Un simple accident – Victimes et bourreaux ?

Un simple accident – Victimes et bourreaux ?

UN SIMPLE ACCIDENT (Yek tasadef sadeh)

Un film de Jafar Panahi
Scénario de Jafar Panahi
Avec Vahid Mobasseri, Maryam Afshari, Ebrahim Azizi
Drame – 2025 – Iran – 1h42

Sortie en salles le 1er octobre

L’histoire
Iran, de nos jours. Un homme croise par hasard celui qu’il croit être son ancien tortionnaire. Mais face à ce père de famille qui nie farouchement avoir été son bourreau, le doute s’installe.

L’AVIS CIN’ÉCRANS ****1/2

Sous tension permanente, le nouveau long métrage du réalisateur de TAXI TÉHÉRAN et AUCUN OURS, possède l’énergie et l’efficacité des meilleurs thrillers avant de révéler sa véritable nature, celle d’un nouveau et puissant pamphlet politique contre le régime iranien qui n’a jamais ménagé le cinéaste.

Comme les précédents films de son auteur-réalisateur, UN SIMPLE ACCIDENT a été tourné clandestinement. Jafar Panahi nous entraîne pour ce 11e film sur les traces de Vahid, garagiste, qui croit reconnaître, au bruit grinçant de sa prothèse, son bourreau qu’il n’a jamais vu de ses yeux. Il le kidnappe, s’apprête à l’enterrer vivant… quand le doute s’immisce. Il demande alors de l’aide à certains amis, eux aussi victimes du même tortionnaire.

Tout au long du film, ces personnages hantés comme les spectateurs par l’incertitude, tergiversent sur le sort qu’ils vont réserver à leur otage. Jafar Panahi, lui, sonde avec pugnacité et une certaine ironie l’humanité de ces personnages, à l’aune de leur désir irrépressible de justice et de vengeance.
Cruel dilemme ! Que faire dans une telle situation ? Accorder son pardon et trouver une forme de paix, ou assouvir sa vengeance et sacrifier son humanité ?
La frontière entre le bien et le mal est ténue…

Même s’il a été réalisé sans grands moyens, UN SIMPLE ACCIDENT confirme l’acuité du regard de Jafar Panahi et la justesse de ses parti-pris de mise en scène. On pense notamment à l’utilisation du hors-champ lors de la bouleversante scène finale du film ou celle de judicieux plans-séquence fixes qui accentuent la force de certains moments cruciaux du récit.

UN SIMPLE ACCIDENT est sans aucun doute l’un des plus beaux films du cinéaste iranien et peut-être le plus accessible de tous.
Un remarquable mélange de suspense, de gravité et d’humour noir qui lui a valu de recevoir en mai dernier des mains de Juliette Binoche, la présidente du jury, la Palme d’or du dernier Festival de Cannes.
Jafar Panahi, admirable cinéaste-résistant qui a décidé de ne jamais quitter son pays malgré les menaces et le prix à payer, n’a pas volé cette prestigieuse récompense.
Coproduit par la France, UN SIMPLE ACCIDENT représentera notre pays dans la course à l’Oscar du meilleur film étranger. Cette reconnaissance internationale serait bienvenue, d’autant plus par les temps qui courent…

Jean-Luc Brunet / Cin’Écrans

 

Cassandre, la mécanique des ombres !

Cassandre, la mécanique des ombres !

CASSANDRE

Un film d’Hélène Merlin
Scénario Hélène Merlin, avec la collaboration de Clara Bourreau et Anne-Claire Jaulin
Avec Billie Blain, Zabou Breitman, Eric Ruf, Florian Lesieur, Laïka Blanc-Francard, Guillaume Gouix
Drame – 2024 – France – 1h39
Sorti en salles le 2 avril 2025

Disponible en DVD & VOD depuis le 6 août – Zinc.

Version Française Dolby Digital 5.1 et 2.0
Audiodescription
Sous-titres français pour sourds et malentendants

L’histoire

Été 1998. Campagne. Cassandre a 14 ans. Dans le petit manoir familial, ses parents et son frère aîné remarquent que son corps a changé. Heureusement, Cassandre est passionnée de cheval et intègre pour les vacances, un petit centre équestre où elle se fait adopter comme un animal étrange. Elle y découvre une autre normalité qui l’extrait petit-à-petit d’un corps familial qui l’engloutit…

Le film ****1/2

Avec ce premier long-métrage librement inspiré de sa propre histoire, Hélène Merlin nous livre une œuvre éminemment sensible, puissante et utile autour des mécanismes diaboliques de l’inceste familial.

Le temps long (près de 10 ans) qu’il a fallu à la scénariste-réalisatrice pour mener à bien son projet, lui a sans doute été bénéfique, tant elle a su éviter l’écueil du simple récit autobiographique pour nous offrir avec CASSANDRE, un conte noir remarquablement écrit, tout à la fois épidermique et réfléchi, mais surtout purement cinématographique.
On est ainsi bluffé par la manière audacieuse avec laquelle la jeune réalisatrice ose et manie le mélange des genres mettant le spectateur dans une situation inconfortable, tant le rire provoqué par certaines situations de départ, vire à un sentiment de gêne, voire de culpabilité à mesure que le récit avance.  

Aborder frontalement un tel sujet en osant par moments l’humour noir est sans aucun doute un acte de survie mais aussi la manière la plus intelligente de retenir l’attention des spectateurs et de l’obliger au(x) questionnement(s).

La mise en scène, elle aussi nous interpelle par ses audaces surréalistes à l’instar de ces pauses « respirations » proposées par Hélène Merlin à travers la poésie bienvenue de courtes séquences psychanalytiques autour de la manipulation d’une poupée.
Rien ne semble avoir été laissé au hasard (que ce soit la place de la caméra, le travail sur le cadre, le son…) pour donner tout son retentissement et sa force à ce récit qui dérange et questionne.   

Saluons enfin la justesse absolue du casting. Que ce soient Billie Blain ou Florian Lesieur, véritables révélations du film en passant par leurs parents dans le film Zabou Breitman et Eric Ruf, il convient de dire à quel point leur jeu, toujours sur le fil, est subtil.
N’oublions pas dans ce concert de louanges les prestations de Guillaume Gouix et Laïka Blanc-Francard qui apportent avec leur personnage et leur jeu, une douceur bienvenue au propos.

N’hésitez donc surtout pas, que vous l’ayez vu ou non en salles, à (re)découvrir ce premier long-métrage remarquablement écrit, mis en scène et interprété.
On attend désormais avec impatience le second film de sa très prometteuse réalisatrice.

Jean-Luc Brunet / Cin’Écrans

Pas de bonus

Malheureusement, même si le film se suffit à lui-même….

Le + Cin’Écrans

Découvrez ci-dessous, l’interview d’Hélène Merlin & Zabou Breitman avec qui nous avons eu grand plaisir à échanger en octobre 2024, à l’occasion de la présentation de CASSANDRE, en avant-première au Festival International du Film de Saint-Jean-de-Luz

Classe moyenne – Réjouissant jeu de massacre !

Classe moyenne – Réjouissant jeu de massacre !

CLASSE MOYENNE

Un film d’Antony Cordier
Scénario d’Antony Cordier, Jean-Alain Laban, Steven Mitz, Julie Peyr
Avec Laurent Lafitte, Élodie Bouchez, Ramzy Bédia, Laure Calamy, Sami Outalbali, Noé Abita, Mahia Zrouki
Comédie – 2025 – France – 1h35

Sortie en salles le 24 septembre

L’histoire
Mehdi a prévu de passer un été tranquille dans la somptueuse demeure de ses beaux-parents. Mais dès son arrivée, un conflit éclate entre la famille de sa fiancée et le couple de gardiens de la villa. Comme Mehdi est issu d’un milieu modeste, il pense pouvoir mener les négociations entre les deux parties et ramener tout le monde à la raison. Pourtant, tout s’envenime…

CLASSE MOYENNE a été présenté à la Quinzaine des Cinéastes au Festival de Cannes 2025

L’AVIS CIN’ÉCRANS ****1/2

Il aura fallu patienter 7 ans après l’excellent GASPARD VA AU MARIAGE (avec quand même deux saisons de l’irrésistible série OVNI(s), entre temps) pour voir débarquer en salles ce quatrième long-métrage d’Antony Cordier.
Et avouons-le, nous ne sommes pas déçus. Le réalisateur nous régale d’une grinçante comédie sociale sur fond de lutte des classes.  

S’il appuie là où ça fait mal, le propos d’Antony Cordier n’est jamais manichéen.
CLASSE MOYENNE, ce ne sont pas les gentils pauvres face aux méchants riches… Loin de là !
Chacun des personnages de cette tragi-comédie humaine, aspire au changement et exprime un désir de transformation sociale, quitte à emprunter des chemins guère reluisants pour arriver à ses fins… Personne n’échappe au jeu de massacre. Chaque protagoniste en prend pour son grade.

Pour donner vie à cette farce cruelle, il fallait un casting à la hauteur et là aussi, Antony Cordier a fait les bons choix.
S’il retrouve pour la quatrième fois (après DOUCHE FROIDE, HAPPY FEW et la série OVNI(s) ) la toujours surprenante Élodie Bouchez, parfaite dans le rôle d’une actrice en quête de respectabilité, c’est la première fois que le réalisateur travaille avec Laurent Lafitte, Laure Calamy, Ramzy BédiaSami Outalbali, Noé Abita & Mahia Zrouki.

Il convenait de tous les citer tant chacun.e habite littéralement son personnage.
Mention spéciale néanmoins pour Laurent Lafitte qui se délecte depuis quelque temps à composer des personnages détestables, obtus, « bas du front », comme dans LES BARBARES de Julie Delpy ou bientôt dans LA FEMME LA PLUS RICHE DU MONDE de Thierry Klifa. Il est une nouvelle fois irrésistible de bêtise et de drôlerie.

La carrière de Ramzy Bédia s’affirme de plus en plus passionnante tant l’acteur s’essaie avec bonheur dans des registres diamétralement opposés, que ce soit avec le rôle d’un écrivain qui rencontre la réussite à 45 ans dans YOUSSEF SALEM A DU SUCCÈS de Baya Kasmi ou avec celui d’un ancien légionnaire devenu majordome dans LES TOURMENTÉS de Lucas Belvaux, pour ne citer qu’eux.
Il compose ici un personnage d’employé de maison usé par les petites humiliations quotidiennes infligées par son patron et qui n’aspire qu’à devenir riche. Un personnage maladroit, à la limite du pathétique et à qui Ramzy apporte une dimension burlesque bienvenue. Un registre sur le fil entre drame et comédie dans lequel le comédien excelle.

Quant à Sami Outalbali, il incarne avec beaucoup de subtilité Mehdi, un personnage directement inspiré du vécu d’Antony Cordier. Le réalisateur qui se décrit comme un “transfuge de classe” connaît donc bien de l’intérieur les contradictions et les complexes de ce personnage, véritable chien dans un jeu de quilles.

Vous l’aurez compris, CLASSE MOYENNE est une savoureuse satire sociale portée par un casting 5 étoiles, des dialogues réjouissants de cruauté et une mise en scène alerte.
Dans un monde où le politiquement correct règne en maître, voilà une comédie qui fait un bien fou !  

Jean-Luc Brunet / Cin’Écrans

 

Menu cinéphile et gastronomique pour le Festival de Saint-Jean-de-Luz 2025  

Menu cinéphile et gastronomique pour le Festival de Saint-Jean-de-Luz 2025  

Le Festival International du film de Saint-Jean-de-Luz persiste et signe !
D’année en année, le festival s’est forgé une identité forte en mettant en valeur des premiers et seconds films, courts ou longs et en affichant une ambition artistique de plus en plus marquée, grâce aux propositions pertinentes et souvent singulières de son directeur artistique, le bouillonnant Patrick Fabre.

À travers ses onze précédentes éditions, Saint-Jean-de-Luz a vu grandir un certains nombre de cinéastes.

Cette 12e édition qui se déroulera du lundi 6 au dimanche 12 octobre
marque le retour sur le festival de plusieurs réalisateurs et réalisatrices avec leurs nouveaux films ou au sein des différents jurys.
Ainsi Johann Dionnet, réalisateur d’AVIGNON, Prix du public au Festival en 2022 avec son court JE JOUE RODRIGUE (version courte de son 1er long, vous suivez ?), présidera le Jury Courts Métrages.

Leyla Bouzid, plusieurs fois primée avec À PEINE J’OUVRE LES YEUX et Stéphane Ly-Cuong, Coup de cœur du Public avec DANS LA CUISINE DES NGUYEN l’an passé, seront dans le Jury Longs Métrages, présidé par Hugo Becker.  L’acteur-réalisateur, familier du festival, profitera de l’occasion pour présenter, hors-compétition, son nouveau court-métrage LA LIGNE DE VIE.

La très riche sélection 2025 comprend vingt-deux longs métrages, dont dix en compétition. À noter que parmi cette sélection en provenance de France, de Belgique, d’Italie, d’Allemagne, de Chine, des USA ou encore d’Islande, cinq films seront présentés en premières mondiales, sept en premières françaises et un en première régionale. Treize courts-métrages dont dix en compétition (contre huit l’an passé) seront également proposés au cours du festival, en présence de leurs réalisateurs et réalisatrices, preuve que ce dernier mise vraiment sur l’avenir et les futur.e.s grand.e.s cinéastes de demain…

Tous ces films seront projetés dans le cadre du cinéma Le Sélect de Saint-Jean-de-Luz, très fraîchement rénové (tenu et animé par ses très chaleureux exploitants Xabi & Maïté Garat).
À noter que de nombreuses salles de la Nouvelle-Aquitaine diffuseront le mardi 7 octobre à 20h, en simultané avec Saint-Jean-de-Luz, le second film de la compétition ÉLISE SOUS EMPRISE de Marie Rémond.

Avant de vous laisser découvrir le programme complet du cru 2025, saluons Patrick Fabre et les équipes du festival qui sont parvenus à proposer, pour la première fois cette année, une compétition de courts et de longs-métrages totalement paritaires.

COMPÉTITION – LONGS-MÉTRAGES

ÉLISE SOUS EMPRISE de Marie Rémond. Avec Marie Rémond, José Garcia, Olivia Côte, Gustave Kervern… 1er film. France, Belgique. Première mondiale – Sortie le 18 mars 2026 (photo ci-dessous)

L’ÉTRANGÈRE de Gaya Jiji. Avec Zar Amir, Alexis Manenti, Amr Waked, Megan Northam… 1er film. France. Première française – Sortie prochainement

LES FILLES DU CIEL de Bérangère McNeese. Avec Héloïse Volle, Shirel Nataf, Yowa-Angélys Tshikaya, Mona Berard… 1er film. France, Belgique. Première française – Sortie prochainement

LOUISE de Nicolas Keitel. Avec Diane Rouxel, Cécile de France, Salomé Dewaels, Lina El Arabi, Paul Hamy… 1er film. France, Belgique. Première française – Sortie le 10 décembre 2025

N121 BUS DE NUIT de Morade Aïssaoui. Avec Riadh Belaïche, Bakary Diombera, Gaspard Gevin-Hié, Paola Locatelli… 1er film. France. Première mondiale – Sortie en février 2026

SAUVONS LES MEUBLES de Catherine Come. Avec Vimala Pons, Yoann Zimmer, Guilaine Londez, 1er film. Belgique, France, Suisse. Première Mondiale – Sortie prochainement

SUKKWAN ISLAND de Vladimir de Fontenay. Avec Swann Arlaud, Woddy Norman, Alma Pöysti…2eme film. France, Norvège, Belgique, Grande-Bretagne, Finlande. Première française – Sortie le 4 février 2026

LE TEMPS DES MOISSONS de Huo Meng. Avec Wang Shang, Zhang Yanrong… 1er film. Chine. Première française – Sortie le 24 décembre 2025

THE GOOD SISTER de Sarah Miro Fischer. Avec Marie Bloching, Anton Weil, Proschat Madani… 1er film. Allemagne, Espagne. Première française – Sortie prochainement

UNE ANNÉE ITALIENNE de Laura Samani. Avec Stella Wendick, Giacomo Covi, Pietro Giustolisi… 2eme film. Italie, France. Première française – Sortie le 10 juin 2026

HORS COMPÉTITION – LONGS-MÉTRAGES

AU BORD DU MONDE de Guérin van de Vorst & Sophie Muselle. Avec Mara Taquin, Sasha Deprez, Nathalie Richard… 1er film. Belgique. Première française – Sortie prochainement

LA DANSE DES RENARDS de Valéry Carnoy. Avec Samuel Kircher, Fayçal Anaflous, Jef Jacobs… 1er film. Belgique, France – Sortie le 18 mars 2026 (photo ci-dessous)

DITES LUI QUE JE L’AIME de Romane Bohringer. Avec Romane Bohringer, Clémentine Autain, Eva Yelmani… 2eme film. France – Sortie le 3 décembre 2025

THE NEW WEST de Kate Beecroft. Avec Porshia Zimiga, Tabatha Zimiga, Scoot Mcnairy… 1er film. USA – Sortie le 29 avril 2026

LA FEMME DE de David Roux. Avec Mélanie Thierry, Eric Caravaca, Arnaud Valois, Jérôme Deschamps… 2eme film. France, Belgique – Sortie prochainement

FURCY, NÉ LIBRE de Abd Al Malik. Avec Makita Samba, Romain Duris, Ana Girardot, Vincent Macaigne… 2eme film. France – Sortie le 14 janvier 2026

SANS PITIÉ de Julien Hosmalin. Avec Adam Bessa, Tewfik Jallab, Jonathan Turnbull, Laura Sépul, Bérangère McNeese. 1er film. France, Belgique – Sortie le 14 janvier 2026

VACHE FOLLE de Hugo Diego Garcia et Lorenzo Bentivoglio. Avec Hugo Diego Garcia, Laure Valax, Emmy De Castro, Victor Nicolaï, Lorenzo Bentivoglio… 1er film. France. Première mondiale – Sortie prochainement

Film d’Ouverture. Première mondiale
LA PETITE CUISINE DE MEHDI de Amine Adjina. Avec Younès Boucif, Clara Bretheau, Hiam Abbass, Gustave Kervern… 1er film France – Sortie le 10 décembre 2025

Film de Clôture
LA FEMME LA PLUS RICHE DU MONDE de Thierry Klifa. Avec Isabelle Huppert, Laurent Lafitte, Marina Foïs, Raphaël Personnaz, André Marcon, Mathieu Demy… – Sortie le 29 octobre 2025 (photo ci-dessous)

Séance « Mon premier film » suivie d’une rencontre avec Thierry Klifa
UNE VIE À T’ATTENDRE (2004), premier film de Thierry Klifa. Avec Nathalie Baye, Patrick Bruel…

COURTS MÉTRAGES EN COMPÉTITION

À LA HAUTEUR d’Hélène Fabre

EN BEAUTÉ de Rémi Mardini

L’APPEL DE L’EAU de Clara Lemaire Anspach

LE COLISÉE de Nabil Kechouhen

LE ROI DU SILENCE d’Héloïse Martin

LES BELLES CICATRICES de Raphaël Jouzeau

PENTEST de Benjamin Chevallier & Tristan Lhomme

SARDINE de Justine Le Guilloux

SOUS MA FENETRE, LA BOUE de Violette Delvoye

SURVEILLANT d’Alexandre Popov

COURTS MÉTRAGES HORS COMPÉTITION

MÊME PAS MAL de Sarah Stern

LA LIGNE DE VIE d’Hugo Becker

MORT D’UN ACTEUR d’Ambroise Rateau

Quatre jurys distingueront cette année les talents de demain et leurs films au sein des compétitions courts et longs métrages…

À NOTER…

Le Jury Longs Métrages est présidé par Hugo Becker avec Leyla Bouzid, Stéphane Ly-Cuong, Fanny Sidney et Mara Taquin.
Le Jury Courts Métrages est présidé par Johann Dionnet avec Constance Demontoy et Jules Reinartz.
Le Jury SFCC (membres du Syndicat français de la critiques de cinéma) est composé cette année de Régine Arniaud, Anaïs Bordage et Pierre Charpilloz.
Le Jury Jeunes sera lui constitué d’élèves de lycées locaux, qui remettront deux prix dotés par le fonds Porosus.

Le public décernera par ailleurs ses toujours très convoités prix pour les films en compétition et les films hors compétition.

Rendez-vous donc du lundi 6 au dimanche 12 octobre pour partager avec nous le plaisir de la découverte de talents d’avenir au cœur de ce festival toujours très convivial.  

Pour en savoir plus et pour réserver vos séances, c’est par ici !

ET BIENTÔT SUR CIN’ÉCRANS…

Comme les précédentes années, Cin’Écrans sera présent tout au long du festival pour y découvrir des films qui feront l’événement ces prochains mois en salles et pour y réaliser de nombreuses interviews.

D’ici là, nous vous invitons à retrouver sur notre chaîne YouTube le meilleur du festival à travers nos interviews réalisées lors des précédentes éditions.

Panopticon – Il voyage en solitaire…

Panopticon – Il voyage en solitaire…

PANOPTICON (Panoptikoni)

Un film de George Sikharulidze
Scénario de George Sikharulidze
Avec Malkhaz Abuladze, Data Chachua, Salome Gelenidze, Maia Gelovani, Andro Japaridze…
Drame – 2025 – Géorgie – 1h35

Sortie en salles le 24 septembre

L’histoire
Lorsque le père de Sandro décide de devenir moine orthodoxe, l’adolescent introverti se retrouve livré à lui-même. Il se débat au quotidien pour faire coexister son devoir envers Dieu, son besoin d’amour et son idée de la virilité… Mais comment trouver sa place quand on est sans repère dans une Georgie post-soviétique à la fois si turbulente et si pieuse ?

L’AVIS CIN’ÉCRANS ***

Avec PANOPTICON, son premier long-métrage, le réalisateur Géorgien George Sikharulidze brosse le portrait ambitieux d’un jeune homme mal dans sa peau et à la personnalité complexe, à la fois puritaine et perverse…
Sandro est tenaillé entre son éducation religieuse, sa tentation d’un nationalisme radical, ses pulsions sexuelles et son devoir de loyauté envers des parents absents.  

Car, on le comprend très vite, Sandro qui vit dans une grande solitude cherche sa voie. Il est en quête de figures adultes pour combler son manque affectif. Une figure que le jeune homme pense trouver à travers Natalia (subtile composition de Ia Sukhitashvili), la mère d’un camarade de foot, qui devient tout à la fois une mère de substitution et l’objet de ses fantasmes.

Ce n’est bien sûr pas un hasard si au détour d’une séquence, le spectateur est invité à revoir quelques images du film de François Truffaut LES 400 COUPS, que Sandro découvre un soir à la télé.
Même s’il a quatre ans de plus qu’Antoine Doinel, le héros de ce classique du cinéma français, le jeune homme partage avec lui un rapport aux femmes compliqué et un même caractère impétueux.

À travers le portrait sans fard de Sandro, remarquablement incarné par Data Chachua, George Sikharulidze dénonce avec aplomb l’oppression exercée par une société géorgienne post-soviétique empreinte de tabous, de violence et de xénophobie…

On lui sait gré d’offrir à son jeune anti-héros, une forme de rédemption au cours de la délicate séquence de fin de son film. Tout n’est peut-être pas perdu…   

Jean-Luc Brunet / Cin’Écrans