Réjouissant Jour de merde…

Réjouissant Jour de merde…

JOUR DE MERDE

Un film de Kevin T.Landry
Scénario de Kevin T.Landry
Avec Eve Ringuette, Réal Bossé, Valérie Blais, Isabelle Giroux, Louka Amadeo Bélanger-Leos…
Comédie – Thriller – 1h31 – Québec

Sortie en salles le 27 mars 2024

L’histoire
Accumulant les abus d’un ex-copain pervers narcissique et d’une supérieure condescendante, une jeune mère monoparentale travaillant pour Loto-Gold est envoyée au fin fond de nulle part pour interviewer un étrange ermite.
L’intransigeant nouveau millionnaire sera celui qui la poussera finalement à bout de manière spectaculaire

3 bonnes raisons de voir ce film

1/ Avec des films récents comme NOÉMIE DIT OUI de Geneviève Albert, BUNGALOW de Lawrence Côté-Collins, LE PLONGEUR de Francis Leclerc ou bien encore VAMPIRE HUMANISTE CHERCHE SUICIDAIRE CONSENTANT d’Ariane Louis-Seize, le cinéma Québécois prouve qu’il faut désormais à nouveau compter sur lui, à travers le regard acéré et souvent décalé de ses cinéastes.

Pour preuve de cette belle vitalité retrouvée, nous vous conseillons chaleureusement de vous aventurer à la découverte de ce JOUR DE MERDE.

Lauréat du Prix Gilles Carles aux Rendez-vous Québec Cinéma 2023, JOUR DE MERDE est le premier long-métrage de Kevin T.Landry, scénariste, réalisateur et monteur qui a signé auparavant plus d’une vingtaine de courts-métrages.

JOUR DE MERDE est un film réjouissant, à la croisée des genres entre comédie absurde, humour noir (très noir) et thriller. Un univers dont on peut aisément imaginer qu’il s’est nourri de films comme FARGO des Frères Coen, LES HUIT SALOPARDS de Quentin Tarantino ou MISERY de Rob Reiner.

2 / Outre son scénario qui aborde de manière originale des thématiques fortes autour de la solitude et de la position de la femme dans notre société, il convient de saluer la belle direction artistique du film.
On soulignera notamment un beau travail sur la photographie, le son, le montage (assuré par le réalisateur lui-même) sans oublier un générique original ainsi qu’une belle et parcimonieuse bande originale signée par le compositeur français Eloi Ragot.

Saluons également le choix de Kevin T.Landry d’avoir choisi pour illustrer le début de son histoire, « Cerveau ramolli », un titre de 2012 interprété par la chanteuse canadienne Lisa Leblanc qui donne parfaitement le ton de ce JOUR DE MERDE !

3 / JOUR DE MERDE est porté par l’excellente prestation de son interprète principale, l’actrice innue, Eve Ringuette.
Méconnue en France, la comédienne incarne avec conviction Maude, jeune mère qui à force d’injonctions en tous sens, familiales et professionnelles, ploie, mais sans jamais craquer totalement afin de protéger son fils…

Inconnus également chez nous, les autres interprètes du film (et en particulier Réal Bossé qui incarne le fameux gagnant, psychopathe, du Loto-Gold) apportent au film toute sa singularité.

Vampire humaniste… – Bon sang ne saurait mentir !

Vampire humaniste… – Bon sang ne saurait mentir !

VAMPIRE HUMANISTE CHERCHE SUICIDAIRE CONSENTANT

Un film d’Ariane Louis-Seize
Scénario d’Ariane Louis-Seize, Christine Doyon
Avec Sara Montpetit, Félix-Antoine Bénard, Steve Laplante, Sophie Cadieux, Noémie O’Farrell, Marie Brassard…
Comédie-Epouvante-Horreur – 1h32 – Québec
Sortie en salles le 20 mars 2024

L’histoire
Sasha est une jeune vampire avec un grave problème : elle est trop humaniste pour mordre ! Lorsque ses parents, exaspérés, décident de lui couper les vivres, sa survie est menacée. Heureusement pour elle, Sasha fait la rencontre de Paul, un adolescent solitaire aux comportements suicidaires qui consent à lui offrir sa vie. Ce qui devait être un échange de bons procédés se transforme alors en épopée nocturne durant laquelle les deux nouveaux amis chercheront à réaliser les dernières volontés de Paul avant le lever du soleil.

3 bonnes raisons de voir ce film

1 / Après avoir réalisé de nombreux courts métrages, la réalisatrice québécoise Ariane Louis-Seize passe au long avec ce film étonnant à plus d’un titre. Celui à rallonge tout d’abord qui sert d’accroche idéale et intrigante pour s’intéresser de plus près à un long métrage que nous n’attendions pas spécialement.

« C’est pas vrai que c’est moi qui vais chasser pour tout le monde, pendant 200 ans » Georgette, la mère de Sasha

Promesse d’une comédie noire, le résultat final s’avère franchement convaincant et plus riche que soupçonné.
On rit franchement de quelques punch line bien senties et devant le spectacle de cette famille de vampires qui se déchire sur la marche à suivre pour convaincre Sasha de passer à l’acte, tout en se débattant avec des problèmes très quotidiens, presque comme « monsieur et madame Tout-le-monde ».

Mais on est aussi surpris et touché par la sincérité et le désarroi de la jeune fille, face aux injonctions familiales. Le ton de ce film d’apprentissage oscille pour notre plus grand plaisir entre la comédie teenage horrifique et le drame psychologique à travers le parcours d’adolescents désabusés en pleine quête identitaire. Il s’en dégage une très plaisante et surprenante touche de mélancolie.

« Moi, j’aime pas la vie. Ça me ferait plaisir de la donner pour une bonne cause. » Paul

2 / Outre un scénario plutôt malin et original, il convient de saluer la cohérence de la direction artistique du film qui joue à merveille des décors, des couleurs et de la lumière (beau travail du chef op Shawn Pavlin) pour imprimer au film une ambiance séduisante et très singulière.

A noter que VAMPIRE HUMANISTE CHERCHE SUICIDAIRE CONSENTANT a reçu en septembre dernier le Prix de la mise en scène dans la section Venice Days (l’équivalent de la Quinzaine des cinéastes cannoise) de la Mostra de Venise 2023.

3 / Mais évidemment, toutes ces qualités avaient besoin d’interprètes au diapason pour que le pari du film soit pleinement tenu. Là encore, la réalisatrice a fait preuve de talent pour composer sa réjouissante famille de vampires (qui n’est pas sans évoquer la célèbre Famille Addams) avec notamment la jeune Sara Montpetit dont on avait déjà repéré le talent naissant dans FALCON LAKE, de Charlotte Le Bon.
L’actrice excelle dans ce personnage de jeune fille âgée de… 68 ans !

Il serait injuste de ne pas citer également Félix-Antoine Bénard, le jeune acteur qui incarne avec talent Paul, le fameux suicidaire consentant qui, lui, à l’âge de ses artères…

Le plongeur et des spectateurs en immersion !

Le plongeur et des spectateurs en immersion !

« Le jeu, ça ne m’a jamais intéressé ! » Henri Picard

LE PLONGEUR

Un film de Francis Leclerc
Scénario d’Éric K. Boulianne & Francis Leclerc d’après le roman homonyme de Stéphane Larue
Avec Henri Richer-Picard, Charles-Aubey Houde, Joan Hart, Maxime de Cotret
Drame – 2h07 – Québec
Sorti en salles le 3 janvier 2024

L’histoire 
Stéphane, 19 ans, rêve de devenir illustrateur. Accro aux jeux d’argent, il s’engouffre dans une spirale infernale. Endetté, sans appartement, fuyant ses amis à qui il doit de l’oseille, il trouve un job de plongeur au restaurant La Trattoria pour s’en sortir.

L’avis Cin’Écrans ****
Très inspiré par le cinéma noir américain des années 70, celui de Martin Scorsese ou Sidney Lumet, Francis Leclerc nous invite avec son 6ème long métrage à suivre au plus près le parcours accidenté de Stéphane au cœur de Montréal.
Librement adapté d’un best-seller canadien de Stéphane Larue, LE PLONGEUR dresse le portrait d’un jeune homme addict aux jeux, « obligé » de mentir pour subvenir à ses besoins et survivre dans le monde, plein de faux semblants, de la nuit et de la restauration.

« J’ai vu à peu près tous les films avec Al Pacino des années 70 pour la préparation du film ! » Francis Leclerc

Ce film tendu, rythmé par sa bande son entre rap, rock et heavy metal, navigue avec aisance entre drame psychologique et polar.
La mise en scène aérienne de Francis Leclerc s’adapte en permanence au rythme des émotions de son principal protagoniste. Après une brillante séquence introductive au ralenti, où les mouvements de caméra se font virtuoses, le rythme s’accélère et épouse celui frénétique des cuisines ou Stéphane fait son apprentissage de la vie au travail.

Pour incarner Stéphane, le réalisateur a fait appel à Henri Picard, acteur de séries canadiennes, qui tient ici son premier grand rôle au cinéma.
Le jeune et charismatique interprète de Stéphane, qui est pratiquement de toutes les scènes du film, impressionne tant il est à l’aise dans toutes les phases du jeu et les nuances de son personnage. Un personnage tour à tour agaçant, attachant et vulnérable, qui passe son temps à mentir mais dont le spectateur perçoit en permanence la vérité de son ressenti et de sa réalité. Belle performance !

Il faut également louer l’excellence de ses partenaires de jeu tels que Charles Aubey-Houde, Maxime de Cotret ou Joan Hart qui composent des personnages complexes, parfois retors pour certains, mais jamais totalement malfaisants.

Agrémenté d’une beau travail sur le son et la lumière et d’une intelligente voix off (celle de Marc-André Grondin) LE PLONGEUR nous invite à partager une expérience très immersive dans le monde de la restauration, à travers le portrait sans concessions d’un jeune homme en quête de sérénité. À découvrir sans faute !

A propos d’Henri Picard

Le jeune acteur qui nous a déclaré avoir récemment découvert (et adoré) MON ROI et POLISSE de Maïwenn est désormais représenté par une agent en France. Henri Picard espère (et c’est tout le bien qu’on lui souhaite) pouvoir travailler prochainement en France.
En attendant, il poursuit sa carrière au Québec avec notamment deux séries dont LAC-NOIR (dans laquelle il incarne un loup-garou).

Le + Cin’Écrans
C’est en août dernier lors du Festival du film francophone d’Angoulême que nous avons eu l’immense plaisir de parler avec Francis Leclerc et Henri Picard de leur travail sur LE PLONGEUR.

INTERVIEWS FRANCIS LECLERC & HENRI PICARD

Noémie dit oui… jusqu’au dégout !

Noémie dit oui… jusqu’au dégout !

« C’est très facile de tomber dans la prostitution, c’est très difficile de s’en sortir ! » Geneviève Albert

NOÉMIE DIT OUI

Noémie, une adolescente impétueuse de 15 ans, vit dans un centre jeunesse depuis trois ans. Lorsqu’elle perd tout espoir d’être reprise par sa mère, Noémie fugue du centre en quête de repères et de liberté. Elle va rejoindre son amie Léa, une ancienne du centre, qui l’introduit dans une bande de délinquants. Bientôt, elle tombe amoureuse du flamboyant Zach qui s’avère être un proxénète. Fin stratège aux sentiments amoureux ambigus, Zach incite Noémie à se prostituer. Récalcitrante au départ, Noémie dit oui

« j’ai beaucoup appris et je crois que j’en sors une actrice différente et une actrice meilleure… » Myriam DeBonville

Sorti il y a tout juste un an au Québec, NOÉMIE DIT OUI trouve enfin le chemin des salles françaises après un passage très remarqué en août dernier au Festival du film francophone d’Angoulême.
Un festival où le film a été récompensé de deux prix, le Valois des étudiants francophones et une mention spéciale pour la jeune et remarquable interprète de Noémie, Kelly Depeault.

La scénariste et réalisatrice Geneviève Albert signe avec ce premier long métrage choc, une œuvre âpre mais indispensable qui dénonce avec puissance la spirale infernale de la prostitution juvénile.
Sans aucun pathos et sans jamais l’enfermer dans un rôle de victime, la réalisatrice dresse le portrait d’une adolescente livrée à elle-même, Si Noémie accepte de se prostituer, c’est par amour d’un jeune délinquant et pour gagner un peu d’argent. Mais très vite, la jeune femme, escorte malgré elle, va se battre farouchement pour échapper à un destin sordide.
Geneviève Albert ne cède jamais à la facilité et met en scène avec force et de manière quasi-clinique l’enchainement des passes, afin de bien ancrer dans l’esprit du spectateur l’horreur, l’abjection de ces situations, jusqu’à l’écœurement

La réalisatrice a trouvé en Kelly Depeault, une interprète à la puissance de jeu sidérante. On comprend aisément que sur le tournage, la jeune actrice ait eu besoin d’un sas de décompression après le tournage de certaines scènes éprouvantes.

« J’ai demandé à toute l’équipe de porter des oreilles de lapin, pendant qu’on faisait les scènes d’agression…  » Kelly Depeault

C’est entre autres ce que Kelly et sa mère de cinéma, Myriam DeBonville, nous ont confié lors d’une interview réalisée en août dernier au cours du Festival du film francophone d’Angoulême. L’occasion aussi évidement d’échanger avec la réalisatrice sur les raisons qui l’ont poussé, pour son premier film, à s’emparer d’un tel sujet…    

NOÉMIE DIT OUI
Un film de Geneviève Albert
Scénario de Geneviève Albert
Avec Kelly Depeault, James-Edward Métayer, Emi Chicoine, Maxime Gibeault, Myriam DeBonville…
Drame – 1h56– Québec
Sortie en salles le 26 avril 2023

INTERVIEW GENEVIÈVE ALBERT, KELLY DEPEAULT & MYRIAM DEBONVILLE

Ciné – Aline Dion nous fait une scène…

Ciné – Aline Dion nous fait une scène…

- ALINE -

Québec, fin des années 60, Sylvette et Anglomard accueillent leur 14ème enfant : Aline. Dans la famille Dieu, la musique est reine et quand Aline grandit on lui découvre un don, elle a une voix en or. Lorsqu’il entend cette voix, le producteur de musique Guy-Claude n’a plus qu’une idée en tête… faire d’Aline la plus grande chanteuse au monde. Epaulée par sa famille et guidée par l’expérience puis l’amour naissant de Guy-Claude, ils vont ensemble écrire les pages d’un destin hors du commun.

Avec ce 6ème long métrage, l’actrice-réalisatrice signe sans aucun doute son film le plus personnel mais aussi le plus casse-gueule. Aline, très librement inspiré du parcours de Céline Dion est une comédie étonnante. Entré dans la salle persuadé de m’amuser aux dépens de la chanteuse québécoise, j’en suis ressorti très touché par ce personnage riche et complexe auquel Valérie Lemercier a donné vie avec bienveillance et sans ironie facile et/ou mal placée. Une réussite inattendue et bienvenue. Courez-y dès sa sortie !

ALINE, un film de et avec Valérie Lemercier, Sylvain Marcel, Danielle Fichaud…
Comédie dramatique – 2h03 –
Sortie en salles le 10/11/2021