L’ENTENTE, LA FACE CACHÉE D’ALEXANDRIE (The Settlement)
Un film de Mohamed Rashad
Scénario de Mohamed Rashad
Avec Hajar Omar, Emad Ghoniem, Mohamed Abdel Hady…
Drame – 2025 – Égypte – 1h34
Sortie en salles le 6 mai 2026
L’histoire
Deux frères, Hossam, 23 ans, fauteur de troubles, et Maro, 12 ans, vivent dans une communauté marginalisée d’Alexandrie. Après la mort de leur père dans un accident de travail, ils sont embauchés par la même usine en guise de « compensation » pour leur perte, au lieu d’intenter une action en justice. Alors qu’ils s’adaptent à leur nouvel emploi, ils commencent à se demander si la mort de leur père était vraiment accidentelle.
L’AVIS CIN’ÉCRANS ***1/2
Après avoir réalisé deux courts et un documentaire, LITTLE EAGLES, le cinéaste égyptien Mohamed Rashad nous livre un premier long-métrage de fiction intrigant, entre thriller et drame social.
Adapté d’un fait divers tragique survenu en Égypte, L’ENTENTE, LA FACE CACHÉE D’ALEXANDRIE est une œuvre très éloignée des représentations touristiques habituelles de la ville portuaire égyptienne.
À travers le récit du destin tragique de ces deux frères, en quête de vérité sur le décès de leur père, le cinéaste explore avec acuité et sans manichéisme la question du déterminisme social au cœur d’une société fracturée.
Même si le monde du travail au sein de l’usine est décrit de manière réaliste et parfois brutale, la tension narrative imposée par la mise en scène de Mohamed Rashad évite au film de verser dans le misérabilisme que l’on pouvait craindre, vu son propos.
Dans un souci permanent de véracité, le réalisateur filme ses personnages à la juste distance. Il faut d’ailleurs souligner l’excellence de l’interprétation et en particulier celle du jeune Ziad Islam qui incarne avec beaucoup de justesse et de détermination le benjamin de la fratrie.
Mohamed Rashad qui semble avoir refusé toute esthétisation de la misère a fait des choix artistiques forts, notamment autour de la photographie et d’un impressionnant travail sur le son qu’il convient de saluer.
Certes, L’ENTENTE, LA FACE CACHÉE D’ALEXANDRIE n’est pas une œuvre aimable ou exempte de défauts (quelques intrigues secondaires inabouties)… Mais sans jamais chercher à plaire, ce premier long-métrage puissant et nécessaire impose avec force le ton austère de son cruel récit et la naissance d’un cinéaste à suivre.
Jean-Luc Brunet / Cin’Écrans
L’INFO EN +
Présenté en 1ère mondiale à la 75ème Berlinale, L’ENTENTE – LA FACE CACHÉE D’ALEXANDRIE a ensuite été sélectionné dans de nombreux festivals. Il y a obtenu, entre autres, le Prix du Public au Festival Afrikaldia et le Prix Spécial du Jury au Festival international du film de Fajr.
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