La femme flic d’Yves Boisset – Noir c’est noir…  

La femme flic d’Yves Boisset – Noir c’est noir…  

LA FEMME FLIC

Drame – Policier – 1980 – 1H49 (Blu ray) 1H45 (DVD) – France
Réalisation : Yves Boisset
Scénario :
Yves Boisset & Claude Veillot
Distribution : Miou-Miou, Jean-Marc Thibault, Leny Escudero, Jean-Pierre Kalfon, François Simon, Niels Arestrup…

Sorti en salles le 8 janvier 1980

Film en version restaurée 4K par Studiocanal. Disponible en Blu-ray, DVD et VOD – le 19 septembre 2023 – Tamasa
Français 16/9 – 1.66 :1 – Dolby digital 2.0

Le pitch
Parce que son sens du devoir dérange, l’inspecteur Corinne Levasseur se voit reléguée aux travaux administratifs dans une petite ville du Nord. Mais elle est bientôt chargée d’enquêter sur une affaire de prostitution enfantine… Son action met sa vie en danger…

Le film ***
C’est en 1980 que LA FEMME FLIC sort sur les écrans français.
Après avoir signé deux films plus intimistes qu’à l’accoutumée, (UN TAXI MAUVE et LA CLÉ SUR LA PORTE, Yves Boisset, en bon franc-tireur qu’il est, revient à ce cinéma de dénonciation (qui est un peu sa marque de fabrique), où il n’hésite pas à mettre les pieds dans le plat…
En l’occurrence, à travers le portrait de cette femme flic qui doit faire face à la condescendance, voire au mépris, de certains de ses collègues, le réalisateur pointe du doigt la lutte des classes qui règne au cœur d’une cité ouvrière, les petits arrangements entre « amis » et la politique des notables inattaquables, le tout sur fond d’affaire pédophile…

Force est de constater que le 12è long-métrage du réalisateur de DUPONT LAJOIE et LE JUGE FAYARD DIT « LE SHÉRIFF » pose un regard très moderne sur la condition de la femme dans une institution comme la police à l’aube des 80’s..
Près de 45 ans plus tard, les choses ont bien évolué, même s’il reste encore beaucoup à faire…
Le film est aussi la peinture sans fard (et sans véritable lueur d’espoir) d’une petite ville de province, pauvre et éclaboussée par une répugnante affaire de mœurs.

Alors oui, sur la forme LA FEMME FLIC parait un peu daté et peine à décoller, mais si l’on passe le cap des 40 premières minutes et le jeu parfois approximatif  de certains acteurs, on finit par se passionner pour cette histoire dont certains aspects semblent malheureusement, encore terriblement actuels.
Aujourd’hui, le drame policier d’Yves Boisset avec une Miou-Miou à fleur de peau s’offre une sortie en version restaurée 4K agrémentée d’un passionnant bonus. À (re)voir donc !

Bonus ***
ANTIGONE CHEZ LES FLICS, documentaire de Roland-Jean Charna avec Bernard Payen, Richard Marlet et Yves Boisset (48mn)

C’est un documentaire conséquent de 48 minutes qui est proposé ici en bonus du film.
Son réalisateur Roland-Jean Charna revient longuement sur la genèse du film à la toute fin des années 70, par le biais d’entretiens croisés avec Richard Marlet, commissaire général honoraire, Bernard Payen, programmateur à la Cinémathèque Française et Yves Boisset, réalisateur de LA FEMME FLIC.
Sont ainsi longuement expliquées les origines de ce film inspiré de la carrière d’une femme policière et de plusieurs faits divers ayant défrayé la chronique au cœur des années 70.

On y évoque aussi évidemment le contexte de sa réalisation à une époque où les femmes avaient bien du mal à se faire respecter et à trouver leur juste place au sein d’une société (et notamment de la police) terriblement patriarcale.

Parmi les nombreuses autres questions abordées au cours de ce doc, on retiendra celle concernant le choix de Miou-Miou pour incarner cette femme-flic. Un rôle destiné, à l’origine, à Isabelle Huppert qui ne participera donc pas à cette aventure pour cause de tournage sans fin (ou presque !) du film de Michael Cimino LES PORTES DU PARADIS.

Sirāt – À la vie, à la mort…
Sirāt – À la vie, à la mort…

Que celles et ceux d’entre vous qui n’ont pas encore découvert Sirāt s’accrochent ! Après son succès en salles, le film choc et électrisant d’Oliver Laxe débarque dans les salons ! Montez le son pour vivre une puissante expérience sensorielle !

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Je verrai toujours vos visages, un grand film à (re)voir absolument !

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JE VERRAI TOUJOURS VOS VISAGES

Drame – 2023 – 1H58 (Blu ray) 1H54 (DVD) – France
Réalisation : Jeanne Herry
Scénario :
Jeanne Herry
Distribution : Adèle Exarchopoulos, Dali Benssalah, Leïla Bekhti, Elodie Bouchez, Suliane Brahim, Gilles Lellouche, Miou-Miou, Jean-Pierre Darroussin, Fred Testot, Denis Podalydès, Birane Ba, Anne Benoît, Raphaël Quenard, Sébastien Houbani…

Sorti en salles le 29 mars 2023

Disponible en Blu-ray, DVD et VOD – le 6 septembre 2023 – Studio Canal
Français 16/9 – 2.38 – DTS 5.1 et 2.0 – Audiodescription et sous-titres pour sourds et malentendants.

Le pitch
Depuis 2014, en France, la Justice Restaurative propose à des personnes victimes et auteurs d’infraction de dialoguer dans des dispositifs sécurisés, encadrés par des professionnels et des bénévoles comme Judith, Fanny ou Michel.

Nassim, Issa, et Thomas, condamnés pour vols avec violence, Grégoire, Nawelle et Sabine, victimes de homejacking, de braquages et de vol à l’arraché, mais aussi Chloé, victime de viols incestueux, s’engagent tous dans des mesures de Justice Restaurative.

Sur leur parcours, il y a de la colère et de l’espoir, des silences et des mots, des alliances et des déchirements, des prises de conscience et de la confiance retrouvée… Et au bout du chemin, parfois, la réparation…

Le film *****
Jeanne Herry qui nous avait séduit en 2014 avec ELLE L’ADORE, son premier film, nous avait pleinement convaincu avec le magistral PUPILLE en 2018.
Cette fois-ci avec JE VERRAI TOUJOURS VOS VISAGES, elle nous offre un troisième long métrage magistral tant sur le fond que sur la forme autour d’un thème rarement abordé en fiction, voire même à travers un documentaire (à ma connaissance, en tous cas), celui de la justice restaurative.
Malgré un dispositif minimaliste, la scénariste réalisatrice impose une mise en scène inspirée, discrète et précise. Son scénario et ses dialogues, jamais manichéens, sont affutés et entièrement au service d’un sujet puissant et de ses remarquables interprètes.

JE VERRAI TOUJOURS VOS VISAGES est un film qui (re)donne foi dans l’être humain, dans l’importance d’échanger pour tenter de comprendre, réparer et se réparer. 
Les comédien.ne.s justement, parlons-en ! Il faudrait toutes et tous les nommer tant leur incarnation de personnages en proie à de multiples questionnements est puissante et subtile. S’il fallait néanmoins retenir quelques noms, je citerai en premier lieu, Adèle Exarchopoulos dont l’intensité de jeu impressionne de film en film et dans des registres souvent opposés. Et je défie quiconque de résister au face à face final entre la comédienne et Raphaël Quenard, une scène exemplaire de tension et de subtilité. Cet instant que le spectateur traverse en apnée est un incroyable moment de vie, de vérité et de cinéma.

J’ai envie également d’évoquer le regard perdu de Leïla Bekhti au début du film, le sentiment de culpabilité de Miou-Miou, la bienveillance et le désir de compréhension de Gilles Lellouche, le désarroi de Fred Testot, la sincérité de Dali Benssalah… et tous les autres interprètes, sans exception aucune, qui font corps et âme avec leurs personnages…

Un immense bravo et merci, donc, à Jeanne Herry et ses interprètes pour ce nouveau et magnifique long-métrage dont le souvenir n’est pas prêt de s’estomper.
Nous aussi, nous verrons toujours leurs visages…

Pas de bonus… ☹ ☹ ☹

Sirāt – À la vie, à la mort…
Sirāt – À la vie, à la mort…

Que celles et ceux d’entre vous qui n’ont pas encore découvert Sirāt s’accrochent ! Après son succès en salles, le film choc et électrisant d’Oliver Laxe débarque dans les salons ! Montez le son pour vivre une puissante expérience sensorielle !

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Incontournable et bouleversant !

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JE VERRAI TOUJOURS VOS VISAGES

Un film de Jeanne Herry
Scénario de Jeanne Herry
Avec Adèle Exarchopoulos, Dali Benssalah, Leïla Bekhti, Elodie Bouchez, Suliane Brahim, Gilles Lellouche, Miou-Miou, Jean-Pierre Darroussin, Fred Testot, Denis Podalydès, Birane Ba, Anne Benoît, Raphaël Quenard, Sébastien Houbani…

Drame – 1h58 – France
Sortie en salles le 29 mars 2023

L’histoire 
Depuis 2014, en France, la Justice Restaurative propose à des personnes victimes et auteurs d’infraction de dialoguer dans des dispositifs sécurisés, encadrés par des professionnels et des bénévoles comme Judith, Fanny ou Michel.

Nassim, Issa, et Thomas, condamnés pour vols avec violence, Grégoire, Nawelle et Sabine, victimes de homejacking, de braquages et de vol à l’arraché, mais aussi Chloé, victime de viols incestueux, s’engagent tous dans des mesures de Justice Restaurative.

Sur leur parcours, il y a de la colère et de l’espoir, des silences et des mots, des alliances et des déchirements, des prises de conscience et de la confiance retrouvée… Et au bout du chemin, parfois, la réparation…

3 bonnes raisons de voir ce film

1/ Pour la force d’un sujet rarement abordé en fiction, voire même à travers un documentaire (à ma connaissance, en tous cas), celui de la justice restaurative.
La scénariste réalisatrice qui nous avait séduit en 2014 avec ELLE L’ADORE, son premier film, nous avait pleinement convaincu avec le magistral PUPILLE en 2018. Cette fois-ci avec JE VERRAI TOUJOURS VOS VISAGES, elle nous offre un troisième long métrage magistral tant sur le fond que sur la forme. Malgré un dispositif minimaliste, Jeanne Herry impose une mise en scène inspirée, discrète et précise. Son scénario et ses dialogues, jamais manichéens, sont affutés et entièrement au service d’un sujet puissant et de ses remarquables interprètes.
JE VERRAI TOUJOURS VOS VISAGES est un film qui (re)donne foi dans l’être humain, dans l’importance d’échanger pour tenter de comprendre, réparer et se réparer.  

2/ Les comédien.ne.s justement, parlons-en ! Il faudrait toutes et tous les nommer tant leur incarnation de personnages en proie à de multiples questionnements est puissante et subtile. S’il fallait néanmoins retenir quelques noms, je citerai en premier lieu, Adèle Exarchopoulos dont l’intensité de jeu impressionne de film en film et dans des registres souvent opposés .

J’ai envie également d’évoquer le regard perdu de Leila Bekhti au début du film, le sentiment de culpabilité de Miou-Miou, la bienveillance et le désir de compréhension de Gilles Lellouche, le désarroi de Fred Testot, la sincérité de Dali Benssalah… et tous les autres interprètes, sans exception aucune, qui font corps et âme avec leurs personnages…

3/ Et s’il fallait une raison supplémentaire pour vous conseiller de vous précipiter en salles, je vous parlerai de la séquence finale du film.  En effet, je défie quiconque de résister au face à face entre Adèle Exarchopoulos et Raphaël Quenard, une scène exemplaire de tension et de subtilité. Cet instant que le spectateur traverse en apnée est un incroyable moment de vie, de vérité et de cinéma. Un de ces instants qui font que vous sortez du film bouleversé mais heureux de l’avoir vécu.

Un immense bravo et merci à Jeanne Herry et ses interprètes pour ce nouveau et magnifique long-métrage dont le souvenir n’est pas prêt de s’estomper.
Nous aussi, nous verrons toujours leurs visages…

Série TV  – Nona et ses filles – Le conte est bon pour Valérie Donzelli

Série TV – Nona et ses filles – Le conte est bon pour Valérie Donzelli

- NONA ET SES FILLES -

NONA ET SES FILLES
Une série, en 9 épisodes de 30 minutes, créée et écrite par Valérie Donzelli et Clémence-Madeleine Perdrillat

Réalisation : Valérie Donzelli
Avec Miou Miou, Virginie Ledoyen, Valérie Donzelli, Clotilde Hesme, Antoine Reinartz, Michel Vuillermoz, Barnaby Metschurat, Rüdiger Vogler, Christopher Thompson
(France/Allemagne, 2021)

NONA ET SES FILLES est diffusé en intégralité sur arte.tv du 25 novembre 2021 au 14 janvier 2022 et tous les jeudis à 20h55 du 2 au 16 décembre 2021.

Amoureuse d’André et libérée de ses trois filles qu’elle adore, Nona, 70 ans et toujours responsable au planning familial, vit sa vie à 100 à l’heure au cœur de la Goutte d’Or. Jusqu’au jour où le docteur Trüffel lui annonce qu’elle est enceinte…

3 bonnes raisons de regarder la série

1/ Avec Nona et ses filles, Valérie Donzelli s’offre une première et très réussie incursion dans la série télévisée. L’actrice – scénariste – réalisatrice de NOTRE DAME,  LA GUERRE EST DECLAREE ou MAIN DANS LA MAIN poursuit dans la veine originale et onirique de son cinéma.
Le spectateur familier de l’univers de la cinéaste ne sera pas déstabilisé par le scénario empreint d’une formidable fantaisie et par des parti pris de mise en scène, forts et assumés: Une voix off très présente, des séquences enchantées, façon comédie musicale, la fermeture de séquences à l’iris, un personnage « leader » différent pour introduire chaque épisode…

2 / L’un des grands plaisirs de NONA ET SES FILLES tient dans son casting féminin. Le plaisir  de Miou Miou à composer ce personnage de mère confrontée à une nouvelle et très tardive grossesse, est véritablement contagieux.
Valérie Donzelli, Clotilde Hesme et Virginie Ledoyen ne sont pas en reste et nous entraînent avec bonheur dans un tourbillon d’énergie et de questionnements en tous genres autour, entre autres, de la parentalité et de la sororité.
Et avec une grande intelligence, la scénariste réalisatrice offre aux hommes de sa première série, une vraie place avec des personnages extrêmement bien dessinés. Mention particulière, néanmoins, pour le génial Michel Vuillermoz qui incarne à merveille un personnage d’amoureux transi et quelque peu dépassé par la situation (Se peut-il qu’il soit le père de l’enfant, sans vraiment l’être ?)

3/
Valérie Donzelli avait quelques doutes sur sa capacité à préserver sa singularité sur ce projet atypique. Qu’elle se rassure, son pari est plus que réussi, grâce à la belle connivence de l’ensemble de son casting mais aussi à une direction artistique inspirée et cohérente qui va d’un générique, vintage à souhait, à un choix de décors et de costumes très marqués, en passant par la musique ludique de Philippe Jakko (compositeur de la BO de NONA et de celle de NOTRE DAME).
Sur un format idéal de 9 x 30 minutes, NONA ET SES FILLES balade le spectateur au cœur d’une fable drolatique, poétique, parfois mélancolique et relevée d’une pointe de fantastique. Un vrai régal !