Le ravissement pour Iris Kaltenbäck et Hafsia Herzi  

Le ravissement pour Iris Kaltenbäck et Hafsia Herzi  

LE RAVISSEMENT

Drame – 1h37 (Blu ray) 1h33 (DVD) – 2023 – France
Réalisation :  Iris Kaltenbäck
Scénario : Iris Kaltenbäck
Avec Hafsia Herzi, Alexis Manenti, Nina Meurisse, Younes Boucif, Radmila Karabatic, Dusko Badnjar, Ana Blagojevic, Grégoire Didelot…

Sorti en salles le 11 octobre 2023
Disponible en Blu ray, DVD et VOD – 20 février 2024 – Diaphana Vidéo

Image : 16/9 – Son : Français DTS HD 5.1 et 2.0
Sous titres français pour sourds et malentendants

L’histoire
Comment la vie de Lydia, sage-femme très investie dans son travail, a-t-elle déraillé ? Est-ce sa rupture amoureuse, la grossesse de sa meilleure amie Salomé, ou la rencontre de Milos, un possible nouvel amour ? Lydia s’enferme dans une spirale de mensonges et leur vie à tous bascule….

Le film ****
LE RAVISSEMENT
, premier long métrage d’Iris Kaltenbäck, sans aucun conteste l’un des plus réussis de l’an passé, a bien mérité les nombreux prix récoltés ces derniers mois depuis sa présentation à Cannes : Prix SACD de la Semaine de la critique, Prix Louis Delluc du meilleur premier film, Lumière de la presse étrangère du meilleur premier film et Prix du syndicat français de la critique du meilleur premier film, une nouvelle fois. Autant dire que nous sommes nombreux et nombreuses à attendre le second long métrage de la réalisatrice.

En attendant, nous vous invitons chaleureusement à (re)découvrir, si ce n’est déjà fait, LE RAVISSEMENT, véritable thriller de l’intime, qui creuse avec pertinence les questions de la solitude urbaine, de la maternité et celle des conséquences d’un mensonge quand on ne peut plus (ou qu’on ne sait pas comment) faire machine arrière…

Inspiré d’un tragique fait divers, le film est transcendé par le mystère et l’intensité du jeu d’Hafsia Herzi. L’actrice trouve ici, sans aucun doute, son plus beau rôle à ce jour. Elle compose avec une remarquable économie de moyens (un regard, un silence en disent parfois très long) un personnage fascinant et ambigu, de jeune femme sur la brèche que son mal-être pousse à usurper le bébé de sa meilleure amie (incarnée par l’excellente Nina Meurisse).

Après son passage très remarqué dans les salles obscures l’automne dernier, c’est à la maison que vous pouvez vous laisser happer par ce drame poignant et mélancolique, magnifiquement interprété.

Bonus ****
LE VOL DES CIGOGNES – court-métrage d‘Iris Kaltenbäck avec Claire Ganaye et Raphaël Acloque (2015, 29 mn)

Discussion d’Iris Kaltenbäck avec Ava Cahen, déléguée générale de la Semaine de la Critique (2024, 18 mn)

En bonus, Diaphana (éditeur du film) a la judicieuse idée de nous offrir LE VOL DES CIGOGNES, un court métrage réalisé en 2015 par Iris Kaltenbäck. L’histoire d’un vol de bébé dans une maternité par une femme qui présente l’enfant à son mari militaire comme étant le sien.
La similitude thématique avec LE RAVISSEMENT ne vous aura pas échappé, et pour cause, puisque c’est après avoir découvert ce court-métrage que les producteurs Alice Bloch (Marianne Productions) et Thierry de Clermont-Tonnerre (Mact Productions) ont demandé à la cinéaste d’écrire un long métrage sur ce même sujet et qui deviendra LE RAVISSEMENT.

Avec le second bonus, nous sommes conviés à un entretien entre Iris Kaltenbäck et Ava Cahen, journaliste et déléguée générale de la Semaine de la critique, qui a choisi avec son comité de sélection de présenter LE RAVISSEMENT en mai dernier à Cannes.

Au cours de cet échange passionnant, la réalisatrice-scénariste revient, entre autres, sur la genèse du projet et le parti-pris d’utiliser une voix off, celle de Milo (Alexis Manenti), qui tente de percer le mystère de Lydia, pour reconstituer son histoire. La réalisatrice revient aussi évidemment sur son formidable casting et sur l’importance de la bande originale du film composée par Alexandre de la Baume.

Sirāt – À la vie, à la mort…
Sirāt – À la vie, à la mort…

Que celles et ceux d’entre vous qui n’ont pas encore découvert Sirāt s’accrochent ! Après son succès en salles, le film choc et électrisant d’Oliver Laxe débarque dans les salons ! Montez le son pour vivre une puissante expérience sensorielle !

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Comme une louve – Hymne à l’amour maternel  

Comme une louve – Hymne à l’amour maternel  

COMME UNE LOUVE

Drame – 1h39 – 2023 – France
Réalisation :  Caroline Glorion
Scénario : Caroline Glorion et Olivier Lousteau
Avec Mathilde La Musse, Aydan Hullmann-Bennouioua, Sarah Suco, Sandrine Bonnaire, Laurence Côte, Naidra Ayadi, François Morel
 

Sorti en salles le 20 septembre 2023
Disponible en DVD et VOD – 20 février 2024 – Blaq Out

Image : 16/9 – Son : Français 5.1 et 2.0
Audiodescription pour aveugles et malvoyants
Sous titres français pour sourds et malentendants

L’histoire
Lili, 26 ans, précaire, élève seule ses trois enfants. Accusée à tort de mauvais traitements, les services sociaux les lui arrachent. Elle s’effondre mais très vite, entourée de femmes solides et d’un amour naissant, Lili se lance dans une bataille décisive pour reconstruire sa famille.

 

Le film *** 1/2
COMME UNE LOUVE
est le premier long métrage pour le cinéma de Caroline Glorion, journaliste, écrivaine et réalisatrice de documentaires pour la télévision.
Son film est à la fois un drame social, un véritable hymne à l’amour maternel et une ode à la sororité, à travers le beau personnage de l’avocate interprété avec subtilité par Sarah Suco ou celui de ses amies tenues par les trop rares Laurence Côte et Naidra Ayadi.   

Le personnage de Lili, cette jeune mère en mal de stabilité est, quant à lui, formidablement incarné par la révélation Mathilde La Musse qui emporte tout sur son passage. Le titre du film est parfaitement représentatif de l’état d’esprit de cette femme, bien décidée à ne rien lâcher et qui va se battre « comme une louve » pour le bien de ses enfants et ne pas perdre leur garde.

Sans effets inutiles de mise en scène, Caroline Glorion pose un regard bienveillant sur son personnage principal Lili, tout en dénonçant avec force les failles d’un système de protection de l’enfance.
Un premier film à découvrir…

Pas de bonus

Sirāt – À la vie, à la mort…
Sirāt – À la vie, à la mort…

Que celles et ceux d’entre vous qui n’ont pas encore découvert Sirāt s’accrochent ! Après son succès en salles, le film choc et électrisant d’Oliver Laxe débarque dans les salons ! Montez le son pour vivre une puissante expérience sensorielle !

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Ce qui se passe dans la salle des profs…

Ce qui se passe dans la salle des profs…

LA SALLE DES PROFS (Das Lehrerzimmer)

Un film de İlker Çatak
Scénario de İlker Çatak et Johannes Duncker
Avec Leonie Benesch, Michael Klammer, Rafael Stachowiak
Drame, thriller – 1h39 – Allemagne
Sortie en salles le 6 mars 2024

L’histoire
Alors qu’une série de vols a lieu en salle des profs, Carla Nowak mène l’enquête dans le collège où elle enseigne. Très vite, tout l’établissement est ébranlé par ses découvertes.

3 bonnes raisons de voir ce film

1 /A l’heure de la toute-puissance des réseaux sociaux, de la suspicion intergénérationnelle qu’ils suscitent et des dommages collatéraux qu’ils provoquent dans l’enseignement, LA SALLE DES PROFS fait preuve d’une rare pertinence, en phase complète avec l’époque.

Ilker Catak nous offre avec son quatrième long métrage (le premier à sortir dans les salles françaises) un puissant et palpitant drame psychologique porté par sa remarquable et rigoureuse mise en scène.   

Le metteur en scène allemand pose tout au long du film les questions de l’intégrité, du civisme, des enjeux majeurs de l’éducation mais aussi la notions de coupable ou victime ainsi que des conséquences et dommages collatéraux de la délation…
Ilker Catak dresse le passionnant portrait d’une enseignante qui n’a de cesse de transmettre et d’exercer au mieux son métier, mais qui est prise dans un engrenage diabolique.

À travers LA SALLE DES PROFS, c’est un miroir de notre société que le réalisateur nous tend et il faut bien avouer que si le reflet n’est guère flatteur, il a le grand mérite de nous interroger sur nos propres comportements quotidiens.    

2 / Le personnage de Carla, enseignante déterminée mais bousculée dans son quotidien et ses convictions, est incarné avec force par Leonie Benesch, jeune actrice allemande que l’on avait déjà pu remarquer à ses débuts en 2009 dans LE RUBAN BLANC de Michael Haneke puis par la suite dans LES LEÇONS PERSANES de Vadim Perelman ainsi que dans quelques séries emblématiques comme BABYLON BERLIN, THE CROWN ou plus récemment dans la première saison d’ABYSSES aux côtés de Cécile de France.

Elle livre ici une performance exceptionnelle. Nous ne sommes pas près d’oublier l’intensité que la comédienne apporte à Carla. Il nous tarde de la revoir sur grand écran.

3 / Immense succès du cinéma allemand, LA SALLE DES PROFS sort enfin en France auréolé de sa nomination très méritée à l’Oscar du meilleur film étranger. Gageons que l’intérêt suscité ailleurs par ce thriller paranoïaque trouve un vrai retentissement dans nos salles. Il le mérite amplement.

Le procès Goldman et un César pour Arieh Worthalter !

Le procès Goldman et un César pour Arieh Worthalter !

LE PROCÈS GOLDMAN

Drame – Historique – Thriller judiciaire – 1h56 – 2023 – France
Réalisation :  Cédric Kahn
Scénario : Cédric Kahn & Nathalie Hertzberg
Avec Arieh Worthalter, Arthur Harari, Stéphan Guérin-Tillié, Nicolas Briançon, Aurélien Chaussade…
Arieh Worthalter a reçu pour ce film le César 2024 du meilleur acteur.

Sorti en salles le 27 septembre 2023

Disponible en Blu Ray, DVD et VOD – 6 février 2024 – Ad Vitam

Image : 1:33 – Son : Français 5.1 et 2.0
Audiodescription pour aveugles et malvoyants
Sous titres français pour sourds et malentendants

L’histoire
En avril 1976, débute le deuxième procès de Pierre Goldman, militant d’extrême gauche, condamné en première instance à la réclusion criminelle à perpétuité pour quatre braquages à main armée, dont un ayant entraîné la mort de deux pharmaciennes. Il clame son innocence dans cette dernière affaire et devient en quelques semaines l’icône de la gauche intellectuelle. Georges Kiejman, jeune avocat, assure sa défense. Mais très vite, leurs rapports se tendent. Goldman, insaisissable et provocateur, risque la peine capitale et rend l’issue du procès incertaine.

Le film ****
Avec ce 12e long-métrage en tant que réalisateur, Cédric Kahn signe son premier film de procès. Une œuvre intense et captivante où la parole domine. Un (quasi) huis-clos oppressant dont on ressort sans avoir un avis véritablement tranché sur la question de l’innocence ou de la culpabilité de Pierre Goldman.
Et peu importe, tant l’intérêt du film se situe ailleurs. En revanche, on vibre pendant près de deux heures devant les joutes oratoires des principaux protagonistes. On se passionne par l’intensité de ce qui se joue entre le prévenu et son avocat, la défense de ce dernier étant régulièrement mise à mal par les éclats de Goldman. 

« Un film, ça doit être un angle, je ne vois pas l’intérêt de raconter toute l’histoire de quelqu’un ! » Cédric Kahn

A travers sa mise en scène au scalpel, Cédric Kahn saisit au plus près l’incroyable complexité de Goldman. Il soulève de pertinentes et vertigineuses questions, notamment sur la notion de vérité, de l’importance de la justice, du point de vue et de l’engagement.

Son dispositif immersif de tournage est intégralement mis au service de la parole et de ses remarquables interprètes, au cœur de cette salle de tribunal où chacun s’affronte et se défie avec puissance, face à un public qui découvre en temps réel les enjeux du procès…

Précisons évidemment que la réussite du film ne serait pas la même sans ses deux principaux interprètes. Arieh Worthalter compose un Pierre Goldman complexe et fascinant face à un Arthur Harari qui incarne Georges Kiejman de manière magistrale…

A noter que si les deux comédiens étaient, à juste titre, tous deux nommés aux César comme meilleur acteur et meilleur second rôle masculin, c’est l’interprète de Pierre Goldman qui a reçu le très convoité César du meilleur acteur. Raison de plus pour (re)découvrir le second grand film de procès 2023 avec ANATOMIE D’UNE CHUTE.  

Bonus
Podcast- Timeline 5000 ans d’histoire – Entretien avec Cédric Kahn, réalisateur & Nathalie Hertzberg, scénariste du film par Richard Fremder & Iona Bermon – 24mn

Entretien avec Cédric Kahn, Arthur Harari et Arieh Worthalter – 18mn

Deux bonus sont proposés avec le film. Le premier est un entretien avec Cédric Kahn et la scénariste Nathalie Hertzberg pour le podcast « Timeline 5000 ans d’Histoire » qui a pour vocation de contextualiser un événement historique en recevant celui et/ou celle qui l’aborde via un livre, une expo, un film…
Un propos intéressant même s’il est toujours frustrant de se voir proposer en bonus un document audio, plutôt que vidéo…

Le second supplément est un entretien, vidéo cette fois, avec le réalisateur et avec ses deux principaux interprètes Arthur Harari et Arieh Worthalter.
Les deux comédiens reviennent notamment sur leur travail et leur approche respective des personnalités de Georges Kiejman et Pierre Goldman.

Ils partagent également le ressenti de leur réalisateur sur le fait que cette aventure du PROCÈS GOLDMAN fut une formidable et assez rare expérience collective, à travers la forte implication de l’ensemble des équipes techniques et artistiques mais aussi des figurant.e.s qui ont vécu ce tournage en véritable immersion.

Cédric Kahn exprime d’ailleurs parfaitement bien son plaisir à partager ce travail de groupe. Un sentiment assez nouveau pour lui qui avait tendance, auparavant, à vivre les tournages de manière plus douloureuse et plus solitaire.
Parmi les autres questions auxquelles répond Cédric Kahn, celle assez pertinente de sa collaboration devant la caméra avec des cinéastes et en l’occurrence, ici, Arthur Harari mais aussi Laetitia Masson et François Favrat.
On se souvient évidemment que le metteur en scène a très souvent tourné avec des acteurs-actrices / réalisateur-réalisatrices comme Emmanuelle Bercot (FÊTE DE FAMILLE – 2019) Mathieu Kassovitz (VIE SAUVAGE – 2014), Guillaume Canet (UNE VIE MEILLEURE – 2012) ou bien encore Yvan Attal & Valéria Bruni Tedeschi (LES REGRETS – 2009)

Le + Cin’Écrans
Alors qu’il s’apprêtait à présenter quelques jours plus tard son 13è long-métrage MAKING OF à la Mostra de Venise, Cédric Kahn était fin août au Festival du film francophone d’Angoulême pour accompagner LE PROCÈS GOLDMAN, qui avait fait l’ouverture de la Quinzaine des cinéastes à Cannes en mai dernier.

« Le procès, rien que le procès… » Cédric Kahn

L’occasion de revenir avec le cinéaste sur l’aventure passionnante et au long cours du PROCÈS GOLDMAN et d’évoquer, entre autres, ses partis pris originaux de tournage et du choix de son remarquable interprète principal Arieh Worthalter.  

INTERVIEW CÉDRIC KAHN

Sirāt – À la vie, à la mort…
Sirāt – À la vie, à la mort…

Que celles et ceux d’entre vous qui n’ont pas encore découvert Sirāt s’accrochent ! Après son succès en salles, le film choc et électrisant d’Oliver Laxe débarque dans les salons ! Montez le son pour vivre une puissante expérience sensorielle !

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Satoshi – Mère et fils, un amour sans faille…

Satoshi – Mère et fils, un amour sans faille…

SATOSHI (A mother’s touch)

Un film de Jumpei Matsumoto
Scénario Jumpei Matsumoto, Yuki Takafumi
Avec Taketo Tanaka, Koyuki, Lily Franky…

Drame – 1h53 – Japon – 2023
Sortie en salles le 28 février 2024

L’histoire
Satoshi est aveugle depuis ses 9 ans. Sa vie bascule une seconde fois à 18 ans, lorsqu’il perd l’audition. Accompagné par sa mère, Satoshi va réapprendre à vivre et s’évertuer à découvrir un nouveau sens à sa vie.

3 bonnes raisons de voir ce film

1/ Parce que SATOSHI, 4eme long métrage de Jumpei Matsumoto (son premier à être distribué en France) est inspiré d’une histoire vraie, celle du parcours d’un enfant qui deviendra, grâce à l’amour et au dévouement de sa mère, le premier professeur d’université aveugle et sourd au monde.  

Vous l’aurez compris, SATOSHI est un film au pouvoir émotionnel puissant auquel il est difficile de rester insensible, même si son réalisateur enfonce parfois un peu le clou du mélodrame, au risque du pathos au détour de quelques séquences.

2 /
Il faut néanmoins mettre à l’actif de ce film sur l’acceptation de soi, la retenue et la douceur parfois extrême de la mise en scène de Jumpei Matsumoto qui tranche intelligemment avec la cruauté et la violence de la situation vécue par Satoshi et ses proches.  
On en veut pour preuve quelques séquences bouleversantes entre le jeune homme et une jeune étudiante musicienne ou lorsque Satoshi parvient de nouveau à communiquer grâce à l’obstination et à l’ingéniosité de sa mère qui ne veut pas céder à l’abattement et à la fatalité.    

3 / Il faut saluer l’interprétation délicate du personnage de Satoshi adulte par Taketo Tanaka et celle pleine de détermination de sa mère Reiko par Koyuki dont on a le sentiment que le réalisateur est parvenu à capturer l’intériorité. Un personnage dont on comprend à quel point il a été important dans le parcours « Extra-ordinaire » de Satoshi.