SE SOUVENIR DES TOURNESOLS
Un film de Sandrine Mercier et Juan Gordillo Hildago
Documentaire – 2024 – France – 1h27
Sortie en salles le 14 mai 2025
L’histoire
Partir ou rester ? C’est le dilemme d’Anaïs, 17 ans, profondément attachée à son Gers natal dans le Sud-Ouest de la France et à ses amis de la fanfare. Son bac en poche, elle devra quitter sa famille et la vie à la campagne. Au fil de ce dernier été, Anaïs prend conscience de ce qu’elle aime et doit laisser derrière elle : la musique, les fêtes de village, la beauté des champs de tournesols… Mais comment avoir un avenir en pleine « diagonale du vide » ?
L’AVIS CIN’ÉCRANS ***1/2
Quelques semaines après la sortie en salles d’UN PINCEMENT AU CŒUR et CE N’EST QU’UN AU REVOIR de Guillaume Brac qui posaient la question de savoir si les amitiés de lycée pouvaient durer toute la vie, c’est au tour de ce documentaire de Sandrine Mercier et Juan Gordillo Hildago d’aborder, entre autres, cette même thématique.
Une question qui englobe évidemment celle, tout aussi vaste, de l’identité culturelle et celle de la séparation temporaire ou définitive avec le cadre de vie de son enfance au cœur, ici, de ce que certains décrivent comme la « diagonale du vide ».
Ces interrogations, nous les vivons à travers le portrait d’habitants d’un monde rural à qui on donne peu la parole et qui font face à leur destin en choisissant de partir ou de rester.
Ainsi, Thierry, l’emblématique chef de troupe de « La Chicuelina », la banda locale (fanfare ambulatoire), est un homme désormais loin de son adolescence, mais qui en a gardé toute la fougue et le plaisir du partage, de la transmission, même s’il voit filer ses musicien.ne.s au gré des saisons.
On comprend rapidement que si la jeunesse montrée dans SE SOUVENIR DES TOURNESOLS déserte en masse son Gers natal, ce n’est pas toujours par plaisir mais par nécessité, à l’image de la très touchante et charismatique Anaïs que ses études appellent ailleurs.
Et c’est là tout le paradoxe que donne à ressentir ce film lumineux dont une partie du récit s’ancre dans de longues et belle séquences musicales qui nous entrainent au cœur d’une banda joyeuse et multi générationnelle, véritable ciment des relations intergénérationnelles de Nogaro.
S’ils ne font pas abstraction des difficultés rencontrées par certains habitants du village, Sandrine Mercier et Juan Gordillo Hildago ont opté pour un propos radicalement lumineux, tourné vers l’espoir, même s’il n’interdit pas une certaine mélancolie…
Jean-Luc Brunet / Cin’Écrans
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