Je verrai toujours vos visages, un grand film à (re)voir absolument !

Je verrai toujours vos visages, un grand film à (re)voir absolument !

JE VERRAI TOUJOURS VOS VISAGES

Drame – 2023 – 1H58 (Blu ray) 1H54 (DVD) – France
Réalisation : Jeanne Herry
Scénario :
Jeanne Herry
Distribution : Adèle Exarchopoulos, Dali Benssalah, Leïla Bekhti, Elodie Bouchez, Suliane Brahim, Gilles Lellouche, Miou-Miou, Jean-Pierre Darroussin, Fred Testot, Denis Podalydès, Birane Ba, Anne Benoît, Raphaël Quenard, Sébastien Houbani…

Sorti en salles le 29 mars 2023

Disponible en Blu-ray, DVD et VOD – le 6 septembre 2023 – Studio Canal
Français 16/9 – 2.38 – DTS 5.1 et 2.0 – Audiodescription et sous-titres pour sourds et malentendants.

Le pitch
Depuis 2014, en France, la Justice Restaurative propose à des personnes victimes et auteurs d’infraction de dialoguer dans des dispositifs sécurisés, encadrés par des professionnels et des bénévoles comme Judith, Fanny ou Michel.

Nassim, Issa, et Thomas, condamnés pour vols avec violence, Grégoire, Nawelle et Sabine, victimes de homejacking, de braquages et de vol à l’arraché, mais aussi Chloé, victime de viols incestueux, s’engagent tous dans des mesures de Justice Restaurative.

Sur leur parcours, il y a de la colère et de l’espoir, des silences et des mots, des alliances et des déchirements, des prises de conscience et de la confiance retrouvée… Et au bout du chemin, parfois, la réparation…

Le film *****
Jeanne Herry qui nous avait séduit en 2014 avec ELLE L’ADORE, son premier film, nous avait pleinement convaincu avec le magistral PUPILLE en 2018.
Cette fois-ci avec JE VERRAI TOUJOURS VOS VISAGES, elle nous offre un troisième long métrage magistral tant sur le fond que sur la forme autour d’un thème rarement abordé en fiction, voire même à travers un documentaire (à ma connaissance, en tous cas), celui de la justice restaurative.
Malgré un dispositif minimaliste, la scénariste réalisatrice impose une mise en scène inspirée, discrète et précise. Son scénario et ses dialogues, jamais manichéens, sont affutés et entièrement au service d’un sujet puissant et de ses remarquables interprètes.

JE VERRAI TOUJOURS VOS VISAGES est un film qui (re)donne foi dans l’être humain, dans l’importance d’échanger pour tenter de comprendre, réparer et se réparer. 
Les comédien.ne.s justement, parlons-en ! Il faudrait toutes et tous les nommer tant leur incarnation de personnages en proie à de multiples questionnements est puissante et subtile. S’il fallait néanmoins retenir quelques noms, je citerai en premier lieu, Adèle Exarchopoulos dont l’intensité de jeu impressionne de film en film et dans des registres souvent opposés. Et je défie quiconque de résister au face à face final entre la comédienne et Raphaël Quenard, une scène exemplaire de tension et de subtilité. Cet instant que le spectateur traverse en apnée est un incroyable moment de vie, de vérité et de cinéma.

J’ai envie également d’évoquer le regard perdu de Leïla Bekhti au début du film, le sentiment de culpabilité de Miou-Miou, la bienveillance et le désir de compréhension de Gilles Lellouche, le désarroi de Fred Testot, la sincérité de Dali Benssalah… et tous les autres interprètes, sans exception aucune, qui font corps et âme avec leurs personnages…

Un immense bravo et merci, donc, à Jeanne Herry et ses interprètes pour ce nouveau et magnifique long-métrage dont le souvenir n’est pas prêt de s’estomper.
Nous aussi, nous verrons toujours leurs visages…

Pas de bonus… ☹ ☹ ☹

Prison 77, direct en vod sans passer par la case ciné…

Prison 77, direct en vod sans passer par la case ciné…

PRISON 77

Thriller – 2022 – 2h05 – Espagne
Réalisation : Alberto Rodriguez
Scénario : Alberto Rodriguez & Rafael Cobos
Distribution : Miguel Herrán, Javier Gutiérrez, Jesús Carroza…

Inédit en salles

Disponible en VOD le 25 mai 2023

Le pitch
Espagne, 1977 : à la fin du franquisme, le pays vit l’un des plus grands moments de liberté de son histoire. Mais le passage à la démocratie ne change rien dans les prisons. Le jeune comptable Manuel risque une peine de 6 à 8 ans pour détournement de fonds, une sanction disproportionnée par rapport au crime commis. Avec son compagnon de cellule, Pino, il s’associe au COPEL, un collectif qui lutte pour les droits des prisonniers de droit commun et demande l’amnistie. Commence alors une véritable révolution qui bouleversera le système carcéral espagnol.

L’avis Cin’Écrans ****
Très largement inspiré du mouvement qui a bouleversé le système carcéral espagnol à la fin des années 70, ce film d’Alberto Rodriguez prend la forme d’un véritable thriller sur fond d’amitié, de solidarité et de quête de liberté.

PRISON 77 est un film très documenté, ancré au cœur d’un pays qui se cherche une nouvelle réalité démocratique après la mort de Franco. Si des changements radicaux s’opèrent dans la société espagnole, dans les prisons soumises au bon vouloir et à la violence de leur directeur et des surveillants, cette ouverture à la démocratie n’est pas encore vraiment d’actualité.

Après un long détour par la série télévisée, le brillant réalisateur de LA ISLA MINIMA (2015) et LANDS OF MURDER (2019) fait son grand retour au long métrage avec PRISON 77, un film intense qui sort en France directement en VOD, mais qui aurait largement mérité un passage dans nos salles obscures.
Ceci étant, ne loupez surtout pas ce long-métrage remarquablement écrit et interprété, notamment par Miguel Herrán (LA CASA DE PAPEL) et Javier Gutiérrez (LA ISLA MINIMA).
PRISON 77 vous tient intelligemment en haleine, plus de deux heures durant, en alternant les séquences de violence et des moments d’accalmie bienvenus pour les personnages mais aussi les spectateurs.

Présenté hors compétition en avril dernier lors du Festival Reims Polar, PRISON 77 a également été nommé 16 fois lors de la dernière cérémonie des Goya (équivalent espagnol de nos César). Le thriller d’Alberto Rodriguez en est reparti avec 5 prix dont le Goya de la meilleure direction artistique pour le remarquable travail de Pepe Dominguez Del Olmo.

Les repentis, subtil plaidoyer humaniste

Les repentis, subtil plaidoyer humaniste

LES REPENTIS

Drame – 2021 –1H55 – Espagne
Réalisation : Icíar Bollaín
Scénario : Icíar Bollaín et Isa Campo
Distribution : Blanca Portillo, Luis Tosar, Urko Olazabal…
 

Sorti en salles le 9 novembre 2022

Disponible en DVD & VOD, le 4 avril – Epicentre
2.39 – Espagnol ou français 2.0 ou 5.1 – Sous-titres français, anglais

Le pitch
L’histoire réelle de Maixabel Lasa, la veuve de Juan Maria Jauregui, un homme politique assassiné par l’organisation terroriste ETA en 2000. Onze ans plus tard, l’un des auteurs du crime qui purge sa peine en prison demande à la rencontrer, après avoir rompu ses liens avec le groupe terroriste.

Le film ****
Lauréat de 3 Goya (l’équivalent de nos César) dont celui de la meilleure actrice pour Blanca Portillo, LES REPENTIS est une très bonne surprise, un film que l’on n’attendait pas forcément et qui marque durablement par la force de son récit et l’intelligence de sa mise en scène.
A noter que la sortie printanière du DVD LES REPENTIS coïncide avec celle en salles du film de Jeanne Herry, JE VERRAI TOUJOURS VOS VISAGES, consacré à la justice restaurative. Deux films qui traitent, d’une certaine manière un même et passionnant sujet.

La réalisatrice de NE DIS RIEN et MÊME LA PLUIE signe avec LES REPENTIS un puissant long métrage politique autour de thématiques et de questions comme celles du remord et du pardon.
Le film qui n’est jamais manichéen et donc pas toujours confortable, interroge tout autant le spectateur que ses personnages principaux. Il décrit ainsi le parcours, la réflexion permanente et parfois contradictoire d’une femme dont le mari a été assassiné et celui de terroristes qui ont la volonté de dialoguer avec les proches des victimes pour que chacun.e puisse éventuellement trouver une forme d’apaisement.

Tout comme celui de Jeanne Herry, ce film subtil d’Icíar Bollaín apporte donc une vraie note d’espoir dans un monde qui nous en offre trop peu. Encore faut-il pouvoir la saisir…

Bonus ****
Entretien avec la réalisatrice
Entretien avec Maixabel Lasa
Bio-filmographie / Galerie photos / Bande annonce

Hormis les dispensables galeries photo et filmographie de la réalisatrice, deux courtes mais passionnantes interviews sont proposées ici : Celle de la réalisatrice Icíar Bollaín et celle de Maixabel Lasa dont l’histoire a inspiré le film.
On y apprend, entre autres que les deux principaux comédiens Blanca Portillo et Luis Tosar ne se sont pas rencontrés avant le début du tournage (chacun répétant séparément avec la réalisatrice), renforçant ainsi la puissance d’échanges de leurs personnages.

Icíar Bollaín tenait à être très respectueuse de la vérité et avait donc sur les épaules une responsabilité toute particulière dans ses choix de récit et ses partis-pris de mise en scène. La réalisatrice nous confirme ainsi qu’elle a tourné les deux principales séquences de rencontre entre les personnages de Maixabel Lasa et Ibon Etxezarreta, en de longs plans séquences respectant ainsi les pauses et silences de ses deux protagonistes.

Quant à Maixabel Lasa qui a inspiré le film, elle est devenue, peu après la mort de son mari, directrice du bureau des victimes du terrorisme au Pays basque durant 10 ans. Cette femme forte profite de cet entretien pour valider pleinement le film d’Icíar Bollaín, dont elle connaissait déjà le travail, ainsi que le choix de Blanca Portillo pour incarner son histoire à l’écran. Elle nous apprend également qu’elle a assisté en partie au tournage et même fait une apparition au cours de la scène finale du film, celle de l’hommage à son mari.
On imagine à quel point le tournage d’une telle séquence devait être chargé en émotion pour elle et pour toute l’équipe du film.

Incontournable et bouleversant !

Incontournable et bouleversant !

JE VERRAI TOUJOURS VOS VISAGES

Un film de Jeanne Herry
Scénario de Jeanne Herry
Avec Adèle Exarchopoulos, Dali Benssalah, Leïla Bekhti, Elodie Bouchez, Suliane Brahim, Gilles Lellouche, Miou-Miou, Jean-Pierre Darroussin, Fred Testot, Denis Podalydès, Birane Ba, Anne Benoît, Raphaël Quenard, Sébastien Houbani…

Drame – 1h58 – France
Sortie en salles le 29 mars 2023

L’histoire 
Depuis 2014, en France, la Justice Restaurative propose à des personnes victimes et auteurs d’infraction de dialoguer dans des dispositifs sécurisés, encadrés par des professionnels et des bénévoles comme Judith, Fanny ou Michel.

Nassim, Issa, et Thomas, condamnés pour vols avec violence, Grégoire, Nawelle et Sabine, victimes de homejacking, de braquages et de vol à l’arraché, mais aussi Chloé, victime de viols incestueux, s’engagent tous dans des mesures de Justice Restaurative.

Sur leur parcours, il y a de la colère et de l’espoir, des silences et des mots, des alliances et des déchirements, des prises de conscience et de la confiance retrouvée… Et au bout du chemin, parfois, la réparation…

3 bonnes raisons de voir ce film

1/ Pour la force d’un sujet rarement abordé en fiction, voire même à travers un documentaire (à ma connaissance, en tous cas), celui de la justice restaurative.
La scénariste réalisatrice qui nous avait séduit en 2014 avec ELLE L’ADORE, son premier film, nous avait pleinement convaincu avec le magistral PUPILLE en 2018. Cette fois-ci avec JE VERRAI TOUJOURS VOS VISAGES, elle nous offre un troisième long métrage magistral tant sur le fond que sur la forme. Malgré un dispositif minimaliste, Jeanne Herry impose une mise en scène inspirée, discrète et précise. Son scénario et ses dialogues, jamais manichéens, sont affutés et entièrement au service d’un sujet puissant et de ses remarquables interprètes.
JE VERRAI TOUJOURS VOS VISAGES est un film qui (re)donne foi dans l’être humain, dans l’importance d’échanger pour tenter de comprendre, réparer et se réparer.  

2/ Les comédien.ne.s justement, parlons-en ! Il faudrait toutes et tous les nommer tant leur incarnation de personnages en proie à de multiples questionnements est puissante et subtile. S’il fallait néanmoins retenir quelques noms, je citerai en premier lieu, Adèle Exarchopoulos dont l’intensité de jeu impressionne de film en film et dans des registres souvent opposés .

J’ai envie également d’évoquer le regard perdu de Leila Bekhti au début du film, le sentiment de culpabilité de Miou-Miou, la bienveillance et le désir de compréhension de Gilles Lellouche, le désarroi de Fred Testot, la sincérité de Dali Benssalah… et tous les autres interprètes, sans exception aucune, qui font corps et âme avec leurs personnages…

3/ Et s’il fallait une raison supplémentaire pour vous conseiller de vous précipiter en salles, je vous parlerai de la séquence finale du film.  En effet, je défie quiconque de résister au face à face entre Adèle Exarchopoulos et Raphaël Quenard, une scène exemplaire de tension et de subtilité. Cet instant que le spectateur traverse en apnée est un incroyable moment de vie, de vérité et de cinéma. Un de ces instants qui font que vous sortez du film bouleversé mais heureux de l’avoir vécu.

Un immense bravo et merci à Jeanne Herry et ses interprètes pour ce nouveau et magnifique long-métrage dont le souvenir n’est pas prêt de s’estomper.
Nous aussi, nous verrons toujours leurs visages…

En attendant Un triomphe – En salle

En attendant Un triomphe – En salle

- Un triomphe -

UN TRIOMPHE d’Emmanuel Courcol avec Kad Mérad, David Ayala, Lamine Cissokho, Sofian Khammes, Pierre Lottin, Wabinlé Nabié, Alexandre Medvede, Saïd Benchnafa, Marina Hands, Laurent Stocker…
Comédie – 2020 – 1H46
Sortie en salles le 1 septembre 2021

Un acteur en galère accepte pour boucler ses fins de mois d’animer un atelier théâtre en prison. Surpris par les talents de comédien des détenus, il se met en tête de monter avec eux une pièce sur la scène d’un vrai théâtre. Commence alors une formidable aventure humaine…

UN TRIOMPHE a fait partie de la Sélection Officielle Cannes 2020. Le film, également sélectionné en compétition au Festival du film francophone 2020,  y a obtenu le Valois du Public et celui des meilleurs acteurs pour Sofian Khammes et Pierre Lottin.

3 bonnes raisons de voir ce film

1/ Librement inspiré d’une histoire vraie, le second film d’Emmanuel Courcol, après CESSEZ-LE-FEU, est une comédie sociale réconfortante qui mérite un vrai succès populaire, tant ce feel good movie intelligent évite l’écueil du manichéisme tout en tirant ses personnages vers le haut.

2/ UN TRIOMPHE dresse le portrait d’hommes en marge de la société qui vont trouver une forme de liberté dans le jeu. A l’image d’Etienne, professeur de théâtre humaniste, le spectateur ne saura jamais pour quelles raisons ils sont derrière les barreaux. Et c’est toute l’intelligence du propos d’Emmanuel Courcol qui ne verse jamais dans l’angélisme mais regarde avec bienveillance ces hommes qui s’épanouissent, souvent bruyamment, à travers la magie des mots de Samuel Beckett dans « En attendant Godot »    

3/
L’un des grands plaisirs du film est sans conteste la confrontation entre Kad Mérad qui trouve ici une de ses plus belles et plus riches compositions et une belle bande de jeunes comédiens. Vieux routier de la comédie, Kad Mérad prouve de films (COMME DES ROIS, LA MELODIE) en séries (BARON NOIR) quel excellent acteur il est, hors de la comédie pure, quand il est comme ici bien dirigé.
L’acteur laisse toute la place nécessaire à ses jeunes partenaires pour que s’épanouisse leur talent. Mention spéciale pour Pierre Lottin, interprète du très nerveux Dylan, à qui l’on doit une véritable séquence d’anthologie quand il balance son texte, après de nombreuses tentatives infructueuses, avec un débit de mitraillette et sans respirer. Du grand art !