Cette semaine à la TV – Du 12 au 18 juillet

Cette semaine à la TV – Du 12 au 18 juillet

Je vous propose chaque semaine une sélection de films ou documentaires à voir sur l’ensemble des chaînes françaises…

Ça sent les vacances ciné sur nos chaînes TV ! A défaut de nombreux inédits (à l’exception notoire du magnifique film d’animation d’Aurel JOSEP) cette semaine nous réserve quelques beaux moments de cinéma avec, entre autres, BLACKKKLANSMAN : J’AI INFILTRE LE KU KLUX KLAN, signé par le président du jury Cannois 2021, Spike Lee. Un film qui lui avait valu le Grand Prix du festival en 2018.
Autre film et autre Grand Prix cannois, à revoir absolument, OLD BOY du virtuose coréen Park Chan-Wook.
Parmi mes autres favoris de la semaine, le bouillonnant PAPICHA,  l’émouvant VOLVER, le brillant ONCE UPON A TIME… IN HOLLYWOOD ou bien encore  le très drôle et pertinent LA LUTTE DES CLASSES & l’efficace PANIC ROOM.

Enfin, je vous conseille chaleureusement, la virée en colo d’Olivier Nakache & Eric Toledano, histoire de célébrer ces vacances 2021 et de se souvenir avec nostalgie de NOS JOURS HEUREUX…
Bonne(s) séance(s) sur grand ou petit écran 😊

Lundi 12 juillet – 21H05 – M6
NOS JOURS HEUREUX
(2006) ****
Comédie de Eric Toledano, Olivier Nakache avec Jean-Paul Rouve, Marilou Berry, Omar Sy, Lannick Gautry, Julie Fournier, Guillaume Cyr, Joséphine de Meaux, Jacques Boudet…

Lundi 12 juillet – 21H08 – C8
COMME DES GARCONS
(2018) ***
Comédie de Julien Hallard avec Vanessa Guide, Max Boublil, Solène Rigot, Ludovic Berthillot, Grégory Gatignol, Bruno Lochet, Carole Franck, Zoé Héran, Sarah Suco…

Lundi 12 juillet – 20H50 – CINE+ CLUB
MATTHIAS ET MAXIME
(2019) ***
Drame de Xavier Dolan avec Xavier Dolan, Gabriel D’Almeida Freitas, Anne Dorval, Catherine Brunet, Antoine Pilon, Pier-Luc Funk, Micheline Bernard, Marilyn Castonguay, Adib Alkhalidey, Samuel Gauthier…

Mardi 13 juillet – 20H53 – CANAL+ CINEMA
JOSEP
(2020) **** (Inédit TV)
Animation de Aurel

Les apparences de Marc Fitoussi

Mardi 13 juillet – 20H50– CINE+ CLUB
PAPICHA
 (2019) ****
Drame de Mounia Meddour avec Marwan Zeghbib, Lyna Khoudri, Nadia Kaci, Shirine Boutella, Yasin Houicha, Amira Hilda Douaouda…

Mardi 13 juillet – 21H05 – 6TER
L’OURS
 (1988) ****
Film d’aventures de Jean-Jacques Annaud avec Tchéky Karyo, Jack Wallace, André Lacombe…

Mercredi 14 juillet – 21H05 – CANAL+
PENINSULA
(2020) ***
Film d’horreur de Sang-ho Yeon avec Dong-won Gang, Lee Jeong-hyeon, Re Lee, Min-jae Kim, Koo Kyo-hwan, Do-Yoon Kim, Yeon-hee Hwang…

Mercredi 14 juillet – 20H55 – ARTE
BLACKKKLANSMAN : J’AI INFILTRE LE KU KLUX KLAN
(1986) ****
Film policier de Spike Lee (2018) avec John David Washington, Adam Driver, Laura Harrier, Christopher Grace, Ryan Eggold, Robert John Burke, Corey Hawkins, Michael Buscemi, Alec Baldwin…

Mercredi 14 juillet – 20H50 CINE+ PREMIER
LA VOIE DE LA JUSTICE
(1984) ****
Drame de Destin Daniel Cretton avec  Michael B. Jordan, Brie Larson, Jamie Foxx, Rob Morgan, Tim Blake Nelson, Rafe Spall, O’Shea Jackson Jr,

Les yeux de sa mère de Thierry Klifa

Jeudi 15 juillet – 20H50 – CINE+ EMOTION
LA LUTTE DES CLASSES
(2019) ****
Comédie de Michel Leclerc avec Leïla Bekhti, Edouard Baer, Ramzy Bedia, Eye Haïdara, Xavier Alcan, Laurent Capelluto…

Jeudi 15 juillet – 20H40– OCS CHOC
THE GAME
(1997) ****
Thriller de David Fincher avec Michael Douglas, Sean Penn, Deborah Kara Unger, James Rebhorn, Carroll Baker, Scott Hunter McGuire, Florentine Mocanu, Armin Mueller-Stahl…

Jeudi 15 juillet – 20H50 – TCM
BASIC INSTINCT
(1992) ****
Thriller de Paul Verhoeven avec  Michael Douglas, Sharon Stone, George Dzundza, Jeanne Tripplehorn…

Vendredi 16 juillet – 22H50 – TCM
DONNIE DARKO
(2001) ****
Film fantastique de Richard Kelly avec Jake Gyllenhaal, James Duval, Holmes Osborne, Maggie Gyllenhaal, Daveigh Chase, Mary McDonnell…

Vendredi 16 juillet – 20H55 – TEVA
VOLVER
(2006) ****
Comédie dramatique de Pedro Almodóvar avec Penélope Cruz, Carmen Maura, Lola Dueñas, Blanca Portillo, Yohana Cobo, Chus Lampreave, Antonio de la Torre…

Vendredi 16 juillet – 23H00 – TEVA
ETREINTES BRISEES
(2009) ***
Drame de Pedro Almodóvar avec Penélope Cruz, Lluís Homar, Blanca Portillo, José Luis Gómez, Ángela Molina, Tamar Novas, Rossy de Palma…

Samedi 17 juillet – 21H05– CANAL+
ONCE UPON A TIME… IN HOLLYWOOD (version longue)
(2019) ****
Thriller de Quentin Tarantino avec Brad Pitt, Leonardo Dicaprio, Margot Robbie, Kurt Russell, Al Pacino, Luke Perry, Bruce Dern, Timothy Olyphant, Dakota Fanning, Damian Lewis, Emile Hirsch, Clifton Collins Jr…

Samedi 17 juillet – 20H50 – CINE+ PREMIER
PANIC ROOM
(2002) ****
Thriller de David Fincher avec Jodie Foster, Kristen Stewart, Jared Leto, Forest Whitaker, Dwight Yoakam, Patrick Bauchau, Ann Magnuson, Ian Buchanan…

Samedi 17 juillet – 22H38 – CINE+ PREMIER
FLIGHT PLAN
(2005) ***
Thriller de Robert Schwentke avec Jodie Foster, Marlene Lawston, Peter Sarsgaard, Sean Bean, Kate Beahan, Assaf Cohen, Greta Scacchi…

Dimanche 18 juillet – 20H50 – CINE+ FAMIZ
TOUR DE FRANCE
(2016) ***
Comédie dramatique de Rachid Djaïdani avec Gérard Depardieu, Sadek Sadek, Louise Grinberg, Nicolas Marétheu, Mabô Kouyaté, Raounaki Chaudron…

Dimanche 18 juillet – 22H15 – OCS CITY
OLD BOY
(2003) *****
Thriller de Chan-Wook Park avec Choi Min-Sik, Ji-Tae Yoo, Kang Hye-jeong, Dae-han Ji, Dai-soo Oh, Byeong-ok Kim, Seung-Shin Lee, Jin-Seo Yoon…

Dimanche 18 juillet – 21H05 – W9
LE VIAGER
(1972) ***
Comédie de Pierre Tchernia avec Michel Serrault, Michel Galabru, Jean-Pierre Darras, Rosy Varte, Claude Brasseur, Yves Robert, Odette Laure, Jean Carmet, Jean Richard, Gérard Depardieu…

« J’ai vraiment voulu être à la hauteur d’Ibrahim » – Interview Samir Guesmi & Raphaël Elig

« J’ai vraiment voulu être à la hauteur d’Ibrahim » – Interview Samir Guesmi & Raphaël Elig

- Interview Samir Guesmi & Raphaël Elig - Ibrahim

Récompensé de 4 Valois (meilleurs film, mise en scène, scénario & musique) lors du Festival du film francophone d’Angoulême 2020, IBRAHIM, le premier long-métrage de Samir Guesmi a également fait partie de la sélection Cannes 2020. Une reconnaissance plus que méritée pour ce film qui a enfin trouvé le chemin des salles le 23 juin.
Le lendemain de cette sortie, l’acteur-réalisateur et Raphaël Elig, compositeur de la bande originale du film étaient à Rochefort pour une rencontre avec le public dans le cadre du Festival Sœurs Jumelles.
L’occasion pour Cin’Ecrans de revenir sur la belle aventure d’IBRAHIM…

Gadjo Dilo - Romain Duris & Rona Hartner

Samir, dans quel état d’esprit es-tu au lendemain de la sortie d’IBRAHIM qui était prêt depuis pas mal de temps mais que la pandémie a empêchée, l’hiver dernier ?
Samir Guesmi – J’ai vécu cette sortie de manière extrêmement heureuse. Je ne soupçonnais pas pouvoir être accueilli de cette façon. J’ai eu des retours extrêmement élogieux, joyeux, le film a eu une presse super, des réactions incroyables. Et on a fait un peu le tour des salles avec Raphaël et franchement, on rencontre des gens extrêmement émus, touchés. Moi ça me bouleverse.

Franchement tu oublies tous les moments pénibles, toute cette attente qui n’était pas vraiment une attente d’ailleurs, parce que c’est juste le temps qui s’est étiré et ça c’est étiré un peu pour tout le monde cette histoire de pandémie.
Je n’ai pas le sentiment d’un soulagement, c’est juste un autre pan de l’aventure, c’est mon premier long métrage et je découvre ça en fait, je suis un bleu ! (rire) C’est à dire qu’il y a l’écriture, la préparation, le tournage, le montage et puis il y a la sortie, les festivals, la rencontre avec le public et franchement, c’est le grand chelem en fait! C’est un triathlon, il y a des épreuves différentes à chaque fois très, très, très, denses.

Nous sommes ici dans un festival qui célèbre la musique et l’image. Que représente pour toi la musique de film ? 
Samir Guesmi – J’ai une grande admiration pour la musique de film. C’est sacré pour moi parce que c’est quelque chose d’extrêmement difficile. C’est une partition qui se superpose au film et qui existe par ailleurs. C’est à dire qu’on peut l’entendre comme une oeuvre à part entière mais qui doit se marier, accompagner un film sans lui faire de l’ombre. Ce mariage entre la musique et l’image doit fonctionner, indépendamment de la qualité de la composition.
Quand la musique est là pour colmater des défaillances de mise en scène ou alors accentuer des moments un peu tragiques, je ne trouve pas ça intéressant
J’ai donc un rapport étrange à la musique de film, je l’aime mais à la fois, par moments je pourrais m’en passer mais largement… Quand on me dit “Là, il faut que tu pleures” en rajoutant des violons, je me lève, c’est vraiment épidermique, je me sens pris en otage et je trouve que dans ce cas, la musique gâche le film.

Tout ça pour dire à quel point j’adore la musique de film et, à la fois, elle me terrorise parce que, par moments, elle peut tout casser, tout foutre en l’air.

Raphael Elig  –
Je suis parfaitement d’accord avec ça. Et par rapport à la partition sonore du film qui englobe à la fois les dialogues, les bruitages et la musique, je me suis tellement imprégné du son de l’appartement ou de celui de la brasserie, par exemple, que j’ai voulu les garder sur la bande originale du film parce que, pour moi, ça faisait partie de sa musique.

J’ai souvent rejoint Samir et Loïc, son monteur son, car il y a tout un travail sonore que je trouve génial. Ce qu’il a fait est incroyable. Ca a été vraiment comme un travail sur une peinture pour essayer de trouver les bons pleins et déliés.

Exils - Romain Duris & Lubna Azabal

Raphael, c’est effectivement un film urbain qui marie très fortement la musique et le son de la ville. Comment avez-vous travaillé la richesse de toute cette matière ?
Raphael Elig – J’ai vu le film monté avant de commencer à travailler, j’avais donc déjà une matière très avancée et c’est pour ça que j’ai dit à Samir “C’est déjà tellement beau sans musique… les silences sont là, ils sont présents et ils ont besoin de rester silencieux” (sourire) La difficulté était donc de définir dans quels interstices j’allais pouvoir me glisser pour donner des éclairages, à certains moments, qui soient justes et qui n’enlèvent pas cette dimension sonore importante mais qui est quand même assez ténue.

Ce qui est important, c’est de voir que le père et le fils communiquent très peu. Ils sont juste là et on avait besoin de garder cette dimension. Il fallait trouver la place de la musique mais sans lui en donner trop. Les silences, pour moi, ça fait partie aussi de la partition sonore, c’est bien de donner des respirations et pour moi, ça a été vraiment un super travail d’épurer les notes avec Samir.
En tant que compositeur on a tout le temps tendance à être un peu trop bavard alors du coup Samir m’a aidé à ne pas ne pas l’être trop.

Samir, cette démarche et cette volonté de retenue dont parle Raphaël pour l’écriture de la musique semble être la même que dans l’écriture et dans le jeu. Cette volonté de ne pas en faire trop, de ne pas trop en dire et de faire confiance au spectateur était présente dès la naissance du projet ?
Samir Guesmi – A partir du moment où on a un personnage mutique, qui a du mal avec les mots, il faut bien trouver une autre manière de le faire exister. C’est à dire qu’il fallait le voir arriver à la maison, que l’on comprenne ce qu’il pense, sans nécessairement le formaliser.

Mais je voulais ajouter quelque chose sur le travail de Raphaël qui a été difficile parce que, moi, j’étais très, très méfiant et très chiant. Je n’étais pas complètement clair à ce propos.
La musique, j’y pense beaucoup et notamment pour mon film. J’avais envie de musique et, en même temps, plus je travaillais sur le film, plus j’accordais d’importance aux sons, aux rumeurs de la ville, au silence d’un appartement, d’une cuisine, au déclenchement du frigo et cette bande sonore me suffisait.
Puis, j’ai regardé le film qui était assez âpre et un peu rugueux, avec un son un peu métallique. J’aimais bien ça, mais je trouvais un peu arbitraire et un peu radical de ne pas mettre de musique. Donc, j’ai écouté plein de musiciens, j’ai fait quelques tentatives puis j’ai eu envie de rencontrer Raphaël après avoir entendu sa musique au piano.
Je me rappelle que j’étais un peu méfiant, un peu sur mes gardes. J’ai été assez mauvais joueur, en lui disant “Je ne sais pas si j’ai envie de musique !”  et lui m’a répondu ” Tu as raison, je crois qu’il ne faut pas de musique sur le film”. Moi, à ce moment-là, avec mon esprit de contradiction, je lui ai demandé d’essayer de faire quelque chose sur certaines scènes comme celle de la cuisine ou de la salle de bain, où je pensais qu’il n’y avait pas besoin de musique.

Raphael y est allé avec toute la délicatesse du monde et en même temps en imposant cette présence de la musique. C’était exactement ce que je lui demandais ! C’était à la fois d’exister, de ne pas faire un truc timide qui allait être écrasé par l’image et de prendre sa place avec moi qui ne la lui faisait pas vraiment.
J’ai l’air de faire le malin, mais c’est vraiment ça ! C’est pour cette raison que je disais qu’une bonne musique de film c’est une musique qui épouse le film en trouvant sa juste place. Et je trouve que le piano de Raphaël est incroyable.

Après la bande son du film, peut-on parler également du travail de Céline Bozon, la directrice photo, à qui l’on doit la très belle lumière du film. Rarement Paris, la nuit notamment, n’a été aussi justement montrée ?  Quelles étaient tes attentes sur ce point?
Samir Guesmi – Franchement, à part sur les scènes de rêves, il n’y a eu aucun traitement sur l’image. Paris est tel que je l’ai vue, que je l’ai vécue enfant. En fait, je me suis rendu compte que la ville n’a pas changé.
C’est un film qu’on a fait avec une économie assez modeste, on n’a pas eu des tonnes d’éclairage. Il y a eu beaucoup de scènes tournées la nuit dans Paris et on s’est servis de l’éclairage de la ville. Le rouge orangé, un peu ocre de la cité, c’est celui qui existe.

Le talent de Céline, et c’est la même chose avec Raphaël, c’est de pas s’être mise en avant avec ses lumières, Raphaël ne s’est pas non plus mis en avant avec sa musique. On a juste regardé avec attention ce qu’il y avait devant nous et franchement, c’est suffisamment beau et bouleversant pour qu’on n’ait pas besoin de rajouter des choses.
La forme du film n’était pas préalablement pensée ou peut-être inconsciemment. En fait, j’ai vraiment voulu être à la hauteur d’Ibrahim c’est à dire à la hauteur de ses 16 ans, à la hauteur de sa taille de ce qu’il voit lui, comment il perçoit la ville…
Moi, c’est ce Paris là que je connais !

Ce premier film à la fois intense et pudique est aussi très personnel. Aurais-tu pu réaliser un autre premier film, sur un autre sujet ? Quel en a été le déclic?
Samir Guesmi – Ibrahim, c’est une déclaration d’amour d’un père à son fils ou d’un fils à son père. J’avais envie de faire un film d’amour, et pour moi un film d’amour c’est deux êtres, un homme et une femme, une femme et une femme ou un homme et un homme, c’est le sentiment amoureux. En fait, c’est aussi possible de faire un film entre un père et son fils, comme une déclaration d’amour.
Et donc…. (longue réflexion) est-ce que j’aurais pu faire un autre premier film que celui-ci ? je ne sais pas…  je ne crois pas, non !

 

Et aujourd’hui, tu as d’autres envies de réalisation ? 
Samir Guesmi – C’était tellement dense, tellement intense ce premier long métrage que j’ai très, très envie d’en faire un autre mais je sais que le prochain sera totalement différent. Pour le moment il faut qu’IBRAHIM sorte, vive sa vie pour que je puisse envisager concrètement le prochain. J’en ai déjà le désir, c’est sûr, mais j’ai envie d’être aussi plein que je l’ai été avec IBRAHIM. Je n’ai pas très envie de me précipiter et en même temps, c’est mon paradoxe, je n’ai pas envie que ce soit dans mille ans. Il faut savoir prendre le temps mais aussi choper le bon moment ! (sourire)  

Comment envisage-t-on la suite, justement, quand l’accueil sur un premier film est aussi enthousiaste ? Y-a-t-il une forme de pression ?
Samir Guesmi – Moi je me méfie des mots, ça se voit dans le film…  Mais bon, il y a une partie de moi qui dit “ouah c’est génial, c’est super” et l’autre partie qui a envie d’oublier. 
La manière dont ça s’est passé sur ce premier film est quand même assez extraordinaire et donc la pression est forcément là.
De toute façons, il y a une pression avant un premier film, avant le deuxième… Que le premier eut été un échec ou une catastrophe, la pression pour le deuxième aurait été là de toute façon. Je vais faire en sorte que tous les aspects positifs, toute l’expérience de ce film-là serve au deuxième.

Et cette expérience derrière la caméra a-t-elle nourri celle de l’acteur ? A-t-elle ou va-t-elle changer des choses dans ton travail avec d’autres réalisateurs? 
Samir Guesmi – Ah oui, énormément !  Le parcours d’un acteur, pas pour tous mais pour une bonne partie je crois, c’est beaucoup d’échecs, dans le sens où c’est beaucoup de refus, beaucoup de rôles que tu ne fais pas. Et j’ai compris, avec cette expérience, qu’un acteur correspond ou ne correspond pas au rôle. Il n’y a pas à se taper dessus quand on n’a pas le rôle. J’ai compris pourquoi on choisissait un acteur sur un film. Je l’ai compris parce que j’ai choisi des acteurs pour mon film et quand on est acteur on pense mal, en fait, et on se fait du mal tout seul. Donc, je me dis que maintenant je vais être plus tranquille, je vais respirer, je vais souffler.
Et paradoxalement, je n’ai jamais eu autant de rôles que maintenant.

Justement, quels sont tes projets les plus proches en tant qu’acteur ?
Samir Guesmi – C’est le film de Rachid Hami qui va s’appeler POUR LA FRANCE, un drame, qui va être un film sublime je le sais déjà. C’est le deuxième film de Rachid qui avait réalisé la MELODIE avec Kad Mérad et des adolescents, il y a deux – trois ans. Je pars également tourner à Montréal cet été, dans le nouveau film de Denis Côté, un cinéaste québécois.

Raphaël, tu as peu travaillé pour le cinéma. Cette BO d’IBRAHIM t’a-t-elle donné envie d’en écrire d’autres ?
Raphael Elig – Quand j’étais à l’école normale de musique, j’avais été passionné par une classe de musiques de film que j’avais avec Laurent Petitgirard (ndlr, chef d’orchestre et compositeur, entre autres de nombreuses BOF) et c’est vrai que c’est un rêve d’enfant.
Après, l’histoire s’est écrite un peu autrement. J’étais passionné, aussi, par la recherche musicale j’ai fait pas mal de choses pour la télé, j’ai fait de la pub, il fallait manger aussi, donc voilà j’ai été assez polyvalent.
Mais je suis très content d’avoir vécu cette expérience avec Samir et d’être revenu à la matière première qu’est le piano qui est vraiment mon premier amour. C’était une très belle expérience parce que je me suis remis au piano depuis plusieurs années, sur un travail personnel, fait uniquement de pièces pour piano autour de l’enfance, et donc c’était formidable de pouvoir servir ce film avec cette matière-là.

Cette musique composée pour IBRAHIM t’a value d’être récompensé du Valois de la meilleure musique de film. Cette reconnaissance de ton travail est importante ?
Raphael Elig – Oui, oui bien sûr, c’est très motivant ! Ca me donne beaucoup de beaucoup d’élan et  de force.

Propos recueillis le jeudi 24 juin, à l’occasion de la première édition du Festival Soeurs Jumelles à Rochefort. 

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Cette semaine à la TV – Du  5 au 11 juillet

Cette semaine à la TV – Du 5 au 11 juillet

Je vous propose chaque semaine une sélection de films ou documentaires à voir sur l’ensemble des chaînes françaises…

Retrouvez ci-dessous cette sélection Cin’Ecrans très « Cannoise », cette semaine, ouverture de la 74eme édition du plus grand festival de cinéma au monde, oblige.
Au programme, entre autres, 4 films de Léos Carax (dont le nouveau long, ANNETTE, fait l’ouverture de Cannes 2021), 4 films de la sélection Cannes 2020 ( ADN, ETE 85, PENINSULA  & l’inédit en salles AMMONITE de Francis Lee) et pas moins de 4 Palmes d’or ( THE TREE OF LIFE, LA VIE D’ADELE & PARASITE )
Bon festival et bonne(s) séance(s) sur grand ou petit écran 😊

Lundi 5 juillet – 21H05 – France 3
PARASITE
(2019) ***** (Inédit en clair)
Thriller de Bong Joon-ho avec Kang-ho Song, Sun-kyun Lee, Yeo-jeong Jo, So-Dam Park, Woo-sik Choi, Hyeon-jun…

Lundi 5 juillet – 22h14 – CINE+ CLUB
J’AI PERDU MON CORPS
(2019) *****
Film d’animation de Jérémy Clapin

Les apparences de Marc Fitoussi

Lundi 5 juillet – 21H01 – TV5 MONDE
ETRE ET AVOIR
(2002) ****
Film documentaire de Nicolas Philibert avec Georges Lopez

Mardi 6 juillet – 21H02 – CANAL+
ADN
(2020) *** (Inédit TV)
Drame de Maïwenn Maïwenn avec  Maïwenn Maïwenn, Louis Garrel, Fanny Ardant, Marine Vacth, Dylan Robert…

Mardi 6 juillet – 21H05– NRJ12
LES POUPEES RUSSES
 (2005) ****
Comédie dramatique de Cédric Klapisch avec Romain Duris, Kelly Reilly, Audrey Tautou, Cécile De France, Kevin Bishop, Evguenya Obraztsova, Irene Montalà, Gary Love, Lucy Gordon, Aïssa Maïga…

Mercredi 7 juillet – 21H05 – CANAL+
AMMONITE
(2020)  (Inédit TV)
Drame de Francis Lee avec Kate Winslet, Saoirse Ronan, Gemma Jones, Fiona Shaw…

Les yeux de sa mère de Thierry Klifa

Mercredi 7 juillet – 20H40 – OCS CITY
MAUVAIS SANG
(1986) ****
Drame de Leos Carax avec Denis Lavant, Juliette Binoche, Michel Piccoli, Hans Meyer, Julie Delpy, Hugo Pratt, Serge Reggiani, Jérôme Zucca, Carroll Brooks…

Mercredi 7 juillet – 22H40 – OCS CITY
BOY MEETS GIRL
(1984) ***
Drame de Leos Carax avec Denis Lavant, Mireille Perrier, Carroll Brooks, Elie Poicard, Christian Cloarec, Anna Baldaccini…

Jeudi 8  juillet – 20H50 – CINE+ CLUB
LA DERNIERE MARCHE
(1995) ****
Drame de Tim Robbins avec Susan Sarandon, Sean Penn, Raymond J. Barry, R. Lee Ermey, Celia Weston, Robert Prosky…

Jeudi 8 juillet – 21H05– CHERIE 25
TOUT CE QUI BRILLE
(2010) ****
Comédie dramatique de Hervé Mimran et Géraldine Nakache avec Leïla Bekhti, Géraldine Nakache, Virginie Ledoyen, Linh Dan Pham, Simon Buret, Audrey Lamy, Daniel Cohen, Manu Payet, Nanou Garcia, Fejria Deliba…

Jeudi 8 juillet – 20H40 – OCS CITY
HOLY MOTORS
(2012) ****
Drame de Leos Carax avec Denis Lavant, Edith Scob, Eva Mendes, Kylie Minogue, Elise Lhomeau, Jeanne Disson, Michel Piccoli…

Vendredi 9 juillet – 20H53 – CANAL+ CINEMA
PENINSULA
(2020) *** (Inédit TV)
Film d’horreur de Sang-ho Yeon avec Dong-won Gang, Lee Jeong-hyeon, Re Lee, Min-jae Kim, Koo Kyo-hwan, Do-Yoon Kim…

Vendredi 9 juillet – 20H55 – PARIS PREMIERE
LE GRAND CHEMIN
(1987) ***
Comédie dramatique de Jean-Loup Hubert avec Anémone Anémone, Richard Bohringer, Antoine Hubert, Vanessa Guedj, Christine Pascal, Raoul Billerey, Pascale Roberts, Marie Matheron…

Vendredi 9 juillet – 20H50 – CINE+ CLUB
LES AMANTS DU PONT NEUF
(1991) ****
Drame de Leos Carax avec Juliette Binoche, Denis Lavant, Klaus-Michael Grüber, Chrichan Larsson, Marc Maurette, Marion Stalens, Edith Scob…

Samedi 10 juillet – 20H53– CANAL+ CINEMA
LA VIE D’ADELE
(2013) *****
Drame de Abdellatif Kechiche avec Adèle Exarchopoulos, Léa Seydoux, Jérémie Laheurte, Catherine Salée, Aurélien Recoing, Sandor Funtek, Aurelie Lemanceau, Baya Rehaz, Benjamin Siksou

Samedi 10 juillet – 20H50 – CINE+ PREMIER
SHOW GIRL
(1995) ***
Drame de Paul Verhoeven avec Elizabeth Berkley, Kyle MacLachlan, Gina Gershon, Glenn Plummer, Robert Davi, Al Ruscio, Alan Rachins…

Samedi 10 juillet – 22H56 – CINE+ PREMIER
ELLE
(2016) ****
Thriller de Paul Verhoeven avec Isabelle Huppert, Laurent Lafitte, Anne Consigny, Charles Berling, Virginie Efira, Judith Magre, Christian Berkel, Jonas Bloquet, Alice Isaaz, Vimala Pons, Raphaël Lenglet, Arthur Mazet

Samedi 10 juillet – 20H50 – TCM
FAME
(1980) ****
Comédie dramatique de Alan Parker avec Irene Cara, Lee Curreri, Antonia Franceschi, Eddie Barth, Boyd Gaines, Laura Dean…

Dimanche 11 juillet – 20H53 – CANAL+ CINEMA
ETE 85
(2020) ****
Comédie dramatique de François Ozon avec Félix Lefebvre, Benjamin Voisin, Philippine Velge, Valeria Bruni Tedeschi, Melvil Poupaud, Isabelle Nanty, Aurore Broutin, Laurent Fernandez, Bruno Lochet…

Dimanche 11 juillet – 22H31 – CANAL+ CINEMA
SWIMMING POOL
(2003) ***
Drame de François Ozon avec Charlotte Rampling, Ludivine Sagnier, Charles Dance, Jean-Marie Lamour…

Dimanche 11 juillet – 22H13 – CINE+ CLUB
C’EST ARRIVE PRES DE CHEZ VOUS
(1992) ****
Comédie noire de Rémy Belvaux, André Bonzel, Benoît Poelvoorde avec Benoît Poelvoorde, Rémy Belvaux, André Bonzel, Jacqueline Poelvoorde-Pappaert…

Dimanche 11 juillet – 20H40 – OCS CITY
THE TREE OF LIFE
(2011) ****
Drame de Terrence Malick avec Brad Pitt, Sean Penn, Jessica Chastain, Hunter McCracken, Laramie Eppler, Tye Sheridan, Fiona Shaw…

“C’est vraiment la rencontre qui crée l’œuvre” – Interview Amine Bouhafa

“C’est vraiment la rencontre qui crée l’œuvre” – Interview Amine Bouhafa

Interview Amine Bouhafa - Compositeur de la BO de Gagarine

Brillant musicien franco tunisien, Amine Bouhafa a composé la bande originale de très nombreux courts et longs-métrages pour le cinéma (UN FILS, AMIN, LA BELLE ET LA MEUTE…) et la télévision. En 2015, il obtient le César de la meilleure musique originale pour la BO de TIMBUKTU d’Abderrahmane Sissako.
Présent fin juin à Rochefort, aux côtés de Fanny Liatard et Jérémy Trouilh pour une projection de GAGARINE au Festival Sœurs Jumelles, Amine Bouhafa n’a pas fini de nous régaler de ses compositions puisque ces derniers mois, il a également signé, entre autres, les bandes originales des films SOEURS de Yamina Benguigui et L’HOMME QUI A VENDU SA PEAU de Kaouther Ben Hania.
Rencontre avec un musicien passionné et gourmand de cinéma et de musique…

 

Comment êtes-vous devenu musicien et plus spécialement compositeur de musique de films?  
C’est une relation d’amour passionnelle. Ma première passion c’est la musique mais je pense que c’est le cinéma qui m’a permis de réaliser mon rêve de faire de la musique et qui a conforté ce choix en m’ouvrant ses bras. J’en suis ravi. 

Plus jeune je faisais pas mal d’arrangements de chanson donc je traînais dans les studios. Un jour, j’avais alors 15 ans, un jeune réalisateur qui faisait son court-métrage cherchait un compositeur pour sa musique. Il m’a vu pianoter et m’a demandé si je voulais faire son film. Je lui ai répondu  “oui oui, avec grand plaisir, j’ai envie !” Et je suis passé, comme ça, d’un court à un deuxième puis un troisième, un documentaire un deuxième documentaire et puis ensuite j’ai eu la grande chance de rencontrer Abderrahmane Sissako avec qui j’ai travaillé sur ce film magnifique, TIMBUKTU qui  était mon premier film de fiction.  

Avec un César de la meilleure musique à la clé…
Oui ! Le cinéma qui vous ouvre les bras comme ça, si jeune et avec cet accueil public et critique pour le film avec 7 César, une nomination aux Oscars c’est fou, c’est comme un rêve ! 

Pensez-vous que la musique soit suffisamment mise à l’honneur dans le cinéma ? On a souvent le sentiment qu’elle est un peu mise de côté …
En fait, que ce soit la musique, la photo ou même les acteurs, on est au service de cette œuvre majeure qu’est le film. Je dirais qu’un film c’est l’enfant d’une orgie en fait. Tout le monde participe à la naissance de cette œuvre.

La musique, elle même, est au service de ce film mais si en plus on peut l’écouter comme une œuvre à part entière, c’est un bonus. Mais pour moi, elle est d’abord là pour servir le film. 

Comment s’est faite la rencontre avec Fanny & Jérémy, les réalisateurs de GAGARINE et comment s’est déroulée votre collaboration ?
Il faut dire que l’on est trois compositeurs à avoir travaillé sur ce film avec les frères Galperine dont j’aime beaucoup le travail. Chacun a travaillé de son côté sur des parties différentes du film mais toujours avec beaucoup de respect, une bonne entente et une bonne énergie. 

Et donc, au départ, j’ai rencontré Fanny & Jérémy lors d’une lecture du scénario et pour illustrer une séquence, ils avaient mis une chanson très, très belle sur laquelle j’ai grandi. C’est une chanson de Fairuz, la grande diva libanaise, et je me souviens que quand cette chanson est passée au cours de cette lecture j’avais la chair de poule. Du coup je suis allé les voir à la fin et je leur ait dit “c’est magnifique mais comment est ce que vous connaissez Fairuz?”  parce que si c’est une artiste extrêmement connue dans le monde arabe, c’est quand même rare, qu’on entende une chanson surtout pour illustrer un film franco-français. Ils m’ont dit “mais on adore Fairuz” et du coup, de fil en aiguille, on a parlé de cinéma et de musique. On s’est super bien entendu, on s’est trouvé des affinités artistiques. Puis, ils ont fait leur film et ils m’ont appelé pour que je réalise la chanson, on s’est tellement bien entendu qu’ils m’ont demandé de continuer le travail sur le score.
Ca a pris de l’ampleur et j’en suis ravi parce que je me rappelle que quand ils m’ont invité à l’une des projections de travail du film, c’était tellement émouvant… Je voyais ce maelström de sons, d’images et puis c’était d’une telle imprévisibilité !  On commence le  film, on est dans une cité on ne sait pas ce qui va se passer…puis on entre dans un univers poétique, un monde de rêve et ça c’est très inspirant !
Ca l’a été d’autant plus que c’est justement sur ces parties oniriques, rêveuses que j’ai surtout travaillé. Fanny et Jérémy voulaient de la générosité, de l’ampleur et du lyrisme.
Ils voulaient littéralement que le film, que le personnage s’envole. La musique dans un film, quelquefois, c’est aussi ça son rôle. C’est comme si le film était un avion sur un tarmac et la musique le fait décoller. En l’occurrence, c’était vraiment ça l’idée. 

Cette dimension magique, onirique du film était-elle déjà évidente lors de cette lecture du scénario ?
La lecture faisait ressentir un côté surréel mais c’est vrai que juste sur la lecture, on n’arrivait pas à se projeter complètement surtout quand ça parlait d’explosions, ce n’était pas très tangible.
Il fallait le support des images parce que la force de ce film c’est quand même beaucoup son visuel, mais on voyait quand même l’ambition du projet. On sentait que le film tranchait avec le regard unidimensionnel sur la cité que véhiculent la plupart des films actuels qu’on voit sur le sujet, c’était déjà autre chose. 

Il n’y avait pas ce côté stéréotypé sur les personnages. Les réalisateurs posent un regard extérieur sur la cité car ils n’y ont pas vécu. En revanche, ils ont côtoyé les habitants, ils les ont filmés avec au début ce regard documentaire. Petit à petit, ils les ont emmenés vers un autre univers, vers de l’onirisme, vers le rêve et c’est ça qui est assez frappant, assez stimulant. Je suis sorti de cette projection de travail en n’ayant pas grand-chose à dire car c’était une expérience très sensorielle, très immersive. 
Ensuite, on s’est revus deux mois plus tard pour travailler sur le film.

En dehors de sa musique et de la chanson, avez-vous aussi travaillé sur l’ambiance sonore du film ?
Je tiens à signaler que le travail sur le sound design du film est vraiment excellent. J’ai eu la chance d’arriver à un moment ou une partie de ce travail était déjà réalisé donc ça me permettait aussi de le prendre en compte, j’ai travaillé sur d’autres fréquences. J’ai essayé de laisser de la place à ce sound design parce que je pense qu’il apporte une personnification, une identité sonore à cet immeuble.

Fort de tous ces éléments et de la demande de Fanny & Jérémy, comment avez-vous travaillé votre partition ?
En général, j’ai un rapport assez visuel à la musique. Ce qui m’inspire le plus c’est vraiment les couleurs d’un film, les mouvements de la caméra. Typiquement, c’est des fois un peu difficile pour moi de composer sur un scénario parce que j’ai besoin de voir les images et de ressentir le rythme du montage. A partir de là, j’essaie de m’imprégner de toutes ces informations visuelles.

En général, je m’isole un peu pour essayer de composer avec le souvenir d’images qui se sont imprégnées dans ma mémoire visuelle. Après je prends tout ce matériel que j’ai pu esquisser. En fonction du film, ça peut être des sons, des mélodies, un mélange des deux, mais ça peut aussi être une palette d’orchestration classique, électro ou autre, voire de couleurs d’instruments.

Je fais tout cette cuisine interne en m’éloignant du travail très direct à l’image puis je prends tous ces éléments et je m’assois de nouveau devant le film. Là, je commence à essayer de voir à quel moment telle ou telle musique peut fonctionner sur les images, si  elle peut se marier parfaitement avec telle couleur du film. C’est vraiment un travail en trois étapes: Regarder le film, puis m’isoler pendant un moment pour travailler sans le revoir, puis confronter le résultat de ce travail avec le film.

Passez-vous avec facilité d’un réalisateur, d’un univers à un autre avec facilité?
C’est vraiment un monde où les affinités, les rencontres, c’est la chose la plus importante.  On rencontre d’abord une personne et puis on essaie de voir si on partage la même passion, les mêmes envies. C’est comme ça que naît cette envie de faire quelque chose ensemble.
Et mettre son ego de compositeurs ou de musiciens de côté pour s’inviter dans un univers de metteur en scène, un univers de cinéma, c’est vraiment passionnant !

J’ai beaucoup de chance parce que ce sont souvent des rencontres en festival ou en projection qui ont déclenché une envie de collaboration. C’est vraiment la rencontre qui crée l’œuvre et je pense que c’est vrai pour tous les chefs de poste.
En l’occurrence le compositeur est un troisième auteur, c’est ça  mon identité. Et j’ai envie de travailler avec quelqu’un qui partage les mêmes valeurs, les mêmes envies de cinéma, la même passion que moi, qui aime les mêmes musiques. J’ai envie de dire qui aime manger la même cuisine (rire).

Et puis c’est vrai que des fois l’envie de travailler avec des gens dont on aime le cinéma, amène à travailler avec d’autres gens dont on aime aussi le cinéma. Une rencontre en nourrit une autre, un film nourrit un autre film…la rencontre est donc vraiment la chose la plus importante dans ce monde du cinéma.

Propos recueillis le vendredi 25 juin, à l’occasion de la première édition du Festival Sœurs Jumelles à Rochefort. 

 

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FFA 2021 – Le Festival du film francophone d’Angoulême dévoile sa programmation

FFA 2021 – Le Festival du film francophone d’Angoulême dévoile sa programmation

A la veille de l’ouverture du Festival de Cannes, Dominique Besnehard et Marie-France Brière, co-délégués généraux du Festival du film francophone d’Angoulême (FFA), ont annoncé la très riche programmation de cette 14è édition qui se déroulera du 24 au 29 août prochain.
Les festivités débuteront avec l’avant-première mondiale d’EIFFEL, le nouveau film de Martin Bourboulon (PAPA OU MAMAN) et se termineront avec l’adaptation du roman EUGENIE GRANDET d’Honoré de Balzac par Marc Dugain (L’ECHANGE DES PRINCESSES).
Demandez le programme, presque complet…

LE JURY 2021

C’est Nicole Garcia qui présidera le jury de cette édition 2021. Le festival profitera de sa présence pour proposer en avant-première son dernier film AMANTS avec Pierre Niney, Stacy Martin & Benoît Magimel.

Pour départager les 10 films de la compétition et trouver un digne successeur à IBRAHIM (4 Valois, dont celui du meilleur film) de Samir Guesmi,  l’actrice – réalisatrice sera accompagnée par le réalisateur du CHANT DU LOUP Antonin Baudry , la journaliste Leïla Kaddour, le comédien Reda Kateb, la costumière et décoratrice Catherine Leterrier, la romancière Marie Ndiaye, le rappeur Oxmo Puccino, la comédienne Noémie Schmidt, et le réalisateur et scénariste belge Philippe Van Leeuw (UNE FAMILLE SYRIENNE, 3 fois récompensé à Angoulême en 2017).

Le jury des étudiants sera lui présidé par Anne Parillaud.

FILMS – LA COMPETITION

BOITE NOIRE de Yann Gozlan

ILS SONT VIVANTS de Jérémie Elkaïm

LE CHEMIN DU BONHEUR de Nicolas Steil

PETITE NATURE de Samuel Theis

ROSE d’Aurélie Saada

UNE HISTOIRE D’AMOUR ET DE DESIR de Leyla Bouzid

MON LEGIONNAIRE de Rachel Lang

LA NUIT DES ROIS  de Philippe Lacôte

UNE REVISION de Catherine Therrien

LA VRAIE FAMILLE de Fabien Gorgeart

HOMMAGES, FOCUS & BIJOUX DE FAMILLE

Cette année, le festival rendra hommage à l’actrice américaine et francophile Sigourney Weaver (qui a malheureusement été contrainte d’annuler sa venue à Angoulême) ainsi qu’au cinéma algérien, à travers une sélection d’oeuvres marquantes telles que CHRONIQUE DES ANNEES DE BRAISE (Palme d’Or à Cannes en 1975) de Mohamed Lakhar-Hamina ou CHEB de Rachid Bouchareb et de films en avant-première comme CIGARE AU MIEL de Kamir Aïnouz et LA FAMILLE, le nouveau Merzak Allouache.
Cet hommage sera présenté par le comédien et réalisateur Lyes Salem, lauréat du premier Valois d’or du festival pour MASCARADES en 2008.

Parmi les autres événements de cette édition, notons que la société de distribution célébrée dans la section “Les bijoux de famille” est Memento Distribution avec les projections d’AU BOUT DU CONTE d’Agnès Jaoui,  MARGUERITE de Xavier Giannoli, LE PASSE d’Asghar Farhadi, 120 BATTEMENTS PAR MINUTE de Robin Campillo,  UN TRIOMPHE d’Emmanuel Courcol.

Le focus à un réalisateur sera consacré à Martin Provost  qui présentera ses films LA BONNE EPOUSE, SAGE FEMME, VIOLETTE, OU VA LA NUIT & SERAPHINE et en profitera pour donner une Classe de maître, comme le feront aussi au cours de ces 5 jours, Nicole Garcia, Catherine Leterrier et l’équipe de Memento Distribution.

Comme tous les ans, de très nombreux films seront présentés en avant-première aux professionnels présents et au public, qui peut d’ores et déjà réservé ses places pour certains de ces films sur le site officiel du festival.
Quelques avant-premières supplémentaires doivent être annoncées d’ici le début du festival.

FILMS – LES AVANT-PREMIERES

EIFFEL  de Martin Bourboulon  (Film d’Ouverture)

EUGENIE GRANDET de Marc Dugain (Film de clôture)

ALBATROS de Xavier Beauvois

ALINE de Valérie Lemercier

AMANTS de Nicole Garcia

C’EST MAGNIFIQUE de Clovis Cornillac

CE2 de Jacques Doillon

DELICIEUX d’Eric Besnard

LES JEUNES AMANTS de Carine Tardieu

L’HOMME DE LA CAVE de Philippe Le Guay

MINCE ALORS 2 : la rechute de Charlotte de Turckheim

MYSTERE de Denis Imbert

ON EST FAIT POUR S’ENTENDRE de Pascal Elbé

L’ORIGINE DU MONDE de Laurent Lafitte

PRESQUE de Bernard Campan et Alexandre Jollien

LE TEST d’Emmanuel Poulain-Arnaud

D’autres oeuvres viennent compléter le programme à travers d’autres sélections dont, nouveauté cette année, Nouveaux Regards , une sélection dédiée à un cinéma qui propose « une nouvelle façon de faire des films, une nouvelle façon de les regarder »

FILMS – NOUVEAUX REGARDS

“Une nouvelle façon de faire des films, une nouvelle façon de les regarder”

ANNEES 20 d’Elisabeth Vogler

ENTRE LES VAGUES d‘Anaïs Volpé

JOURS SAUVAGES de David Lanzmann

LES LENDEMAINS DE VEILLE de Loïc Paillard

FILMS – LES FLAMBOYANTS

CETTE MUSIQUE NE JOUE POUR PERSONNE de Samuel Benchetrit

CHERE LEA de Jérôme Bonnell

LES INTRANQUILLES de Joachim Lafosse

FILMS – DOCUMENTAIRES

DIVAS D’OUM KALTHOUM A DALIDA de Feriel Ben Mahmaoud

JANE PAR CHARLOTTE de Charlotte Gainsbourg

LES ADOS, TETES A CLAP ! de Patrick Fabre

LES ILES DE NAPOLEON de Marie-France Brière

ROSY de Marine Barnieras

FILMS – PREMIERS RENDEZ-VOUS

L’HORIZON d’Emilie Carpentier

LES MEILLEURES de Marion Desseigne Ravel

PIERRE ET JEANNE de Clémentine Célarié

FILM– LE JOUR D’APRES
(projection au cinéma Galaxy à Cognac, le lundi 30 août

LA PLACE D’UNE AUTRE d’Aurélia Georges  (Coup de coeur de Dominique Besnehard)

FILMS – CINE & CONCERTS

HAUT ET FORT de Nabil Ayouch

SI ON CHANTAIT de Fabrice Maruca

TRALALA d’Arnaud & Jean-Marie Larrieu

Parallèlement à ces Ciné & Concerts, le Festival proposera d’autres évènements autour de la musique avec une conversation musicale entre Julie Gayet & Valérie Lemercier ainsi qu’un récital de Jeanne Cherhal consacré aux chansons du cinéma.

Retrouvez plus d’informations pratiques sur le festival et sur la programmation de cette 14eme édition du festival ci-dessous !