Prison 77, direct en vod sans passer par la case ciné…

Prison 77, direct en vod sans passer par la case ciné…

PRISON 77

Thriller – 2022 – 2h05 – Espagne
Réalisation : Alberto Rodriguez
Scénario : Alberto Rodriguez & Rafael Cobos
Distribution : Miguel Herrán, Javier Gutiérrez, Jesús Carroza…

Inédit en salles

Disponible en VOD le 25 mai 2023

Le pitch
Espagne, 1977 : à la fin du franquisme, le pays vit l’un des plus grands moments de liberté de son histoire. Mais le passage à la démocratie ne change rien dans les prisons. Le jeune comptable Manuel risque une peine de 6 à 8 ans pour détournement de fonds, une sanction disproportionnée par rapport au crime commis. Avec son compagnon de cellule, Pino, il s’associe au COPEL, un collectif qui lutte pour les droits des prisonniers de droit commun et demande l’amnistie. Commence alors une véritable révolution qui bouleversera le système carcéral espagnol.

L’avis Cin’Écrans ****
Très largement inspiré du mouvement qui a bouleversé le système carcéral espagnol à la fin des années 70, ce film d’Alberto Rodriguez prend la forme d’un véritable thriller sur fond d’amitié, de solidarité et de quête de liberté.

PRISON 77 est un film très documenté, ancré au cœur d’un pays qui se cherche une nouvelle réalité démocratique après la mort de Franco. Si des changements radicaux s’opèrent dans la société espagnole, dans les prisons soumises au bon vouloir et à la violence de leur directeur et des surveillants, cette ouverture à la démocratie n’est pas encore vraiment d’actualité.

Après un long détour par la série télévisée, le brillant réalisateur de LA ISLA MINIMA (2015) et LANDS OF MURDER (2019) fait son grand retour au long métrage avec PRISON 77, un film intense qui sort en France directement en VOD, mais qui aurait largement mérité un passage dans nos salles obscures.
Ceci étant, ne loupez surtout pas ce long-métrage remarquablement écrit et interprété, notamment par Miguel Herrán (LA CASA DE PAPEL) et Javier Gutiérrez (LA ISLA MINIMA).
PRISON 77 vous tient intelligemment en haleine, plus de deux heures durant, en alternant les séquences de violence et des moments d’accalmie bienvenus pour les personnages mais aussi les spectateurs.

Présenté hors compétition en avril dernier lors du Festival Reims Polar, PRISON 77 a également été nommé 16 fois lors de la dernière cérémonie des Goya (équivalent espagnol de nos César). Le thriller d’Alberto Rodriguez en est reparti avec 5 prix dont le Goya de la meilleure direction artistique pour le remarquable travail de Pepe Dominguez Del Olmo.

Les repentis, subtil plaidoyer humaniste

Les repentis, subtil plaidoyer humaniste

LES REPENTIS

Drame – 2021 –1H55 – Espagne
Réalisation : Icíar Bollaín
Scénario : Icíar Bollaín et Isa Campo
Distribution : Blanca Portillo, Luis Tosar, Urko Olazabal…
 

Sorti en salles le 9 novembre 2022

Disponible en DVD & VOD, le 4 avril – Epicentre
2.39 – Espagnol ou français 2.0 ou 5.1 – Sous-titres français, anglais

Le pitch
L’histoire réelle de Maixabel Lasa, la veuve de Juan Maria Jauregui, un homme politique assassiné par l’organisation terroriste ETA en 2000. Onze ans plus tard, l’un des auteurs du crime qui purge sa peine en prison demande à la rencontrer, après avoir rompu ses liens avec le groupe terroriste.

Le film ****
Lauréat de 3 Goya (l’équivalent de nos César) dont celui de la meilleure actrice pour Blanca Portillo, LES REPENTIS est une très bonne surprise, un film que l’on n’attendait pas forcément et qui marque durablement par la force de son récit et l’intelligence de sa mise en scène.
A noter que la sortie printanière du DVD LES REPENTIS coïncide avec celle en salles du film de Jeanne Herry, JE VERRAI TOUJOURS VOS VISAGES, consacré à la justice restaurative. Deux films qui traitent, d’une certaine manière un même et passionnant sujet.

La réalisatrice de NE DIS RIEN et MÊME LA PLUIE signe avec LES REPENTIS un puissant long métrage politique autour de thématiques et de questions comme celles du remord et du pardon.
Le film qui n’est jamais manichéen et donc pas toujours confortable, interroge tout autant le spectateur que ses personnages principaux. Il décrit ainsi le parcours, la réflexion permanente et parfois contradictoire d’une femme dont le mari a été assassiné et celui de terroristes qui ont la volonté de dialoguer avec les proches des victimes pour que chacun.e puisse éventuellement trouver une forme d’apaisement.

Tout comme celui de Jeanne Herry, ce film subtil d’Icíar Bollaín apporte donc une vraie note d’espoir dans un monde qui nous en offre trop peu. Encore faut-il pouvoir la saisir…

Bonus ****
Entretien avec la réalisatrice
Entretien avec Maixabel Lasa
Bio-filmographie / Galerie photos / Bande annonce

Hormis les dispensables galeries photo et filmographie de la réalisatrice, deux courtes mais passionnantes interviews sont proposées ici : Celle de la réalisatrice Icíar Bollaín et celle de Maixabel Lasa dont l’histoire a inspiré le film.
On y apprend, entre autres que les deux principaux comédiens Blanca Portillo et Luis Tosar ne se sont pas rencontrés avant le début du tournage (chacun répétant séparément avec la réalisatrice), renforçant ainsi la puissance d’échanges de leurs personnages.

Icíar Bollaín tenait à être très respectueuse de la vérité et avait donc sur les épaules une responsabilité toute particulière dans ses choix de récit et ses partis-pris de mise en scène. La réalisatrice nous confirme ainsi qu’elle a tourné les deux principales séquences de rencontre entre les personnages de Maixabel Lasa et Ibon Etxezarreta, en de longs plans séquences respectant ainsi les pauses et silences de ses deux protagonistes.

Quant à Maixabel Lasa qui a inspiré le film, elle est devenue, peu après la mort de son mari, directrice du bureau des victimes du terrorisme au Pays basque durant 10 ans. Cette femme forte profite de cet entretien pour valider pleinement le film d’Icíar Bollaín, dont elle connaissait déjà le travail, ainsi que le choix de Blanca Portillo pour incarner son histoire à l’écran. Elle nous apprend également qu’elle a assisté en partie au tournage et même fait une apparition au cours de la scène finale du film, celle de l’hommage à son mari.
On imagine à quel point le tournage d’une telle séquence devait être chargé en émotion pour elle et pour toute l’équipe du film.

En salle – Madres paralelas – Tout sur deux mères

En salle – Madres paralelas – Tout sur deux mères

- Madres Paralelas -

MADRES PARALELAS de Pedro Almodóvar avec Penélope Cruz, Milena Smit, Israel Elejalde, Aitana Sánchez-Gijón, Rossy de Palma
Drame 2021 – 2H00
Sortie en salles le 1er décembre 2021

Deux femmes, Janis et Ana, se rencontrent dans une chambre d’hôpital au moment d’accoucher. Elles sont toutes les deux célibataires et sont tombées enceintes par accident. Janis, d’âge mûr, n’a aucun regret et durant les heures qui précèdent l’accouchement, elle est folle de joie. Ana en revanche, est une adolescente effrayée, pleine de remords et traumatisée. Janis essaie de lui remonter le moral alors qu’elles marchent telles des somnambules dans le couloir de l’hôpital. Les quelques mots qu’elles échangent pendant ces heures vont créer un lien très étroit entre elles, que le hasard se chargera de compliquer d’une manière qui changera leur vie à toutes les deux.

Présenté en compétition à la Mostra de Venise 2021, MADRES PARALELAS a valu à l’actrice fétiche de Pedro Almodóvar, Penélope Cruz, la coupe Volpi de la meilleure interprétation féminine.

3 bonnes raisons de voir ce film

1/ Deux ans après son très introspectif DOULEUR ET GLOIRE, Pedro Almodóvar revient avec un 22ème long métrage que certains qualifieront à tort de mineur, tant le réalisateur donne chair à son récit, à mi-chemin entre le mélodrame et le thriller historique et politique.

2 / Pedro Almodóvar explore le mystère de la maternité avec une infinie délicatesse, à travers le portrait croisé de deux femmes dont le destin est intimement lié. Du grand art, transcendé par la remarquable performance de sa muse Penélope Cruz (MADRES PARALELAS est leur septième collaboration depuis EN CHAIR ET EN OS – 1997)  et celle de la jeune Milena Smit, véritable révélation du film.

3/
Le réalisateur espagnol signe avec MADRES PARALELAS une œuvre intense, dans la droite lignée de films comme TOUT SUR MA MERE ou VOLVER.
On y retrouve ses principaux sujets de prédilection comme la maternité, la puissance du secret de famille, la force et la vertu de la parole ou bien encore la sororité…
Même si le cinéaste continue d’accorder une place importante aux décors et aux couleurs, sa mise en scène plus sobre et plus épurée que d’habitude, est entièrement mise au service d’un récit bouleversant et palpitant.