L’ÉCHAPPÉE (Drift)
Un film d’Anthony Chen
Scénario de Susanne Farrell & Alexander Maksik d’après le roman d’Alexander Maksik « A marker to measure drift »
Avec Cynthia Erivo, Alia Shawkat, Ibrahima Ba…
Documentaire – 2023 – France – 1h43
Sortie en salles le 24 avril 2024
L’histoire
Sur les plages paradisiaques d’une île grecque, personne ne remarque Jacqueline. Personne sauf Callie, une guide touristique américaine. Leur amitié naissante pourrait guérir Jacqueline d’un traumatisme enfoui et lui permettre d’affronter les fantômes de son passé.
3 bonnes raisons de voir ce film
1/ Lauréat de la Caméra d’Or en 2013 pour son premier long-métrage ILO ILO, le cinéaste singapourien Anthony Chen est de retour avec ce film librement adapté d’un roman de l’écrivain américain Alexander Maksik La mesure de la dérive.
Le réalisateur d’UN HIVER A YANJI nous propose avec L’ÉCHAPPÉE, un film plein de délicatesse en forme de portrait, celui de Jacqueline, une femme digne mais enfermée dans sa douleur dont la reconstruction passe par la relation amicale qu’elle noue avec autre femme, guide touristique, solitaire elle aussi.
2 / Véritable écrin de sensibilité et d’émotion, L’ÉCHAPPÉE touche au cœur grâce à la grande pudeur de ses personnages et de leurs sentiments mais aussi par l’apparente simplicité de sa mise en scène.
Anthony Chen s’est entièrement mis au service de cette histoire et de ses personnages, notamment à travers ses choix de décors (en particulier ceux des ruines) qui reflètent en grande partie l’état psychologique de Jacqueline.
Plutôt que de traiter frontalement de la question de la migration et des crises qu’elle provoque, le réalisateur fait le choix de décrire, sans faux-semblants, la brutalité d’un traumatisme de guerre et les ravages qu’il provoque chez cette femme.
3 / Difficile d’oublier le regard de Jacqueline qui évolue selon les situations auxquelles elle est confrontée. On ne peut qu’être touché, voire bouleversé par la résilience de cette femme, véritable survivante d’une tragédie, mais toujours hantée par la culpabilité.
Saluons le choix du cinéaste d’avoir offert ce rôle imposant mais tout en nuances de Jacqueline à Cynthia Erivo, magnifique actrice qui est pour beaucoup dans l’émotion procurée par le film et son personnage. La sobriété de son jeu s’accorde à merveille avec celui de sa principale partenaire Alia Shawkat. Ce beau duo de femmes qui promènent leurs douleurs tout en cherchant un sens à leurs vies fait le prix de cette œuvre subtile et profondément touchante.
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