- EN NOUS -
EN NOUS de Régis Sauder
Documentaire – 2021 – 1H39 – France
Sortie en salles le 23 mars 2022
Il y a dix ans, Emmanuelle, professeure de français d’un lycée des quartiers Nord de Marseille, participait à un film avec ses élèves. A partir de l’étude de La Princesse de Clèves, Abou, Morgane, Laura, Cadiatou et les autres énonçaient leurs rêves, leurs désirs et leurs peurs. Tous se retrouvent aujourd’hui, les souvenirs se mélangent aux récits de leur vie et des obstacles à surmonter. Que reste-t-il de leurs espoirs de liberté, d’égalité et de fraternité ?

3 bonnes raisons de voir ce film
1/ Pour le portrait juste et sans concessions de ces jeunes gens que brosse le réalisateur dix ans après les avoir filmés une première fois, à l’âge de tous les possibles.
Par l’intelligence d’une mise en scène forte et assumée, mais toute au service de ses protagonistes et de leurs propos, Régis Sauder accorde sa juste place à leur parole, leurs réflexions de jeunes adultes sur la place qu’ils occupent aujourd’hui et à leur constat sur ce temps passé…
Des questionnements nombreux et passionnants sont posés tout au long du film sur le rapport à l’éducation, la mise en péril de l’école et du service public au fil des ans et plus troublant peut-être, l’importance accordée au regard des autres pour avancer dans la vie au moment de l’adolescence (avec une cruelle absence de modèle pour bon nombre d’entre eux/elles).
Le film les accompagne à nouveau sur un moment charnière de leur existence, où chacun.e doit finalement concrétiser un projet de vie et l’assumer en tant qu’adulte responsable.
2/ Nul besoin d’avoir vu NOUS, PRINCESSES DE CLEVES pour pleinement apprécier le propos d’EN NOUS. Les personnages sont suffisamment forts, différent et attachants pour qu’instantanément, on ait envie d’en savoir plus et de les retrouver encore et encore, tels des ami.es que la distance géographique aurait éloigné…
3/ Avec EN NOUS, Régis Sauder offre à notre regard et notre esprit le portrait de jeunes gens, véritables héros de leur quotidien, qui se battent pour exister et donner un sens à la vie de leurs proches (très belle séquence sur l’amitié forte qui existe entre Aurore et Sarah, malgré la distance qui les sépare au quotidien).
On en ressort avec la conviction qu’il y a de bonnes raisons de croire en l’avenir de notre société, pourtant tellement malmenée. Ces jeunes adultes construisent leur avenir et le nôtre avec une lucidité et une intelligence qui force le respect. Il serait grand temps que leur parole soit plus souvent mise en avant et relayée. Ce n’est pas le moindre mérite de ce film, en forme d’hymne à la jeunesse, qui montre le chemin avec beaucoup de bienveillance.
Les survivants, minimaliste, puissant et captivant !
A mi-chemin entre le thriller et le western social, Les survivants est une belle réussite, portée par les remarquables prestations de Denis Ménochet et Zar Amir Ebrahimi. Ce 1er et ambitieux long métrage de Guillaume Renusson emprunte beaucoup au film de genre, en évitant brillamment les écueils du drame social qu’il aurait pu se contenter d’être.
16 ans, l’amour amore…
Habité par la prestation de ses deux jeunes interprètes,16 ans est le récit tragique de l’histoire d’amour naissante entre deux lycéens. Une adaptation contemporaine et particulièrement réussie de Roméo et Juliette par Philippe Lioret. L’année ciné débute sous d’excellents auspices…
Joyland… Coup de foudre à Lahore !
Véritable ode à la liberté, ce premier long métrage de Saim Sadiq décrit, avec talent et une infinie délicatesse, la naissance et la difficulté de vivre une relation amoureuse qui défie les mœurs pakistanaises. Ne loupez surtout pas cette œuvre doublement récompensée à Cannes en mai dernier.




