CHIEN BLANC
Un film d’Anaïs Barbeau-Lavalette
Scénario de Valérie Beaugrand-Champagne & Anaïs Barbeau-Lavalette
avec Denis Ménochet, Kacey Rohl, K.C. Collins
Drame– 2023 – Québec – 1h36
Sortie en salles le 22 mai 2024
L’histoire
1968 – Etats-Unis. Martin Luther King est assassiné et les haines raciales mettent le pays à feu et à sang. Romain Gary et sa femme l’actrice Jean Seberg, qui vivent à Los Angeles, recueillent un chien égaré, dressé exclusivement pour attaquer les Noirs : un chien blanc. L’écrivain, amoureux des animaux, refuse de le faire euthanasier, au risque de mettre en péril sa relation avec Jean, militante pour les droits civiques et très active au sein des Black Panthers.
3 bonnes raisons de voir ce film
1/ Le film d’Anaïs Barbeau-Lavalette est la seconde adaptation pour le cinéma de CHIEN BLANC, roman autobiographique, écrit en 1970 par Romain Gary.
En effet, il y a plus de quarante ans, c’est Samuel Fuller (SHOCK CORRIDOR, AU-DELÀ DE LA GLOIRE) qui s’intéresse à ce roman autobiographique et réalise le controversé DRESSÉ POUR TUER.
Avec cette nouvelle libre adaptation du roman de Romain Gary, Anaïs Barbeau-Lavalette et sa coscénariste Valérie Beaugrand-Champagne se sont intéressées à d’autres thématiques que celle principalement développée par le cinéaste américain, à savoir l’affrontement entre le chien et son rééducateur noir.
Par le biais de l’histoire d’amour passionnelle et tumultueuse entre Romain Gary et Jean Seberg, CHIEN BLANC pose, entre autres et judicieusement, la question de la place des blancs dans la lutte contre le racisme.
Peut-on prendre part à une lutte qui ne nous appartient pas ? Pertinente, passionnante et dérangeante interrogation…
2 / On a connu Denis Ménochet, apparemment, plus à l’aise que dans CHIEN BLANC. Le brillant interprète de JUSQU’À LA GARDE, GRÂCE À DIEU ou AS BESTAS, réussit néanmoins à donner corps et vie à la personnalité complexe de Romain Gary. Saluons aussi le travail de Kacey Rolh, interprète de Jean Seberg, dont on découvre ici une facette méconnue et très différente de celle d’icône de la nouvelle vague.
3 / Si elle n’est évidemment pas le cœur du film, il faut néanmoins signaler l’attention particulière accordée à sa bande son.
Une playlist composée, notamment, de plusieurs classiques de la chanson US dont la réalisatrice a choisi des versions plus récentes que celles d’origine comme Wild is the wind de Johnny Mathis, magnifiquement reprise par Cat Power.
Un choix audacieux qui apporte au film un retentissement contemporain à son propos, à l’instar du titre Seuls et vaincus diffusé sur le générique de fin. Un titre né d’un magnifique texte/poème de Christiane Taubira, magistralement mis en musique et interprété par le rappeur et écrivain franco-rwandais Gaël Faye et la chanteuse franco-canadienne Melissa Laveaux.
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