UN COUP DE MAÎTRE
Un film de Rémi Bezançon
Scénario de Rémi Bezançon d’après l’œuvre de Gaston Duprat
Avec Vincent Macaigne, Bouli Lanners, Bastien Ughetto, Anaïde Rozam, Aure Atika…
Comédie dramatique – 1h35 – France
Sortie en salles le 9 août 2023
L’histoire
Propriétaire d’une galerie d’art, Arthur Forestier représente Renzo Nervi, un peintre en pleine crise existentielle. Les deux hommes sont amis depuis toujours et, même si tout les oppose, l’amour de l’art les réunit. En panne d’inspiration depuis plusieurs années, Renzo sombre peu à peu dans une radicalité qui le rend ingérable. Pour le sauver, Arthur élabore un plan audacieux qui finira par les dépasser… Jusqu’où peut-on aller par amitié ?
3 bonnes raisons de voir ce film
1 / On sait depuis longtemps déjà que Rémi Bezançon n’a pas son pareil pour croquer les petits travers de ses contemporains à travers des films aussi attachants que NOS FUTURS, MA VIE EN L’AIR, voire bouleversant comme l’excellent LE PREMIER JOUR DU RESTE DE TA VIE.
Il le prouve, une fois de plus avec ce très séduisant UN COUP DE MAÎTRE, son septième long métrage. Un film très librement adapté de MI OBRA MAESTRA de Gastón Duprat, afin de repenser les enjeux humains et professionnels de ses deux personnages principaux, plus jeunes que dans le film argentin.
En quelques coups de pinceaux, le réalisateur fait le portrait de deux hommes liés par une amitié souvent mise à mal par l’artiste du duo, Renzo Nervi formidablement incarnée par Bouli Lanners.
Arthur Forestier (le toujours parfait et surprenant Vincent Macaigne), lui, doit composer avec ses impératifs de galeriste et de représentant de son fantasque peintre et ami.
Avec UN COUP DE MAÎTRE, Rémi Bezançon nous régale d’un film très attachant, beau récit de loyauté et d’une amitié « A la vie, à la mort » sur fond d’amour de l’art.
2/ Outre ce récit d’une amitié un temps contrariée, l’autre attrait scénaristique du film repose en effet sur la peinture gentiment satirique du monde de l’art et de ses dérives. Le scénariste-réalisateur joue à merveille avec les codes culturels, les références artistiques tout en restant au plus près des préoccupations quotidiennes de l’incorruptible Renzo qui affiche parfois violemment son goût d’un art « pur » et celles plus mercantiles d’Arthur qui doit faire tourner sa petite « affaire ».
Reste que l’être humain est forcément plus complexe que ça et que rien ne va se dérouler comme on l’imagine…
On pourrait presque voir dans cette très libre adaptation cinématographique d’un film argentin, un prolongement thématique logique au précédent film de Rémi Bezançon, LE MYSTÈRE HENRI PICK, librement adapté lui aussi, non pas d’un film mais du roman de David Foenkinos qui traitait de l’imposture littéraire. Une imposture peut donc en cacher une autre…
3/ Déjà évoquée plus haut, l’histoire d’amitié est transcendée par la complicité et la belle complémentarité de ses deux principaux interprètes.
Bouli Lanners et Vincent Macaigne n’ont jamais, jusqu’à preuve du contraire, été pris en flagrant délit de médiocrité.
Force est de reconnaître que Rémi Bezançon a eu une excellente idée de les réunir à nouveau (les deux acteurs s’étaient rencontrés sur CHIEN de Samuel Benchetrit en 2017), pour ce septième long-métrage. Ces deux immenses comédiens y confirment leur puissante humanité malgré des personnages qui ne sont pas exempts de défauts.
Saluons également la jolie performance de Bastien Ughetto qui, de film en film (d’ADIEU LES CONS à HABIB, LA GRANDE AVENTURE), impose une belle singularité de jeu.
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