Les ombres persanes – Double je à Téhéran

Les ombres persanes – Double je à Téhéran

LES OMBRES PERSANES

LES OMBRES PERSANES
Drame -Thriller – 2023 – 1h47(BR) 1H43 (DVD) – Iran
Réalisation : Mani Haghighi
Scénario : Mani Haghighi et Amir Reza Koohestani
Avec Taraneh Alidoosti, Navid Mohammadzadeh, Esmail Poor-Reza…

Sorti en salles le 19 juillet 2023

Disponible en BR, DVD & VOD – le 21 novembre 2023 – Diaphana Édition Vidéo
Image : 16/9 – 1.85 – Son : Dolby audio 5.1 & 2.0
Sous titres français

L’histoire
À Téhéran, un homme et une femme découvrent par hasard qu’un autre couple leur ressemble trait pour trait. Passé le trouble et l’incompréhension va naître une histoire d’amour… et de manipulation.

Le film ****
A la manière de films comme LA LOI DE TÉHÉRAN ou LEILA ET SES FRÈRES, de Saeed Roustaee, LES OMBRES PERSANES s’aventure sur le terrain du cinéma de genre (en l’occurrence ici, le film possède une vraie dimension fantastique) tout gardant un fort ancrage réaliste et social.

Grâce à un formidable travail sur photographie de Morteza Nafaji, une BO remarquable de Ramin Kousha et un beau sens de l’ellipse et du hors-champ, il se dégage de ces OMBRES PERSANES, une remarquable et oppressante atmosphère.

La question du double est au centre de ce passionnant thriller psychologique qui interroge également le regard et la perception du spectateur sur le drame qui se déroule devant ses yeux.
Impossible à ce titre de ne pas saluer comme il se doit le remarquable travail des deux comédiens principaux Taraneh Alidoosti et Navid Mohammadzadeh (déjà partenaires dans l’excellent LEILA ET SES FRÈRES) qui ne sont jamais dans la démonstration que pouvait laisser craindre la singulière histoire dans laquelle leurs personnages sont embarqués.

Si la mise en scène au cordeau de Mani Haghighi est pour beaucoup dans la réussite du film, la partition infiniment subtile que jouent ses deux interprètes majeurs, à travers chacun 2 personnages, vient transcender le travail du réalisateur.
Ajoutons à cela, le personnage de Bardia, magnifiquement incarné par un tout jeune acteur Farham Azizi, dont le regard aiguisé vient souvent aiguiller celui du spectateur.

Parfois les mots sont inutiles, d’autant que la mise en scène vient en permanence questionner le spectateur sur ce qu’il voit ou devine. Qui est qui ? semble nous demander le cinéaste. Cette ambiguïté scénaristique permanente participe aussi grandement au plaisir pris à la découverte du film et sur l’envie de le partager.

LES OMBRES PERSANES est un film troublant et fascinant qui provoque une sorte de vertige. On est comme envouté par la mésaventure singulière qui bouleverse le quotidien de ses principaux protagonistes. Une histoire dont le dénouement restera longtemps ancré dans nos mémoires.

Une excellente surprise, à découvrir sans faute !

Bonus ****
Entretien exclusif avec Mani Haghighi (24 mn)

C’est une longue et passionnante interview avec le réalisateur-scénariste du film qui est proposée en complément des OMBRES PERSANES.
On y apprend ainsi que le sujet du film est né lorsque le réalisateur a découvert sur une photo de guerre prise quelques dizaines d’années auparavant, le visage d’un homme à qui il ressemblait parfaitement. Après le choc de cette vision, le réalisateur s’est alors demandé comment il réagirait s’il rencontrait son double physique mais qu’il ne partagerait aucun autre point commun avec lui…
L’idée de départ du film était là, ne restait plus alors qu’à la développer et à l’enrichir…  
On comprend au fil de cet entretien, le peu de goût du réalisateur pour le réalisme social, d’où l’utilisation de métaphores pour s’en affranchir.  
Mani Haghighi s’exprime également sur le caractère politique de son film, la complexité du scénario ou bien encore sur le choix et le travail de ses deux comédiens principaux.

Double je avec Les ombres persanes

Double je avec Les ombres persanes

LES OMBRES PERSANES

Un film de Mani Haghighi
Scénario de Mani Haghighi et Amir Reza Koohestani
Avec Taraneh Alidoosti, Navid Mohammadzadeh, Esmail Poor-Reza…
Drame – Thriller – 1h47 – Iran
Sortie en salles le 19 juillet 2023

L’histoire
À Téhéran, un homme et une femme découvrent par hasard qu’un autre couple leur ressemble trait pour trait. Passé le trouble et l’incompréhension va naître une histoire d’amour… et de manipulation.

3 bonnes raisons de voir ce film

1/ LES OMBRES PERSANES est le sixième long métrage de Mani Haghighi mais le troisième seulement à sortir dans nos salles après VALLEY OF STARS (2016) et PIG (2018). Un film dont le processus d’écriture a été particulièrement long (près de 9 ans) et qui donne furieusement envie de découvrir la globalité du travail de ce réalisateur de 54 ans, tant son talent de conteur et de réalisateur est flagrant.

A la manière de films comme LA LOI DE TÉHÉRAN ou LEILA ET SES FRÈRES, de Saeed Roustaee, LES OMBRES PERSANES s’aventure sur le terrain du cinéma de genre (en l’occurrence ici, le film possède une vraie dimension fantastique) tout gardant un fort ancrage réaliste et social.
Grâce à un formidable travail sur photographie de Morteza Nafaji, une BO remarquable de Ramin Kousha et un beau sens de l’ellipse et du hors-champ, il se dégage de ces OMBRES PERSANES, une remarquable et oppressante atmosphère.

2/ La question du double est au centre de ce passionnant thriller psychologique qui interroge également le regard et la perception du spectateur sur le drame qui se déroule devant ses yeux.
Impossible à ce titre de ne pas saluer comme il se doit le remarquable travail des deux comédiens principaux Taraneh Alidoosti et Navid Mohammadzadeh (déjà partenaires dans l’excellent LEILA ET SES FRÈRES) qui ne sont jamais dans la démonstration que pouvait laisser craindre la singulière histoire dans laquelle leurs personnages sont embarqués.
Si la mise en scène au cordeau de Mani Haghighi est pour beaucoup dans la réussite du film, la partition infiniment subtile que jouent ses deux interprètes majeurs, à travers chacun 2 personnages, vient transcender le travail du réalisateur.
Ajoutons à cela, le personnage de Bardia, magnifiquement incarné par un tout jeune acteur Farham Azizi, dont le regard aiguisé vient souvent aiguiller celui du spectateur.
Parfois les mots sont inutiles, d’autant que la mise en scène vient en permanence questionner le spectateur sur ce qu’il voit ou devine. Qui est qui ? semble nous demander le cinéaste. Cette ambiguïté scénaristique permanente participe aussi grandement au plaisir pris à la découverte du film et sur l’envie de le partager.

3 / LES OMBRES PERSANES est un film troublant et fascinant qui provoque une sorte de vertige. On est comme envouté par la mésaventure singulière qui bouleverse le quotidien de ses principaux protagonistes. Une histoire dont le dénouement restera longtemps ancré dans nos mémoires.
Une excellente surprise, à découvrir sans faute.   

En salle – La loi de Téhéran – Thriller social en état d’urgence

En salle – La loi de Téhéran – Thriller social en état d’urgence

- La loi de Téhéran -

LA LOI DE TEHERAN de Saeed Roustayi avec Payman Maadi, Navid Mohammadzadeh, Houman Kiai…

Action – Drame – Thriller– 2020 – 2H10
Sortie en salles le 28 juillet 2021

En Iran, la sanction pour possession de drogue est la même que l’on ait 30 g ou 50 kg sur soi : la peine de mort. Dans ces conditions, les narcotrafiquants n’ont aucun scrupule à jouer gros et la vente de crack a explosé. Bilan : 6,5 millions de personnes ont plongé. Au terme d’une traque de plusieurs années, Samad, flic obstiné aux méthodes expéditives, met enfin la main sur le parrain de la drogue Nasser K. Alors qu’il pensait l’affaire classée, la confrontation avec le cerveau du réseau va prendre une toute autre tournure…

LA LOI DE TEHERAN  a été récompensé du Grand Prix et du Prix du Jury à Reims Polar 2021 (le festival international du film policier)

                                 

3 bonnes raisons de voir ce film

1/ Pour la manière dont la caméra colle au plus près ses protagonistes, pour ne jamais les lâcher.
LA LOI DE TEHERAN est un thriller social puissant qui transpire d’urgence et d’énergie. A ce titre, la séquence de poursuite ultra nerveuse qui ouvre le film restera, à coup sûr, comme l’un des grands moments de cinéma de cette année. Une tension extrême est au cœur de la totalité cette scène impressionnante. Une ambiance tendue qui ne retombera pratiquement jamais, grâce au talent incontestable de son metteur en scène qui mène son récit avec une efficacité redoutable.

2/
Si une action quasi permanente est au cœur des 45 premières minutes du film,  Saeed Roustayi n’hésite pas à surprendre le spectateur en transformant son thriller diablement efficace en une chronique sociale qui l’est tout autant. Et si l’on s’attache principalement, en début de film, au personnage de Samad, le flic, c’est sur l’ambiguïté de Naser le trafiquant que se porte finalement une grande partie de notre attention.  Le film interrogeant avec intelligence la question de la répression dans un pays où la peine de mort est encore en vigueur.

3/ A ce titre,  soulignons, l’intelligence du scénario de ce film qui dépeint avec courage et sans aucun manichéisme des personnages qui ont tous leur part d’ombre et de lumière, quel que soit leur bord.