Ninjababy, être mère ou ne pas être !

Ninjababy, être mère ou ne pas être !

NINJABABY

Comédie dramatique – 2022 – 1h36  – Norvège
Réalisation : Yngvild Sve Flikke
Scénario : Yngvild Sve Flikke, Johan Fasting & Inga Saetre d’après l’œuvre d’Inga Saetre
Distribution : Kristine Kujath Thorp, Arthur Berning, Nader Khademi,

Sorti en salles le 21 septembre 2022

Disponible en VOD & Achat digital

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES
image : 2.40 – 16/9 compatible 4/3
Audio : Norvégien & Français
Sous-titres : Français

Le pitch
Astronaute, garde forestière, dessinatrice… Rakel, 23 ans, a tous les projets du monde, sauf celui de devenir mère. Quand elle découvre qu’elle est enceinte de 6 mois suite à un coup d’un soir, c’est la cata ! C’est décidé : l’adoption est la seule solution. Apparaît alors Ninjababy, un personnage animé sorti de son carnet de notes, qui va faire de sa vie un enfer…

L'ombre d'un mensonge Michelle Fairley Bouli Lanners

L’avis Cin’Écrans
Second long métrage de la réalisatrice norvégienne Yngvild Sve Flikke, NINJABABY est le premier à avoir eu les honneurs d’une sortie en salles. Malheureusement, malgré le succès rencontré dans de nombreux festivals, ce film  adapté d’un roman graphique d’Inga Saetre est sorti sans grand retentissement chez nous (d’où, vraisemblablement cette sortie uniquement en VOD). Et c’est franchement dommage, tant sa réalisatrice parvient à imposer sur ce thème de la maternité non désirée, une belle originalité et un ton totalement décomplexé sur un sujet souvent traité et qui, à priori, ne prête pas vraiment à sourire.

Quelque part, à mi-chemin entre JUNO et le cinéma de Judd Apatow, le gentiment provocateur NINJABABY cousine également, mais dans sa forme cette fois avec TOUT LE MONDE AIME JEANNE, autre comédie dramatique récente très réussie, signée Céline Devaux.
Les deux films ont en effet pour point commun de mêler des prises de vues réelles et de l’animation, à travers un personnage, ici le fameux Ninjababy, qui dicte sa loi et plonge le spectateur au cœur des pensées de sa génitrice.

Kristine Kujath Thorp (à l’affiche le 12 avril de SICK OF MYSELF) crève l’écran, la comédienne porte brillamment le propos du film et les questionnements de Rakel.
L’ensemble de ses partenaires, eux composent des personnages attachants et/ou exaspérants qui prouvent à quel point il peut être compliqué aujourd’hui pour les hommes et les femmes d’assumer leur complexité et de revendiquer leur liberté.

Comédie audacieuse et rafraichissante, NINJABABY interroge sans tabou et avec une belle dose d’humour la question de l’ambivalence, des sentiments contradictoires autour de la maternité. Jolie découverte à partager sans tarder.   

Tout le monde aime Jeanne, même Cin’Ecrans !

Tout le monde aime Jeanne, même Cin’Ecrans !

TOUT LE MONDE AIME JEANNE

Comédie – 2022 – 1h37 (Blu ray) 1h33 (DVD) – France
Réalisation : Céline Deveaux
Scénario : Céline Deveaux
Distribution : Blanche Gardin, Laurent Lafitte, Maxence Tual, Nuno Lopes, Marthe Keller…

Sorti en salles le 7 septembre 2022

Disponible en VOD, Blu ray & DVD

SPÉCIFICITÉS BLU RAY
Image :  16/9 2.35:1
Audio :  Français DTS HD Master Audio 5.1 et 2.0 – Audio Description Français DTS 2.0

SPÉCIFICITÉS DVD
Image :  16/9 2.35:1
Audio : Français Dolby Audio-DD 5.1 et 2.0 – Audio Description Français Dolby Audio-DD 2.0

Le pitch
Tout le monde a toujours aimé Jeanne. Aujourd’hui, elle se déteste. Surendettée, elle doit se rendre à Lisbonne et mettre en vente l’appartement de sa mère disparue un an auparavant. À l’aéroport elle tombe sur Jean, un ancien camarade de lycée fantasque et quelque peu envahissant.

L'ombre d'un mensonge Michelle Fairley Bouli Lanners

L’avis Cin’Écrans
Avec TOUT LE MONDE AIME JEANNE, Céline Devaux passe haut la main le passage du court au long-métrage. La réalisatrice et illustratrice y aborde avec beaucoup d’humour et de recul certaines de ses obsessions telles que la rupture, l’expatriation, l’estime de soi, la dépression… Des thématiques pourtant pas franchement drôles qui étaient déjà, en partie, au cœur de son travail sur ses trois courts métrages (disponibles en bonus).

Comme avec GROS CHAGRIN (2017), Céline Devaux a fait le choix pour TOUT LE MONDE AIME JEANNE de mêler des séquences animées à des séquences « live » avec des comédien.ne.s.
Ce parti pris plutôt gonflé, en forme de pari est pleinement réussi et mieux équilibré que sur le court (à vous de comparer). Il faut dire que le petit fantôme qui représente les pensées, souvent saugrenues, de Jeanne, permet de jongler entre ce qu’elle dit et ce qu’elle pense vraiment. Et le décalage est bien souvent, à la fois cruel et très drôle, d’autant que l’interprète de Jeanne n’est autre que Blanche Gardin qui trouve, enfin, un rôle à son intime démesure. Son duo de haute volée avec le très irrévérencieux Laurent Lafitte apporte au film un ton et une fantaisie rares dans le cadre souvent très formaté de la comédie française.

Si ce n’est déjà fait, on ne peut donc que vous conseiller de découvrir cette très originale comédie dépressive, dont l’univers n’est pas sans rappeler, celui de Woody Allen.

  • Bonus
    Commentaire audio de Céline Devaux, Sylvie Pialat et Gabrielle Stemmer
    3 courts métrages d’animation de Céline Devaux :
    VIE ET MORT DE L’ILLUSTRE GRIGORI EFIMOVITCH RASPOUTINE (2012 – 10mn14)
    LE REPAS DOMINICAL (2015, 13mn53)
    GROS CHAGRIN (2017, 14mn57)
    Entretien croisé entre Céline Devaux et Flavien Berger (15mn27)
    Présentation et création du Petit Fantôme (7mn01)
    Bande-annonce

Côté Bonus, Diaphana, éditeur du DVD et du blu ray ne s’est pas moqué de nous !

Outre le commentaire audio du film par Céline Devaux, sa productrice Sylvie Pialat et sa monteuse Gabrielle Stemmer, vous pourrez poursuivre la découverte de l’univers singulier et très animé de la réalisatrice avec ses 3 courts-métrages.
Le premier, VIE ET MORT DE L’ILLUSTRE GRIGORI EFIMOVITCH RASPOUTINE est son film de fin d’étude réalisé en 2012. Un court animé d’inspiration assez noire et plusieurs fois récompensé, notamment au Festival de Clermont-Ferrand.
LE REPAS DOMINICAL, qui lui a valu le César 2016 du meilleur court métrage d’animation, est sans aucun doute le plus abouti de ces 3 films. Une œuvre sarcastique, autour de la famille, transcendée par le ton et la voix singulière de Vincent Macaigne.
Plus bancal mais pas inintéressant, GROS CHAGRIN, présenté en 2017 à la Mostra de Venise est la première tentative pour Céline Devaux de mêler animation et prises de vue réelles avec des comédiens en l’occurrence Swann Arlaud et Victoire Du Bois.

Autre supplément, l’entretien croisé entre Céline Devaux et Flavien Berger s’avère assez passionnant sur la façon dont la réalisatrice et son compositeur attitré collaborent ensemble depuis quelques années.

Le dernier bonus, tout aussi captivant que le précédent, est consacré au fameux petit fantôme animé. Cette sorte de double en pensée de Jeanne, Céline Devaux y tenait plus que tout. La réalisatrice et illustratrice revient sur la naissance de ce personnage et nous explique comment, concrètement, elle lui a donné vie de manière récurrente tout au long du film.