THE PLAGUE
Un film de Charlie Polinger
Scénario de Charlie Polinger
Avec Joel Edgerton, Everett Blunck, Elliott Heffernan, Kenny Rasmussen, Lucas Adler, Kayo Martin…
Drame – Thriller – États-Unis – 2025 – 1h35
Sortie en salles le 3 juin 2026
L’histoire
Dans un camp d’été, la rumeur d’une peste se propage. Quand Ben refuse d’y croire, les frontières de la réalité se brouillent et un jeu impitoyable se déclenche entre les garçons.
L’AVIS CIN’ÉCRANS ****1/2
En découvrant THE PLAGUE pour sa sortie en salles, un an après sa sélection cannoise*, on s’étonne de ne pas en avoir plus entendu parler à l’époque, tant ce thriller psychologique qui puise dans les codes du cinéma horrifique est brillant.
En effet, dès sa séquence introductive et anxiogène sous l’eau dans une piscine, tout fait sens : le son, l’image, le cadre, chaque plan du film est mis au service de son propos.
Ce premier long de Charlie Polinger plonge le spectateur en apnée, 1h35 durant, dans un monde paranoïaque à la frontière entre la petite enfance et l’adolescence. Le réalisateur y explore avec acuité la violence et la vulnérabilité de jeunes gens qui testent leurs limites et celles des autres avec beaucoup de cruauté, à travers le « jeu » de rumeurs, d’injonctions masculinistes, d’humiliations quotidiennes et d’exclusion.
Et cette question à la clé : comment s’intégrer et exister au sein d’un groupe quand on a 12 ans ?
Le film dissèque avec beaucoup d’intelligence et une certaine distance (certains pourraient lui reprocher son refus des émotions faciles) les mécanismes retors du harcèlement et ceux de sa reproduction. Il démontre combien une position, un point de vue, une affirmation de soi peut être difficile à tenir dans certains cas, face aux autres, surtout quand on est en pleine phase de construction de son identité.
Si le propos de THE PLAGUE est puissant, son traitement l’est tout autant. On est littéralement bluffé par l’inventivité et la force de la mise en scène de Charlie Polinger.
À travers des plans séquences d’une rigueur implacable (on songe à plusieurs reprises à ELEPHANT de Gus Van Sant), un travail remarquable sur le cadre, le recours à une lumière souvent très brute (presque clinique), sans oublier l’utilisation d’une bande son organique et immersive, le cinéaste instaure une ambiance d’enfermement étouffante et un judicieux état d’inconfort permanent.
Porté par de jeunes acteurs inconnus mais remarquables de justesse et par la présence adulte de l’excellent Joel Edgerton (BOY ERASED), THE PLAGUE fait partie de ces œuvres puissantes mais éprouvantes dont le propos et les images vous hantent longtemps après sa découverte.
Jean-Luc Brunet / Cin’Écrans
L’INFO EN +
* THE PLAGUE a été présenté en Sélection officielle Un Certain Regard au Festival de Cannes 2025.
Également présenté en compétition au Festival du film américain de Deauville 2025, il y a obtenu le Grand Prix et le Prix de la critique.
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