UN GRAND RACCOURCI
Un film de Armand Foëx et Clément Devilliers
Scénario de Clément Devilliers avec la collaboration de François Le Bris
Avec Sara Montpetit, Louise Labeque, François Le Bris, Jules Porier, Olivier Rabourdin
Comédie dramatique – France – 2026 – 1h21
Sortie en salles le 12 août 2026
L’histoire
Quand le restaurant familial menace de fermer, deux cousins bretons relâchent des rats pour s’improviser dératiseurs. Le même été, deux jeunes femmes trafiquent le concours de beauté local pour promouvoir leurs bijoux. Embarqués dans leurs stratagèmes chaotiques, ces quatre débrouillards en quête d’avenir finissent par se percuter.
L’AVIS CIN’ÉCRANS ***1/2
Ce premier long métrage, Armand Foëx et Clément Devilliers en rêvent depuis très longtemps, depuis l’âge de 13 ans en fait (ils en ont aujourd’hui 22). Et au moment où UN GRAND RACCOURCI sort en salles, les deux potes ne boudent pas leur plaisir à l’accompagner en réinventant certains codes vieillissants de la promo (un bon conseil, allez jeter un œil à leur compte Instagram). Leur enthousiasme mérite à lui seul que vous alliez saluer leur premier film sur grand écran.
D’autant, que malgré des moyens très limités (mais néanmoins assez largement supérieurs à ce qu’ils envisageaient) Armand Foëx et Clément Devilliers ont plus que réussi leur passage du court au long. UN GRAND RACCOURCI dresse un portrait malin et plein de fraîcheur d’une jeunesse rurale qui cherche à s’en sortir, quitte à user de moyens « limites ».
UN GRAND RACCOURCI possède un ton singulier et emprunte des chemins de traverse, à la manière de VINGT DIEUX, LA PAMPA, CHIEN DE LA CASSE ou même dans un tout autre registre certains films de Guillaume Brac comme A L’ABORDAGE ou L’ILE AUX TRÉSORS, dans sa manière de saisir au vol l’énergie vitale de la jeunesse.
Avec ce premier film Armand Foëx et Clément Devilliers captent avec justesse et sans condescendance les aspirations de jeunes gens à peine sortis des affres de l’adolescence.
Malgré quelques ellipses, il convient de saluer la qualité du scénario signé Clément Devilliers qui mêle habilement répliques énergiques, comique de situation (le concours de miss qui vrille en coulisses) et réflexion plus intime sur le besoin pour chacun.e de trouver sa place ou d’acquérir son indépendance.
Le film recèle, à ce titre de quelques très jolies et touchantes séquences comme celles où Corentin tente, non sans difficultés, de tenir un discours personnel à l’adresse de sa grand-mère disparue ou bien encore celle de la séparation, pleine de retenue pudique sur le quai d’une gare avec Grégoire, son cousin et « meilleur ami »…
Cette très chaleureuse comédie dramatique aux accents mélancoliques est également une belle occasion de mettre la lumière quelques jeunes talents très prometteurs du cinéma français : Louise Labèque (TONI EN FAMILLE), Sara Montpetit (VAMPIRE HUMANISTE CHERCHE SUICIDAIRE CONSENTANT), Jules Porier (MADRE) et Anja Verderosa (L’ÉPREUVE DU FEU) apportent beaucoup de sincérité, de charme et de nuances à leurs personnages respectifs. Et n’oublions surtout pas, François le Bris, fidèle complice des deux cinéastes qui a collaboré avec Clément sur l’écriture du scénario et qui compose avec Grégoire, un personnage désenchanté très attachant.
Seul petit bémol du film (il en faut bien un), une bande originale très (trop) présente, comme si les deux réalisateurs manquaient de confiance dans la mise en scène de leur histoire.
Si c’est le cas, ils ont tort car UN GRAND RACCOURCI impose aisément leur belle énergie et une forte personnalité à deux têtes.
On attend maintenant avec beaucoup de curiosité et d’impatience la suite de leurs aventures sur grand écran.
Bref, si vous ne l’aviez pas encore compris, nous vous conseillons plus que chaleureusement cette balade en terre bretonne. N’hésitez surtout pas à emprunter ce très recommandable “grand raccourci”.
Jean-Luc Brunet / Cin’Écrans
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