LOVE LIFE - RETOUR À TOKYO

LOVE LIFE

Drame – 2022 – 2H04 – Japon
Réalisation : Kôji Fukada
Scénario : Kôji Fukada
Avec Fumino Kimura, Tomorowo Taguchi, Tetta Shimada…

Sorti en salles le 14 juin 2023

Disponible en Blu-ray, DVD & VOD – le 17 octobre 2023 – Hanabi
Image : 16/9 1.66:1 – Son : Japonais 5.1 dts
Sous titres français et français pour sourds et malentendants

Le pitch
Taeko vit avec son époux Jiro et son fils Keita en face de chez ses beaux-parents. Tandis qu’elle découvre l’existence d’une ancienne fiancée de son mari, le père biologique de Keita refait surface. C’est le début d’un cruel jeu de chaises musicales, dont personne ne sortira indemne.

Le film ****
Réalisateur des très remarqués L’INFIRMIÈRE, SUIS-MOI JE TE FUIS et FUIS-MOI JE TE SUIS, le cinéaste japonais Kôji Fukada confirme avec LOVE LIFE tout le bien qu’inspire son travail. Ce nouveau film, dans la droite lignée de l’œuvre de Hirokazu Kore-Eda (NOBODY KNOWS, TEL PÈRE, TEL FILS) par sa manière de décrire la famille, est un très beau moment de cinéma. Un film intense et délicat dont le souvenir nous hante bien après l’avoir découvert.

LOVE LIFE qui ose avec bonheur les ruptures de ton, passant d’une grande douceur au déchirement intime, provoque des sentiments souvent contradictoires envers des personnages complexes et aux comportements parfois ambigus. Le réalisateur en profite pour aborder de nombreux sujets tels que le manque, la solidarité, le besoin d’autrui, l’entraide, l’aveuglement amoureux, le rapport de classe et de générations…

En effet, à travers un récit très contemporain, Kôji Fukada laisse entendre que les rapports inter générationnels n’ont finalement pas tant évolué que ça entre le japon d’hier et celui d’aujourd’hui. Le respect et une forme de soumission aux anciens est montrée comme pratiquement plus importante que la relation entre époux. C’est d’autant plus vrai que LOVE LIFE pointe également la question de la différence de classe sociale entre Taeko et la famille de son mari.  Le film dénonce ainsi une forme de carcans dans lequel Taeko & Jiro sont emprisonnés et dont ils tentent de s’affranchir, non sans faire de dégâts autour d’eux… 

Kôji Fukada joue avec beaucoup d’intelligence sur la notion de distance, géographique, physique et émotionnelle entre ses personnages principaux. On s’y perd parfois mais toujours avec plaisir tant le cinéaste sait nous ramener à l’essentiel. Avec LOVE LIFE, présenté à la Biennale de Venise en 2022, le réalisateur signe une nouvelle pièce maitresse de son cinéma et surtout un très beau et subtil mélodrame familial que l’on vous conseille chaleureusement. 

Bonus ***
Entretien avec Kôji Fukada (20mn)
Master class de Kôji Fukada (12mn)
« Le modèle familial japonais » (30 sec)
« L’individu et le collectif au Japon » (30 sec)
Bande annonce

En dehors de deux très courts modules de 30 secondes qui présentent le contexte social dans lequel est ancré le film, ce sont deux bonus consacrés au réalisateur de LOVE LIFE qui nous sont proposés par l’éditeur du film Hanabi.

Le premier est un extrait d’une master class donnée par Kôji Fukada à l’occasion du festival Les Saisons Hanabi 2023 au cinéma MK2 Bibliothèque à Paris. Un module court mais intéressant au cours duquel la journaliste et autrice du livre « Les évaporés du Japon » Léna Mauger interroge le réalisateur, notamment sur le phénomène tabou des disparitions volontaires de citoyens japonais (près de 100.000 personnes par an).

Le second bonus est une interview de Kôji Fukada au cours de laquelle le réalisateur s’exprime sur le genre de LOVE LIFE, la symbolique du jeu d’Othello, sa manière de jouer avec la géographie des lieux mais aussi sur l’importance du regard au cinéma, la complexité des personnages ou bien encore sur la raison de l’utilisation de trois langues dans le film. Des propos qui expliquent assez clairement les parti pris de mise en scène du cinéaste

RENDEZ-VOUS À TOKYO

Romance / Drame – 2021 – 1H55 – Japon
Réalisation : Daigo Matsui
Scénario : Daigo Matsui
Avec Sosuke Ikematsu, Sairi Itô, Yumi Kawai

Sorti en salles le 26 juillet 2023

Disponible en Blu-ray, DVD & VOD – le 7 novembre 2023 – Hanabi
Image : 16/9 1.85:1 – Son : Japonais 5.1 dts
Sous titres français

Le pitch
Les 26 juillet se suivent et ne se ressemblent pas… C’est le jour où ils se sont rencontrés, celui où ils se sont aimés, où ils se sont séparés. Sept rendez-vous entre un danseur professionnel et une conductrice de taxi dans le Tokyo d’aujourd’hui.

Le film ***
Prix du public au Festival de Tokyo
, ce film de Daigo Matsui est le premier du cinéaste japonais à sortir en France. Un long métrage bercé par une douce mélancolie et une sorte d’amertume dues, sans doute, au choix du réalisateur de nous raconter à rebours, le parcours et l’histoire d’amour de Teruo & Yo.

Une relation à l’issue dévoilée dès le départ mais dont on découvre tout au long du récit l’importance qu’elle aura à tout jamais dans les vies de ses deux protagonistes. 

L’ambiance générale de RENDEZ-VOUS À TOKYO, notamment dans ses errances nocturnes, évoque très fortement le cinéma du réalisateur américain Jim Jarmusch. Une référence totalement assumée par Daigo Matsui qui affiche même le visuel de NIGHT ON EARTH au mur de l’appartement de Teruo. Un film, d’ailleurs visionné un soir par ses deux protagonistes qui dissertent sur le personnage de Winona Ryder, chauffeur de taxi dans le film de Jarmusch et que Yo s’amuse ensuite à imiter avec humour dans son propre véhicule.

Mais ce qui marque principalement, c’est le choix de Daigo Matsui de composer son récit à rebours. Cette construction originale oblige le spectateur à une gymnastique mentale pas désagréable pour resituer parfois l’action du film dans le temps. Conséquence de ce principe de narration, il est certain qu’un second visionnage du film en offre une approche différente… Malin !

Malgré quelques longueurs, RENDEZ-VOUS À TOKYO mérite le détour pour sa construction singulière mais aussi pour le plaisir de retrouver Sosuke Ikematsu (découvert dans L’INFIRMIÈRE de Kôji Fukada (LOVE LIFE) et Sairi Itô (déjà vue, notamment dans ASAKO I & II de Ryūsuke Hamaguchi). Cette dernière crève littéralement l’écran et marque durablement, ne serait-ce que par sa voix « étrange » comme la qualifie, lui-même, son personnage de Yo. 

Bonus *
« Parler d’amour en japonais » (30 sec)
« Le lieu de tournage du film » (30 sec)
« Les bars traditionnels japonais » (30 sec)

Trois très courts modules conçus pour contextualiser le propos du film constituent le menu un peu pauvre de cette section bonus. Judicieux, même si on aurait aimé en savoir plus sur la genèse du film…

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