Second tour… gagnant pour Albert Dupontel

Second tour… gagnant pour Albert Dupontel

SECOND TOUR

Un film d’Albert Dupontel
Scénario d’Albert Dupontel
Avec Albert Dupontel, Cécile de France, Nicolas Marié, Uri Gavriel, Philippe Uchan…
Comédie dramatique et satirique – Fable – 1H37 – France
Sortie en salles le 25 octobre 2023

L’histoire
Journaliste politique en disgrâce placée à la rubrique football, Mlle Pove est sollicitée pour suivre l’entre-deux tours de la campagne présidentielle. Le favori est Pierre-Henry Mercier, héritier d’une puissante famille française et novice en politique. Troublée par ce candidat qu’elle a connu moins lisse, Mlle Pove se lance dans une enquête aussi étonnante que jubilatoire.

3 bonnes raisons de voir ce film

1/ 3 ans après avoir raflé 7 César avec ADIEU LES CONS, l’iconoclaste Albert Dupontel est de retour pour un SECOND TOUR emballant.

Avec ce huitième long-métrage, le cinéaste nous régale d’un pamphlet politique et philosophique salutaire, à travers la dénonciation des dérives de ce monde politicien et d’un système médiatique qui tend à l’uniformisation. Une satire cinglante doublée d’une fable écologique rocambolesque mais bienvenue.

Si depuis 2-3 films, Albert Dupontel semble fendre un peu l’armure en osant l’émotion, le cinéaste n’en oublie pas pour autant son amour pour les ambiances corrosives avec ici quelques séquences burlesques absolument mémorables, qu’on ne vous « divulgâchera » pas ici 😊

2 / De film en film, Albert Dupontel confirme son goût pour un cinéma surréaliste et poétique. Si le fond est très souvent vraisemblable, la forme de ses œuvres est de plus en plus stylisée, à travers des partis pris esthétiques forts qui peuvent, pour le coup, détourner certain.ne.s du propos initial.
Force est de reconnaitre, néanmoins, le soin apporté à la direction artistique d’un film comme SECOND TOUR, à travers un travail précis et impressionnant sur le cadre, la lumière, les effets sonores et visuels.

3/ Enfin n’oublions pas de parler du casting à commencer, évidemment, par Albert Dupontel omniprésent mais qui ne tire jamais la couverture à lui, bien au contraire. Ce ne sont pas Cécile de France et Nicolas Marié qui prétendront le contraire, tant chacune de leurs séquences face à leur partenaire réalisateur sont payantes.

Rendons grâce à Albert Dupontel d’offrir dans chacun de ses films à l’exception notoire d’AU REVOIR LÀ-HAUT, de très belles partitions de jeu au génial Nicolas Marié. Qui ça ??? Nicolas Marié !
Eh oui, malgré son César du meilleur acteur dans un second rôle enfin obtenu en 2021 pour ADIEU LES CONS, la notoriété du comédien semble très en deçà de ce qu’elle devrait être.  Une nouvelle fois à travers le personnage secondaire, mais O combien primordial et fantaisiste de Gus, Nicolas Marié emporte la mise et forme avec Cécile de France un tandem drôlissime et irrésistible.

Vous l’aurez compris, n’hésitez surtout pas ! Pour ce SECOND TOUR, n’hésitez pas à donner votre voix à Dupontel. Vous ne le regretterez pas !

De grandes espérances pour Rebecca Marder et Benjamin Lavernhe

De grandes espérances pour Rebecca Marder et Benjamin Lavernhe

« Est-ce qu’on peut changer le monde avec les mains sales ? » Sylvain Desclous

DE GRANDES ESPÉRANCES

Madeleine, brillante et idéaliste jeune femme issue d’un milieu modeste, prépare l’oral de l’ENA dans la maison de vacances d’Antoine, en Corse. Un matin, sur une petite route déserte, le couple se trouve impliqué dans une altercation qui tourne au drame. Lorsqu’ils intègrent les hautes sphères du pouvoir, le secret qui les lie menace d’être révélé. Et tous les coups deviennent permis.

 

« Ça tient presque de la tragédie grecque ! » Rebecca Marder

Réalisateur en 2016 de VENDEUR, une première fiction, Sylvain Desclous posait l’an dernier son regard plein d’humanité́ sur une campagne d’élections municipales dans un formidable documentaire intitulé LA CAMPAGNE DE FRANCE.

La politique, le réalisateur y revient donc avec un second film de fiction dont il a commencé l’écriture au moment de la sortie de VENDEUR et qu’il a terminée au moment du premier confinement.

« On passe d’une histoire d’amour à une histoire de lutte des classes » Sylvain Desclous

Avec DE GRANDES ESPÉRANCES, Sylvain Desclous entre dans le milieu de la politique et questionne l’exercice du pouvoir à travers une histoire très intime. Il explore les conséquences d’un acte dramatique en mettant à l’épreuve le quotidien et l’idéalisme politique d’un jeune couple qui n’assume pas ce drame de la même manière.

Pour mettre en scène ce film palpitant à la frontière du drame social, du thriller et du film politique, le réalisateur s’est entouré d’un solide casting de premiers et de seconds rôles.

« Un rôle que je n’avais pas encore joué » Benjamin Lavernhe

Saluons en premier lieu et une nouvelle fois, l’excellence du travail de Rebecca Marder dont l’immense talent explose au cinéma depuis quelques mois à travers des rôles qu’elle transcende, dans des films aussi différents qu’UNE JEUNE FILLE QUI VA BIEN de Sandrine Kiberlain, MON CRIME de François Ozon, LES GOÛTS ET LES COULEURS de Michel Leclerc ou SIMONE D’Olivier Dahan.
Dans DE GRANDES ESPÉRANCES, la comédienne incarne Madeleine Pastor un personnage de jeune femme complexe, ambigüe et ambitieuse.
Benjamin Lavernhe, lui, se frotte à un personnage nouveau dans sa carrière au cinéma, celui d’un homme mesquin, menaçant et rongé par le remords. Le sociétaire de La Comédie Française est comme toujours remarquable !
Citons également les formidables partitions jouées par Emmanuelle Bercot et Marc Barbé qui marquent de leur empreinte cette histoire diaboliquement efficace.

C’est en août dernier que nous avons eu le grand plaisir de rencontrer Sylvain Desclous, Rebecca Marder et Benjamin Lavernhe, quelques heures seulement avant la toute première projection publique de leur film DE GRANDES ESPÉRANCES dans le cadre du Festival du film francophone d’Angoulême.

DE GRANDES ESPÉRANCES
Un film de Sylvain Desclous
Scénario de Sylvain Desclous et Pierre Erwan Guillaume avec la collaboration d’Olivier Lorelle et Raphaël Chevènement
Avec Rebecca Marder, Benjamin Lavernhe, Emmanuelle Bercot, Marc Barbé, Pascal Elso…
Drame – Thriller – 1H45 – France
Sortie en salles le 22 mars 2023

INTERVIEW SYLVAIN DESCLOUS, REBECCA MARDER & BENJAMIN LAVERNHE

Albert Serra, Benoît Magimel et un film “Hors de contrôle”

Albert Serra, Benoît Magimel et un film “Hors de contrôle”

PACIFICTION, TOURMENT SUR LES ÎLES

Drame – espionnage – 2022 – 2h45 (Blu ray) 2h40 (DVD) – France, Espagne, Allemagne, Portugal
Réalisation : Albert Serra
Scénario : Albert Serra
Distribution : Benoît Magimel, Pahoa Mahagafanau, Marc Susini…

Sorti en salles le 9 novembre 2022
Disponible en VOD, DVD & BR le 7 mars 2023 chez Blaq Out

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES
Image :  16/9 – 2.39 :1
Audio :  Français DTS -HD Master Audio 5.1 & 2.0 (Blu ray) Français Dolby Audio DD 5.1 & 2.0 (DVD)
Audiodescription pour aveugles et malvoyants (Blu ray & DVD)

Le pitch
Sur l’île de Tahiti, le Haut-Commissaire de la République De Roller, représentant de l’État Français, est un homme de calcul aux manières parfaites. Dans les réceptions officielles comme les établissements interlopes, il prend le pouls d’une population locale d’où la colère peut émerger à tout moment. D’autant plus qu’une rumeur se fait insistante : on aurait aperçu un sous-marin dont la présence fantomatique annoncerait une reprise des essais nucléaires français…

L'Innocent Louis Garrel & Noémie Merlant

L’avis Cin’Écrans
Encensé par les uns, détesté par les autres, le sixième long métrage du fantasque réalisateur espagnol déroute tout autant qu’il séduit. On est fasciné par la propension d’Albert Serra à laisser s’installer des séquences dans une langueur quasi hypnotique. Jamais, le cinéaste ne semble craindre l’ennui, bien au contraire, il laisse du temps au temps et joue en permanence avec un spectateur à qui il demande une participation active, tout au long du film.

PACIFICTION, TOURMENT SUR LES ÎLES explore l’âme humaine dans un récit paranoïaque, à l’atmosphère onirique, voire opaque, qui empreinte les voies du thriller ou du film d’espionnage avec une véritable audace.

Le magnifique travail d’Arthur Tort (César de la meilleure photographie pour le film) sur la lumière de PACIFICTION, TOURMENT SUR LES ÎLES apporte à cette œuvre hallucinée et hallucinante un supplément d’âme et une belle dimension crépusculaire.

Mais s’il ne devait rester qu’un argument pour vous donner envie de découvrir le film d’Albert Serra, il se résumerait à un nom : Benoît Magimel.
L’acteur récompensé d’un César l’an passé pour son travail sur DE SON VIVANT d’Emmanuelle Bercot, trouve avec le personnage de De Roller un rôle « monstre » qu’il habite de manière hallucinante. Avec à la clé un second César tellement mérité…  

Au final, PACIFICTION, TOURMENT SUR LES ÎLES s’avère être une troublante et fascinante expérience de cinéma qui ne peut laisser indifférent. C’est déjà beaucoup…

Bonus
Entretien avec le réalisateur Albert Serra (27 minutes)

A l’instar de ses films, écouter Albert Serra parler de son travail est en soi une expérience, tant son propos semble libre et différent de celui de la grande majorité de ses confrères ou consœurs cinéastes.

Au cours de cet intéressant entretien réalisé en français (sous-titré par son éditeur Blaq Out), Albert Serra revient sur la genèse de ce film dont il dit lui-même qu’il est « hors de contrôle » et sur son dispositif spécifique de mise en scène.

On apprend ainsi, entre autres, qu’il a essentiellement tourné de très longues prises, avec trois caméras (et à la clé, 540 heures de rushes !!!). Pour le réalisateur, cette façon de procéder fait perdre aux acteurs (à qui il ne donne pas non plus de scénario) tout espoir de communiquer avec la caméra !
On imagine aisément combien cette expérience singulière doit être déstabilisante pour les comédiens. On aurait d’ailleurs adoré avoir leur point de vue et notamment celui de Benoît Magimel que le réalisateur qualifie de « sauvage et rock’n roll ».

A noter que, non sans humour, Albert Serra agrémente ce bonus de quelques révélations étonnantes sur le montage de PACIFICTION, TOURMENT SUR LES ÎLES « qui ne répond à aucune logique interne du film » et sur sa post production, avec notamment une géniale anecdote sur la séquence des jumelles. Un propos que je vous laisse le plaisir de découvrir par vous-même.      

Le + Cin’Écrans
Retrouvez ci-dessous une courte interview d’Albert Serra, de son directeur de la photographie et monteur Arthur Tort, ainsi que de son producteur Pierre-Olivier Bardet. Une interview réalisée pour l’Académie des César, à l’occasion du dîner des nommés 2023.  
Paroles de nommés…

INTERVIEW ALBERT SERRA, ARTHUR TORT & PIERRE-OLIVIER BARDET

Interview – Le tigre et le président, un premier film mordant !

Interview – Le tigre et le président, un premier film mordant !

« Le costume créé une forme de pudeur pour soi qui permet, sans doute, de se laisser aller à être soi… » Jacques Gamblin

LE TIGRE ET LE PRÉSIDENT est le 1er long-métrage de Jean-Marc Peyrefitte. Le scénariste réalisateur nous entraine en 1920 au cœur des années folles. Georges Clemenceau vient de perdre l’élection présidentielle face à l’inconnu Paul Deschanel, un idéaliste qui veut changer le pays. Mais un soir ce dernier tombe d’un train et se volatilise. Au petit matin, la France cherche son président, une occasion en or pour le Tigre Clémenceau…

C’est dans le cadre du Festival du film francophone d’Angoulême, fin août, que j’ai rencontré l’équipe du TIGRE ET LE PRÉSIDENT.
L’occasion d’interroger Jean-Marc Peyrefitte et Marc Syrigas, son coscénariste dialoguiste sur les enjeux et les difficultés inhérentes à la réalisation d’un premier film à la croisée des genres, entre film historique et comédie burlesque.
Quant à Jacques Gamblin et André Dussollier ils nous expriment, entre autres, leur plaisir à incarner Paul Deschanel et Georges Clémenceau et leur régal à dire des dialogues, en partie imaginés par Jean-Marc Peyrefitte et Marc Syrigas.

 LE TIGRE ET LE PRÉSIDENT est à découvrir en salles dès le 7 septembre.

INTERVIEW JEAN-MARC PEYREFITTE, MARC SYRIGAS, JACQUES GAMBLIN & ANDRÉ DUSSOLLIER

Viens je t’emmène… Le cinéma joyeux et provocateur d’Alain Guiraudie

Viens je t’emmène… Le cinéma joyeux et provocateur d’Alain Guiraudie

VIENS JE T'EMMÈNE

Un film écrit et réalisé par Alain Guiraudie

Drame – 2020 – 1H40- France
Distribution : Jean-Charles Clichet, Noémie Lvovsky, Iliès Kadri

Sorti en salles le 2 mars 2022
Disponible en VOD & DVD chez Blaq Out
Langue: Français 2.0 et 5.1. Sous-titres : Sourds et malentendants. Audiodescription. Image: 1.85 – 16/9

Le pitch
A Clermont-Ferrand, Médéric tombe amoureux d’Isadora, une prostituée de 50 ans, mais elle est mariée. Alors que le centre-ville est le théâtre d’une attaque terroriste, Selim, un jeune sans-abri se réfugie dans l’immeuble de Médéric provoquant une paranoïa collective. Tout se complique dans la vie de Médéric, tiraillé entre son empathie pour Sélim et son désir de vivre une liaison avec Isadora.

L’avis Cin’Ecrans
Comme toujours avec le cinéma d’Alain Guiraudie, la surprise est au rendez-vous.
Même si on retrouve dans VIENS JE T’EMMÈNE toutes les interrogations, toutes les obsessions du cinéaste, il les aborde sous un nouveau jour et avec un positivisme volontariste qui fait vraiment du bien en ces temps moroses.
Avec ce récit constitué de rencontres improbables sur fond d’attentat, le réalisateur se joue des contradictions de notre époque et aborde des sujets plus propices, sur le papier, au drame qu’à la comédie et détourne avec une certaine facétie tous les clichés liés au racisme, le terrorisme ou la prostitution. Grâce lui soit rendu, aussi, de montrer que la beauté peut se nicher ailleurs que dans les images habituelles. Autant dire, que le politiquement correct n’est pas de mise ici !
Le spectateur est invité à partager les mésaventures souvent cocasses de personnages hauts en couleur incarnés avec gourmandise par la géniale Noémie Lvovsky et le trop rare Jean-Charles Clichet.
VIENS JE T’EMMÈNE est un film singulier qui flirte entre les sentiments de paranoïa et de désir (et pas forcément sexuel). C’est aussi, et surtout, une comédie burlesque, sentimentale et parfois grinçante, dans laquelle il est bon de s’abandonner.  

Bonus DVD
Entretien (24 minutes) avec le réalisateur.
La parole d’Alain Guiraudie est finalement assez rare pour que l’on partage ce bel échange avec le cinéaste.
Rare sont les réalisateurs qui, une fois leur film terminé, font part de leurs doutes, de leurs questionnements. Ces interrogations légitimes, formulées avec simplicité par Alain Guiraudie, donnent toute sa valeur à cet entretien.
Le metteur en scène de L’INCONNU DU LAC et RESTER VERTICAL nous livre une pensée claire, curieuse et passionnante en s’interrogeant, en toute transparence, sur les intentions qui ont présidé à la réalisation de ce projet né suite aux attentats de 2015 et réalisé en plein cœur de la crise Covid.

A propos du film
VIENS JE T’EMMÈNE a été présenté en ouverture de la section Panorama du 72ème Festival International du film de Berlin.