SAUVONS LES MEUBLES
Un film de Catherine Cosme
Scénario de Catherine Cosme
Avec Vimala Pons, Yoann Zimmer, Guilaine Londez, Jean-Luc Piraux, Dominique Reymond…
Drame – France – Belgique – Suisse – 2025 – 1h26
Sortie en salles le 6 mai 2026
L’histoire
Lucile est une photographe reconnue et indépendante. Lorsque sa mère tombe malade, elle accourt dans la maison de son enfance et y retrouve son frère Paul. Là, ils découvrent que leur mère, autrefois pétillante et entrepreneuse, leur cache des choses… Lucile et Paul comprennent alors qu’ils n’ont plus que quelques jours pour sauver bien plus que les meubles…
L’AVIS CIN’ÉCRANS ****
Né d’un épisode douloureux de son histoire familiale, SAUVONS LES MEUBLES de Catherine Cosme est une œuvre à la fois éminemment personnelle et finalement très universelle dans ce qu’elle raconte de notre rapport au départ annoncé d’un proche.
Entre drame familial et comédie douce-amère, ce premier long métrage en tant que réalisatrice de la chef décoratrice* et chef costumière belge Catherine Cosme, ne sombre jamais dans le pathos. Et pourtant il y avait matière…
La grande force de SAUVONS LES MEUBLES réside dans la capacité de la cinéaste à traiter de thèmes pesants comme la fin de vie, l’usurpation d’identité et le surendettement, sur un mode faussement léger, n’hésitant jamais à emprunter des chemins de traverse, proches du burlesque.
Dans ce petit théâtre de l’absurde mis en place par la réalisatrice, Yoann Zimmer, le frère et Vimala Pons, la sœur trouvent une place de choix, même s’ils réagissent très différemment à une situation à la fois dramatique et saugrenue.
Plus grave qu’à l’accoutumée, Vimala Pons apporte néanmoins beaucoup de nuances à son personnage de Lucile qui revient pour quelques jours sur la terre de son enfance, chez ses parents.
La fantasque et géniale comédienne (récemment césarisée pour son rôle dans L’ATTACHEMENT de Carine Tardieu) incarne une photographe professionnelle, à la fois dévastée par la situation mais bien décidée à se battre pour ne pas subir les dommages collatéraux des choix de vie effectués par sa mère.
Colette, cette mère que ses enfants cherchent à comprendre avant son départ, est, quant à elle, magnifiquement incarnée par la trop rare Guilaine Londez.
La comédienne compose un personnage complexe : fragile à ce moment de sa vie, mais bien résolue à préserver ses « petits » secrets.
C’est cette farouche détermination qui va provoquer chez ses deux enfants mais aussi chez ses amis (et les spectateurs que nous sommes), une réflexion judicieuse sur la finalité ultime de l’existence. Quelles sont nos priorités et sont-elles vraiment les bonnes ? Vaste question !
Un bon conseil pour terminer, ne vous laissez surtout pas rebuter par le sujet d’apparence austère du film.
SAUVONS LES MEUBLES n’est pas le film plombant que l’on pouvait craindre, bien au contraire. Catherine Cosme réussit, haut la main, son passage au long-métrage avec ce film à la mise en scène discrète mais efficace, porté par son beau scénario et le talent singulier de ses trois interprètes principaux.
SAUVONS LES MEUBLES est une œuvre lumineuse, poétique et apaisante que l’on vous conseille très chaleureusement.
Jean-Luc Brunet / Cin’Écrans
L’INFO EN +
SAUVONS LES MEUBLES a remporté le Prix du Jury du Syndicat Français de la Critique de Cinéma lors du Festival International du Film de Saint-Jean-de-Luz 2025 ainsi que le Prix du Public du Meilleur Second Rôle Féminin pour Guilaine Londez lors du Festival Jean Carmet à Moulins en 2025.
* Par ailleurs, Catherine Cosme a été récompensée du César 2026 des meilleurs décors pour le film de Stéphane Demoustier L’INCONNU DE LA GRANDE ARCHE.
Le procès Goldman, « le procès, rien que le procès… »
Cette 12e réalisation de Cédric Kahn est un (quasi) huis-clos oppressant et captivant dont on ressort sans avoir un avis tranché sur la question de l’innocence ou de la culpabilité de Pierre Goldman. Peu importe d’ailleurs, tant on a vibré pendant près de deux heures aux joutes oratoires mises en scène au plus près des principaux protagonistes du procès.
Poisson rouge – J’ai la mémoire qui flanche…
Avec la belle complicité de leurs comédiens principaux, les 3 réalisateurs de Poisson rouge réussissent à éviter le piège du mélo que laissait craindre son pitch. « Les copains d’abord » pour ce film de potes, en forme de road movie qui n’est pas sans rappeler certains longs métrages du duo Kervern/Delépine…
Loup y es-tu ? Tempêtes sous des crânes
À l’heure où l’existence des centres médico-psychopédagogique (CMPP) est menacée, ce remarquable documentaire de Clara Bouffartigue vient à point nommé nous rappeler à quel point la parole et l’échange sont précieux. La réalisatrice nous livre un film sensible et percutant rythmé par d’audacieuses et judicieuses séquences animées.




