Joyland, vibrante et délicate ode au désir !

 Joyland, vibrante et délicate ode au désir !

JOYLAND

Drame – Romance – 2022 – 2h06 (Blu ray) 2h01 (DVD) – Pakistan
Réalisation : Saim Sadiq
Scénario : Saim Sadiq
Distribution : Ali Junejo, Alina Khan, Sania Saeed, Salmaan Peerzada…

Sorti en salles le 28 décembre 2022

Disponible en combo Blu ray / DVD & VOD le 4 avril 2023 – Condor Distribution
Image 4/3 format respecté 1.33
Son pakistanais 5.1 DTS-HD – Sous-titres français

Le pitch
A Lahore, Haider et son épouse, cohabitent avec la famille de son frère au grand complet. Dans cette maison où chacun vit sous le regard des autres, Haider est prié de trouver un emploi et de devenir père. Le jour où il déniche un petit boulot dans un cabaret, il tombe sous le charme de Biba, danseuse sensuelle et magnétique.

Le film ****
JOYLAND, premier long métrage du réalisateur pakistanais Saim Sadiq aborde à sa manière la transidentité dans la société pakistanaise. Un sujet ô combien délicat dans cette société fondée sur un système patriarcal avec des traditions qui brident toute velléité à sortir d’un schéma terriblement conservateur.

JOYLAND, remarquable ode à la liberté, dresse le portrait subtil et bouleversant d’un homme tiraillé entre les injonctions de la société et son envie irrépressible de prendre son envol et de vivre sa vie.

Avec ce premier film, Saim Sadiq filme avec sensualité et une infinie délicatesse, l’éveil de pulsions nouvelles et même tout simplement du désir chez Haider, un homme qui en manquait cruellement jusque-là.

Cette découverte d’un monde qu’Haider ignorait et la naissance d’une histoire d’amour offre à son personnage mais aussi au spectateur quelques judicieuses respirations à travers de belles séquences musicales et de danse.

Le réalisateur ose même, par instants, emprunter les atours de la comédie romantique, voire une forme de burlesque sentimental (avec la scène de balade de la silhouette géante de Biba en scooter). Il prouve ainsi sa grande foi dans l’intelligence du spectateur et dans un sujet qui aurait pu être pesant.

Si le film fait le constat sans appel d’une société corsetée par ses traditions et son conservatisme patriarcal, il n’est jamais à charge contre ses principaux protagonistes. Des personnages à qui le réalisateur donne une belle profondeur et une véritable humanité, malgré leurs défauts et leur degré d’implication dans le parcours et le destin de Haider. On en veut pour preuve la séquence finale douloureuse et bouleversante qui remet face à face Haider et son épouse.

Saluons également l’audace d’un jeune cinéaste qui montre et dénonce, ce n’est pas si courant, les dommages causés par le patriarcat, non seulement sur les femmes mais aussi sur certains hommes.
JOYLAND, présenté au Festival de Cannes 2022 y a reçu le Prix du jury Un certain regard et la Queer palm, deux récompenses plus que méritées pour signifier la réussite et la belle singularité de ce premier long métrage.

Bonus ***
Entretien exclusif avec Saim Sadiq (en partenariat avec l’AFCAE)
Court métrage : « Darling » de Saim Sadiq (2019, 16’)

Condor Distribution ne se contente pas d’offrir un bel écrin à JOYLAND présenté sous forme d’un combo Blu ray / DVD. Il nous propose également un intéressant entretien d’une dizaine de minutes avec Saim Sadiq qui s’exprime sur son rapport très personnel au propos du film, sur la notion de masculinité et sur le poids du patriarcat au Pakistan. Un pays dont on apprend par son jeune réalisateur qu’il offre paradoxalement, une vraie visibilité aux transgenres depuis des millénaires.

Également proposé en bonus, DARLING est un court métrage (inédit en France) réalisé en 2019 par Saim Sadiq qui porte déjà tout ce qui fait la force et la singularité de son premier long, à savoir un regard fort et bienveillant sur une danseuse transgenre déjà incarnée par Alina Khan, l’interprète de Biba dans JOYLAND.  Un film qui peut se voir comme une sorte de prequel et un complément précieux et très judicieux au long-métrage.

Joyland… Coup de foudre à Lahore !

Joyland… Coup de foudre à Lahore !

JOYLAND

Un film de Saim Sadiq
Scénario de Saim Sadiq
Avec Ali Junejo, Alina Khan, Sania Saeed, Salmaan Peerzada…

Drame – Romance – 2H06 – Pakistan
Sortie en salles le 28 décembre 2022

L’histoire : A Lahore, Haider et son épouse, cohabitent avec la famille de son frère au grand complet. Dans cette maison où chacun vit sous le regard des autres, Haider est prié de trouver un emploi et de devenir père. Le jour où il déniche un petit boulot dans un cabaret, il tombe sous le charme de Biba, danseuse sensuelle et magnétique.

3 bonnes raisons de voir ce film

1/ Pour sa manière d’aborder un sujet ô combien délicat dans une société pakistanaise fondée sur un système patriarcal et des traditions qui brident toute velléité à sortir d’un schéma terriblement conservateur.
JOYLAND, remarquable ode à la liberté, dresse le portrait subtil et bouleversant d’un homme tiraillé entre les injonctions de la société et son envie irrépressible de prendre son envol et de vivre sa vie.  
Avec ce premier film, Saim Sadiq filme avec sensualité et une infinie délicatesse, l’éveil de pulsions nouvelles et même tout simplement du désir chez un homme qui en manquait cruellement jusque-là.
Cette découverte d’un monde qu’Haider ignorait et la naissance d’une histoire d’amour offre à son personnage mais aussi au spectateur quelques judicieuses respirations à travers, notamment de belles séquences musicales et de danse.
Le réalisateur ose même, par instants, emprunter les atours de la comédie romantique voire d’une forme de burlesque sentimental (avec la scène de balade de la silhouette géante de Biba en scooter). Il prouve ainsi sa grande foi dans l’intelligence du spectateur et dans un sujet qui aurait pu n’être que pesant.

2/ Si le film fait le constat sans appel d’une société corsetée par ses traditions et son conservatisme patriarcal, il n’est jamais à charge contre ses principaux protagonistes. Des personnages à qui le réalisateur donne une belle profondeur et une véritable humanité, malgré leurs défauts et leur degré d’implication dans le parcours et le destin de Haider. On en veut pour preuve la séquence finale douloureuse et bouleversante qui remet face à face Haider et son épouse.
Saluons également l’audace d’un jeune cinéaste qui montre et dénonce, ce n’est pas si courant, les dommages causés par le patriarcat, non seulement sur les femmes mais aussi sur certains hommes.

3/ Dernière bonne raison de découvrir JOYLAND, son Prix du jury Un certain regard et la Queer palm 2022, deux récompenses cannoises plus que méritées pour signifier la réussite et la belle singularité de ce premier long métrage qui s’apprête également à concourir aux Oscars 2023 au titre de meilleur film étranger (il fait partie de la short-list de 15 longs métrages en lice)  

Les pires pour le meilleur

Les pires pour le meilleur

« Raconter la beauté, le talent, l'intelligence de ces enfants... » Lise Akoka

La rencontre entre Lise Akoka et Romane Guéret remonte à 2014 lors de la préparation du casting du film de Rudi Rosenberg LE NOUVEAU pour lequel elles auditionnent plus de 4000  jeunes comédiens non professionnels. Les deux jeunes femmes s’entendent tellement bien qu’elles s’associent en 2015, pour réaliser ensemble CHASSE ROYALE, un court métrage primé dans plusieurs festivals et nommé pour le César du meilleur court-métrage en 2017.

C’est de cette première expérience en commun derrière caméra que va naître leur envie de récidiver avec LES PIRES, près de 7 ans plus tard. Bien leur en a pris, tant ce premier long questionne et bouleverse.

Un tournage va avoir lieu cité Picasso, à Boulogne-Sur-Mer, dans le nord de la France. Lors du casting, quatre ados, Lily, Ryan, Maylis et Jessy sont choisis pour jouer dans le film. Dans le quartier, tout le monde s’étonne : pourquoi n’avoir pris que « les pires » ?

Après avoir remporté le Grand prix Un certain regard à Cannes puis le Valois de diamant du meilleur film à Angoulême, c’est au cours du Festival international du film de Saint-Jean de LuzLES PIRES était présenté hors-compétition que j’ai eu le plaisir d’échanger avec Lise Akoka, l’une des deux coréalisatrices de ce remarquable premier long-métrage.
L’occasion de la questionner, entre autres, sur sa nouvelle responsabilité de cinéaste, après avoir été, elle-même, directrice de casting, en charge de trouver ces enfants non professionnels auxquels le cinéma fait si souvent appel…

INTERVIEW LISE AKOKA

VALOIS DE DIAMANT – RÉACTIONS…

Interview – Mes frères et moi –  Yohan Manca & Sofian Khammes

Interview – Mes frères et moi – Yohan Manca & Sofian Khammes

« C'est un métier qui rend un peu dingo quand même ! » Yohan Manca

1er et immense coup de cœur 2022 pour ce film de Yohan Manca, présenté pour la première fois en juillet dernier au cœur de la sélection officielle « Un certain regard » au Festival de Cannes.

C’est à l’occasion d’un autre festival international, celui du film de Saint Jean de Luz au mois d’octobre que j’ai eu le bonheur de découvrir ce film qui place l’art (et en l’occurrence le chant) au cœur des préoccupations de son jeune héros qui tente de trouver sa place au sein de sa fratrie.

L’histoire est celle Nour (magnifiquement incarné par le jeune Maël Rouin Berrandou), 14 ans qui vit dans un quartier populaire en bord de mer. Le jeune garçon s’apprête à passer un été rythmé par les mésaventures de ses grands frères, la maladie de sa mère et des travaux d’intérêt général. Mais sa rencontre avec une chanteuse lyrique (la toujours formidable Judith Chemla) qui anime un cours d’été va lui ouvrir de nouveaux horizons…

Acteur, réalisateur et scénariste Yohan Manca signe avec ce 1er long métrage, une œuvre lumineuse et bouleversante dont le souvenir ne va pas vous lâcher de sitôt.
MES FRERES ET MOI qui évoque souvent le meilleur du cinéma italien des années 70 (de Risi à Fellini en passant par Comencini ou Scola) et dans un autre registre BILLY ELLIOTT, est typique de ces films trop rares dont vous avez envie de partager l’enthousiasme de la découverte avec le plus grand nombre…
Vous savez donc ce qu’il vous reste à faire… Direction les salles obscures 😊
Et si le cœur vous en dit, n’hésitez pas à partager également ma rencontre avec Yohan Manca et l’excellent Sofian Khammes.

En salle – Bonne mère – La vie continue…

En salle – Bonne mère – La vie continue…

- Bonne mère -

BONNE MERE de Hafsia Herzi avec Halima Benhamed, Sabrina Benhamed, Jawed Hannachi Herzi, Mourad Tahar Boussatha…  Drame – 2021 – 1H36
Sortie en salles le 21 juillet 2021

Nora, la cinquantaine, femme de ménage, veille sur sa petite famille dans une cité des quartiers nord de Marseille. Elle est préoccupée par le sort de son grand fils Ellyes, incarcéré depuis plusieurs mois et qui attend son procès avec un mélange d’espoir et d’inquiétude…

BONNE MERE fait partie de la Sélection officielle Cannes 2021 « Un Certain Regard »

3 bonnes raisons de voir ce film

1/ Pour la confirmation des talents de réalisatrice d’Hafsia Herzi. Après le déjà très réussi TU MERITES UN AMOUR dans lequel elle mettait en scène les affres amoureuses de sa génération, elle dresse cette fois ci le portrait bouleversant d’une mère de famille généreuse et dévouée, malgré les aléas de la vie, au cœur de Marseille.

2/
Si pour ce second long-métrage qu’elle murit depuis de très longues années (il aurait même dû être son tout premier essai derrière la caméra) Hafsia Herzi ne s’est réservé aucun rôle.
Elle pose en revanche un regard plein d’amour pour son personnage principal (Halima Benhamed, actrice non-professionnelle, est absolument remarquable)  et fait preuve d’une énorme tendresse pour l’ensemble de sa famille de sang et de cœur. On retiendra ainsi longtemps en mémoire les magnifiques séquences d’échanges de Nora avec ses collègues de travail, ou celle de la visite en prison avec la déclaration d’amour d’un fils pour son père…

3/ Présenté à Cannes dans en sélection officielle « Un Certain Regard », BONNE MERE ne pouvait trouver meilleur écrin, tant le regard de sa réalisatrice est juste et original. Rare sont les films qui donnent aux femmes un telle place. Cette « bande de filles » qui entoure Nora est bien plus forte et affirmée que les hommes souvent nonchalants ou manipulateurs.

BONNE MERE est un magnifique hommage aux femmes, aux mères qui se battent au quotidien. Le magnifique portrait d’une héroïne du quotidien dont on n’est pas prêt d’oublier le regard.