JUSTE UNE ILLUSION
Un film de Olivier Nakache & Éric Toledano
Scénario de Olivier Nakache & Éric Toledano
Avec Louis Garrel, Camille Cottin, Pierre Lottin, Simon Boublil, Alexis Rosentstiehl, Jeanne Lamartine, Rony Kramer
Comédie – 2026 – France – 1h56
Sortie en salles le 15 avril 2026
L’histoire
Nous sommes en 1985, Vincent, bientôt 13 ans, vit en banlieue parisienne dans une famille de la classe moyenne, entre un grand frère distant et des parents en conflit permanent. Alors qu’il n’est « déjà plus » un enfant et qu’il n’est « pas encore » un adulte nous allons partager ses questions et ses doutes sur l’identité, l’amitié, la famille, la religion, le désir et les premiers élans amoureux.
L’AVIS CIN’ÉCRANS ****1/2
Trois ans après UNE ANNÉE DIFFICILE, Éric Toledano et Olivier Nakache signent un magistral retour avec JUSTE UNE ILLUSION.
Ce 9e long-métrage qu’ils revendiquent comme leur plus personnel est aussi l’un des plus réussis avec LE SENS DE LA FÊTE ou NOS JOURS HEUREUX.
JUSTE UNE ILLUSION a pour cadre ces 80’s (l’année 85 pour être précis) où les réalisateurs d’INTOUCHABLE ne se connaissaient pas encore. Ce film est donc, pour la première fois de leur carrière, non pas le récit d’expériences communes mais un mélange particulièrement touchant et savoureux de leurs souvenirs d’adolescence.
JUSTE UNE ILLUSION parle avec une infinie justesse de ce moment de métamorphose lorsque dans la vie on n’est plus un enfant, mais pas encore tout à fait un adulte. Un âge de tous les possibles, souvent très déstabilisant pour l’ado en question mais aussi pour son entourage proche.
La première chose qui happe le spectateur dès les premières images (ah ce générique avec les logos, les jingles de l’époque !), c’est l’incroyable soin apporté à la direction artistique du film. Que ce soient les costumes, les coiffures, la bande son (d’Imagination aux Pointers Sisters en passant par Simply Red, Andrew «Genevieve » Gold, Toto…) ou les formidables décors trouvés ou reconstitués par le chef décorateur Jean Rabasse), …
Tous ces partis-pris visuels et sonores participent à nous (re)plonger immédiatement au cœur des 80’s.
Impossible de résister au plaisir provoqué, entre autres, par l’évocation de Robert Smith, la «valise RTL», des K7 audio, des VHS, des prémices de l’informatique grand public…
Mais cette brillante et très sensible comédie vintage ne se contente pas d’être, loin de là, une simple madeleine de Proust.
Certes, JUSTE UNE ILLUSION a pour cœur cette nostalgie de l’adolescence des deux réalisateurs mais le film raconte aussi magistralement une époque marquée, entre-autres par le chômage de masse (dont celui des cadres), la naissance de SOS Racisme ou bien encore la patriarcat qui vacille un peu.
Une dénonciation en douceur qui passe par le personnage de Sandrine, enfin « Madame Dayan, je préfère !», véritable cœur vaillant de la famille qui cherche avec détermination à s’affranchir des injonctions masculines et à trouver son épanouissement dans un travail choisi.
Et puisque l’on parle de ce beau personnage de femme, il convient de saluer, une nouvelle fois, son interprète Camille Cottin qui trouve ici un nouveau rôle à la hauteur de son talent et de sa générosité d’actrice. On est d’ailleurs encore étonné de l’absence injuste de nomination aux César pour sa prestation dans LES ENFANTS VONT BIEN de Nathan Ambrosioni.
On ne remerciera jamais assez les réalisateurs d’avoir proposé au formidable Louis Garrel, le rôle d’Yves, le mari de Sandrine. Un homme fragilisé par un sentiment de déclassement social mais aussi véritable papa poule qui se fait joyeusement balader par ses proches.
Sa subtile composition n’est pas sans évoquer quelques grandes figures du 7e art transalpin, telles que Vittorio Gassman, Nino Manfredi ou Marcello Mastroianni. Il est vrai qu’avec le duo Toledano/Nakache, le souvenir de la comédie italienne n’est jamais loin…
Quant au toujours surprenant Pierre Lottin, toutes les séquences qu’Etienne, son personnage de gardien d’immeuble, partage avec Sandrine et Yves sont un pur régal.
N’oublions pas enfin de citer les excellents jeunes comédiens qui incarnent avec fougue les deux frangins « bouffons » du film.
Simon Boublil trouve à travers le personnage de Vincent, le petit frère, son premier grand rôle (il est de quasiment toutes les scènes) et il faut bien avouer qu’il est assez bluffant de justesse.
Quant à Alexis Rosenstiehl qui interprète Arnaud, son aîné tyrannique, on a pu le voir très récemment aux côtés de Sandrine Kiberlain et du désormais incontournable Pierre Lottin dans CEUX QUI COMPTENT.
Il confirme ici tout le bien que l’on pensait déjà de lui. Et puis, avouons-le le jeune acteur crève littéralement l’écran.
On retrouve chez Alexis Rosenstiehl, l’énergie vitale et un naturel de jeu qui n’est pas sans évoquer Benjamin Voisin ou Patrick Dewaere dans une autre génération … Retenez bien son nom car vous n’avez pas fini de le voir et d’en entendre parler !
Vous l’aurez compris, JUSTE UNE ILLUSION n’en est pas une !
La nouvelle comédie d’Éric Toledano & Olivier Nakache évite magistralement le piège de la nostalgie rance (Non, tout n’était pas mieux avant !) et fait partie de ces films, formidablement écrits, mis en scène et interprétés, que l’on a envie de conseiller à toutes et tous.
JUSTE UNE ILLUSION est une réjouissante chronique familiale tendre, pleine de bienveillance et d’émotions qui fait un bien fou. Courez-y sans tarder.
Jean-Luc Brunet / Cin’Écrans
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