Sous les figues, ode gourmande à la vie !

Sous les figues, ode gourmande à la vie !

SOUS LES FIGUES

Comédie sentimentale – 2022 – 1h29 – Tunisie
Réalisation : Erige Sehiri
Scénario : Erige Sehiri, Ghalya Lacroix
Distribution : Ameni Fdhili, Fide Fdhili, Feten Fdhili, Samar Sifi…

Sorti en salles le 7 décembre 2022

Disponible en DVD & VOD le 18 avril 2023 – Jour2fête
16/9 2.39 – Arabe 5.1 & 2.0 – Audiodescription 2.0 – Sous-titres français

Le pitch
Au nord-ouest de la Tunisie, des jeunes femmes travaillent à la récolte des figues. Sous le regard des ouvrières plus âgées et des hommes, elles flirtent, se taquinent, se disputent. Au fil de la journée, le verger devient un théâtre d’émotions, où se jouent les rêves et les espoirs de chacun.

Le film ****
Au cœur de ce film qui évite tout pathos, de jeunes ouvrières au tempérament bien trempé et pleines d’espoir dans l’avenir, qui tentent de s’affranchir de règles ancestrales. Malgré leur solidarité affichée, elles continuent néanmoins de subir le poids du patriarcat et un vrai mépris de classe.

Si Erige Sehiri se concentre principalement sur le quotidien âpre de ces jeunes ouvrières agricoles, elle s’intéresse aussi, avec beaucoup d’acuité, à celui des générations plus anciennes et à celui contrasté des hommes.

La réalisatrice fait preuve de d’intelligence et de beaucoup de douceur pour mener à bien ce récit de l’intime. Sa caméra capte l’indicible en étant au plus près des visages, des corps et du cœur de ses protagonistes. On partage ainsi avec beaucoup d’intérêt et de connivence les espoirs, les envies et les frustrations de ses personnages principaux.
Si SOUS LES FIGUES séduit autant, c’est aussi grâce au ton adopté par sa réalisatrice. En effet, sous ses airs de documentaire plongé au cœur du monde agricole, le film distille aussi un parfum de marivaudage qui le fait naviguer de manière quasi miraculeuse entre drame social et comédie sentimentale.

Pour parvenir à ce résultat, il convient de saluer la direction d’acteurs d’Erige Sehiri qui est parvenue à capter la grâce de ses jeunes et remarquables interprètes, non professionnel.le.s pour la plupart.

Autre élément remarquable du film, sa magnifique photographie signée Frida Marzouk. La directrice photo sublime les visages et les champs de figuiers baignés par une très belle lumière naturelle, dont on imagine aisément qu’elle n’a pas été facile à capter, d’autant que la caméra n’offre que très peu de profondeur de champ.

Malgré cela, SOUS LES FIGUES n’étouffe jamais ses spectateurs, bien au contraire…

Et n’oublions surtout pas enfin, la magnifique partition musicale composée par le prolifique et toujours très inspiré Amine Bouhafa (GAGARINE, LE SOMMET DES DIEUX…)

Bonus ***
Entretien avec la réalisatrice Erige Sehiri (19mn)

 Au cours de ce bel entretien, Erige Sehiri évoque la genèse de son premier long-métrage et pour quelles raisons il était évident que c’était ce film très personnel qu’elle devait réaliser.
On y apprend la signification du choix de son titre très précis SOUS LES FIGUES et non pas SOUS LES FIGUIERS.
La réalisatrice nous explique aussi comment elle a travaillé avec ses comédien.ne.s non professionnel.le.s et sur la manière dont ils et elles ont influé sur les évolutions du scénario et de son écriture. Un film pour lequel, cette réalisatrice qui vient du documentaire a laissé place aux « accidents » de tournage ainsi que sur la force du hasard. Erige Sehiri, évoque ainsi les dessous de la séquence de retrouvailles, très touchante, entre les personnages de Melek et Abdou, en réalité celles de ses jeunes interprètes…

Une interview d’une réalisatrice aussi intéressante et lumineuse, que son premier film, chaleureusement recommandé.

Reprise en main, la force du collectif !

Reprise en main, la force du collectif !

REPRISE EN MAIN

Comédie – France – 2022 – 1h42
Réalisation : Gilles Perret
Scénario : Gilles Perret & Marion Richoux
Distribution : Pierre Deladonchamps, Laetitia Dosch, Grégory Montel, Finnegan Oldfield, Vincent Deniard, Marie Denarnaud, Yannick Choirat, Rufus, Jacques Bonnaffé…

Sorti en salles le 19 octobre 2022
Disponible en DVD & VOD le 21 février 2023 – Jour2fête

Cédric travaille dans une entreprise de mécanique de précision en Haute-Savoie. L’usine doit être de nouveau cédée à un fonds d’investissement. Cédric et ses amis d’enfance tentent l’impossible : racheter l’usine en se faisant passer pour des financiers !

Le film ***
Après avoir signé plusieurs documentaires en solo ou en duo avec son complice François Ruffin, Gilles Perret s’essaie avec réussite à la fiction avec cette comédie sociale et politique, dans la droite lignée de réalisateurs comme Ken Loach ou Pierre Jolivet. Un film sincère et joyeux porté par une belle troupe de comédiens

Bonus ****
Bravo à Jour2fête pour la qualité de cette sortie qui nous régale de deux beaux bonus, une passionnante masterclass de Gilles Perret et de sa scénariste Marion Richoux captée lors des Rencontres Cinéma de Gindou et une interview originale du réalisateur par l’un de ses acteurs Pierre Deladonchamps. Sans oublier un livret d’accompagnement du film et son affiche.

Le + Cin’Écrans
En octobre dernier, nous avons eu la chance d’échanger assez longuement avec Gilles Perret, à l’occasion de la présentation en avant-première de REPRISE EN MAIN au Festival international du film de Saint-Jean-de-Luz.
Retour ci dessous sur une rencontre, sans langue de bois, avec un cinéaste engagé et engageant…

INTERVIEW GILLES PERRET

Jane B par Charlotte C – Les dessous chics…

Jane B par Charlotte C – Les dessous chics…

JANE PAR CHARLOTTE

Documentaire – 2021 – 1H32 (blu ray) 1H28 (DVD) – France
Réalisation : Charlotte Gainsbourg
Scénario : Charlotte Gainsbourg
Distribution : Jane Birkin, Charlotte Gainsbourg,

Sorti en salles le 12 janvier 2022

Disponible en édition collector Blu ray + DVD+ Livret & VOD – Jour2fête Distribution

Image :
 16/9 – 2.00
Audio :  5.1 & 2.0
Sous-titre : Anglais – Français pour sourds et malentendants

Le pitch
Charlotte Gainsbourg a commencé à filmer sa mère, Jane Birkin, pour la regarder comme elle ne l’avait jamais fait. La pudeur de l’une face à l’autre n’avait jamais permis un tel rapprochement.

Mais par l’entremise de la caméra, la glace se brise pour faire émerger un échange inédit, sur plusieurs années, qui efface peu à peu les deux artistes et les met à nu dans une conversation intime inédite et universelle pour laisser apparaître une mère face à une fille.

Jane par Charlotte…

L'ombre d'un mensonge Michelle Fairley Bouli Lanners

L’avis Cin’Ecrans
En découvrant cette magnifique déclaration d’amour d’une fille à sa mère, jamais le spectateur ne se trouve dans une position de voyeur, il est simplement invité à partager avec ces deux femmes et les fantômes de leurs vies, de beaux instants d’intimité, de questionnements et de vérité. Si leur vie a parfois été exposée de manière triviale, ici c’est une forme de douceur qui prend place, peu à peu, pour explorer le cœur de leur relation.

Si l’on comprend dès l’ouverture du documentaire que son élaboration n’a pas forcément été très simple, on est régulièrement bouleversé par la teneur des échanges et par de nombreuses séquences comme celle où Charlotte invite Jane à revenir dans la maison de Serge Gainsbourg, rue de Verneuil à Paris, ou elles ont vécu de nombreuses années.

On est aussi régulièrement étonné par la désarmante sincérité de la muse du grand Serge et par la singularité de certains moments, comme lorsque Jane fait part à sa fille de sa peur constante d’avoir « mal fait » avec ses enfants, de son rapport au corps qui change et vieillit ou quand elle dit à Charlotte, qu’enfant elle l’intimidait.

Le documentaire de Charlotte Gainsbourg est tout autant le portrait de Jane par Charlotte que celui de Charlotte par Jane… Ce film bouleversant et d’une grâce infinie sur l’amour maternel et le temps qui passe nous procure une forme de mélancolie heureuse !

Bonus
Livre de photographie de Charlotte Gainsbourg (2017-2021)
Pas de bonus vidéo pour accompagner le très beau film de Charlotte Gainsbourg mais un livre (72 pages) de photographies prises entre 2017 et 2021.

En salle – Jane par Charlotte – Mélancolie heureuse…

En salle – Jane par Charlotte – Mélancolie heureuse…

- Jane par Charlotte -

JANE PAR CHARLOTTE de Charlotte Gainsbourg avec Jane Birkin et Charlotte Gainsbourg
Documentaire 2021 – 1H30
Sortie en salles le 12 janvier 2022

Charlotte Gainsbourg a commencé à filmer sa mère, Jane Birkin, pour la regarder comme elle ne l’avait jamais fait. La pudeur de l’une face à l’autre n’avait jamais permis un tel rapprochement. Mais par l’entremise de la caméra, la glace se brise pour faire émerger un échange inédit, sur plusieurs années, qui efface peu à peu les deux artistes et les met à nu dans une conversation intime inédite et universelle pour laisser apparaître une mère face à une fille. Jane par Charlotte…

3 bonnes raisons de voir ce film

1/ Pour la magnifique déclaration d’amour d’une fille à sa mère et l’immense pudeur (voire une étonnante forme de timidité), que l’on devinait au fil du temps, entre Jane et Charlotte mais que le film dévoile de la plus belle des manières.
Jamais le spectateur n’est dans une position de voyeur, il est simplement invité à partager avec ces deux femmes et les fantômes de leurs vies, de beaux instants d’intimité, de questionnements et de vérité. Si leur vie a parfois été exposée de manière triviale, ici c’est une forme de douceur qui prend place, peu à peu, pour explorer le cœur de leur relation.

2/ Si l’on comprend dès l’ouverture du documentaire que son élaboration n’a pas forcément été très simple, on est régulièrement bouleversé par la teneur des échanges et par de nombreuses séquences comme celle où Charlotte invite Jane à revenir dans la maison de Serge Gainsbourg, rue de Verneuil à Paris, ou elles ont vécu de nombreuses années.
On est aussi régulièrement étonné par la désarmante sincérité de la muse du grand Serge et par la singularité de certains moments, comme lorsque Jane fait part à sa fille de sa peur constante d’avoir « mal fait » avec ses enfants, de son rapport au corps qui change et vieillit ou quand elle dit à Charlotte, qu’enfant elle l’intimidait…

3/ Parce que le titre de ce film qui procure une forme de mélancolie heureuse (merci Tim Dup 😊) n’est pas tout à fait juste, tant il s’agit en réalité d’un portrait croisé de Jane par Charlotte et de Charlotte par Jane… Un film bouleversant et d’une grâce infinie sur l’amour maternel et le temps qui passe.