, mon chef opérateur, qui est vraiment comme le coréalisateur de la série, a donné de sa personne de manière physique et mentale, très, très fortement pendant 60 jours pour nous permettre, notamment, de trouver un langage visuel à la série.

C’était une aventure délirante, magnifique ! Je me suis retrouvée à une place que j’ai adorée, c’est-à-dire que j’ai vraiment assumé mon rôle de réalisatrice. Il m’a fallu un temps infini pour le matérialiser dans ma tête, mais c’est finalement arrivé. Pendant ces 60 jours, j’ai eu l’impression d’être sur un nuage, sur un tapis volant, j’étais comme propulsée, irradiée.
Je ne me suis jamais sentie aussi complète dans ma vie. J’étais entourée de gens que j’aimais profondément, mon bonheur à les filmer était inouï.
Les gens qui sont arrivés, les nouveaux Monica et Éric, se sont fondus dans cette aventure avec une générosité telle qu’ils m’ont fait croire que j’étais capable de le faire, vraiment ! (rire) La confiance qu’ils m’ont accordé m’a donné beaucoup de force et puis on a beaucoup ri même si on a tourné entre deux confinements. Là aussi, nous avons vécu un miracle car à l’époque, beaucoup de tournages étaient interrompus, le nôtre ne s’est jamais arrêté, même si la menace était permanente. On a vécu dans une immense promiscuité, on était comme sur un îlot, un monde de création pendant 60 jours complètement hors du temps, c’était fantastique !

Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur l’écriture ? Vous ne vous épargnez pas avec Philippe ! Vous n’hésitez pas à balancer…
Romane Bohringer : En fait, au début de l’écriture, on a fait une espèce de grande séance de brainstorming à plusieurs, Philippe, ma sœur Lou et Gabor (ndlr, Rassov, interprète génial du directeur d’école), un auteur avec qui je travaille beaucoup au théâtre. Nos goûts dans la vie nous portent, chacun, vers des univers hyper antagonistes. Moi, par exemple, je suis à la recherche, comme spectatrice, de films que je pourrais qualifier de transgenre, je suis bouleversée par des films qui font cohabiter des univers très différents, j’ai envie d’être surprise.
Et j’aime l’extrême documentaire. Les films qui m’émeuvent le plus ces derniers temps sont toujours des films qui se situent à la lisière du documentaire et de la fiction. J’ai vu récemment le film de François Ruffin (ndlr, DEBOUT LES FEMMES !) j’en suis sortie carrément bouleversée et ça, c’est du pur documentaire. Je cherche donc dans la fiction comment faire pour qu’elle soit traversée par la vie. On a beaucoup parlé de ça, il fallait que les thématiques abordées soient tout le temps, et de manière très honnête, extrêmement proches de ce qu’on vit, quitte à se taper un peu nous-mêmes, à nous montrer dans nos moments ridicules, ratés, nos errances de citoyens, d’amoureux et de parents.
Il fallait que chaque chose reste extrêmement proche de nous mais en même temps, avec Gabor qui fait beaucoup de théâtre et avec Philippe, on craint tellement d’avoir l’air trop sérieux, trop dogmatique, qu’on ne peut pas juste balancer une vérité frontale. On a toujours envie d’en rire, de s’en extraire par une pirouette.

Vous osez beaucoup de choses avec cette série en termes de mise en scène avec des séquences très fantaisistes, à la limite du burlesque…
Romane Bohringer : Avec Gabor, on a beaucoup joué des spectacles qui s’apparentent plutôt à du grand guignol. Moi, j’ai aussi une passion pour la démesure, pour l’épique, alors quand on faisait les séances de brainstorming, on se permettait les cauchemars, les rêves, on voulait que tout cohabite. Et ça a d’ailleurs été l’un des sujets de grande discussion avec Canal parce que ce n’est pas du goût de tout le monde. C’est-à-dire qu’on fait cohabiter, l’extrême réalisme d’une séquence de quasi psychanalyse entre Philippe et moi, ou on est vraiment à nu, et qui est totalement le reflet de ce que nous sommes avec celle ou un directeur d’école (ndlr, Gabor) joue avec une perruque… Eh bien ça, ça a été très discuté au montage et à l’écriture. Comme de faire cohabiter des tonalités très, très différentes entre les acteurs. Il y a des gens dans la série qui n’avaient jamais mis les pieds sur un plateau de tournage. Évidemment, ça donne un ton tout à fait particulier, on sent quelque chose qui déraille un peu même si on ne sait pas tout à fait quoi… Mais moi, j’y croyais à fond !

Cet équilibre entre réalisme et fantaisie débridée a été facile à trouver ?
Romane Bohringer : Ça a été très difficile !
Autant le tournage a été un moment très gracieux, autant le montage a été un moment extrêmement éprouvant pour moi. Dès que la vie quittait trop un épisode et que je sentais trop l’artificialité, ça me rendait malade. Et donc, avec mes monteuses, on avait cette volonté permanente de réinjecter de la vie, des accidents, des choses pas prévues. Et puis, nous avions sans arrêt cette discussion autour de ce qui est de bon goût ou de mauvais goût. Comment faire cohabiter le grand guignol et l’ultraréaliste, le fantasme et le cinéma vérité ?  C’était un pari auquel j’ai beaucoup cru et qui a donné lieu à de sévères batailles, de goûts, d’échanges, d’équilibre… Le montage, c’était vraiment les montagnes russes, il y a des fois, on trouvait ça génial et d’autres fois à chier. Certaines fois, je me disais que je ne pourrais jamais montrer ça à mon équipe tellement ils avaient travaillé ! J’avais honte…

Votre désir de bien faire, votre ambition pourrait néanmoins se résumer à une phrase prononcée par le personnage de Valéria / Monica Bellucci dans le film « Rien n’est raté quand c’est fait avec amour » non ? Romane Bohringer : Vous pouvez presque me faire pleurer parce que je suis très sensible sur la sortie de cette série, évidemment. J’ai eu peur de rater, en fait, et donc quand vous le recevez de cette manière, je suis bouleversée.
J’ai ressenti une grande responsabilité parce que j’avais engagé beaucoup de gens derrière moi, mes acteurs, ma famille, ma production. Et il y a eu des grands, grands moments de doute où on a l’impression que rien ne fonctionne. D’autres fois, on touchait presque la lumière donc on passe par des émotions incroyables.
Je me souviens d’une nuit où on rentrait d’une fête en taxi avec Philippe et il m’a dit qu’il ne s’agissait pas de me confronter à une histoire de cinéma, à des références ou de savoir comment les autres avaient fait avant et là il m’a dit un truc exceptionnel qui m’a incroyablement porté après. C’était tellement simple, un peu flatteur, mais bon, je peux me laisser flatter maintenant, vu comment je me suis flagellée pendant la fin du montage…  « Beauté, le talent, c’est donner ce que tu as ! »
J’ai réfléchi à cette phrase qui était extrêmement simple et elle m’a comme apaisée parce que s’il y a bien une chose qui est vraie, c’est qu’on a donné tout ce qu’on avait et de la manière la plus honnête et libre possible. Donc cette phrase m’a beaucoup éclairée et elle rejoint effectivement la phrase de Monica que vous citez.

On retrouve dans la série et avec un immense plaisir Richard, votre papa…
Romane Bohringer : Il était dans le film, dans une scène. A l’époque, il était extrêmement fragile et malade. Les gens adoraient cette scène, on l’avait réussie, c’est donc un souvenir très beau mais c’était si peu…
Dès le début de l’écriture, j’ai dit « Je veux faire un épisode sur Richard, entièrement ». Cela a été extrêmement facilité et magnifique parce que Lou, ma sœur, a participé à l’écriture de la série. On a beaucoup écrit ensemble les scènes de notre famille parce qu’on la connaît très bien.
Je voulais, de tout mon cœur, rendre hommage à Richard, mais en même temps, c’était très dur parce que 30 minutes c’est très peu pour résumer une vie, pour résumer ce que ça me fait de l’avoir comme père.
Comment le faire dans un format série, court, plutôt comédie ? Et puis, ce n’est pas un secret j’ai vu, beaucoup plus qu’avant, mon père à l’hôpital ces dernières années. C’est un lieu qui s’est imposé assez vite mais c’était très difficile de lui écrire un rôle clé dans cet endroit, même s’il en est tout le temps sorti.

Alors après, comment évoquer la fragilité, comment écrire pour que cet hôpital ne soit pas flippant, mais au contraire un petit théâtre où il se joue des trucs plus légers, plus familiaux ? On a donc décidé assez vite que nous serions souvent dans cet endroit mais quand il y est plutôt en bonne santé.
J’avais quand même hyper peur car vu le format court, tout est évidemment un peu résumé, caricaturé. Il endosse vraiment le rôle du grognon dans lequel on l’a souvent vu et j’avais peur qu’il pense, surtout venant de ses filles, qu’on le réduise à ça. Mais comment faire autrement pour que ce soit quand même parlant ?
Et puis il fallait aussi qu’il soit drôle parce qu’on a tout le temps des crises de fous rires avec ma sœur car c’est également un clown dans la vie. Il est spirituel et, d’ailleurs, le fait qu’il accepte de s’auto caricaturer montre à quel point il est juste avec ça.
Avec Lou, on voulait vraiment réaliser une espèce d’ode à ce qu’il est aussi quand il renaît à chaque fois de ses cendres, comme le Phénix.
Et c’est aussi un hommage au théâtre et à quel point il peut être transfiguré par le fait de monter sur scène. Il y a tout cela que je voulais mettre dedans, l’amour du théâtre, l’amour de mon père, son immense énergie de vie et on a construit comme ça ce personnage un peu grincheux, mais qui, tout d’un coup s’envole…
Et je dois vous avouer que c’est un de mes épisodes préférés, évidemment, et parce que j’adore la scène de l’évasion. On s’est tellement marré à écrire ça. Là, on ne s’est rien refusé, on s’est dit « on fait un film d’action ». J’ai aussi dit tout de suite que je voulais voir Richard marcher longtemps dans les couloirs du Casino, comme quand je le vois se préparer le soir quand il est sur scène, avec son corps un peu fatigué maintenant.  
Cette séquence-là est aussi une œuvre collective avec le monteur son qui a fait monter la ferveur de la salle, ce plan sur les côtés, avec le flare de la scène qui représente tellement le fait de monter sur scène. On a fait une prise le jour du tournage, c’était incroyable ! On a tourné sur le côté parce qu’on ne pouvait pas voir de gens avec des masques et on ne pouvait pas non plus remplir un casino de Paris. Economiquement, c’était impossible. On a donc tourné de côté et tout d’un coup, j’ai fait un gros plan sur lui. Je lui ai demandé s’il voulait bien dire un peu son texte et il l’a dit, même s’il n’était pas certain qu’on le monterait. En fait, je pensais qu’on allait monter le plan mais sans le son. Au final, on y croit et c’est un hommage à toutes les fois où je l’ai vu monter sur scène, très fort ou plus fragile.

Et aujourd’hui quel est votre état d’esprit ?
Romane Bohringer : J’ai eu très peur, je suis passée par des grands moments de doute mais je dois vous avouer la vérité, c’est que depuis qu’on a présenté la série, pour la première fois, à La Rochelle, c’est comme une libération, un poids qui a disparu avec des retours comme le vôtre ou ceux recueillis ce soir-là. On ne l’avait jamais montrée à personne. C’était dingue cette soirée.  En fait, vous étiez présent aux deux grandes soirées de ma vie : Angoulême, c’est carrément fondateur dans la vie du film et La Rochelle avec la soirée Canal+, qui m’a délivrée.
On a fait une œuvre avec notre vie et ça a passé la barre des spectateurs. C’est magique ! Et maintenant, je récupère toute ma fierté, je suis fière comme un paon (éclat de rire).

Propos recueillis par Jean-Luc Brunet.
Remerciements à Delphine Huchet et Marie Queysanne pour l’organisation de cet entretien.