Château rouge – L’énergie de l’espoir !

Château rouge – L’énergie de l’espoir !

CHÂTEAU ROUGE

Un film d’Hélène Milano
Documentaire – 2024 – France – 1h47
Sorti en salles le 22 janvier 2025

Disponible depuis le 1er juillet 2025 – Blaq Out

Audio : Version française Dolby Digital 2.0 & 5.1
Sous-titres pour sourds et malentendants

L’histoire
Quartier de la Goutte d’Or à Paris, métro Château Rouge, collège Georges Clemenceau. Chargés de leur insouciance et de leurs blessures, les adolescents doivent grandir. Ils construisent leurs personnalités, se perdent, se cherchent. Les adultes tentent de les guider malgré la violence du système.

CHÂTEAU ROUGE faisait partie de la sélection Acid-Cannes 2024.

Le film ***1/2

Belle surprise que ce CHÂTEAU ROUGE, nouveau documentaire sur l’éducation et la relation adolescents/adultes, qui ne s’embarrasse pas de commentaire superflu en voix-off.

Forte de ce parti-pris audacieux, avec une belle énergie et sans aucun misérabilisme, Hélène Milano, sa réalisatrice nous invite à une plongée en immersion au sein du collège Georges Clémenceau situé au cœur du quartier de la Goutte d’Or à Paris.

Ils s’appellent Lêna, Manel, Bilel, Fabiola, Fatou, Abdoulaye, Youcef, Sarah, Mamadou, Marwa…et ils sont parfois bousculés mais toujours encouragés par une remarquable équipe pédagogique (professeurs, CPE, psychologues…) toutes et tous très impliqués et déterminés à ce que leurs élèves (re)prennent confiance en eux, (re)trouvent l’estime d’eux-mêmes pour se surpasser au quotidien.

Si dans un premier temps, on se perd un peu dans le dispositif choral proposé par Hélène Milano avec un très grand nombre d’intervenants, tant du côté des élèves que du corps enseignant, on s’attache finalement assez vite à un certain nombre des personnalités que la réalisatrice a choisi de suivre.

Certaines séquences s’avèrent même assez bouleversantes, comme les images de fin du film (sur fond musical d’Ibrahim Maalouf) ou lors de cet échange entre la principale du collège, le jeune Bilel et sa mère très aimante et encourageante mais qui ne cache pas ses difficultés à élever ce fils turbulent. 

Avec CHÂTEAU ROUGE, Hélène Milano signe un film passionnant et profondément humaniste qui redonne foi dans l’éducation quand elle est prodiguée de manière bienveillante et positive, dans l’écoute et l’échange avec les enfants.

Jean-Luc Brunet / Cin’Écrans

Bonus ***

  • Entretien avec Hélène Milano (29mn56)
Mémoires d’un escargot – On en bave de plaisir !

Mémoires d’un escargot – On en bave de plaisir !

MÉMOIRES D'UN ESCARGOT (Memoir of a Snail)

Un film d’Adam Elliot
Avec les voix originales de Sarah Snook, Jacki Weaver, Eric Bana…
Animation – 2024 – Australie– 1h34
Sorti en salles le 15 janvier 2025

Disponible depuis le 14 mai 2025 – Wild Side Vidéo

Audio : Version anglaise, sous-titrée 5.1 DTS HD Master Audio, et version française 5.1 DTS HD Master Audio

 

L’histoire
À la mort de son père, la vie heureuse et marginale de Grace Pudel, collectionneuse d’escargots et passionnée de lecture, vole en éclats. Arrachée à son frère jumeau Gilbert, elle atterrit dans une famille d’accueil à l’autre bout de l’Australie. Suspendue aux lettres de son frère, ignorée par ses tuteurs et harcelée par ses camarades de classe, Grace s’enfonce dans le désespoir. Jusqu’à la rencontre salvatrice avec Pinky, une octogénaire excentrique qui va lui apprendre à aimer la vie et à sortir de sa coquille…

Le film *****

Il aura fallu attendre 15 ans après le génial MARY & MAX, avant de pouvoir replonger avec délice dans l’univers poético déglingué d’Adam Elliot, grâce à ses MÉMOIRES D’UN ESCARGOT.

Lauréat du Cristal du Long-métrage lors du Festival International du Film d’Animation d’Annecy en 2024, ce nouveau film animé en pâte à modeler et stop-motion est un nouvel exemple de l’impressionnante créativité du réalisateur australien.

Adam Elliot qui a reçu un Oscar du meilleur court-métrage d’animation en 2004 pour HARVIE KRUMPET est donc de retour avec cette histoire tragi-comique pour adultes, très largement inspiré par le caractère impétueux de sa mère, collectionneuse quasi compulsive.

Une nouvelle fois, le cinéaste met en scène des personnages marginaux et excentriques dont les différences sont au cœur de son propos.
Adam Elliot aborde avec une singularité exemplaire dans le cinéma d’animation, des thèmes aussi sombres que la maladie ou la mort qu’il prend un malin plaisir à tourner en dérision.

À travers le destin contrarié de personnages formidablement attachants, le réalisateur nous entraine dans un récit plein de compassion, à la fois cruel et bouleversant, mais aussi souvent extrêmement drôle. On en redemande et pas dans 15 ans svp…

Jean-Luc Brunet / Cin’Écrans

Bonus ***

  • Dans les coulisses du studio (1mn39)
  • Dans les coulisses du tournage (4mn42) :
  • Storyboard et tableau noir (0mn52)
  • Brossage et patine (0mn30)
  • Promenade sur Brunswick street (1mn07)
  • Denise prend vie (1mn15)
  • Fidel joue au ping-pong (0mn59)
  • Bande annonce VOST & VF
L’Attachement – Emotion(s) garantie(s)

L’Attachement – Emotion(s) garantie(s)

L'ATTACHEMENT

Un film de Carine Tardieu
Scénario de Carine Tardieu et Raphaële Moussafir
Avec Valeria Bruni-Tedeschi, Pio Marmaï, Vimala Pons, César Botti, Raphaël Quenard, Catherine Mouchet, Marie-Christine Barrault…
Drame – 2024 – France – 1h46
Sorti en salles le 19 février 2025

Disponible depuis le 1er juillet 2025 – Diaphana

Audio : Version Française DTS-HD Master Audio 2.0 & 5.1
Audiodescription pour aveugles et malvoyants
Sous-titres pour sourds et malentendants

L’histoire
Sandra, quinquagénaire farouchement indépendante, partage soudainement et malgré elle l’intimité de son voisin de palier et de ses deux enfants. Contre toute attente, elle s’attache peu à peu à cette famille d’adoption.

Le film ****1/2

Librement adapté du roman d’Alice Ferney L’intimité, L’ATTACHEMENT (qui aurait pu s’intituler « Chacun(e) cherche sa place ») est sans aucun doute le plus réussi des cinq longs-métrages réalisés par Carine Tardieu.

Avant toute chose, il convient de signifier l’excellence des dialogues et l’intelligence d’un scénario qui fourmille de micros-événements, sur lesquels la réalisation discrète et élégante ne s’appesantit jamais.

Carine Tardieu pose un regard d’une délicatesse rare sur des êtres humains en proie au deuil et à de déstabilisantes interrogations existentielles.
Le film explore avec intelligence la complexité des relations humaines en se focalisant principalement sur le personnage de Sandra, que rien ne prédestinait à vivre une aventure personnelle aussi intense.

C’est Valéria Bruni-Tedeschi qui incarne avec une grâce infinie cette femme au tempérament si éloigné des personnages souvent volcaniques qu’elle incarne.
Il faut remercier Carine Tardieu d’avoir offert une telle partition à son interprète principale, tant la composition de l’actrice nous bouleverse même si elle n’est pas la seule à nous éblouir ! Loin de là…

La réalisatrice l’a déjà prouvé par le passé, elle est une grande directrice d’acteurs, qu’elle semble prendre un vrai plaisir à éloigner d’une certaine forme de confort.
Ainsi, il est évident que l’on n’a jamais vu Pio Marmaï composer un personnage aussi fragile et sur le fil. Sa composition impressionne !
Il interprète avec une formidable subtilité un père de famille dévasté par le décès de sa femme et déstabilisé par ses responsabilités parentales. Une situation d’autant plus difficile pour cet homme en quête de repères, qu’il est troublé par des sentiments amoureux naissants, qu’il tente de refouler… C’est peu dire que l’on n’est pas près d’oublier ce personnage terriblement attachant.  

Ajoutons à cela, le plaisir toujours renouvelé de retrouver l’épatante Vimala Pons dans un rôle plus complexe qu’il n’y parait au premier abord et celui de partager la découverte de sa nouvelle vie avec le très jeune et époustouflant de naturel (voyez ses essais dans les bonus !), César Botti. Le jeune acteur, non professionnel, est au cœur des plus bouleversantes séquences du film et il y est absolument bluffant !  

Vous l’aurez compris, entre des interprètes brillants et totalement dévoués au service d’une histoire poignante, une écriture subtile, des dialogues au scalpel et une mise en scène inspirée, vous obtenez l’un des grands films de l’année.

Émotion(s) garantie(s) et sans mièvrerie aucune …

Jean-Luc Brunet / Cin’Écrans

Bonus ***

  • L’AINÉ DE MES SOUCIS, court métrage de Carine Tardieu avec Isabelle Jacquet, Laurent Bateau, Hugo Roulet (2004 – 9mn47)

  • Essais de César Botti (10mn31)

  • Bande annonce

Le + Cin’Écrans

C’est à l’ocasion du Festival du Film de Société de RoyanL’ATTACHEMENT était présenté en décembre 2024 que nous avons eu le plaisir de revenir avec Carine Tardieu, une réalisatrice-scénariste au tempérament assuré, sur l’aventure de son cinquième long-métrage…

A real pain – Entre rires et larmes

A real pain – Entre rires et larmes

A REAL PAIN

Un film de Jesse Eisenberg
Scénario de Jesse Eisenberg
Avec Jesse Eisenberg, Kieran Culkin, Will Sharpe
Comédie dramatique – 2024 – États-Unis – 1h29
Sorti en salles le 26 février 2025

Disponible depuis le 2 juillet 2025 en Blu Ray, DVD & VOD – Searchlight Pictures

Audio : Dolby Digital 5.1 : Français, Allemand, Italien – DTS-HD MA 5.1 : Anglais – DTS Digital Surround : Espagnol Castillan – Dolby Digital 2.0 : Anglais Audiodescription
Sous-titres Français, Anglais pour sourds et malentendants, Néerlandais, Espagnol Castillan, Allemand, Italien

L’histoire
Deux cousins aux caractères diamétralement opposés – David et Benji – se retrouvent à l’occasion d’un voyage en Pologne afin d’honorer la mémoire de leur grand-mère bien-aimée.

Le film ****

Ce second long métrage de l’acteur- scénariste et réalisateur Jesse Eisenberg constituait une des bonnes surprises ciné du début d’année. Il faut dire que son premier essai, WHEN YOU FINISH SAVING THE WORLD réalisé en 2022 et inédit dans les salles françaises n’a pas laissé un souvenir impérissable.

Avec A REAL PAIN, Jesse Eisenberg nous régale d’un étonnant cocktail de drame et de comédie en forme de buddy movie mémoriel.
À travers cette chronique intimiste et éminemment personnelle sur la mémoire de la Shoah, il pose la question de la transmission de ce passé tragique aux générations futures.

L’acteur – réalisateur interroge aussi la difficulté des relations familiales, à travers les rapports complexes entre le personnage fragile, discret de David qu’il incarne avec subtilité et celui de son cousin interprété avec fougue par l’excellent Kieran Culkin.
Une prestation remarquable qui a valu à l’interprète de Roman Roy dans la série SUCCESSION, d’être récompensé par un très mérité Oscar 2025 du meilleur acteur dans un second rôle.

N’hésitez donc pas à découvrir cette œuvre délicate et émouvante, brillamment écrite et portée par son excellent casting.

Jean-Luc Brunet / Cin’Écrans

Bonus ***

  • « Un beau destin : Réaliser A Real Pain » (19mn46)
Kouté vwa – Sur la route du pardon

Kouté vwa – Sur la route du pardon

KOUTÉ VWA

Un film de Maxime Jean-Baptiste
Scénario de Maxime Jean-Baptiste, Audrey Jean-Baptiste
Avec Melrick Diomar, Yannick Cébret, Nicole Diomar
Drame – 2024 – France – 1h17

Sortie en salles le 16 juillet 2025

L’histoire
Melrick a 13 ans. Il passe ses vacances d’été chez sa grand-mère Nicole à Cayenne, en Guyane et apprend à jouer du tambour. Mais sa présence fait soudain resurgir le spectre de son oncle, ancien tambouyé tué dans des conditions tragiques. Confronté au deuil qui hante toute la communauté, Melrick cherche sa propre voie vers le pardon.

Présenté au Festival de Locarno 2024, Kouté vwa y a reçu la mention spéciale Cineasti del presente (Cinéastes du présent) et le Prix spécial du jury Ciné+.

L’AVIS CIN’ÉCRANS ***1/2

Premier long-métrage de Maxime Jean-Baptiste, coécrit avec sa sœur Audrey, KOUTE VWA (Écoute les voix en créole guyanais) s’avère étonnant de bout en bout.

Le film débute en effet, à la manière d’un documentaire, sur des images d’archives et des témoignages liés au meurtre, en 2012, de Lucas Diomar, le petit cousin du réalisateur.
Mais très rapidement, on comprend que ce dernier a fait le choix de la fiction pour nous raconter ce drame qui l’a touché personnellement.

Ce long-métrage en forme de récit intime, le réalisateur le déroule à travers le parcours du jeune Melrick et de son apprentissage de la musique (belles séquences de groupe).
Un parcours qui passe évidemment aussi et surtout par des échanges pleins de tendresse et de sagesse sans naïveté aucune) avec sa grand-mère Nicole et de ses retrouvailles avec Yannick, un ami de Lucas, présent lors de la disparition de ce dernier, 12 ans plus tôt.

En mettant ainsi en scène les véritables proches du disparu, le cinéaste brouille les frontières du doc et de la fiction, tout en explorant l’âme humaine et le ressenti de chacun, sur fond de quotidien au cœur de la Guyane d’aujourd’hui.

À travers quelques scènes intenses, comme celle de la voiture avec cette puissante confrontation de points de vue entre la grand-mère et son petit-fils (Nicole et Melrick Diomar, remarquables de naturel et de sincérité), KOUTE VWA se révèle être un bouleversant récit de transmission et de pardon.
Maxime Jean-Baptiste signe un film modeste mais intense qui nous touche en plein cœur.   

Jean-Luc Brunet / Cin’Écrans