LA MAISON DES FEMMES
Un film de Mélisa Godet
Scénario de Mélisa Godet
Avec Karin Viard, Laetitia Dosch, Eye Haïdara, Oulaya Amamra, Pierre Deladonchamps, Juliette Armanet, Jean-Charles Clichet, Laurent Stocker
Drame – France – 2025 – 1h50
Sortie en salles le 4 mars 2026
L’histoire
À la Maison des femmes, entre soin, écoute et solidarité, une équipe se bat chaque jour pour accompagner les femmes victimes de violences dans leur reconstruction. Dans ce lieu unique, Diane, Manon, Inès, Awa et leurs collègues accueillent, soutiennent, redonnent confiance. Ensemble, avec leurs forces, leurs fragilités, leurs convictions et une énergie inépuisable.
L’AVIS CIN’ÉCRANS ****1/2
Le premier long métrage de Mélisa Godet est une belle réussite.
Sur un sujet qui pouvait s’avérer casse gueule et/ou plombant la scénariste réalisatrice a su trouver le ton juste et le parfait équilibre entre didactisme et romanesque. LA MAISON DES FEMMES est une fiction chorale précise et très documentée qui met en avant le précieux travail du personnel de cette institution née à Saint-Denis.
Mélisa Godet dresse avec beaucoup d’assurance, le portrait de ces femmes (et quelques hommes aussi), véritables héroïnes du quotidien au service d’autres femmes, victimes de violences.
Si à travers les victimes prises en charge par Diane (Karin Viard, très investie) et ses collègues, la cinéaste décrit de nombreux types de violence, elle évoque aussi les terribles mécanismes de l’emprise et de la culpabilité ressentie par leurs victimes.
Plutôt que de mettre en scène la violence, Mélisa Godet a fait le choix judicieux de capturer avec précision l’instant où la parole se libère. Le tout sans aucun voyeurisme ou pathos mais, bien au contraire, avec une infinie pudeur.
Cette place primordiale accordée à la parole et à sa croyance n’est pas sans rappeler la manière dont elle était mise en avant et en scène dans deux films aux thématiques pourtant foncièrement différentes : LES INVISIBLES de Louis-Julien Petit et JE VERRAI TOUJOURS VOS VISAGES de Jeanne Herry.
L’une des autres grandes forces de ce film généreux tient dans le regard que pose Mélisa Godet sur les intervenantes sociales qui font que cette maison des femmes existe.
La réalisatrice ne les montre jamais comme des héroïnes infaillibles mais comme des femmes très engagées, avec leurs certitudes, leurs doutes mais aussi épuisées par le système. Le scénario qui met l’accent sur manque cruel de moyens et de personnel d’une telle structure n’en est que plus crédible.
Même si le récit peut parfois paraitre éclaté, la variété et la richesse de ses principaux personnages fait que l’on s’attache très vite à chacun d’entre eux, d’autant que Mélisa Godet a su accorder une véritable place à tous les protagonistes (et ils sont nombreux) de son histoire.
Saluons à ce titre, la belle efficacité des dialogues et le remarquable investissement de Karin Viard, Laetitia Dosch, Eye Haïdara et Oulaya Amamra mais aussi de l’ensemble des autres interprètes.
S’il ne fallait citer que deux séquence très emblématiques du film, nous retiendrions la séance photo collective, à la fois douloureuse et joyeuse, qui permet aux victimes de retrouver une forme de confiance et de dignité que certaines avaient perdu. Ces femmes sont belles et se reconnectent avec elle-même à travers le regard des autres.
Et puis, il y aussi cette confrontation finale et bouleversante entre le personnage d’Inès (remarquable Oulaya Amamra) et celui de sa mère incarnée avec une grande justesse par Aure Atika.
Ce qui se joue à ce moment là de leur histoire personnelle justifie totalement le combat de ces femmes engagées, contre les violences patriarcales.
LA MAISON DES FEMMES est un premier film vibrant et terriblement attachant, une ode à la compassion et à la solidarité qui célèbre la force du collectif.
Une œuvre généreuse que l’on recommande chaleureusement au plus grand nombre.
Jean-Luc Brunet / Cin’Écrans
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