L'ÉTRANGER
Un film de François Ozon
Scénario de François Ozon avec la collaboration de Philippe Piazzo, d’après l’œuvre d’Albert Camus
Avec Benjamin Voisin, Rebecca Marder, Pierre Lottin, Denis Lavant, Swann Arlaud, Christophe Malavoy, Nicolas Vaude, Jean-Charles Clichet, Mireille Perrier…
Drame – 2025 – France – 2h00
Sortie en salles le 29 octobre
L’histoire
Alger, 1938. Meursault, un jeune homme d’une trentaine d’années, modeste employé, enterre sa mère sans manifester la moindre émotion. Le lendemain, il entame une liaison avec Marie, une collègue de bureau. Puis il reprend sa vie de tous les jours. Mais son voisin, Raymond Sintès vient perturber son quotidien en l’entraînant dans des histoires louches jusqu’à un drame sur une plage, sous un soleil de plomb…
L’AVIS CIN’ÉCRANS ***1/2
24eme long-métrage du talentueux et très prolifique François Ozon, L’ÉTRANGER nous offre une relecture singulière de ce roman d’Albert Camus, réputé difficile voire impossible à adapter.
Même le grand Luchino Visconti qui s’y est essayé en 1967 n’a pas vraiment réussi son pari, en signant un film considéré comme mineur dans son œuvre.
François Ozon, lui, pose donc son regard d’aujourd’hui sur cette histoire écrite en 1939. Le livre paru en 1942 et traduit dans soixante-huit langues est le troisième roman francophone le plus lu dans le monde après Le Petit Prince de Saint-Exupéry et Vingt Mille Lieues sous les mers de Jules Verne. Le pari de cette seconde adaptation était donc, pour le moins, audacieux.
D’autant que pour donner chair et vie à un personnage principal aussi froid, distant et apathique que Meursault, il fallait que la mise en scène trouve l’accord parfait. Ce à quoi s’est attelé avec succès François Ozon à travers la précision de son cadre et un magnifique travail de son chef opérateur Manu Dacosse (L’ÉTRANGER est leur 5ème collaboration) sur la lumière du film. Un travail méticuleux sur la photographie et la texture de l’image que vient sublimer le noir et blanc somptueux voulu par le cinéaste.
Malgré tout, ce judicieux parti-pris artistique n’aurait sans doute pas suffi à nous embarquer totalement dans cette histoire et à nous faire adhérer au portrait de cet homme qui semble absent à lui-même tout au long de son parcours.
Et là, l’idée de génie du réalisateur a été de confier le rôle, casse-gueule à souhait, de Meursault à son irréprochable interprète d’ÉTÉ 85, Benjamin Voisin.
Même sans rien faire (c’est du moins le sentiment qu’il peut donner) l’acteur césarisé pour son rôle dans ILLUSIONS PERDUES de Xavier Giannoli, impressionne l’écran comme personne.
La fascination que semble éprouver François Ozon pour son personnage/comédien principal rejaillit sur le spectateur qui observe les errements de cet homme fantomatique avec un intérêt grandissant au fil du récit.
Meursault qui n’espère rien de la vie, refuse les diktats d’une vie sociale rangée, le mensonge, le petit théâtre de comédie humaine et l’amour. Ne déclare-t-il pas ainsi, avec cruauté, à Marie Cardona (parfaite Rebecca Marder), sa maitresse qu’il finira néanmoins par épouser « Je t’aime, ça ne veut rien dire ! » …
Autant dire, que la subtile performance de Benjamin Voisin est pour beaucoup dans la réussite de L’ÉTRANGER.
Avec son nouveau long-métrage, François Ozon nous propose une œuvre de cinéma radicale qui ne fait pas, loin de là, l’unanimité. Il faut donc saluer l’audace de ce (beau) geste de cinéma en allant le découvrir en salles !
Jean-Luc Brunet / Cin’Écrans
Noémie Lefort, seule contre tous… ou presque, pour l’amour de Julia Roberts
Véritable feel good movie et né de sa propre histoire, Mon héroïne est le premier long-métrage de Noémie Lefort. De Rouen à New-York, le film raconte avec une belle énergie son incroyable périple pour donner son scénario à Julia Roberts …
Fall, tombées de haut !
Extrêmement bien réalisé, ce thriller psychologique et malin prend rapidement des allures de huis clos angoissant à ciel ouvert. Cin’Ecrans vous met au défi de ne pas avoir le vertige devant la mésaventure de ces deux copines perchées à plus de 600 mètres du sol…
Bernard Blier, Seul dans la nuit…
Un film de 1945 qui se balade avec une certaine audace entre polar, comédie et film musical. Son réalisateur y pose un regard inédit sur le monde de la radio – télévision au sortir de la guerre et nous offre l’occasion de retrouver avec plaisir l’excellent Bernard Blier.




