SUR LA ROUTE D’OMAHA (Omaha)
Un film de Cole Webley
Scénario de Robert Machoian
Avec John Magaro, Molly Belle Wright, Wyatt Solis
Drame – États-Unis – 2025 – 1h23
Sortie en salles le 22 juillet 2026
L’histoire
Ella et son frère Charlie sont réveillés en pleine nuit par leur père. Sans explication, il les embarque pour un long voyage sur les routes du Midwest. Alors que les deux jeunes enfants découvrent un monde qu’ils n’ont jamais vu, leur père demeure mutique et soucieux. Ella commence alors à entrevoir la vérité derrière ce voyage improvisé…
L’AVIS CIN’ÉCRANS ****1/2
À l’instar de longs-métrages comme AFTERSUN ou REBUILDING, SUR LA ROUTE D’OMAHA s’inscrit dans la grande tradition du cinéma américain indépendant qui se fait malheureusement de plus en plus rare.
Avec ce premier long-métrage couronné du Prix du Jury au Festival de Deauville 2025, Cole Webley nous offre l’un des films les plus bouleversants vus ces derniers mois sur grand écran.
Ce qui frappe dès les premières minutes de ce film d’une remarquable sensibilité, c’est l’extrême douceur qui se dégage du personnage de ce père que l’on suit avec ses enfants SUR LA ROUTE D’OMAHA, 1h33 durant.
À travers ce récit, en forme de road movie, d’un homme rongé par la culpabilité de décisions qu’il prend à contre cœur, le réalisateur dresse le portrait triste mais digne d’une Amérique en marge, victime du déclassement social.
Au fil de séquences, tour à tour, âpres, tendres et parfois lumineuses (la parenthèse enchantée du cerf-volant dans le désert de sel), ce premier long métrage affiche une formidable cohérence avant de nous délivrer sa bouleversante révélation finale.
Nous ne sommes pas près d’oublier la prestation de John Magaro qui oscille entre douceur protectrice et dureté contrainte. Son jeu, tout en retenue et en intériorité n’est pas sans rappeler celui de Casey Affleck dans MANCHESTER BY THE SEA. Un acteur dont John Magaro partage également un ton de voix très singulier (à la limite de l’atone) qui sert magnifiquement son personnage. Face à lui, la jeune Molly Belle Wright impressionne par l’intensité et la variété de son jeu face à son petit frère et à ce père démuni, dont elle tente de décrypter les pensées et les émotions.
En dehors de l’interprétation du film qui lui apporte toute sa puissance émotionnelle, il convient de saluer le soin apporté à son image avec un beau travail sur la lumière du directeur photo Paul Meyers, sans oublier la très belle et mélancolique bande originale du film signée Christopher Bear (PAST LIVES – NOS VIES D’AVANT, dans lequel jouait d’ailleurs John Magaro).
D’une sincérité poignante, SUR LA ROUTE D’OMAHA touche en plein cœur avec une belle économie de mots et sans jamais céder aux sirènes du mélo.
Cet intimiste mais puissant drame social impressionne par sa tenue et son exigence. On en ressort bouleversé et révolté par une situation qu’aucune famille ne devrait jamais subir.
Sans conteste, l’un des énormes coups de cœur de l’été (découvert l’hiver dernier lors du Festival du film de société de Royan). À découvrir absolument !
Jean-Luc Brunet / Cin’Écrans
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