TOUT VA BIEN
Un film de Thomas Ellis
Scénario de Thomas Ellis
Documentaire – 2025 – France – 1h26
Sortie en salles le 7 janvier 2026
L’histoire
Âgés de 14 à 19 ans, cinq adolescents ont traversé des déserts et des mers, seuls. Arrivés à Marseille, ces filles et garçons portent en eux l’espoir brûlant d’une nouvelle vie. Ils apprennent un métier, un pays, des habitudes et pour certains une langue. « Tout va bien » répètent-ils obstinément à leurs familles. Mais le véritable voyage ne fait que commencer…
L’AVIS CIN’ÉCRANS ***1/2
Aminata avait 14 ans quand elle a fui la Guinée pour rejoindre Marseille. Khalil a 16 ans, il est algérien et ne parle pas français quand il débarque dans la cité phocéenne mais sa détermination impressionne. Junior est arrivé de Côte d’Ivoire après un long et dangereux périple avec le secret espoir de devenir footballeur professionnel. Arrivés eux aussi de Côte d’Ivoire, Abdoulaye et Tidiane ont respectivement 14 et 16 ans, mais ce dernier doit prouver son âge aux autorités pour rester avec son jeune frère…
Avant toute chose, saluons la volonté première de Thomas Ellis de raconter, avec TOUT VA BIEN, l’immigration autrement, à hauteur d’adolescents.
Le réalisateur suit ainsi cinq jeunes migrants dont les parcours d’intégration se passent bien même si, évidemment, rien n’est simple. Autant dire qu’il va à l’encontre de bien des discours actuels, trop souvent catastrophistes et racistes.
Du voyage sans retour qui a amené ses protagonistes à Marseille, Thomas Ellis ne dit rien, même si un judicieux travail sur le son et des images de caméra subjectives amène le spectateur à ressentir profondément ce voyage intime et violent.
Sans jamais alourdir son propos de commentaires, le cinéaste suit Aminata, Khalil, Junior, Abdoulaye et Tidiane dans leur envie de trouver leur place, de se construire une vie à leur image, seuls sans leurs parents, mais avec l’aide ponctuelle et la bienveillance d’adultes rencontrés au gré de leur parcours.
Le réalisateur capte avec pudeur et sensibilité, mais sans aucun misérabilisme, leurs doutes, leurs peurs mais aussi leurs rêves et leurs joies.
Sa caméra saisit quelques instants rares et puissants de leur quotidien, à l’instar de cette bouleversante séquence de confrontation téléphonique entre Aminata totalement déterminée dans son choix de vie et sa mère qui ne le comprend pas vraiment.
Ce fil ténu qui relie désormais ces adolescents à leurs parents restés dans leurs pays respectif en Afrique est au cœur du film, à travers des échanges téléphoniques et de ce fameux « Tout va bien » qui lui sert de titre.
En filmant ces adultes en devenir, avec respect, un peu comme des « super-héros » du quotidien, Thomas Ellis apporte une salutaire lueur d’espoir pour cette jeunesse venue d’ailleurs, volontaire, courageuse mais malheureusement trop souvent invisibilisée et mise en marge.
Jean-Luc Brunet / Cin’Écrans
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