Le temps d’aimer… le temps du cinéma !

Le temps d’aimer… le temps du cinéma !

« Je voulais absolument assumer de faire un mélodrame !» Katell Quillévéré

LE TEMPS D’AIMER

Après un détour remarqué par la série en 2022 avec LE MONDE DE DEMAIN qui racontait brillamment la naissance de NTM et du mouvement hip-hop français, Katell Quillévéré retrouve Gilles Taurand, son coscénariste de RÉPARER LES VIVANTS pour LE TEMPS D’AIMER.

Avec ce quatrième long métrage, Katell Quillévéré se frotte avec aplomb et sensibilité au genre ultra codifié du mélodrame.
Avec la magnifique complicité d’Anaïs Demoustier et Vincent Lacoste, la réalisatrice évite toute complaisance et les pièges du tire-larmes facile, tout en réussissant à nous toucher profondément avec ce récit bouleversant inspiré d’une histoire très personnelle.

L’histoire  
1947. Sur une plage, Madeleine, serveuse dans un hôtel-restaurant, mère d’un petit garçon, fait la connaissance de François, étudiant riche et cultivé. Entre eux, c’est comme une évidence. La providence. Si l’on sait ce qu’elle veut laisser derrière elle en suivant ce jeune homme, on découvre avec le temps ce que François tente de fuir en mêlant le destin de Madeleine au sien…

Vous l’aurez compris, ne loupez surtout pas LE TEMPS D’AIMER, mélodrame sensible et vibrant porté par des interprètes en état de grâce. Très amis dans la vie, Anaïs Demoustier et Vincent Lacoste trouvent avec les personnages de Madeleine et François, l’occasion de nous surprendre à nouveau. Ils sont pour beaucoup dans le charme que procure cette œuvre ample et admirablement mise en scène.

Ne passons pas non plus sous silence le magnifique travail du directeur de la photographie Tom Harari et celui non moins remarquable d’Amine Bouhafa (ALMA VIVA, LES FILLES D’OLFA, ou bien encore LE MONDE DE DEMAIN), qui offre un superbe écrin musical au film.
Vous pourrez d’ailleurs retrouver d’ici quelques jours Amine Bouhafa, l’un de nos plus brillants compositeurs, en interview pour Cin’Écrans.

Le + Cin’Écrans
D’ici là, on vous invite à découvrir sans tarder, LE TEMPS D’AIMER et à retrouver ci-dessous des entretiens avec Katell Quillévéré, Anaïs Demoustier et Vincent Lacoste, sans oublier une rencontre passionnante avec Amine Bouhafa, brillant compositeur de la BO du film. L’occasion pour nous d’évoquer son travail et notamment cette  seconde collaboration avec Katell Quillévéré après LE MONDE DE DEMAIN (série Arte sur la naissance du Hip hop et du groupe NTM).

Ces interviews ont été réalisées en août dernier lors du Festival du film francophone d’Angoulême.
Un festival qui a couronné LE TEMPS D’AIMER du Valois de diamant du meilleur film et Vincent Lacoste du Valois de l’acteur

INTERVIEW KATELL QUILLÉVÉRÉ, ANAÏS DEMOUSTIER & VINCENT LACOSTE

INTERVIEW AMINE BOUHAFA & KATELL QUILLÉVÉRÉ

INTERVIEW AMINE BOUHAFA À PROPOS DE SON TRAVAIL

LE TEMPS D’AIMER

Un film de Katell Quillévéré
Scénario de Katell Quillévéré & Gilles Taurand
Avec Anaïs Demoustier, Vincent Lacoste, Paul Beaurepaire, Morgan Bailey, Ambre Gollut, Dylan Hawkes, Luc Bataini…
Drame – Romance – 2H05 – France
Sortie en salles le 29 novembre 2023

Le prix du passage… celui de la liberté !

Le prix du passage… celui de la liberté !

« Si seulement on pouvait faire évoluer les mentalités, ce serait cool ! » Alice Isaaz

LE PRIX DU PASSAGE

Natacha, 25 ans, jeune mère célibataire galère pour élever son fils Enzo, 8 ans. Walid, lui, migrant d’origine Irakienne, attend de réunir assez d’argent pour payer son passage vers l’Angleterre. Aux abois, ils improvisent ensemble une filière artisanale de passages clandestins.

« La puissance de l’incarnation balaie toute la force de l’imagination chez moi… » Thierry Binisti

Avec LE PRIX DU PASSAGE, son troisième long métrage pour le cinéma, Thierry Binisti signe un thriller social extrêmement efficace autour du quotidien âpre, tendu des migrants et de celui d’une jeune femme qui se lance, sans état d’âmes dans un dangereux trafic de passage pour trouver sa liberté, son indépendance.

Le film pose ainsi de nombreuses et passionnantes questions autour des limites morales et que l’on est prêt à franchir, ou pas, pour arriver à ses fins.
Une manière aussi de constater combien le point de vue de chacun.e sur un sujet aussi épidermique peut évoluer quand on fait l’effort d’essayer de comprendre et de mieux connaître « l’autre ». C’est peut-être une évidence mais il est toujours bon de le rappeler, même à travers une fiction.

Thierry Binisti qui privilégie avec ce film, l’action au naturalisme que l’on accole généralement à ce type de sujet, plonge néanmoins le spectateur dans un réel état de tension grâce à la puissance réaliste et quasi documentaire de son propos et de sa mise en scène.
Il est, de surcroit, formidablement épaulé par son remarquable duo de comédiens principaux : Alice Isaaz qui compose un personnage de jeune femme prête à tout pour offrir un quotidien plus lumineux à son fils. Quant à Adam Bessa, il confirme ici tout le bien que l’on pense de son jeu subtil et intense, notamment depuis LES BIENHEUREUX et surtout HARKA.

Saluons d’ailleurs, à propos de ces deux beaux personnages principaux, le parti pris judicieux de Thierry Binisti et ses scénaristes Sophie Gueydon et Pierre Chosson de ne pas avoir emprunté la piste trop facile d’une romance entre eux, laissant ainsi le spectateur leur imaginer, ou pas, un futur commun à Natacha et Walid.

Nous vous invitons donc à découvrir ce PRIX DU PASSAGE dont la pulsion de vie des personnages fait du bien dans un quotidien bien trop souvent gangréné par la suspicion et la peur de l’inconnu.e.

LE PRIX DU PASSAGE
Un film de Thierry Binisti
Scénario de Sophie Gueydon et Pierre Chosson
Avec Alice Isaaz, Adam Bessa, Ilan Debrabant
Drame – Thriller – 1H40 – France
Sortie en salles le 12 avril 2023

Et retrouvez ci dessous l’interview de Thierry Binisti et Alice Isaaz, réalisée à l’occasion d’avant-premières du film en Charente maritime. Merci à Alain Jeanne (Chut… on écoute la télé) pour l’organisation de cet événement.

INTERVIEW THIERRY BINISTI & ALICE ISAAZ

De grandes espérances pour Rebecca Marder et Benjamin Lavernhe

De grandes espérances pour Rebecca Marder et Benjamin Lavernhe

« Est-ce qu’on peut changer le monde avec les mains sales ? » Sylvain Desclous

DE GRANDES ESPÉRANCES

Madeleine, brillante et idéaliste jeune femme issue d’un milieu modeste, prépare l’oral de l’ENA dans la maison de vacances d’Antoine, en Corse. Un matin, sur une petite route déserte, le couple se trouve impliqué dans une altercation qui tourne au drame. Lorsqu’ils intègrent les hautes sphères du pouvoir, le secret qui les lie menace d’être révélé. Et tous les coups deviennent permis.

 

« Ça tient presque de la tragédie grecque ! » Rebecca Marder

Réalisateur en 2016 de VENDEUR, une première fiction, Sylvain Desclous posait l’an dernier son regard plein d’humanité́ sur une campagne d’élections municipales dans un formidable documentaire intitulé LA CAMPAGNE DE FRANCE.

La politique, le réalisateur y revient donc avec un second film de fiction dont il a commencé l’écriture au moment de la sortie de VENDEUR et qu’il a terminée au moment du premier confinement.

« On passe d’une histoire d’amour à une histoire de lutte des classes » Sylvain Desclous

Avec DE GRANDES ESPÉRANCES, Sylvain Desclous entre dans le milieu de la politique et questionne l’exercice du pouvoir à travers une histoire très intime. Il explore les conséquences d’un acte dramatique en mettant à l’épreuve le quotidien et l’idéalisme politique d’un jeune couple qui n’assume pas ce drame de la même manière.

Pour mettre en scène ce film palpitant à la frontière du drame social, du thriller et du film politique, le réalisateur s’est entouré d’un solide casting de premiers et de seconds rôles.

« Un rôle que je n’avais pas encore joué » Benjamin Lavernhe

Saluons en premier lieu et une nouvelle fois, l’excellence du travail de Rebecca Marder dont l’immense talent explose au cinéma depuis quelques mois à travers des rôles qu’elle transcende, dans des films aussi différents qu’UNE JEUNE FILLE QUI VA BIEN de Sandrine Kiberlain, MON CRIME de François Ozon, LES GOÛTS ET LES COULEURS de Michel Leclerc ou SIMONE D’Olivier Dahan.
Dans DE GRANDES ESPÉRANCES, la comédienne incarne Madeleine Pastor un personnage de jeune femme complexe, ambigüe et ambitieuse.
Benjamin Lavernhe, lui, se frotte à un personnage nouveau dans sa carrière au cinéma, celui d’un homme mesquin, menaçant et rongé par le remords. Le sociétaire de La Comédie Française est comme toujours remarquable !
Citons également les formidables partitions jouées par Emmanuelle Bercot et Marc Barbé qui marquent de leur empreinte cette histoire diaboliquement efficace.

C’est en août dernier que nous avons eu le grand plaisir de rencontrer Sylvain Desclous, Rebecca Marder et Benjamin Lavernhe, quelques heures seulement avant la toute première projection publique de leur film DE GRANDES ESPÉRANCES dans le cadre du Festival du film francophone d’Angoulême.

DE GRANDES ESPÉRANCES
Un film de Sylvain Desclous
Scénario de Sylvain Desclous et Pierre Erwan Guillaume avec la collaboration d’Olivier Lorelle et Raphaël Chevènement
Avec Rebecca Marder, Benjamin Lavernhe, Emmanuelle Bercot, Marc Barbé, Pascal Elso…
Drame – Thriller – 1H45 – France
Sortie en salles le 22 mars 2023

INTERVIEW SYLVAIN DESCLOUS, REBECCA MARDER & BENJAMIN LAVERNHE

Dalva, 1er film digne et puissant !

Dalva, 1er film digne et puissant !

DALVA

Un film d’Emmanuelle Nicot
Scénario d’Emmanuelle Nicot
Avec Zelda Samson, Alexis Manenti, Fanta Guirassy

Drame – 1h20 – Belgique
Sortie en salles le 22 mars 2023

L’histoire 
Dalva a 12 ans mais s’habille, se maquille et se vit comme une femme. Un soir, elle est brusquement retirée du domicile paternel. D’abord révoltée et dans l’incompréhension totale, elle va faire la connaissance de Jayden, un éducateur, et de Samia, une adolescente au fort caractère. Une nouvelle vie semble alors s’offrir à Dalva, celle d’une jeune fille de son âge.

3 bonnes raisons de voir ce film

1/  Saluons en premier lieu, l’incroyable incarnation de Dalva par la jeune comédienne débutante Zelda Samson qui évite tous les écueils potentiels, liés à un rôle aussi puissant et délicat. Nous ne sommes pas prêt d’oublier la folle détermination du personnage ainsi que l’intensité du regard et du jeu de sa formidable interprète.

2/ Si Zelda Samson qui porte le film de bout en bout en est sa véritable révélation, il serait injuste de ne pas souligner la justesse de tout le casting. Citons en particulier Fanta Guirassy, l’interprète de Samia (voisine de chambre de Dalva), personnage qui éclaire un peu le chemin de Dalva en lui apportant toute sa franchise et un peu de fantaisie bienvenue. Quant à Alexis Manenti (César du meilleur espoir masculin 2020 pour LES MISÉRABLES), il offre à son personnage d’éducateur une douceur et une bienveillance rare qui font du bien à Dalva mais aussi au spectateur parfois malmené par la rudesse de propos du film.

3/ La force de ce récit d’émancipation met en évidence les paradoxes perturbants et spectaculaires du déni, surtout quand il touche une toute jeune fille, victime d’inceste durant de longues années. La réalisatrice ne lâche pas une seconde sa jeune « héroïne » du quotidien qui va devoir refaire l’apprentissage d’une enfance qu’on lui a volée. Avec DALVA, Emmanuelle Nicot nous offre une œuvre pudique, digne et puissante qui ne verse jamais dans le pathos. Un premier film remarquable à découvrir absolument. 

Droit au coeur avec Tori et Lokita

Droit au coeur avec Tori et Lokita

TORI ET LOKITA

Drame – Belgique – 2022 –  1h28
Réalisation : Luc et Jean-Pierre Dardenne
Scénario : Luc et Jean-Pierre Dardenne

Sorti en salles le 5 octobre 2022
Disponible en DVD & VOD le 8 février 2023 – Diaphana

Aujourd’hui en Belgique, un jeune garçon et une adolescente venus seuls d’Afrique opposent leur invincible amitié aux difficiles conditions de leur exil.

Le film ****
Grâce à une mise en scène rigoureuse qui n’use d’aucun pathos, les frères Dardenne touchent en plein coeur et signent un film âpre et bouleversant. On n’oubliera pas de sitôt les visages de Tori et Lokita.

Bonus ***
Comme souvent, l’échange avec Luc & Jean-Pierre Dardenne s’avère passionnant. D’une humilité sans faille, les deux frères reviennent sur la genèse de ce long métrage, le 10e de leur riche carrière.