Comment s’est fait le choix des chansons du spectacle justement ?
Oh bah, c’est mes appétences et mes goûts !
En fait, au début, on disait que c’était un spectacle sur la musique de films mais Julie (Gayet, créatrice de Soeurs Jumelles) qui est très gentille mais très enthousiaste, veut tout … Je lui ai alors dit “On va y aller tranquille” ! (sourire)
A partir du moment ou on s’est dit avec Stéphane, avec qui on a pas mal de goûts en commun, qu’on allait organiser le spectacle autour des chansons, globalement dans les films français, il ne restait plus qu’à établir une espèce de liste, de se demander comment on pouvait faire des tableaux autour de ça. On est à Rochefort donc, fatalement, on fait un tableau au tour de Demy / Legrand parce que c’est incontournable. Ensuite, on s’est dit “Tiens on va faire les acteurs qui sont mis à chanter et on va faire les chanteurs qui sont mis à jouer » Tout ça se déroule assez facilement.
Puis, au milieu, on fait des choses d’une façon totalement gratuite parce qu’on trouve ça rigolo. C’est un peu le bordel en fait ! Françoise, hier, après le dernier filage du spectacle elle m’a dit, et c’était beau ce qu’elle disait, que c’était chaotique et aérien ! J’espère juste que ce sera plus aérien que chaotique (sourire).
Et puis, il y a un fil conducteur quand même, qui est cette idée de MUSICAA, de Stéphane. Et ce sont toutes ces actrices-chanteuses qui incarnent ce personnage de la musique qui parfois se sent parfois délaissé, comme à l’arrivée du cinéma parlant. Globalement, c’est une espèce de joyeux bazar, mais qui va quelque part, je crois !
J’espère juste que ça va bien se passer pour les gens que j’ai conviés, car je trouve qu’il faut les recevoir le mieux possible. Mais il n’y a que des gens de bonne volonté sur ce festival et dans ce théâtre qui est très beau en plus, ça va être très agréable.
Est-ce que comme Vincent Delerm, tu pourrais ou aimerais passer derrière la caméra ?
Il ne faut jamais dire fontaine… mais curieusement j’ai toujours une tendance à me méfier un peu de la pluridisciplinarité, ce qui est idiot quand on est artiste. C’est un peu con d’être comme ça parce que je passe mon temps à dire que quand on est artiste, il faut faire des choses qu’on ne sait pas faire ! Etre artiste, c’est trouver un moyen de faire ces choses.
En fait, moi ce que j’aime c’est plutôt d’écrire des chansons et d’essayer d’en mettre partout ! Je vais en mettre au cinéma, je vais en mettre au théâtre, je vais en mettre dans des livres. Je suis dans ce truc-là, plutôt que d’essayer différents corps de métiers. Par exemple, je sais que je suis un acteur pitoyable ça, ça n’arrivera jamais. Réaliser quelque chose, en tout cas si ça arrivait, ce qui est un peu le cas de Vincent d’ailleurs, ce serait sans doute plus sous une forme documentaire qu’une forme de fiction.
On m’a déjà proposé de le faire quelquefois, comme on m’a proposé parfois d’écrire des livres, sous prétexte que j’écris des textes de chanson. Je dis non car ça m’ennuie profondément d’écrire un livre, je suis pas du tout un littéraire, moi.
Ce n’est pas de la littérature la chanson, c’est autre chose ; C’est un truc qui va avec la musique, c’est un art à part entière, ce n’est ni de la littérature, ni de la poésie. Les gens sont étonnés mais pour moi ça n’a rien à voir.
En tout cas je ne me lancerai pas dans un film de fiction avec un chef opérateur qui fait tous les plans. Comme je n’ai pas le sens du cadre et que je fais des photos atroces, il n’y a donc aucune raison de faire un film.
On sent néanmoins chez toi, une curiosité et une envie d’éviter la routine…
Oui, c’est vrai que j’aime monter des projets différents. Il y a le spectacle de ce soir mais je pense aussi depuis longtemps à concrétiser un projet de comédie musicale pour la scène mais pas pour le cinéma, cette fois ci.
J’ai aussi fait cette reprise de “Love on the beat” (ndlr, sa version de l’album de serge Gainsbourg) qui va sortir en octobre en album… Je l’ai fait en live pour Radio France il y a quelques mois et là on vient d’en finir le mixage. C’est un truc plus ambitieux musicalement, plus abouti, un véritable album qui reprend les arrangements de cordes mais pour lequel on a réenregistré les choeurs, on a refait des beats, on a refait des instruments.
Quand ce confinement est arrivé, je me suis rendu compte que j’avais besoin tout le temps de projets donc c’est là que j’ai monté ce truc de “Love on the beat”. Même quand je pars en vacances, c’est souvent avec mes musiciens parce qu’on peut travailler. Je fais un métier tellement formidable que les vacances, ça m’emmerde ! C’est normal, je m’amuse tout le temps ! On a parfois des soucis, mais c’est quand même un luxe insensé ! Puis c’est le métier que je voulais faire quand j’avais 8 ans. Je pensais que je n’y arriverai pas, donc je ne vais pas partir en vacances (sourire) ! Et comme c’est ce que je préfère dans ma vie, en dehors de mes amis, que ça ne me dérange pas en fait !