Les enfants des autres, sensible et bouleversant !

Les enfants des autres, sensible et bouleversant !

LES ENFANTS DES AUTRES

LES ENFANTS DES AUTRES de Rebecca Zlotowski
Scénario de Rebecca Zlotowski
Avec Virginie Efira, Roschdy Zem, Chiara Mastroianni, Callie Ferreira-Goncalves, Yamée Couture, Henri-Noël Tabary, Victor Lefebvre, Sébastien Pouderoux…

Drame – 1H43 – France
Sortie en salles le 21 septembre 2022

Rachel a 40 ans, pas d’enfant. Elle aime sa vie : ses élèves du lycée, ses amis, ses ex, ses cours de guitare. En tombant amoureuse d’Ali, elle s’attache à Leila, sa fille de 4 ans. Elle la borde, la soigne, et l’aime comme la sienne. Mais aimer les enfants des autres, c’est un risque à prendre…

3 bonnes raisons de voir ce film

1/ Pour son sujet presque banal, celui de la place de la belle-mère au sein d’une famille reconstituée ! Un thème qui curieusement a très rarement été abordé au cinéma et surtout sous cette forme, à travers le lien intime, souvent cruel et très déstabilisant qui se tisse avec les enfants. Et quand de surcroit le désir profond de cette femme, pour qui le temps passe, est de donner elle-même la vie… La question se complexifie dangereusement !

Rebecca Zlotowski nous avait habitué à des propositions de cinéma ambitieuses mais qui tenaient parfois le spectateur à distance. Elle nous offre cette fois-ci un film à la fois léger et profond, mais surtout d’une intense puissance émotionnelle. Grâce lui soit rendue d’avoir baissé la garde pour nous offrir avec cette œuvre très personnelle, son plus beau film.

2/ Les superlatifs vont finir par manquer pour dire à quel point Virginie Efira est une immense actrice. Après sa prestation sans faute dans REVOIR PARIS (autre excellent film, signé Alice Winocour, sorti début septembre), elle nous offre à travers Rachel, un personnage d’une intensité folle avec une palette de sentiments impressionnante. On est tour à tour, bousculé et transporté par ce que traverse cette femme qui a peur de rester une figurante dans la vie de son compagnon et de cet enfant.

3/ Si la prestation de Virginie Efira impressionne et bouleverse, il ne faut surtout pas minimiser celles de ses partenaires principaux à commencer par celle de l’excellent Roschdy Zem qui a rarement été montré sous un jour aussi vulnérable. Deux autres comédiennes, Chiara Mastroianni et Yamée Couture, parviennent à faire exister fortement leurs personnages en quelques séquences seulement.
Et puis n’oublions pas Callie Ferreira-Goncalves, interprète de la petite Leila qui apporte à la fois l’innocence et la fraîcheur mais aussi toute la cruauté de sa jeunesse.  
Cette interprétation sans faille de la jeune Callie est l’occasion de citer et féliciter pour ce choix Christel Baras, une remarquable directrice de casting spécialisée dans la découverte d’enfants. LA VRAIE FAMILLE, TOMBOY ou PONETTE font partie des nombreux autres films sur lesquels, elle a casté des enfants dont on se souvient toujours pour leur incroyable justesse.  

Une jeune fille qui va bien…Hymne à la vie et à la jeunesse

Une jeune fille qui va bien…Hymne à la vie et à la jeunesse

UNE JEUNE FILLE QUI VA BIEN

Un film écrit et réalisé par Sandrine Kiberlain

Drame – 2021 – 1h38 – France
Distribution : Rebecca Marder, André Marcon, Anthony Bajon, Ben Attal, India Hair, Françoise Widhoff, Cyril Metzger…

Sortie en salles le 26 janvier 2022
Disponible en VOD, DVD et Blu Ray chez Ad Vitam 
Langue : Français. Sous-titres sourds et malentendants – Audiodescription.
Image : 2.39

Le pitch
Irène, jeune fille juive, vit l’élan de ses 19 ans à Paris, l’été 1942. Sa famille la regarde découvrir le monde, ses amitiés, son nouvel amour, sa passion du théâtre… Irène veut devenir actrice et ses journées s’enchaînent dans l’insouciance de sa jeunesse.

L’avis Cin’Ecrans
Avec UNE JEUNE FILLE QUI VA BIEN, Sandrine Kiberlain a fait le pari audacieux de suggérer plus que de montrer une époque dont on sait parfaitement le drame qu’elle annonce.
Toute l’attention de la réalisatrice se porte sur la fougue et la rage de vivre de son personnage principal qui emporte tout sur son passage.

Le film nous embarque dès les premiers instants, par la force et l’originalité de son scénario, l’intelligente sobriété de la mise en scène et des comédiens formidablement dirigés et d’une justesse absolue.

Si par la puissance et la grâce de son jeu, la très talentueuse Rebecca Marder mérite tous les lauriers, il serait injuste de ne pas citer ses principaux et formidables partenaires, André Marcon, Françoise Widhoff, Anthony Bajon, India Hair, Cyril Metzger et Ben Attal (à qui Sandrine Kiberlain offre la plus belle scène de sa toute jeune carrière).

UNE JEUNE FILLE QUI VA BIEN a obtenu un joli succès critique et public lors de sa sortie en janvier 2022. Nous attendons désormais avec impatience la suite des aventures de Sandrine Kiberlain, devant et derrière la caméra…

Bonus DVD
En dehors de la traditionnelle et dispensable bande-annonce, vous trouverez en bonus sur le DVD ou le BR, un module de 14 minutes consacré aux essais des comédiens.
La première partie de ce bonus regroupe un certain nombre de séquences entre Rebecca Marder et un répétiteur ou une répétitrice qui lui donnent la réplique. Et ce qui est fou, c’est de s’apercevoir, malgré des images et un son très approximatifs, à quel point Rebecca Marder est déjà Irène, à quel point la comédienne du « Français » est investie dans son rôle. C’est encore plus flagrant dans la seconde moitié où elle n’est censée pourtant « que » donner la réplique, pendant leurs essais, à d’autres comédiens comme les excellents Françoise Widhoff et Cyril Metzger
Dommage cependant de ne pas avoir le regard, le commentaire de Sandrine Kiberlain sur ces images rares.

Le second bonus est une interview de la réalisatrice et de l’interprète d’Irène, Rebecca Marder, autour du projet et du tournage de ce film au parti pris scénaristique radical.
On y ressent, tout au long des 17 minutes d’un sujet parfaitement illustré, le coup de foudre amical et professionnel né sur le film entre la réalisatrice et son actrice.

A propos du film 
Sélectionné à La semaine de la critique 2021, UNE JEUNE FILLE QUI VA BIEN est le premier long-métrage réalisé par Sandrine Kiberlain. L’actrice avait auparavant réalisé un seul court-métrage, en 2016, BONNE FIGURE où elle mettait en scène Chiara Mastroianni.
Le film a été salué comme meilleur film romantique de l’année lors du Festival du film de Cabourg 2022, tandis que Rebecca Marder y a été récompensée du Swann d’or de la révélation féminine.
UNE JEUNE FILLE QUI VA BIEN a également valu à Sandrine Kiberlain le prix du meilleur scénario lors du Festival du film de Turin 2021.

Le + Cin’Ecrans
C’est au cours du festival du Festival du film francophone d’Angoulême en août 2021 que j’ai eu l’immense plaisir de retrouver, la toujours très chaleureuse et passionnée Sandrine Kiberlain. Puis deux mois plus tard, c’est au cœur du Pays basque à Saint-Jean de Luz que j’ai pu échanger pour la première fois avec la révélation absolue du film, Rebecca Marder. Une comédienne que j’ai eu le privilège de revoir, il y a quelques semaines au festival de Cabourg pour parler du film LES GOUTS ET LES COULEURS de Michel Leclerc, un des nombreux films qu’elle a tourné ces derniers mois. La jeune fille va bien, voire même très bien et, croyez-moi, on n’a pas fini de la voir et d’en parler…

INTERVIEW SANDRINE KIBERLAIN & REBECCA MARDER

Interview – Petite nature – Samuel Theis, Melissa Olexa & Antoine Reinartz

Interview – Petite nature – Samuel Theis, Melissa Olexa & Antoine Reinartz

« J’ai compris assez tôt que ça allait être compliqué, qu’il faudrait se battre et que ça allait être la question de ma vie… » Samuel Theis

Coup de cœur absolu cette semaine pour PETITE NATURE de Samuel Theis qui sort en salles 6 ans après l’excellent PARTY GIRL, son premier long-métrage coréalisé avec Marie Amachoukeli et Claire Burger.

PETITE NATURE est l’histoire de Johnny dix ans, qui ne s’intéresse qu’aux histoires des adultes. Dans sa cité HLM en Lorraine, il observe avec curiosité la vie sentimentale agitée de sa jeune mère.
A l’école, Johnny s’éprend de Monsieur Adamski qui croit dans le jeune garçon et lui fait découvrir l’art et la culture. L’instituteur ne répond évidemment pas à la passion de l’enfant et impose des distances…

Avec ce récit en partie autobiographique, Samuel Theis nous livre un bouleversant et subtil récit d’apprentissage autour de la naissance du désir. Par la sincérité de son propos et la grâce d’une mise en scène à hauteur d’enfant, le film évite toute complaisance et marque durablement les esprits.

Présenté pour la première fois, en juillet dernier, dans le cadre de La semaine de la critique à Cannes, PETITE NATURE obtenait quelques semaines plus tard, le Valois du jury étudiant lors du Festival du film francophone d’Angoulême.

C’est dans le cadre de ce festival initié par Marie-France Brière et Dominique Besnehard que j’ai eu l’immense plaisir d’échanger avec le réalisateur et deux de ses acteurs, le toujours excellent Antoine Reinartz et Mélissa Olexa. La comédienne non professionnelle fait des débuts très remarqués aux côtés de son jeune fils de cinéma Aliocha Reinert, véritable révélation du film dont on devrait reparler très, très vite.

INTERVIEW
Samuel Theis, Mélissa Olexa, Antoine Reinartz

Interview – Mes frères et moi –  Yohan Manca & Sofian Khammes

Interview – Mes frères et moi – Yohan Manca & Sofian Khammes

« C'est un métier qui rend un peu dingo quand même ! » Yohan Manca

1er et immense coup de cœur 2022 pour ce film de Yohan Manca, présenté pour la première fois en juillet dernier au cœur de la sélection officielle « Un certain regard » au Festival de Cannes.

C’est à l’occasion d’un autre festival international, celui du film de Saint Jean de Luz au mois d’octobre que j’ai eu le bonheur de découvrir ce film qui place l’art (et en l’occurrence le chant) au cœur des préoccupations de son jeune héros qui tente de trouver sa place au sein de sa fratrie.

L’histoire est celle Nour (magnifiquement incarné par le jeune Maël Rouin Berrandou), 14 ans qui vit dans un quartier populaire en bord de mer. Le jeune garçon s’apprête à passer un été rythmé par les mésaventures de ses grands frères, la maladie de sa mère et des travaux d’intérêt général. Mais sa rencontre avec une chanteuse lyrique (la toujours formidable Judith Chemla) qui anime un cours d’été va lui ouvrir de nouveaux horizons…

Acteur, réalisateur et scénariste Yohan Manca signe avec ce 1er long métrage, une œuvre lumineuse et bouleversante dont le souvenir ne va pas vous lâcher de sitôt.
MES FRERES ET MOI qui évoque souvent le meilleur du cinéma italien des années 70 (de Risi à Fellini en passant par Comencini ou Scola) et dans un autre registre BILLY ELLIOTT, est typique de ces films trop rares dont vous avez envie de partager l’enthousiasme de la découverte avec le plus grand nombre…
Vous savez donc ce qu’il vous reste à faire… Direction les salles obscures 😊
Et si le cœur vous en dit, n’hésitez pas à partager également ma rencontre avec Yohan Manca et l’excellent Sofian Khammes.