SORDA
Un film de Eva Libertad García
Scénario de Eva Libertad García
Avec Miriam Garlo, Álvaro Cervantes, Elena Irureta
Drame – 2025 – Espagne – 1h40
Sortie en salles le 29 avril 2026
L’histoire
Angela est sourde, Hector est entendant. Ils forment un couple épanoui et heureux malgré leur différence. Mais la naissance de leur premier enfant inquiète Angela : saura-t-elle créer un lien avec sa fille ? Comment apprendre à devenir mère dans un monde qui oublie si souvent d’inclure ceux qui n’entendent pas ?
L’AVIS CIN’ÉCRANS ****
Avec son premier long-métrage, Eva Libertad García nous livre un récit intime et très personnel largement inspiré de ses échanges avec sa sœur, l’actrice malentendante Miriam Garlo, remarquable interprète d’Angela.
Le naturel et l’intensité magnétique de l’interprétation de Miriam Garlo, apporte une authenticité rare à son personnage.
SORDA, qui a été précédé du court-métrage homonyme en 2011, est un premier long métrage puissant qui interroge la question de la surdité dans un monde toujours trop peu inclusif dans ce domaine.
Bien que le couple formé par Angela et Hector soit épanoui, son équilibre est bouleversé par la grossesse d’Angela.
Et même si le point de vue d’Hector (belle et sobre composition d’Álvaro Cervantes), qui s’efforce de soutenir sa compagne au quotidien, n’est jamais mis de côté, le récit se concentre principalement sur les angoisses d’Angela et sur les défis multiples liés à la parentalité dans une société souvent inadaptée à la question de la surdité.
SORDA fonctionne à rebours de la plupart de ce type de récit en n’essayant jamais d’arrondir les angles. Non, la maternité n’est pas forcément ou immédiatement épanouissante pas plus d’ailleurs, dans une moindre mesure, que la paternité !
Le film raconte avec beaucoup de justesse et de dignité, les difficultés rencontrées par Angela à éduquer une enfant qui, à l’instar de son père, est entendant.
À travers quelques scènes cruciales de groupe, SORDA met également l’accent sur l’importance et la complexité des relations entre entendants et malentendants.
On se souviendra ainsi longtemps des séquences de déjeuners familiaux ou entre amis et celles où Angela & Hector qui accompagnent leur petite fille à l’école, sont confrontés au regard des autres parents.
Des scènes emblématiques qui montrent parfaitement à quel point, un sentiment d’exclusion peut-être fortement ressenti si chacun.e ne fait pas suffisamment attention au ressenti de l’autre, qu’il soit sourd ou entendant.
Grâce à un formidable travail sur le son, tout au long du récit, le spectateur est amené à ressentir concrètement le monde tel que le perçoit Angela. L’épilogue de SORDA est d’ailleurs, sans aucun doute, l’un des plus originaux proposé par le cinéma ces dernières années.
Une audacieuse expérience immersive qui pourrait déjà, à elle seule, justifier, la découverte de ce très beau long-métrage, récompensé de 3 Goya (équivalent espagnol des César) dont celui du Meilleur Premier Film ainsi que du Prix du Public au Festival de Berlin 2025.
Jean-Luc Brunet / Cin’Écrans
L’INFO EN +
Afin de rendre le film 100% accessible à toutes et tous, son distributeur (Condor Distribution) a juidicieusement choisi de diffuser SORDA avec des sous-titres pour les personnes sourdes et malentendantes.
Condor Distribution a également fait le choix de proposer également, en complément de ce dispositif inédit, del’audiodescription, une bande annonce inclusive ainsi qu’une affiche parlante (une audiodescription complète, accessible via QR code en salles où sur les sites partenaires)
La ferme des Bertrand, une vie de labeur qui touche au cœur !
La sortie du film de Gilles Perret résonne particulièrement avec l’actualité. Raison de plus pour découvrir ce très beau documentaire autour de la famille Bertrand dont nous parlent avec passion le réalisateur et sa coscénariste.
Une étoile filante qui brille pour Abel & Gordon
Voilà un film qui ne ressemble à aucun autre, si ce n’est à ceux de ses deux auteurs, Abel & Gordon. On retrouve dans ce 5eme long métrage toute la singularité et la poésie burlesque du duo d’acteurs réalisateurs de Rumba & La fée. Et ça fait du bien…
L’homme d’argile, fragile et puissant Raphaël (Thiéry)
Conte singulier et poétique à la manière de La belle et la bête de Jean Cocteau, L’homme d’argile, 1er long d’Anaïs Tellenne est l’occasion de célébrer le talent et la belle singularité de Raphaël Thiéry, magnifié ici par le regard de sa réalisatrice et celui du personnage de Garance/Emmanuelle Devos




