TROIS KILOMÈTRES JUSQU’À LA FIN DU MONDE
(Trei Kilometri Pana La Capatul Lumii)
Un film d’Emanuel Pârvu
Scénario d’Emanuel Pârvu, Miruna Berescu
avec Bogdan Dumitrache, Ciprian Chiujdea, Laura Vasiliu
Drame– 2024 – Roumanie – 1h45
Sortie en salles le 23 octobre 2024
L’histoire
Adi, 17 ans, passe l’été dans son village natal niché dans le delta du Danube. Un soir, il est violemment agressé dans la rue. Le lendemain, son monde est entièrement bouleversé. Ses parents ne le regardent plus comme avant et l’apparente quiétude du village commence à se fissurer.
3 bonnes raisons de voir ce film
1/ TROIS KILOMÈTRES JUSQU’À LA FIN DU MONDE dresse le portrait d’Adi qui n’aspire qu’à l’amour et la tranquillité mais dont le destin vire subitement au cauchemar. Le jeune homme doit faire face, du jour au lendemain, au poids terrible de la rumeur, au mensonge, à la calomnie et surtout, peut-être à l’incompréhension et au rejet de sa famille.
Triste récit d’une homophobie larvée et ordinaire qui fait froid dans le dos.
Ce troisième et puissant long métrage de l’acteur, réalisateur et metteur en scène roumain, Emanuel Pârvu lui a valu de recevoir, en mai dernier, la très méritée Queer Palm au Festival de Cannes 2024.
2/ A travers l’histoire terrifiante du drame vécu par Adi, Emanuel Pârvu dépeint une société repliée sur elle-même et gangrénée par une forme de corruption quasi généralisée. Le village natal d’Adi devient ainsi une prison à ciel ouvert dont le jeune homme n’a de cesse, dès lors, de s’évader.
Mais, à l’instar d’illustres prédécesseurs tels que Cristi Puiu avec LA MORT DE DANTE LAZARESCU ou Corneliu Porumboiu avec 12H08 À L’EST DE BUCAREST (Caméra d’Or à Cannes en 2006), Emanuel Pârvu manie habilement l’ironie.
Le réalisateur use par instants d’un humour noir surprenant mais salvateur pour dénoncer l’absurdité de certaines réactions et situations.
3/ Enfin, il convient de saluer le choix judicieux d’Emanuel Pârvu d’ancrer son dramatique récit en plein été dans un village retiré (uniquement atteignable par bateau), niché au cœur des magnifiques paysages du delta du Danube.
Le remarquable travail du chef opérateur Silviu Stavilăl sur la lumière et les couleurs chatoyantes qui baignent le village, offre un contraste saisissant avec l’étroitesse d’esprit des personnages et la noirceur du propos.
Jean-Luc Brunet / Cin’Écrans
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