DERRIÈRE LES PALMIERS (Behind the Palm Trees)

Un film de Meryem Benm’Barek
Scénario de Meryem Benm’Barek & Fyzal Boulifa
Avec Sara Giraudeau, Driss Ramdi, Nadia Kounda, Carole Bouquet, Olivier Rabourdin…
Drame – 2026 – Maroc – 1h40
Sortie en salles le 1er avril 2026

L’histoire
A Tanger, Mehdi voit sa relation avec Selma bouleversée lorsqu’il rencontre Marie, une riche Française dont les parents ont acheté une luxueuse villa dans la kasbah. Attiré par sa vie mondaine, il délaisse Selma, feignant d’ignorer que ses choix le rattraperont.

L’AVIS CIN’ÉCRANS ***1/2

Remarquée avec SOFIA , Prix du scénario – Un Certain Regard à Cannes en 2018, Meryem Benm’Barek est de retour avec un second long-métrage dont le titre résume parfaitement le propos.
Que se cache-t-il derrière les façades éclatantes d’une partie du Maroc, celui de riches expatriés ?

DERRIÈRE LES PALMIERS est le regard que pose la scénariste – réalisatrice marocaine sur son pays mais aussi sur le reste du monde.
Un regard qui passe à travers un récit dans lequel la tension et le désir circulant entre ses trois principaux personnages sont poussés à leur paroxysme.  

Drame intime, sur fond de fracture sociale, DERRIÈRE LES PALMIERS emprunte habilement les chemins du thriller.
La cinéaste y explore subtilement l’attraction destructrice de Mehdi pour un monde de privilèges et de liberté apparente, au risque de sacrifier sa propre identité, ses proches et ses attaches. Le spectateur suit impuissant le parcours du jeune homme, à travers des décisions qui semblent le rapprocher inexorablement d’un point de non-retour.

La force du film tient en grande partie à son passionnant propos mais aussi à la belle incarnation de son triangle amoureux par trois formidables interprètes, Sara Giraudeau (Marie), Nadia Kounda (Selma) et Driss Ramdi, alias Mehdi, un personnage ambigu, manipulateur et largué, dont le film adopte le point de vue.
Quelques réserves en revanche sur l’interprétation plus appuyée (voire caricaturale) de Carole Bouquet et Olivier Rabourdin qui incarnent les parents faussement généreux et empathiques de Marie.   

Reste que DERRIÈRE LES PALMIERS confirme l’acuité du regard de Meryem Benm’Barek et sa faculté d’analyse des fractures de la société marocaine. Son second long-métrage dresse le portrait captivant d’une jeunesse marocaine tiraillée entre ses racines et une forme de mirage occidental.

Jean-Luc Brunet / Cin’Écrans

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