LA PAMPA
Un film d’Antoine Chevrollier
Scénario de Bérénice Bocquillon, Antoine Chevrollier & Faïza Guène
Avec Sayyid El Alami, Amaury Foucher, Damien Bonnard, Florence Janas, Artus, Léonie Dahan-Lamort, Mathieu Demy, Laëtitia Clément…
Drame – 2024 – France – 1h43
Sorti en salles le 5 février 2025
Disponible depuis le 11 juin 2025 – Blaq Out
Audio : Version Française DTS-HD Master Audio 2.0 & 5.1
Audiodescription pour aveugles et malvoyants
Sous-titres pour sourds et malentendants
L’histoire
Willy et Jojo, deux ados inséparables, passent leur temps à chasser l’ennui dans un petit village au cœur de la France. Ils se sont fait une promesse : ils partiront bientôt pour la ville. Mais Jojo cache un secret. Et quand tout le village le découvre, les rêves et les familles des deux amis volent en éclat.
Le film ****1/2
S’il signe avec LA PAMPA, son premier et enthousiasmant premier long-métrage, Antoine Chevrollier n’est pas vraiment un novice.
En effet, avant de s’atteler à LA PAMPA, il s’est sérieusement fait remarquer en réalisant plusieurs épisodes du BUREAU DES LÉGENDES et BARON NOIR pour Canal+ avant de signer l’excellente série OUSSEKINE pour Disney +.
De nombreuses raisons participent à la grande réussite de ce premier film, à commencer par une réelle qualité d’écriture.
Il faut dire que le scénariste -réalisateur a travaillé durant trois ans sur cette histoire avec sa coscénariste Bérénice Bocquillon et avec la romancière Faïza Guène (Kiffe kiffe demain, en 2004), en charge de caractériser au mieux les personnages du film.
Ce temps long (et sans doute nécessaire) d’écriture a été en partie nourri par La Pampa, un endroit où se réunissent les passionnés de moto-cross, près de Longué-Jumelles, le village natal du réalisateur.
Mais plus que le moto-cross (dont la force symbolique est néanmoins évidente), ce qui passionne Antoine Chevrollier, et nous autres spectateurs, c’est la trajectoire singulière de ses deux principaux personnages Willy et Jojo.
À travers le parcours de ces deux garçons, le réalisateur interroge des sujets aussi divers que les questions de l’émancipation adolescente, de la loyauté amicale et familiale, du machisme, de la masculinité toxique…
Si toutes ces questions ont déjà été posées milles fois par le cinéma, ici elles parviennent à nous toucher profondément tant le propos est limpide, sincère et jamais parasité par une volonté de gagner les spectateurs à sa cause.
La caméra du réalisateur est toujours à juste distance de ses personnages pour que le spectateur trouve sa propre place dans ce récit filmé à hauteur de ces adultes en devenir.
Ainsi, la mise en scène d’Antoine Chevrollier impressionne tant dans les séquences les plus intimes que dans celles énergiques et très cinégéniques des compétitions de moto-cross.
Saluons également la formidable bande originale du film composée par les très inspirés frères Sacha et Evguenie Gasperine, marquant ainsi leur quatrième collaboration avec le réalisateur.
Si la musique n’est évidemment pas le cœur du propos, impossible néanmoins de passer sous silence la très touchante séquence avec Willy illustrée par la sublime chanson de Véronique Sanson, Bahia.
Enfin il faut bien sûr dire haut et fort que si le film atteint des sommets d’émotion, c’est aussi grâce à la formidable complicité et à la justesse absolue de ses deux principaux acteurs.
Willy est incarné par l’un des plus brillants jeunes comédiens de sa génération, Sayyid El Alami (interprète du rôle-titre d’OUSSEKINE, en 2022), quant à Jojo, il est interprété avec subtilité par Amaury Foucher qui fait ici ses premiers pas, plus que convaincants devant une caméra.
N’oublions surtout pas les riches seconds rôles qui habitent fortement le film de leur présence : l’excellent Damien Bonnard, la trop rare Florence Janas et Artus, réellement surprenant dans un rôle à contre-emploi.
Vous l’aurez compris, ce premier long métrage d’Antoine Chevrollier est une véritable pépite, un condensé d’émotions porté par un récit puissant une mise en scène intelligente et des acteurs au diapason.
Séance de rattrapage hautement recommandée.
Jean-Luc Brunet / Cin’Écrans
Bonus ***1/2
-
- Entretien avec Antoine Chevrollier (37mn28)
- 2 scènes coupées (3mn03)
Le + Cin’Écrans
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