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A L’ABORDAGE de Guillaume Brac avec Éric Nantchouang, Salif Cissé, Édouard Sulpice, Asma Messaoudene, Ana Blagojevic
Comédie – 2020 – 1H35
Avant cette méritée sortie en salles, le film de Guillaume Brac a été diffusé sur Arte en mai dernier.
Paris, un soir au mois d’août. Un garçon rencontre une fille. Ils ont le même âge, mais n’appartiennent pas au même monde. Félix travaille, Alma part en vacances le lendemain. Qu’à cela ne tienne. Félix décide de rejoindre Alma à l’autre bout de la France. Par surprise. Il embarque son ami Chérif, parce qu’à deux c’est plus drôle. Et comme ils n’ont pas de voiture, ils font le voyage avec Edouard. Evidemment, rien ne se passe comme prévu. Peut-il en être autrement quand on prend ses rêves pour la réalité ?

1/ Le regard plein de tendresse de Guillaume Brac pour des personnages ordinaires qui devant sa caméra deviennent de véritables héros du quotidien. Cette curiosité pour l’autre et cette bienveillance naturelle se confirment de film en film depuis son premier moyen métrage, UN MONDE DE FEMMES, sorti en 2011.
Avec discrétion, Guillaume Brac a tracé sa route et a su imposer un ton qui n’appartient qu’à lui, ou presque. Ils ne sont pas si nombreux que ça les réalisateurs dont on reconnait la signature dès les premières minutes et c’est le cas de Guillaume Brac dont le cinéma et le naturalisme évoquent néanmoins Jacques Rozier ou Eric Rohmer avec son CONTE D’ETE.
2/ Le naturel, la légèreté et la juste distance avec lesquels le cinéaste aborde la question du désir et des tourments de l’amour. Sans oublier la manière, tout en finesse, dont il interroge le rapport de notre société à la mixité sociale.
3/ Le film est porté avec beaucoup d’énergie et de talent par de jeunes comédiens du Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique. L’ensemble de la petite bande a bien mérité le Prix d’interprétation collectif du Medfilm, Festival de Rome.
A l’ABORDAGE a par ailleurs reçu une Mention spéciale du jury FIPRESCI lors de la Berlinale 2020, le Grand prix du Festival du film romantique de Cabourg et le Prix du jury critique du Champs-Elysées Film Festival 2020. Des récompenses toutes amplement méritées…
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Vincent Delerm était, il y a quelques jours, à Rochefort au festival Soeurs Jumelles pour une projection de JE NE SAIS PAS SI C’EST TOUT LE MONDE, son premier film coproduit par l’un des membres fondateurs du festival… Julie Gayet.
Une occasion idéale pour revenir, entre autres, avec l’auteur, compositeur, interprète, photographe et désormais réalisateur sur cette première expérience ciné et sa sortie atypique en salles.
Ce festival célèbre la rencontre entre la musique et l’image. Une association parfaite pour l’homme et l’artiste que tu es…
C’est vrai que je me suis fabriqué comme ça, même sur les premières chansons que je faisais à l’époque où je bossais sur Truffaut.
Il y a eu notamment la grande année où j’ai fait ma maîtrise, enfin la grande année pour moi hein ! (rire) où je passais VIVEMENT DIMANCHE en boucle. Au bout d’un moment je ne mettais plus le son et je faisais de la musique par-dessus, comme si je réalisais la BO de ses films.
D’une façon générale j’ai toujours été hyper touché par le fait d’essayer de faire des musiques pour accompagner des films et aussi par leurs compositeurs. Je mettais ça dans ma cuisine et j’avais l’impression que chaque geste devenait important, plus encore même avec des compositeurs assez lyriques comme Georges Delerue et François de Roubaix, des gens comme ça, qui avaient un truc qui te donne l’impression que tout est très intense.
Et puis évidemment, vu comment je fais de la chanson, c’est à dire en mettant beaucoup de références au cinéma, j’ai fait, assez vite, des concerts en mélangeant visuels et chansons. Donc c’est sûr que ça a toujours beaucoup compté pour moi.
Et comment as-tu imaginé JE NE SAIS PAS SI C’EST TOUT LE MONDE, un film très personnel et qui apparait comme très cohérent avec le reste de ton travail sur l’intime et le rapport aux autres…
Ce film, je l’ai aussi un peu construit comme un concert, c’est à dire en alternant des séquences de 4-5 minutes, très différentes les unes des autres. Pendant le montage du film avec le monteur, on avait mis de côté plein de séquences tournées, plein de trucs, mais on n’a pas fait semblant de se dire qu’on connaissait l’ordre que ça allait prendre.
A chaque fois on avançait dans le film en se demandant “de quoi a-t-on envie maintenant ?” C’est la même chose quand tu fais des concerts, tu les construis de cette façon, même si les gens peuvent parfois penser qu’il y a un truc très pensé en amont.
C’est d’autant plus vrai quand tu as envie de faire passer des trucs un peu perso ou avec une tournure d’esprit un peu particulière, il faut que ce soit confortable pour les gens. C’était vraiment le cas ici, parce que, même si c’est un film court de moins d’une heure, je pense que même pour des gens qui m’aiment bien, à priori, il y a un premier quart d’heure – vingt minutes où tu ne sais pas trop où ça va, ce que tu dois en penser. Et puis, au bout d’un moment tu finis par lâcher, idéalement en tout cas, tu te dis “bon, ah oui, je vois je vois où ça va” et puis surtout tu t’arrêtes de réfléchir (rire).
Tu prends plaisir comme spectateur ou comme metteur en scène de tes chansons, de tes spectacles, à déstabiliser les gens, à les mettre dans une forme d’inconfort ?
C’est une idée que je n’aime pas vraiment dans l’absolu. Je n’ai pas de plaisir à mettre les gens mal à l’aise par contre, je sais que pour installer ton tempo, tu dois en passer par un truc un peu radical. Je sais qu’il faut un peu de temps pour installer une atmosphère parce que tout le monde arrive chargé de sa vie, de sa journée et de la manière dont les images nous sont présentées en général et dans la manière dont la musique nous est donnée à entendre, notamment dans les concerts de chansons. C’est pour ça que j’aime bien faire des concerts, très peu des émissions où je ne chante qu’une chanson parce que je sais que je ne peux pas installer ce dont j’ai envie sur un temps aussi court. Donc, je n’ai pas de plaisir à ça, mais par contre je sais que c’est souvent un peu nécessaire de passer par cette petite étape là.
Le film a une vie très atypique, je trouve que son parcours lui ressemble. Il est sorti très différemment d’un film classique. il a été montré parallèlement à ta dernière tournée et tu as ainsi pu l’accompagner… C’est une décision qui était consciente dès sa conception ou ce choix s’est imposé une fois le film terminé?
Toutes les choses que je fais en dehors de la chanson je les fais vraiment très sérieusement, enfin je n’en fais pas 150000 non plus ! Je fais de la photo et puis j’ai fait ce film mais j’aimerais bien en faire au moins un autre ou deux autres mais, par contre, je considère ça vraiment comme un truc en plus et je prends vraiment ce qu’on me donne.
Du coup, d’être dans cette position-là me permet d’exiger des choses très radicales. Par exemple, si je fais un bouquin de photos j’aime bien qu’il ne soit vendu que dans un seul endroit parce que je sais qu’au moins les gens sont sûrs de le trouver là.
Pour le film on a eu un peu la même démarche à Paris. Je me suis vraiment battu pour que les projections aient lieu dans une seule salle.
Quand je fais un concert à Paris je ne suis pas à La Cigale et à L’Elysée Montmartre en même temps. Et donc, j’avais un peu ce fantasme que le film soit présenté dans une salle parisienne où ce serait un peu sold-out, et pour que ce soit plein il fallait qu’il passe à un seul endroit, une fois par semaine. J’ai adoré que ce soit comme ça, j’allais au Cinéma des Cinéastes tous les dimanches matin et il y avait des rencontres à chaque fois.
Effectivement tu as raison, le film a eu cette vie un peu étrange mais qui me convenait parce que j’ai bien aimé qu’à aucun moment quelqu’un vienne me dire “on a fait tant d’entrées”, ça c’est sûr !
Evidemment c’est important de savoir si tu vends des disques, si ce que tu fais marche, mais, honnêtement, moi je ne connais vraiment pas mes scores de ventes de disques et dans le cinéma ça me faisait un peu peur. Ce côté où on sait dès le mercredi si ça marche ou si on s’est planté, je voulais vraiment éviter ça, à tout prix.
C’est un peu par orgueil aussi car je n’avais pas envie qu’on me dise “ton film s’est planté !” Avec un film comme celui-ci, je pense que si on alignait le nombre d’entrées, ce ne serait pas du tout incroyable mais, par contre, son existence de cette manière-là a fait qu’il est resté longtemps et qu’on m’en a parlé souvent. Il a vraiment existé. C’est un peu la même chose, parfois, pour les albums. Ce n’est pas forcément le score de ventes qui compte, mais plutôt le parcours et la manière dont les gens l’ont rencontré et se le sont approprié.
Justement as-tu une idée du public que le film a rencontré ? Ce sont principalement des fans de Vincent Delerm, le chanteur ou bien as-tu accroché un autre public, plus cinéphile peut-être ?
C’est un mélange des deux finalement ! C’est un débat qu’on a eu d’ailleurs avec certains cinémas parce qu’ils disaient “mais nous on connaît notre public” et moi je savais que les gens qui me suivent sont un peu habitués justement à cette tournure d’esprit. Le mélange d’un truc plutôt imaginé pour faire rigoler et puis juste après d’essayer de mettre une tarte plutôt pour émouvoir… Et ça, c’est vraiment ce que je préfère faire dans tous les domaines mais oui, quand on faisait la tournée des cinémas en province qui accompagnait effectivement ma tournée de concerts, il y avait des salles avec une tradition d’abonnés, de gens qui viennent découvrir des films un peu différents. J’ai parfois croisé des gens qui me disaient ” pour moi ce n’est pas un vrai film”. Mais c’est vrai que c’est un cinéma un peu spécial parce que ce n’est pas du documentaire et ce n’est pas non plus de la fiction. Enfin, c’est quand même un peu documentaire dans le sens où la plupart des témoignages qui sont dans le film sont des vrais témoignages mais ils sont organisés d’une certaine manière. Je les ai cousus ensemble en passant aussi par des choses que j’ai pu écrire pour relier les séquences. Donc c’est un format un peu hybride et c’est pour ça que c’est bien quand les gens se laissent porter.
Tout le monde ne m’a pas dit que c’était fantastique, mais en tout cas beaucoup de gens ont joué le jeu et c’est ça qui compte. Tu fais des choses, que ce soit des chansons, des photos ou un film pour dire un peu aussi qui tu es et tu espères toujours avoir un rebond, que les gens te disent “ah ben moi aussi je suis comme vous”. Tu cherches à obtenir ce ricochet et ça en chanson, on l’a beaucoup parce que les gens piochent toujours un truc, qui n’est jamais le même, et ils te disent ” Moi dans cette chanson là, c’est ça qui m’a fait de l’effet ou quand je pense à vous c’est pour tel truc”.
Avec le film il y a eu la même chose, c’est à dire que tout le monde a pioché quelque chose de différent. C’est vrai que les gens m’ont un peu plus parlé de Jean Rochefort parce que c’était son dernier rôle et cette dernière apparition est un peu plus marquante que le reste.
C’est une vraie liberté pour le coup de donner la parole à des personnes inconnues du public…
Oui, oui bien sûr. En fait c’est des gens que j’aimais bien et du coup je me suis dit “si moi je les aime bien, d’autres gens pourront les aimer aussi”
Le projet a pas mal évolué depuis que tu t’y es attelé…
Ce qui est stimulant c’est qu’à la fin j’ai vraiment aimé l’expérience. Mais, à un moment, je me suis un peu forcé à écrire toute une fiction et c’était un peu contre nature.
Le principe de cette fiction faisait qu’on avait une équipe trop importante à mon goût, même si nous n’étions que 15. C’était déjà beaucoup, surtout par rapport à ce que je voulais obtenir et le fait de pouvoir dire “c’est maintenant qu’il faut filmer ! “. On ne pouvait jamais être aussi réactif parce que, même si tu es en numérique, il faut changer l’objectif, changer la lumière. Donc, je me suis dit “ça ne rime à rien que j’essaie d’écrire une histoire. Ce que je préfère c’est avoir des vrais moments de vie, pas forcément le témoignage, quand on voit les gens qui sautent dans le canal après la victoire en coupe du monde, c’est vraiment des trucs pris sur le vif.
Et pour les entretiens, l’idée c’était d’être le moins nombreux possible, comme avec le dessinateur Stéphane Manel que j’ai filmé et enregistré, tout seul. Et là, tu obtiens des choses. Ça a aussi été le cas sur la séquence avec Albin de La Simone quand il joue de dos. C’est vrai que c’est idéal pour obtenir des trucs perso et c’est vraiment ce que je cherche en général, cette connivence-là. Evidemment, il ne faut pas que ce soit gênant après.
Par exemple, tu me parlais du gars qui écrit dans ses carnets, qui tient son journal. Lui, il m’a parlé d’événements comme la naissance de son premier enfant ou des choses comme ça et ce sont des choses que je n’ai pas gardées parce que ce qui comptait c’est son principe et c’est ça qui était touchant.
Je réfléchis régulièrement à un deuxième projet de film et à chaque fois je me dis que j’ai vraiment besoin qu’il y ait de vraies choses dedans, de vrais témoignages, j’aime bien ça !
Tu donnes la parole aux autres et paradoxalement, j’ai l’impression que ce film raconte aussi beaucoup de toi…
Oui, sans doute ! Ça c’est un truc un peu mystérieux qu’on m’a déjà effectivement dit. J’ai sans doute pioché des choses qui me plaisaient plus que d’autres dans les entretiens. Je reconnais que dans la vie, j’ai assez vite envie que les gens, même rencontrés une demi-heure avant, me disent où ils en sont dans leur vie sentimentale, ça m’intéresse plus que leur boulot. C’est mon plaisir aussi d’obtenir ce truc-là, j’aime bien ça ! J’aurai peut-être dû être psy (rire)
Tu as écrit et chanté Deauville sans Trintignant, ici est-il possible d’envisager Rochefort sans Demy & Legrand ?
Alors pour être très honnête, j’y suis venu assez tard. Plus jeune, je n’étais pas très touché par les chansons de Michel Legrand et Jacques Demy. Elles avaient quelque chose qui me semblait un peu faux, un peu artificiel avec des phrases très parlées, mises en musique.
C’était très apprécié par des gens avec qui je faisais du théâtre, mais j’y suis venu quand même beaucoup par la BO de PEAU D’ANE dans un premier temps. Mais ça ne fait peut-être que sept ou huit ans que ça me plaît (rire). Ce n’est pas du tout un truc inscrit en moi.
Au début, j’aimais beaucoup les choses très premier degré, où il n’y a pas de décalage ou de détours. Ca, ça me semblait un peu fabriqué, parce que tu vois les couleurs, les danses, la façon d’écrire des chansons, mais maintenant j’aime vraiment. Encore une fois, c’est vraiment PEAU D’ANE qui m’a permis de rentrer dans ce truc là et de me dire “C’est drôle parce qu’en fait ça peut jouer un peu faux par moments”
Et puis c’est comme un comme un terrain d’enfance…Truffaut avait cette idée-là ! Il disait souvent qu’on parlait beaucoup de la nouvelle vague mais qu’il y avait une catégorie qui lui semblait plus juste, celle des cinéastes qui mettent en place un cinéma en forme de prolongement de ce qu’ils espéraient de la vie étant enfant.
Et c’est vrai que chez Demy, il y a beaucoup ça. Son travail ressemble à un peu un rêve d’enfance et ce truc-là me touche maintenant en grandissant, où on va dire en vieillissant.
Ecrire une comédie musicale ? C’est un exercice qui te tente, dont tu as déjà rêvé ?
Oui, oui ! Là récemment, Arnaud Viard (ndlr, acteur et réalisateur, CLARA ET MOI, JE VOUDRAI QUE QUELQ’UN M’ATTENDE…) m’a demandé une chanson pour son film qu’il voulait justement chanter façon “comédie musicale” et c’est toujours un truc qui fait envie.
Après, il faut vraiment bien savoir le faire. Récemment, il y a eu des bourses d’aide pour les comédies musicales et du coup tout le monde en a fait (sourire) Mais il y a eu aussi ce truc de vouloir faire, dans certains films, le son en prise directe et ça c’est une bonne idée parce que c’est ça aussi qui fait la différence.
Quand c’est vraiment réussi comme dans LA LA LAND, c’est impressionnant. C’est un film que j’ai revu à cause de mes enfants, entre guillemets. La première fois, je n’étais pas forcément convaincu, je trouvais ça justement un peu fabriqué mais en le revoyant, la mécanique est vraiment très, très bonne. Tu passes d’un plan à un autre, c’est impressionnant. Mais c’est une petite usine à gaz quand même…
Comment as-tu vécu cette longue période de pandémie ? La musique est-elle une aide précieuse dans une telle situation ?
Oui car quand tu crées des trucs dans ton coin, tu es quand même mieux, tu n’es pas dans l’attente permanente, donc tu peux utiliser ce temps pour toi. Je n’ai pas besoin que quelqu’un m’envoie des musiques ou qu’on m’appelle pour jouer.
Après il y a toute une période où on était tous un peu bloqués, à ne pas y arriver, surtout sur le premier confinement. Mais j’ai fait pas mal de trucs liés à la photo, notamment pour la galerie Polka avec qui je travaille. On a sorti un livre après le premier confinement et puis j’en ai refait un autre avec Claude Nori, un photographe que j’aime beaucoup, et qui sort là pour Arles (ndlr, Arles, les rencontre de la photographie jusqu’au 26 septembre) J’ai aussi un peu écrit…
J’ai la chance d’avoir quand même pas mal tourné mon spectacle juste avant le premier confinement, mais on a ensuite pu refaire quelques doubles dates comme à l’Olympia en jouant deux séances le même soir. C’était assez excitant mais particulier parce que tu manques de repères et puis énergétiquement, le début du deuxième concert est très spécial. Tu rentres sur scène et tu te dis “ah oui, donc là, il n’y a vraiment personne qui était là il y a 20 minutes pour voir que tout le monde était debout ! » Il faut tout recommencer à zéro et ça c’est très bizarre (rire)
Sinon, et c’est là où j’ai un discours un peu différent d’autres gens. Je pense que s’il faut que tout le monde reste enfermé chez soi, à un moment donné pour qu’un truc s’en aille, ben voilà, faisons-le ! Quand tu es musicien, chanteur, tu n’es pas plus nécessaire à la société que… que plein d’autres trucs quoi ! En fait, je trouvais ça un peu choquant, des fois, que les artistes se positionnent en disant “c’est scandaleux qu’on ne soit pas considérés comme essentiel !”
Moi, je me disais “S’il y a moins de décès parce qu’on reste chez nous à ne pas chanter, eh bien restons chez nous quoi !” La question était un peu vite réglée, mais j’avoue que je n’ai pas beaucoup pris la parole du coup, pendant le confinement, parce que tout le milieu culturel n’était pas là-dessus mais plutôt sur l’idée “Que seriez-vous sans la culture, sans nous ? On est tellement important pour vous…”
Bon, je sais que c’est important, sinon je ne ferais pas ce métier là et je prends ça très au sérieux quand j’ai un concert à faire. Mais, en dernier ressort, je crois qu’on peut aussi s’arrêter un temps. Je crois qu’il y a juste plein de gens qui aiment trop être sur scène et qui ne supportent pas de devoir s’en passer, tout simplement ! Ce que je comprends car c’est super d’être sur scène, mais il y a des fois, des cas de force majeure et c’en était un !

Quels sont tes projets ?
L’année prochaine, ce sera les 20 ans du premier disque donc je referai un passage à l’Européen (ndlr, salle parisienne du 17eme arrondissement) où j’avais commencé et je sortirai, sans doute, un ou deux albums, voilà ! C’est encore en train de se mettre en place, mais ce sera une année chansons et cette année je reste dans mon coin. C’est d’ailleurs très agréable ce côté où tu prépares le truc dans ta chambre et à un moment donné c’est prêt ! Tu dis “Ca y est, c’est prêt, vous pouvez tous rentrer, je vais vous montrer ! ” On a cette vie-là et ça c’est un grand plaisir !
Propos recueillis le jeudi 24 juin, à l’occasion de la première édition du Festival Soeurs Jumelles à Rochefort.
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Je vous propose chaque semaine une sélection de films ou documentaires à voir sur l’ensemble des chaînes françaises…
Ça sent les vacances ciné sur nos chaînes TV ! A défaut de nombreux inédits (à l’exception notoire du magnifique film d’animation d’Aurel JOSEP) cette semaine nous réserve quelques beaux moments de cinéma avec, entre autres, BLACKKKLANSMAN : J’AI INFILTRE LE KU KLUX KLAN, signé par le président du jury Cannois 2021, Spike Lee. Un film qui lui avait valu le Grand Prix du festival en 2018.
Autre film et autre Grand Prix cannois, à revoir absolument, OLD BOY du virtuose coréen Park Chan-Wook.
Parmi mes autres favoris de la semaine, le bouillonnant PAPICHA, l’émouvant VOLVER, le brillant ONCE UPON A TIME… IN HOLLYWOOD ou bien encore le très drôle et pertinent LA LUTTE DES CLASSES & l’efficace PANIC ROOM.
Enfin, je vous conseille chaleureusement, la virée en colo d’Olivier Nakache & Eric Toledano, histoire de célébrer ces vacances 2021 et de se souvenir avec nostalgie de NOS JOURS HEUREUX…
Bonne(s) séance(s) sur grand ou petit écran 😊
Lundi 12 juillet – 21H05 – M6
NOS JOURS HEUREUX (2006) ****
Comédie de Eric Toledano, Olivier Nakache avec Jean-Paul Rouve, Marilou Berry, Omar Sy, Lannick Gautry, Julie Fournier, Guillaume Cyr, Joséphine de Meaux, Jacques Boudet…
Lundi 12 juillet – 21H08 – C8
COMME DES GARCONS (2018) ***
Comédie de Julien Hallard avec Vanessa Guide, Max Boublil, Solène Rigot, Ludovic Berthillot, Grégory Gatignol, Bruno Lochet, Carole Franck, Zoé Héran, Sarah Suco…
Lundi 12 juillet – 20H50 – CINE+ CLUB
MATTHIAS ET MAXIME (2019) ***
Drame de Xavier Dolan avec Xavier Dolan, Gabriel D’Almeida Freitas, Anne Dorval, Catherine Brunet, Antoine Pilon, Pier-Luc Funk, Micheline Bernard, Marilyn Castonguay, Adib Alkhalidey, Samuel Gauthier…
Mardi 13 juillet – 20H53 – CANAL+ CINEMA
JOSEP (2020) **** (Inédit TV)
Animation de Aurel
Mardi 13 juillet – 20H50– CINE+ CLUB
PAPICHA (2019) ****
Drame de Mounia Meddour avec Marwan Zeghbib, Lyna Khoudri, Nadia Kaci, Shirine Boutella, Yasin Houicha, Amira Hilda Douaouda…
Mardi 13 juillet – 21H05 – 6TER
L’OURS (1988) ****
Film d’aventures de Jean-Jacques Annaud avec Tchéky Karyo, Jack Wallace, André Lacombe…
Mercredi 14 juillet – 21H05 – CANAL+
PENINSULA (2020) ***
Film d’horreur de Sang-ho Yeon avec Dong-won Gang, Lee Jeong-hyeon, Re Lee, Min-jae Kim, Koo Kyo-hwan, Do-Yoon Kim, Yeon-hee Hwang…
Mercredi 14 juillet – 20H55 – ARTE
BLACKKKLANSMAN : J’AI INFILTRE LE KU KLUX KLAN (1986) ****
Film policier de Spike Lee (2018) avec John David Washington, Adam Driver, Laura Harrier, Christopher Grace, Ryan Eggold, Robert John Burke, Corey Hawkins, Michael Buscemi, Alec Baldwin…
Mercredi 14 juillet – 20H50 CINE+ PREMIER
LA VOIE DE LA JUSTICE (1984) ****
Drame de Destin Daniel Cretton avec Michael B. Jordan, Brie Larson, Jamie Foxx, Rob Morgan, Tim Blake Nelson, Rafe Spall, O’Shea Jackson Jr,
Jeudi 15 juillet – 20H50 – CINE+ EMOTION
LA LUTTE DES CLASSES (2019) ****
Comédie de Michel Leclerc avec Leïla Bekhti, Edouard Baer, Ramzy Bedia, Eye Haïdara, Xavier Alcan, Laurent Capelluto…
Jeudi 15 juillet – 20H40– OCS CHOC
THE GAME (1997) ****
Thriller de David Fincher avec Michael Douglas, Sean Penn, Deborah Kara Unger, James Rebhorn, Carroll Baker, Scott Hunter McGuire, Florentine Mocanu, Armin Mueller-Stahl…
Jeudi 15 juillet – 20H50 – TCM
BASIC INSTINCT (1992) ****
Thriller de Paul Verhoeven avec Michael Douglas, Sharon Stone, George Dzundza, Jeanne Tripplehorn…
Vendredi 16 juillet – 22H50 – TCM
DONNIE DARKO (2001) ****
Film fantastique de Richard Kelly avec Jake Gyllenhaal, James Duval, Holmes Osborne, Maggie Gyllenhaal, Daveigh Chase, Mary McDonnell…
Vendredi 16 juillet – 20H55 – TEVA
VOLVER (2006) ****
Comédie dramatique de Pedro Almodóvar avec Penélope Cruz, Carmen Maura, Lola Dueñas, Blanca Portillo, Yohana Cobo, Chus Lampreave, Antonio de la Torre…
Vendredi 16 juillet – 23H00 – TEVA
ETREINTES BRISEES (2009) ***
Drame de Pedro Almodóvar avec Penélope Cruz, Lluís Homar, Blanca Portillo, José Luis Gómez, Ángela Molina, Tamar Novas, Rossy de Palma…
Samedi 17 juillet – 21H05– CANAL+
ONCE UPON A TIME… IN HOLLYWOOD (version longue) (2019) ****
Thriller de Quentin Tarantino avec Brad Pitt, Leonardo Dicaprio, Margot Robbie, Kurt Russell, Al Pacino, Luke Perry, Bruce Dern, Timothy Olyphant, Dakota Fanning, Damian Lewis, Emile Hirsch, Clifton Collins Jr…
Samedi 17 juillet – 20H50 – CINE+ PREMIER
PANIC ROOM (2002) ****
Thriller de David Fincher avec Jodie Foster, Kristen Stewart, Jared Leto, Forest Whitaker, Dwight Yoakam, Patrick Bauchau, Ann Magnuson, Ian Buchanan…
Samedi 17 juillet – 22H38 – CINE+ PREMIER
FLIGHT PLAN (2005) ***
Thriller de Robert Schwentke avec Jodie Foster, Marlene Lawston, Peter Sarsgaard, Sean Bean, Kate Beahan, Assaf Cohen, Greta Scacchi…
Dimanche 18 juillet – 20H50 – CINE+ FAMIZ
TOUR DE FRANCE (2016) ***
Comédie dramatique de Rachid Djaïdani avec Gérard Depardieu, Sadek Sadek, Louise Grinberg, Nicolas Marétheu, Mabô Kouyaté, Raounaki Chaudron…
Dimanche 18 juillet – 22H15 – OCS CITY
OLD BOY (2003) *****
Thriller de Chan-Wook Park avec Choi Min-Sik, Ji-Tae Yoo, Kang Hye-jeong, Dae-han Ji, Dai-soo Oh, Byeong-ok Kim, Seung-Shin Lee, Jin-Seo Yoon…
Dimanche 18 juillet – 21H05 – W9
LE VIAGER (1972) ***
Comédie de Pierre Tchernia avec Michel Serrault, Michel Galabru, Jean-Pierre Darras, Rosy Varte, Claude Brasseur, Yves Robert, Odette Laure, Jean Carmet, Jean Richard, Gérard Depardieu…
Récompensé de 4 Valois (meilleurs film, mise en scène, scénario & musique) lors du Festival du film francophone d’Angoulême 2020, IBRAHIM, le premier long-métrage de Samir Guesmi a également fait partie de la sélection Cannes 2020. Une reconnaissance plus que méritée pour ce film qui a enfin trouvé le chemin des salles le 23 juin.
Le lendemain de cette sortie, l’acteur-réalisateur et Raphaël Elig, compositeur de la bande originale du film étaient à Rochefort pour une rencontre avec le public dans le cadre du Festival Sœurs Jumelles.
L’occasion pour Cin’Ecrans de revenir sur la belle aventure d’IBRAHIM…
Samir, dans quel état d’esprit es-tu au lendemain de la sortie d’IBRAHIM qui était prêt depuis pas mal de temps mais que la pandémie a empêchée, l’hiver dernier ?
Samir Guesmi – J’ai vécu cette sortie de manière extrêmement heureuse. Je ne soupçonnais pas pouvoir être accueilli de cette façon. J’ai eu des retours extrêmement élogieux, joyeux, le film a eu une presse super, des réactions incroyables. Et on a fait un peu le tour des salles avec Raphaël et franchement, on rencontre des gens extrêmement émus, touchés. Moi ça me bouleverse.
Franchement tu oublies tous les moments pénibles, toute cette attente qui n’était pas vraiment une attente d’ailleurs, parce que c’est juste le temps qui s’est étiré et ça c’est étiré un peu pour tout le monde cette histoire de pandémie.
Je n’ai pas le sentiment d’un soulagement, c’est juste un autre pan de l’aventure, c’est mon premier long métrage et je découvre ça en fait, je suis un bleu ! (rire) C’est à dire qu’il y a l’écriture, la préparation, le tournage, le montage et puis il y a la sortie, les festivals, la rencontre avec le public et franchement, c’est le grand chelem en fait! C’est un triathlon, il y a des épreuves différentes à chaque fois très, très, très, denses.
Nous sommes ici dans un festival qui célèbre la musique et l’image. Que représente pour toi la musique de film ?
Samir Guesmi – J’ai une grande admiration pour la musique de film. C’est sacré pour moi parce que c’est quelque chose d’extrêmement difficile. C’est une partition qui se superpose au film et qui existe par ailleurs. C’est à dire qu’on peut l’entendre comme une oeuvre à part entière mais qui doit se marier, accompagner un film sans lui faire de l’ombre. Ce mariage entre la musique et l’image doit fonctionner, indépendamment de la qualité de la composition.
Quand la musique est là pour colmater des défaillances de mise en scène ou alors accentuer des moments un peu tragiques, je ne trouve pas ça intéressant
J’ai donc un rapport étrange à la musique de film, je l’aime mais à la fois, par moments je pourrais m’en passer mais largement… Quand on me dit “Là, il faut que tu pleures” en rajoutant des violons, je me lève, c’est vraiment épidermique, je me sens pris en otage et je trouve que dans ce cas, la musique gâche le film.
Tout ça pour dire à quel point j’adore la musique de film et, à la fois, elle me terrorise parce que, par moments, elle peut tout casser, tout foutre en l’air.
Raphael Elig – Je suis parfaitement d’accord avec ça. Et par rapport à la partition sonore du film qui englobe à la fois les dialogues, les bruitages et la musique, je me suis tellement imprégné du son de l’appartement ou de celui de la brasserie, par exemple, que j’ai voulu les garder sur la bande originale du film parce que, pour moi, ça faisait partie de sa musique.
J’ai souvent rejoint Samir et Loïc, son monteur son, car il y a tout un travail sonore que je trouve génial. Ce qu’il a fait est incroyable. Ca a été vraiment comme un travail sur une peinture pour essayer de trouver les bons pleins et déliés.
Raphael, c’est effectivement un film urbain qui marie très fortement la musique et le son de la ville. Comment avez-vous travaillé la richesse de toute cette matière ?
Raphael Elig – J’ai vu le film monté avant de commencer à travailler, j’avais donc déjà une matière très avancée et c’est pour ça que j’ai dit à Samir “C’est déjà tellement beau sans musique… les silences sont là, ils sont présents et ils ont besoin de rester silencieux” (sourire) La difficulté était donc de définir dans quels interstices j’allais pouvoir me glisser pour donner des éclairages, à certains moments, qui soient justes et qui n’enlèvent pas cette dimension sonore importante mais qui est quand même assez ténue.
Ce qui est important, c’est de voir que le père et le fils communiquent très peu. Ils sont juste là et on avait besoin de garder cette dimension. Il fallait trouver la place de la musique mais sans lui en donner trop. Les silences, pour moi, ça fait partie aussi de la partition sonore, c’est bien de donner des respirations et pour moi, ça a été vraiment un super travail d’épurer les notes avec Samir.
En tant que compositeur on a tout le temps tendance à être un peu trop bavard alors du coup Samir m’a aidé à ne pas ne pas l’être trop.
Samir, cette démarche et cette volonté de retenue dont parle Raphaël pour l’écriture de la musique semble être la même que dans l’écriture et dans le jeu. Cette volonté de ne pas en faire trop, de ne pas trop en dire et de faire confiance au spectateur était présente dès la naissance du projet ?
Samir Guesmi – A partir du moment où on a un personnage mutique, qui a du mal avec les mots, il faut bien trouver une autre manière de le faire exister. C’est à dire qu’il fallait le voir arriver à la maison, que l’on comprenne ce qu’il pense, sans nécessairement le formaliser.
Mais je voulais ajouter quelque chose sur le travail de Raphaël qui a été difficile parce que, moi, j’étais très, très méfiant et très chiant. Je n’étais pas complètement clair à ce propos.
La musique, j’y pense beaucoup et notamment pour mon film. J’avais envie de musique et, en même temps, plus je travaillais sur le film, plus j’accordais d’importance aux sons, aux rumeurs de la ville, au silence d’un appartement, d’une cuisine, au déclenchement du frigo et cette bande sonore me suffisait.
Puis, j’ai regardé le film qui était assez âpre et un peu rugueux, avec un son un peu métallique. J’aimais bien ça, mais je trouvais un peu arbitraire et un peu radical de ne pas mettre de musique. Donc, j’ai écouté plein de musiciens, j’ai fait quelques tentatives puis j’ai eu envie de rencontrer Raphaël après avoir entendu sa musique au piano.
Je me rappelle que j’étais un peu méfiant, un peu sur mes gardes. J’ai été assez mauvais joueur, en lui disant “Je ne sais pas si j’ai envie de musique !” et lui m’a répondu ” Tu as raison, je crois qu’il ne faut pas de musique sur le film”. Moi, à ce moment-là, avec mon esprit de contradiction, je lui ai demandé d’essayer de faire quelque chose sur certaines scènes comme celle de la cuisine ou de la salle de bain, où je pensais qu’il n’y avait pas besoin de musique.
Raphael y est allé avec toute la délicatesse du monde et en même temps en imposant cette présence de la musique. C’était exactement ce que je lui demandais ! C’était à la fois d’exister, de ne pas faire un truc timide qui allait être écrasé par l’image et de prendre sa place avec moi qui ne la lui faisait pas vraiment.
J’ai l’air de faire le malin, mais c’est vraiment ça ! C’est pour cette raison que je disais qu’une bonne musique de film c’est une musique qui épouse le film en trouvant sa juste place. Et je trouve que le piano de Raphaël est incroyable.
Après la bande son du film, peut-on parler également du travail de Céline Bozon, la directrice photo, à qui l’on doit la très belle lumière du film. Rarement Paris, la nuit notamment, n’a été aussi justement montrée ? Quelles étaient tes attentes sur ce point?
Samir Guesmi – Franchement, à part sur les scènes de rêves, il n’y a eu aucun traitement sur l’image. Paris est tel que je l’ai vue, que je l’ai vécue enfant. En fait, je me suis rendu compte que la ville n’a pas changé.
C’est un film qu’on a fait avec une économie assez modeste, on n’a pas eu des tonnes d’éclairage. Il y a eu beaucoup de scènes tournées la nuit dans Paris et on s’est servis de l’éclairage de la ville. Le rouge orangé, un peu ocre de la cité, c’est celui qui existe.
Le talent de Céline, et c’est la même chose avec Raphaël, c’est de pas s’être mise en avant avec ses lumières, Raphaël ne s’est pas non plus mis en avant avec sa musique. On a juste regardé avec attention ce qu’il y avait devant nous et franchement, c’est suffisamment beau et bouleversant pour qu’on n’ait pas besoin de rajouter des choses.
La forme du film n’était pas préalablement pensée ou peut-être inconsciemment. En fait, j’ai vraiment voulu être à la hauteur d’Ibrahim c’est à dire à la hauteur de ses 16 ans, à la hauteur de sa taille de ce qu’il voit lui, comment il perçoit la ville…
Moi, c’est ce Paris là que je connais !
Ce premier film à la fois intense et pudique est aussi très personnel. Aurais-tu pu réaliser un autre premier film, sur un autre sujet ? Quel en a été le déclic?
Samir Guesmi – Ibrahim, c’est une déclaration d’amour d’un père à son fils ou d’un fils à son père. J’avais envie de faire un film d’amour, et pour moi un film d’amour c’est deux êtres, un homme et une femme, une femme et une femme ou un homme et un homme, c’est le sentiment amoureux. En fait, c’est aussi possible de faire un film entre un père et son fils, comme une déclaration d’amour.
Et donc…. (longue réflexion) est-ce que j’aurais pu faire un autre premier film que celui-ci ? je ne sais pas… je ne crois pas, non !
Et aujourd’hui, tu as d’autres envies de réalisation ?
Samir Guesmi – C’était tellement dense, tellement intense ce premier long métrage que j’ai très, très envie d’en faire un autre mais je sais que le prochain sera totalement différent. Pour le moment il faut qu’IBRAHIM sorte, vive sa vie pour que je puisse envisager concrètement le prochain. J’en ai déjà le désir, c’est sûr, mais j’ai envie d’être aussi plein que je l’ai été avec IBRAHIM. Je n’ai pas très envie de me précipiter et en même temps, c’est mon paradoxe, je n’ai pas envie que ce soit dans mille ans. Il faut savoir prendre le temps mais aussi choper le bon moment ! (sourire)
Comment envisage-t-on la suite, justement, quand l’accueil sur un premier film est aussi enthousiaste ? Y-a-t-il une forme de pression ?
Samir Guesmi – Moi je me méfie des mots, ça se voit dans le film… Mais bon, il y a une partie de moi qui dit “ouah c’est génial, c’est super” et l’autre partie qui a envie d’oublier.
La manière dont ça s’est passé sur ce premier film est quand même assez extraordinaire et donc la pression est forcément là.
De toute façons, il y a une pression avant un premier film, avant le deuxième… Que le premier eut été un échec ou une catastrophe, la pression pour le deuxième aurait été là de toute façon. Je vais faire en sorte que tous les aspects positifs, toute l’expérience de ce film-là serve au deuxième.
Et cette expérience derrière la caméra a-t-elle nourri celle de l’acteur ? A-t-elle ou va-t-elle changer des choses dans ton travail avec d’autres réalisateurs?
Samir Guesmi – Ah oui, énormément ! Le parcours d’un acteur, pas pour tous mais pour une bonne partie je crois, c’est beaucoup d’échecs, dans le sens où c’est beaucoup de refus, beaucoup de rôles que tu ne fais pas. Et j’ai compris, avec cette expérience, qu’un acteur correspond ou ne correspond pas au rôle. Il n’y a pas à se taper dessus quand on n’a pas le rôle. J’ai compris pourquoi on choisissait un acteur sur un film. Je l’ai compris parce que j’ai choisi des acteurs pour mon film et quand on est acteur on pense mal, en fait, et on se fait du mal tout seul. Donc, je me dis que maintenant je vais être plus tranquille, je vais respirer, je vais souffler.
Et paradoxalement, je n’ai jamais eu autant de rôles que maintenant.
Justement, quels sont tes projets les plus proches en tant qu’acteur ?
Samir Guesmi – C’est le film de Rachid Hami qui va s’appeler POUR LA FRANCE, un drame, qui va être un film sublime je le sais déjà. C’est le deuxième film de Rachid qui avait réalisé la MELODIE avec Kad Mérad et des adolescents, il y a deux – trois ans. Je pars également tourner à Montréal cet été, dans le nouveau film de Denis Côté, un cinéaste québécois.
Raphaël, tu as peu travaillé pour le cinéma. Cette BO d’IBRAHIM t’a-t-elle donné envie d’en écrire d’autres ?
Raphael Elig – Quand j’étais à l’école normale de musique, j’avais été passionné par une classe de musiques de film que j’avais avec Laurent Petitgirard (ndlr, chef d’orchestre et compositeur, entre autres de nombreuses BOF) et c’est vrai que c’est un rêve d’enfant.
Après, l’histoire s’est écrite un peu autrement. J’étais passionné, aussi, par la recherche musicale j’ai fait pas mal de choses pour la télé, j’ai fait de la pub, il fallait manger aussi, donc voilà j’ai été assez polyvalent.
Mais je suis très content d’avoir vécu cette expérience avec Samir et d’être revenu à la matière première qu’est le piano qui est vraiment mon premier amour. C’était une très belle expérience parce que je me suis remis au piano depuis plusieurs années, sur un travail personnel, fait uniquement de pièces pour piano autour de l’enfance, et donc c’était formidable de pouvoir servir ce film avec cette matière-là.
Cette musique composée pour IBRAHIM t’a value d’être récompensé du Valois de la meilleure musique de film. Cette reconnaissance de ton travail est importante ?
Raphael Elig – Oui, oui bien sûr, c’est très motivant ! Ca me donne beaucoup de beaucoup d’élan et de force.
Propos recueillis le jeudi 24 juin, à l’occasion de la première édition du Festival Soeurs Jumelles à Rochefort.
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Je vous propose chaque semaine une sélection de films ou documentaires à voir sur l’ensemble des chaînes françaises…
Retrouvez ci-dessous cette sélection Cin’Ecrans très « Cannoise », cette semaine, ouverture de la 74eme édition du plus grand festival de cinéma au monde, oblige.
Au programme, entre autres, 4 films de Léos Carax (dont le nouveau long, ANNETTE, fait l’ouverture de Cannes 2021), 4 films de la sélection Cannes 2020 ( ADN, ETE 85, PENINSULA & l’inédit en salles AMMONITE de Francis Lee) et pas moins de 4 Palmes d’or ( THE TREE OF LIFE, LA VIE D’ADELE & PARASITE )
Bon festival et bonne(s) séance(s) sur grand ou petit écran 😊
Lundi 5 juillet – 21H05 – France 3
PARASITE (2019) ***** (Inédit en clair)
Thriller de Bong Joon-ho avec Kang-ho Song, Sun-kyun Lee, Yeo-jeong Jo, So-Dam Park, Woo-sik Choi, Hyeon-jun…
Lundi 5 juillet – 22h14 – CINE+ CLUB
J’AI PERDU MON CORPS (2019) *****
Film d’animation de Jérémy Clapin
Lundi 5 juillet – 21H01 – TV5 MONDE
ETRE ET AVOIR (2002) ****
Film documentaire de Nicolas Philibert avec Georges Lopez
Mardi 6 juillet – 21H02 – CANAL+
ADN (2020) *** (Inédit TV)
Drame de Maïwenn Maïwenn avec Maïwenn Maïwenn, Louis Garrel, Fanny Ardant, Marine Vacth, Dylan Robert…
Mardi 6 juillet – 21H05– NRJ12
LES POUPEES RUSSES (2005) ****
Comédie dramatique de Cédric Klapisch avec Romain Duris, Kelly Reilly, Audrey Tautou, Cécile De France, Kevin Bishop, Evguenya Obraztsova, Irene Montalà, Gary Love, Lucy Gordon, Aïssa Maïga…
Mercredi 7 juillet – 21H05 – CANAL+
AMMONITE (2020) (Inédit TV)
Drame de Francis Lee avec Kate Winslet, Saoirse Ronan, Gemma Jones, Fiona Shaw…
Mercredi 7 juillet – 20H40 – OCS CITY
MAUVAIS SANG (1986) ****
Drame de Leos Carax avec Denis Lavant, Juliette Binoche, Michel Piccoli, Hans Meyer, Julie Delpy, Hugo Pratt, Serge Reggiani, Jérôme Zucca, Carroll Brooks…
Mercredi 7 juillet – 22H40 – OCS CITY
BOY MEETS GIRL (1984) ***
Drame de Leos Carax avec Denis Lavant, Mireille Perrier, Carroll Brooks, Elie Poicard, Christian Cloarec, Anna Baldaccini…
Jeudi 8 juillet – 20H50 – CINE+ CLUB
LA DERNIERE MARCHE (1995) ****
Drame de Tim Robbins avec Susan Sarandon, Sean Penn, Raymond J. Barry, R. Lee Ermey, Celia Weston, Robert Prosky…
Jeudi 8 juillet – 21H05– CHERIE 25
TOUT CE QUI BRILLE (2010) ****
Comédie dramatique de Hervé Mimran et Géraldine Nakache avec Leïla Bekhti, Géraldine Nakache, Virginie Ledoyen, Linh Dan Pham, Simon Buret, Audrey Lamy, Daniel Cohen, Manu Payet, Nanou Garcia, Fejria Deliba…
Jeudi 8 juillet – 20H40 – OCS CITY
HOLY MOTORS (2012) ****
Drame de Leos Carax avec Denis Lavant, Edith Scob, Eva Mendes, Kylie Minogue, Elise Lhomeau, Jeanne Disson, Michel Piccoli…
Vendredi 9 juillet – 20H53 – CANAL+ CINEMA
PENINSULA (2020) *** (Inédit TV)
Film d’horreur de Sang-ho Yeon avec Dong-won Gang, Lee Jeong-hyeon, Re Lee, Min-jae Kim, Koo Kyo-hwan, Do-Yoon Kim…
Vendredi 9 juillet – 20H55 – PARIS PREMIERE
LE GRAND CHEMIN (1987) ***
Comédie dramatique de Jean-Loup Hubert avec Anémone Anémone, Richard Bohringer, Antoine Hubert, Vanessa Guedj, Christine Pascal, Raoul Billerey, Pascale Roberts, Marie Matheron…
Vendredi 9 juillet – 20H50 – CINE+ CLUB
LES AMANTS DU PONT NEUF (1991) ****
Drame de Leos Carax avec Juliette Binoche, Denis Lavant, Klaus-Michael Grüber, Chrichan Larsson, Marc Maurette, Marion Stalens, Edith Scob…
Samedi 10 juillet – 20H53– CANAL+ CINEMA
LA VIE D’ADELE (2013) *****
Drame de Abdellatif Kechiche avec Adèle Exarchopoulos, Léa Seydoux, Jérémie Laheurte, Catherine Salée, Aurélien Recoing, Sandor Funtek, Aurelie Lemanceau, Baya Rehaz, Benjamin Siksou
Samedi 10 juillet – 20H50 – CINE+ PREMIER
SHOW GIRL (1995) ***
Drame de Paul Verhoeven avec Elizabeth Berkley, Kyle MacLachlan, Gina Gershon, Glenn Plummer, Robert Davi, Al Ruscio, Alan Rachins…
Samedi 10 juillet – 22H56 – CINE+ PREMIER
ELLE (2016) ****
Thriller de Paul Verhoeven avec Isabelle Huppert, Laurent Lafitte, Anne Consigny, Charles Berling, Virginie Efira, Judith Magre, Christian Berkel, Jonas Bloquet, Alice Isaaz, Vimala Pons, Raphaël Lenglet, Arthur Mazet
Samedi 10 juillet – 20H50 – TCM
FAME (1980) ****
Comédie dramatique de Alan Parker avec Irene Cara, Lee Curreri, Antonia Franceschi, Eddie Barth, Boyd Gaines, Laura Dean…
Dimanche 11 juillet – 20H53 – CANAL+ CINEMA
ETE 85 (2020) ****
Comédie dramatique de François Ozon avec Félix Lefebvre, Benjamin Voisin, Philippine Velge, Valeria Bruni Tedeschi, Melvil Poupaud, Isabelle Nanty, Aurore Broutin, Laurent Fernandez, Bruno Lochet…
Dimanche 11 juillet – 22H31 – CANAL+ CINEMA
SWIMMING POOL (2003) ***
Drame de François Ozon avec Charlotte Rampling, Ludivine Sagnier, Charles Dance, Jean-Marie Lamour…
Dimanche 11 juillet – 22H13 – CINE+ CLUB
C’EST ARRIVE PRES DE CHEZ VOUS (1992) ****
Comédie noire de Rémy Belvaux, André Bonzel, Benoît Poelvoorde avec Benoît Poelvoorde, Rémy Belvaux, André Bonzel, Jacqueline Poelvoorde-Pappaert…
Dimanche 11 juillet – 20H40 – OCS CITY
THE TREE OF LIFE (2011) ****
Drame de Terrence Malick avec Brad Pitt, Sean Penn, Jessica Chastain, Hunter McCracken, Laramie Eppler, Tye Sheridan, Fiona Shaw…