La promesse verte… Au nom de la (planète) terre

La promesse verte… Au nom de la (planète) terre

LA PROMESSE VERTE

Un film d’Édouard Bergeon
Scénario d’Édouard Bergeon, Emmanuel Courcol et Luc Golfin
Avec Alexandra Lamy, Félix Moati, Sofian Khammes, Julie Chen, Antoine Bertrand, Philippe Torreton…
Drame – 2h04 – France

Sortie en salles le 27 mars 2024

L’histoire 
Pour tenter de sauver son fils Martin injustement condamné à mort en Indonésie, Carole se lance dans un combat inégal contre les exploitants d’huile de palme responsables de la déforestation et contre les puissants lobbies industriels.

L’avis Cin’Écrans ***
Près de 5 ans après la sortie d’AU NOM DE LA TERRE, son premier long-métrage de fiction, le documentariste Édouard Bergeon est de retour avec LA PROMESSE VERTE.

Après avoir signé une chronique familiale poignante autour de la détresse du monde paysan, c’est un réquisitoire contre le scandale de la déforestation au profit de lobbies industriels que dresse le réalisateur.

« Le monde ne se laisse pas faire quand on veut faire changer les choses… » Édouard Bergeon

Et c’est à nouveau par le biais d’une histoire familiale (le combat d’une mère pour sauver son fils) qu’Édouard Bergeon pose les enjeux de son récit.   
Si la démonstration est parfois un peu appuyée, LA PROMESSE VERTE se révèle néanmoins être un très efficace thriller écologiste porté par son beau casting.
Le film nous permet évidemment de vanter à nouveau le talent d’Alexandra Lamy et Félix Moati mais il est aussi l’occasion de saluer la justesse du reste de la distribution de Sofian Khammes à Philippe Torreton, en passant par Julie Chen et l’acteur Québécois Antoine Bertrand (DEMAIN TOUT COMMENCETROIS FOIS RIEN…)

« La musique… participe à l’éco-thriller, à la mise sous tension du spectateur !» Édouard Bergeon

Pour donner à ce film de fiction, très documenté, toute sa puissance Édouard Bergeon a fait appel à Éric Dumont, son directeur de la photographie qui a réalisé un très beau travail, notamment sur la lumière du film. Il s’est également adjoint les services d’un fidèle complice, Thomas Dappelo qui signe une bande originale inspirée et très présente tout au long de ce film au message écologique essentiel.

Le + Cin’Écrans
C’est lors d’une avant-première de LA PROMESSE VERTE au cinéma Le Lido à Royan, que j’ai eu le plaisir de retrouver Édouard Bergeon mais aussi son fidèle producteur et ami (également comédien dans les films de ses réalisateurs) Christophe Rossignon.
L’occasion d’échanger avec eux à propos de ce projet qui aura mis près de 5 ans à voir le jour, depuis le succès de leur premier film en commun AU NOM DE LA TERRE qui avait touché près de deux millions de spectateurs en France.  

INTERVIEW ÉDOUARD BERGEON & CHRISTOPHE ROSSIGNON

Paternel – La force tranquille de Grégory Gadebois

Paternel – La force tranquille de Grégory Gadebois

PATERNEL

Un film de Ronan Tronchot
Scénario Ludovic du Clary
Avec Grégory Gadebois, Géraldine Nakache, Lyes Salem, Anton Alluin, Sarah Pachoud, Noam Morgensztern, Jacques Boudet, Françoise Lebrun
Drame – 1h33 – France

Sortie en salles le 27 mars 2024

L’histoire 
Simon est un prêtre dévoué à sa paroisse. Au cours d’une messe, Louise, qu’il n’avait pas revue depuis son séminaire, il y a des années, refait surface. Elle lui présente Aloé, enfant de 11 ans, dont il est le père.

L’avis Cin’Écrans ***
A travers ses deux courts-métrages NOVEMBRE (2012) et DANS LA FORÊT LOINTAINE (2014), Ronan Tronchot abordait déjà la question de la paternité.
Un thème fort et important qui est au cœur de ce premier long métrage.

Avec PATERNEL, le cinéaste signe une œuvre humaine et sensible autour de la question délicate des difficultés de l’église à se moderniser et de la responsabilité paternelle, à travers le portrait touchant d’un prête confronté à une situation à laquelle il n’était pas préparé mais dont il veut assumer la responsabilité.

« Je voulais que ce soit un film qui se regarde facilement et qui continue après à nous questionner » Ronan Tronchot

Si le film est un peu sage dans sa réalisation, jamais la caméra et le regard de Ronan Tronchot ne se posent en juge d’une situation.
Le propos du réalisateur ne se veut jamais cynique ou moralisateur.
Il faut lui rendre grâce d’avoir eu l’humilité de mettre son film au service de ses protagonistes et de montrer de manière très réaliste, sans caricature, le quotidien de ces hommes d’église, aujourd’hui.

« Forcément, ce quotidien est marqué par l’époque… bien que ce ne soit pas le sujet du film » Ronan Tronchot

C’est Grégory Gadebois qui incarne Simon, ce prêtre confronté à cette inattendue paternité. Toujours remarquable, le comédien apporte une belle humanité et beaucoup de justesse à son personnage.
Saluons également l’excellence du casting des rôles secondaires qui parviennent à exister fortement, de Géraldine Nakache (Louise, la mère d’Aloé) à Jacques Boudet (Monseigneur Guillaume) en passant par le jeune Anton Alluin (l’enfant par qui tout arrive) et le trop rare Lyes Salem qui apporte sa générosité et sa bonhommie à Amine, le prêtre qui partage le quotidien de Simon.

Le + Cin’Écrans
En octobre dernier, Ronan Tronchot présentait son tout premier long-métrage, PATERNEL dans le cadre du Festival International du film de Saint-Jean-de-Luz.
L’occasion pour nous d’une rencontre chaleureuse avec le réalisateur, en attente de la réaction des premiers spectateurs de PATERNEL.

INTERVIEW RONAN TRONCHOT

La nouvelle femme, une première fiction très documentée

La nouvelle femme, une première fiction très documentée

LA NOUVELLE FEMME

Un film de Léa Todorov
Scénario Léa Todorov
Avec Jasmine Trinca, Leïla Bekhti, Rafaëlle Sonneville-Caby…
Drame – historique – 1h39 – France
Sortie en salles le 13 mars 2024

L’histoire 
En 1900, Lili d’Alengy, célèbre courtisane parisienne, a un secret honteux – sa fille Tina, née avec un handicap. Peu disposée à s’occuper d’une enfant qui menace sa carrière, elle décide de quitter Paris pour Rome. Elle y fait la connaissance de Maria Montessori, une femme médecin qui développe une méthode d’apprentissage révolutionnaire pour les enfants qu’on appelle alors « déficients ». Mais Maria cache elle aussi un secret : un enfant né hors mariage. Ensemble, les deux femmes vont s’entraider pour gagner leur place dans ce monde d’hommes et écrire l’Histoire.

L’avis Cin’Écrans ***
Scénariste, réalisatrice et productrice, Léa Todorov signe avec LA NOUVELLE FEMME, son premier long métrage de fiction après avoir réalisé deux documentaires SAUVER L’HUMANITÉ AUX HEURES DE BUREAU en 2012 et UTOPIE RUSSE en 2015.

En 2016, elle co-écrit le documentaire RÉVOLUTION ÉCOLE : L’ÉDUCATION NOUVELLE ENTRE LES DEUX GUERRES, réalisé par Joanna Grudzinska. C’est ce projet sur les pédagogies alternatives qui est à l’origine de LA NOUVELLE FEMME qui marque donc ses débuts remarqués dans la fiction.

Plutôt classique mais très soigné dans sa forme, ce film de Léa Todorov qui n’est pas un simple biopic sur Maria Montessori interroge la question du féminisme et de l’inclusion à travers le portrait de deux femmes que tout oppose mais qui vont finir par se comprendre et s’entraider.

« On a longtemps cherché ce que le personnage de Lili pourrait apporter au personnage de Maria » Léa Todorov

Ces deux femmes sont remarquablement incarnées par Jasmine Trinca dans le rôle de Maria Montessori et par Leïla Bekhti dans celui de Lili d’Alengy.
On est touché par le jeu de comédienne italienne dont le personnage souffre de ne pas pouvoir élever son fils, né hors mariage, comme elle l’aimerait, alors qu’elle consacre toute sa vie aux enfants des autres.
De son côté Leïla Bekhti interprète avec une infinie subtilité et souvent à travers une simple inflexion du regard, un personnage de femme déstabilisée par sa situation et son propre regard sur son enfant …

« Rendre plus visible le handicap et la différence, c’est quelque chose qui me tenait énormément à cœur… » Léa Todorov

Avec une infinie délicatesse, mais sans angélisme, Léa Todorov met en scène les difficultés rencontrées par des enfants handicapés à être acceptés par la société des adultes. Des adultes invités par Maria Montessori, pour le bien de tous, à changer leur comportement et leur regard sur ces enfants.  

Il faut, à ce titre, saluer le pari risqué mais parfaitement relevé par la cinéaste de tourner avec des enfants handicapés, français et italiens, obligeant les comédien.ne.s qui les entourent à plus d’écoute et sans aucun doute de sincérité dans leur jeu.

« C’est le côté accidenté d’un film que j’ai trouvé absolument merveilleux. J’adore le fait qu’on prépare énormément et qu’il se passe autre chose… » Léa Todorov

La fougue, la beauté, les réactions parfois inattendues de ces enfants donnent au film toute sa véracité et un beau supplément d’âme.

Le + Cin’Écrans
C’est en octobre dernier lors du Festival international du film de Saint-Jean-de-Luz que nous avons eu le privilège de parler avec Léa Todorov de son passage à la fiction avec ce film dont le sujet lui tient particulièrement à cœur.
Quelques semaines après cette rencontre au Pays basque, c’est au Festival du film de Sarlat que la réalisatrice présentait LA NOUVELLE FEMME. Un Festival ou Léa Todorov s’est vue attribuer la Salamandre d’or (prix du public) et Jasmine Trinca, le prix d’interprétation féminine, ex æquo avec Florence Loiret Caille pour LA TÊTE FROIDE de Stéphane Marchetti.

INTERVIEW LÉA TODOROV

Les rois de la piste sur un air de comédie italienne…

Les rois de la piste sur un air de comédie italienne…

LES ROIS DE LA PISTE

Un film de Thierry Klifa
Scénario Benoît Graffin & Thierry Klifa
Avec Fanny Ardant, Mathieu Kassovitz, Nicolas Duvauchelle, Ben Attal, Laetitia Dosch, Michel Vuillermoz…
Comédie – 1h56 – France
Sortie en salles le 13 mars 2024

L’histoire 
Rachel, sorte de Ma Dalton, a élevé ses fils Sam et Jérémie, et son petit-fils, Nathan, dans le culte de l’arnaque. De plans foireux en petits larcins, cette sympathique famille de bras cassés court toujours après le gros coup. Chance ou fatalité, lors d’un cambriolage, ils volent sans en connaitre sa valeur, une toile de Tamara de Lempicka. Céleste, une détective rusée et charmeuse, et Gauthier, son fidèle acolyte, se lancent à leur poursuite…

L’avis Cin’Écrans ****
6 ans après TOUT NOUS SÉPARE, un film noir à suspens, Thierry Klifa change radicalement de registre et nous offre avec LES ROIS DE LA PISTE, une très savoureuse comédie dont l’inspiration est à chercher, entre autres, du côté de la comédie italienne des années 60-70 (de Dino Risi à Mario Monicelli en passant par Ettore Scola) et du FAMILY BUSINESS de Sidney Lumet.

Par la grâce d’un excellent scénario coécrit avec Benoît Graffin (fidèle complice de Pierre Salvadori, expert en comédie élégante) et avec la très joyeuse complicité de sa bande de comédien.ne.s, le cinéaste déroule un récit réjouissant aux très nombreux rebondissements.

« Les acteurs m’ont emmené beaucoup plus loin que là où je pensais aller… » Thierry Klifa

Impériale dans son rôle de chef de famille, façon Ma Dalton, Fanny Ardant nous régale de sa gouaille et de répliques qui claquent. C’est indéniable, la comédie lui convient à merveille.

Le reste du casting n’est pas en reste. Tous les interprètes semblent s’être beaucoup amusé à donner vie à des personnages à mille lieux de ceux qu’on leur propose habituellement. Sans en dire plus pour ne pas gâcher votre plaisir, saluons ainsi la formidable et très surprenante composition de Nicolas Duvauchelle que plus rien ne semble arrêter. Comme le dit très bien Thierry Klifa avec lequel il a travaillé au théâtre (DES JOURNÉES ENTIÈRES DANS LES ARBRES aux côtés déjà de Fanny Ardant) et tourné 2 autres films, l’acteur est à un moment clé de sa carrière « c’est un acteur prodigieux ! »

Mathieu Kassovitz que l’on n’attendait pas vraiment (et on avait tort !) devant la caméra de Thierry Klifa révèle un véritable talent comique, à mi-chemin ici, entre Droopy et un Robert de Niro neurasthénique.

« Que Thierry Klifa vienne me voir, je trouve ça marrant parce que ce n’est pas forcément le cinéma français que je défends… » Mathieu Kassovitz

Il convient également de citer le brillant Michel Vuillermoz ou bien encore Ben Attal qui après un détour par des études de cuisine assume enfin pleinement son désir de cinéma.
Mais la plus jolie surprise vient, sans aucun doute, de l’excellente Laetitia Dosch à qui le personnage de Céleste offre la possibilité d’exprimer un mélange subtil de jeu, à la fois très drôle et formidablement glamour.

N’oublions pas enfin, la formidable partition composée par Alex Beaupain.
Si Thierry Klifa et le compositeur des CHANSONS D’AMOUR ont collaboré par le passé sur 3 pièces de théâtre, c’est la première fois que le metteur en scène lui propose d’écrire la BO de l’un de ses films.
Bien lui en a pris, tant le résultat s’avère inspiré, varié et en plein accord avec le ton ludique de cette comédie classieuse.

Vous l’aurez compris, on vous invite chaleureusement à suivre à la trace la joyeuse famille de gangster, LES ROIS DE LA PISTE …
Ce nouveau film de Thierry Klifa est une jolie réussite, une pétillante comédie d’aventures, comme on n’en réalise plus tant que ça. Autant le dire, ce remède à la morosité fait un bien fou, d’autant plus par les temps qui courent.

Le + Cin’Écrans
Après avoir découvert LES ROIS DE LA PISTE au Festival du film francophone d’Angoulême où nous avons questionné rapidement Mathieu Kassovitz (à l’issue d’une interview pour le film VISIONS), c’est à l’issue de sa présentation en ouverture du Festival International de Saint-Jean-de-Luz que nous avons effectué un joyeux tour de piste avec Thierry Klifa et Alex Beaupain.

« Je suis un très mauvais lecteur de scénario… j’ai une capacité d’imagination assez limitée » Alex Beaupain

L’occasion d’évoquer, entre autres, avec eux, le plaisir de cette nouvelle collaboration, leurs inspirations communes et leur bonheur à faire chanter Fanny Ardant et Nicolas Duvauchelle

INTERVIEW THIERRY KLIFA, MATHIEU KASSOVITZ & ALEX BEAUPAIN

La vie de ma mère – Fais-moi une place !

La vie de ma mère – Fais-moi une place !

LA VIE DE MA MÈRE

Un film de Julien Carpentier
Scénario Julien Carpentier & Benjamin Garnier
Avec Agnès Jaoui, William Lebghil, Salif Cissé, Alison Wheeler, Noémie Zeitoun, Maxence Tual…
Comédie dramatique – 1h43 – France
Sortie en salles le 6 mars 2024

L’histoire 
Pierre, 33 ans, fleuriste à succès, voit sa vie basculer lorsque sa mère, Judith, fantasque et excessive, débarque dans sa vie après deux ans sans se voir. Pierre n’a qu’une idée, reprendre le cours normal de sa vie, mais rien ne se passe comme prévu. Leurs retrouvailles, aussi inattendues qu’explosives, vont transformer Pierre et Judith à jamais.

 L’avis Cin’Écrans ****
Après avoir fait ses armes sur de nombreuses émissions télé, notamment pour Canal+, Julien Carpentier a également écrit et réalisé de nombreux courts-métrages.

Dans LA VIE DE MA MÈRE, son premier long métrage, d’inspiration autobiographique, Julien Carpentier filme la confrontation à la fois douloureuse et pleine de tendresse entre un fils attentionné et une mère bipolaire.

C’est un projet au long terme que le scénariste réalisateur nous offre aujourd’hui puisqu’il l’a proposé il y a plus de 10 ans à Agnès Jaoui.

« Le message qu’elle m’envoyait, c’était t’as le droit de venir !» Julien Carpentier à propos d’Agnès Jaoui

Et le résultat est à la hauteur de leur persévérance puisque ce film de transmission et de réconciliation est sans aucun doute l’un des plus touchants de ces derniers mois. Agnès Jaoui y trouve, à travers Judith, l’un de ses plus beaux personnages.

Quant à William Lebghil, il livre une performance pleine de subtilité et de sensibilité. Leur duo nous fait passer avec élégance du rire aux larmes à travers quelques séquences bouleversantes que Julien Carpentier a la pudeur et l’intelligence de laisser s’installer dans la durée, comme celles du karaoké ou celles des confidences sur la dune du Pilat.
« Le regard de William, plusieurs fois m’a poignardé ! » Agnès Jaoui

Saluons également la belle présence des deux principaux seconds-rôles tenus par Salif Cissé & Alison Wheeler, qui apportent du relief, une forme de légèreté au film et parviennent à faire pleinement exister leurs personnages respectifs.

LA VIE DE MA MÈRE a été très justement récompensé du Valois du public lors du Festival du film francophone d’Angoulême ainsi que du Prix du public et du Prix d’interprétation masculine pour William Lebghil lors du Festival 2 Cinéma Valenciennes.

Le + Cin’Écrans
Après les avoir croisés trop rapidement suite aux toutes premières projections du film au Festival du film francophone d’Angoulême, c’est à l’occasion du Festival International du film de Saint-Jean-de-Luz dont William Lebghil était membre du jury sous la présidence d’Agnès Jaoui, que nous avons retrouvé avec un immense plaisir Julien Carpentier et ses deux formidables interprètes principaux pour parler de LA VIE DE MA MÈRE.

INTERVIEW JULIEN CARPENTIER, AGNÈS JAOUI & WILLIAM LEBGHIL