Interview – Années 20 – un plan séquence

Interview – Années 20 – un plan séquence

"C'est un film geste ! Il fallait qu'on le dise, qu'on le fasse maintenant ! " Noémie Schmidt

Quelques heures à Paris, un soir d’été en 2020. La caméra suit un passant puis l’autre, voyageant à travers les rues de la ville et multipliant de curieuses rencontres : jeunes excentriques, personnages originaux et anticonformistes. Au cours d’un seul plan ininterrompu, la caméra lie les personnages à travers un même territoire, et une même époque en crise que chacun traverse et questionne à sa manière.

ANNEES 20, est un pur geste de cinéma, une tentative ambitieuse, parfois maladroite mais souvent galvanisante de raconter le monde d’aujourd’hui à travers sa jeunesse.
Et il le fait sous la forme d’un long plan séquence d’une heure trente, tourné dans un Paris libéré à la sortie du premier confinement en juin 2020 ! Un pari fou imaginé, écrit, mis en place et interprété, entre autres, par Noémie Schmidt et Joris Avodo (sous la houlette de leur réalisatrice Elisabeth Vogler) avec la belle complicité d’une quarantaine d’artistes technicien.ne.s et comédien.ne.s.

Une partie de cette bande d’ami.e.s a d’ailleurs pris le chemin des salles obscures début avril pour une belle série d’avant-premières du film. Et iels en ont profité, après Paris, pour célébrer chacune des villes traversées à travers des films (1 ville / 1 film) tournés, une fois encore, sous forme d’un plan séquence d’une dizaine de minutes.
Chaque film était diffusé le soir même de son tournage en amont de l’avant-première du long-métrage.
Ces 11 films sont désormais visibles sur une page YouTube dédiée

C’est à quelques instants de la présentation d’ANNEES 20 au CGR La Rochelle que j’ai eu le grand plaisir de demander à Noémie Schmidt, Margaux Bonin, Lila Poulet- Berenfeld, Léo Poulet, Joris Avodo et Jean Thévenin de revenir pour Cin’Ecrans sur cette aventure humaine et cinématographique hors du commun…

Années 20, la série live… en attendant le film

Années 20, la série live… en attendant le film

Années 20 est un projet un peu fou mais qui mérite toute l’attention du métier et des spectateurs que nous sommes tous. Et qui trouve aujourd’hui un prolongement plus que cohérent dans la promotion de sa sortie en salles le 27 avril prochain…

Cette expérience folle du long-métrage est celle d’une bande de jeunes artistes (24 comédien.ne.s et 16 technicien.ne.s) qui se sont lancé le pari gonflé de réaliser, au sortir du premier confinement, un plan-séquence d’une heure trente en plein cœur de Paris…
J’ai réalisé pour Cin’Ecrans, une interview d’une petite partie de cette enthousiaste équipe, à l’occasion de l’Avant-première du film au CGR-Les minimes de La Rochelle.

L’occasion d’évoquer évidemment ce film qui célèbre la force de la jeunesse et celle du collectif, mais aussi de parler leur rapport au cinéma ainsi que la manière dont ils ont eu envie de réinventer la promotion à travers un projet complémentaire, celui de réaliser, dans la journée qui précède chaque soirée d’avant-première, et sur le même principe que le long, un court-métrage en plan séquence d’une dizaine de minutes. Le film tourné dans la journée est diffusé dans la foulée, avant ANNEES 20, le film.

En attendant de partager avec vous cette interview, je vous invite plus que chaleureusement à découvrir une présentation du projet par l’une de ses principales protagonistes, la comédienne et scénariste Noémie Schmidt.

Vous trouverez également ci-dessous les deux premiers épisodes de ANNEES 20, la série live, tournés sur les premières dates de la tournée à Nantes et La Rochelle.

ANNEES 20, LA SERIE

Episode 1 – Nantes (tourné le 10 avril)
Episode 2 – La Rochelle
(tourné le 11 avril)

En salle – The chef – Chaud devant !

En salle – The chef – Chaud devant !

- The chef -

THE CHEF de Philip Barantini avec Stephen Graham, Vinette Robinson, Jason Flemyng
Drame 2021 – 1H34 – Grande Bretagne
Sortie en salles le 19 janvier 2022

« Magic Friday » : le vendredi avant Noël, la soirée la plus fréquentée de l’année. Dans un restaurant gastronomique de Londres, côté cuisine, à quelques minutes du coup de feu, tout le personnel est en ébullition. Mais les problèmes s’accumulent autour du chef étoilé Andy Jones et de sa brigade. S’ajoute à cela la pression constante d’une clientèle toujours plus exigeante qui menace de mener le restaurant à sa perte…

3 bonnes raisons de voir ce film

1/ Pour l’exercice de style et tour de force imparable de ce film qui consiste en un seul et long plan séquence d’1H34.
Là où THE CHEF s’avère encore plus bluffant que certains autres films tournés sur le même principe comme TIME CODE ou VICTORIA, c’est sa quasi-unité de lieu, un restaurant, de ses abords à la salle de restaurant en passant évidemment par sa cuisine mais avec des ambiances (notamment de lumière et de son) très différentes suivant les lieux. On imagine sans peine la galère technique d’un tel projet, il convient donc de saluer comme il se doit le remarquable travail de toute l’équipe du film qu’elle soit artistique mais aussi et surtout technique.

2/ THE CHEF aurait pu n’être qu’un brillant exercice de style, il s’avère bien plus passionnant que ça. C’est sans doute grâce au passé de chef de cuisine de Philippe Barantini dont c’est le premier film,  que l’on doit cette plongée ultra réaliste au cœur d’un service avec tout ce que cela peut comporter comme antagonismes et querelles entre salle et cuisine, mais aussi de réflexions inappropriées de certains clients, sans compter les incidents/accidents de service… Si l’on peut justement reprocher au film d’être un peu chargé en situations extrêmes, on ne peut que saluer la virtuosité certaine avec laquelle le récit est mené.
Le spectateur est plongé en pleine immersion au sein de ce petit théâtre d’un soir. On en ressort la faim au ventre, mais heureux et épuisé par un service sous haute tension.

3/
Si la performance technique est réellement bluffante, il serait injuste de passer sous silence celle des comédiens qui sont au cœur du dispositif et nous proposent un menu des plus gourmands. Stephen Graham, dans le rôle de ce chef en proie à ses démons, est comme toujours excellent, mais c’est surtout la performance toute en nuance de Vinette Robinson, parfaite en première assistante du chef, que l’on retiendra. On en redemande…

Interview – Entre deux trains – Pierre Filmon, Laëtitia Eïdo, Pierre Rochefort

Interview – Entre deux trains – Pierre Filmon, Laëtitia Eïdo, Pierre Rochefort

5 ans se sont écoulés entre la sortie de l’excellent CLOSE ENCOUNTERS WITH VILMOS ZSIGMOND, documentaire consacré au légendaire directeur de la photographie hongrois Vilmos Zsigmond ( Robert Altman, Martin Scorsese, Steven Spielberg…) et celle d’ENTRE DEUX TRAINS, le premier long métrage de fiction de Pierre Filmon.

Précisons que cette interview a été réalisée en 2019, à l’occasion de la présentation du film (alors titré LONG TIME NO SEE) en avant-première au Festival du film francophone d’Angoulême. Depuis cette première présentation, le film a été montré avec succès et quelques prix à la clé dans près de 30 festivals nationaux et internationaux.
Il était quand même grand temps qu’ENTRE DEUX TRAINS s’offre une sortie en salles afin que les spectateurs partagent enfin les retrouvailles, par hasard, sur le quai d’une gare entre Marion et Grégoire. Ils ont tous deux vécu, neuf ans plus tôt, une brève histoire d’amour et ils n’ont que quatre-vingt minutes pour faire le point sur leur vie, face à face avec leurs vérités et leurs souvenirs. C’est leur dernière chance…

Véritable invitation au voyage dans un Paris très graphique (de la gare d’Austerlitz au Jardin des plantes, en passant par le Café Maure de la Mosquée de Paris), ENTRE DEUX TRAINS est véritablement porté par la grâce et le talent de ses deux interprètes principaux Pierre Rochefort et Laëtitia Eïdo.

Le film est aussi un formidable pari de mise en scène, Pierre Filmon ayant construit son film avec de longs et très fluides plans séquences.

Un bon conseil, ne loupez pas le train des salles… Avec Pierre Filmon, « C’est possible » !